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  • Day48

    ... et mine d'or

    October 28, 2019 in Brazil ⋅ ⛅ 29 °C

    Dans ce deuxième post, qui nous permet aussi de mettre plus de photos (on a dû faire un tri sévère parce qu'on en a fait des tonnes), on va parler un peu du revers de la médaille : si Fernando de Noronha est un petit paradis, c'est aussi une mine d'or pour pas mal de gens, à commencer par le gouvernement brésilien. Quand on arrive sur l'île, il faut avant même de sortir de l'aéroport payer une taxe journalière d'environ 16 euros par personne à laquelle sont soumis tous les touristes. Comme 70% de l'île sont classés parc naturel, il faut ensuite payer une carte d'accès à ces zones, environ 47 euros pour 10 jours. Sans compter que comme c'est une île, tout coûte deux fois plus cher, à commencer par les hôtels. Nous avons eu de la chance, nous avons pris l'hostel le moins cher qui était minimaliste mais correct, la bonne surprise étant que nous étions tout seuls dedans !

    Après avoir payé tout ça, on se dit que c'est pour la bonne cause, que les infrastructures de l'île vont être au top et que les gens de l'île vont bénéficier pleinement de cette manne financière. Mais ça se complique un peu... Les autorités ont en effet eu l'idée de génie de privatiser la gestion du parc. La société privée qui a hérité du gateau appartient, ça va de soi, à des proches des politiciens qui ont pris cette décision, voire à ces politiciens eux-mêmes (c'est ce que nous a expliqué notre guide Sabina). Comme la corruption semble être un sport très pratiqué, une fois que cette société a pris sa part, l'argent part à Brasilia, dans un organisme chargé de gérer tous les parcs nationaux. Et visiblement très peu revient sur l'île... Les routes, hôpitaux ou écoles ne sont pas meilleurs que dans le reste du Brésil, voire pires.

    Pour couronner le tout, les gens originaires de l'île, pour la plupart pêcheurs, ont été très peu il y a 20 ou 30 ans à comprendre le potentiel touristique de Fernando de Noronha. Résultat, les hôtels et restaurants appartiennent presque tous à des petits malins qui ont investi au bon moment et qui aujourd'hui emploient pour des salaires de misère les gens de l'île comme hommes ou femmes à tout faire. Ces derniers subissent en plus de plein fouet l'explosion des prix due au tourisme...

    De plus, la nature est certes préservée grâce au parc, mais pour le reste, l'écologie n'est pas vraiment une priorité : il n'y a par exemple qu'un seul bus (payant) aux horaires très variables. Et comme beaucoup de touristes de l'île ne sont pas fans de marche à pied, on est cernés de taxis et surtout de buggys bien bruyants qui sont disponibles en nombre à la location.

    Bref, tout n'est pas rose au paradis. Ou plutôt, c'est comme d'habitude très rose pour certains et beaucoup moins pour d'autres...
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