Aline en roue libre

Joined March 2019
  • Day70

    Une nouvelle recrue pour pédaler

    May 19 in India ⋅ ⛅ 30 °C

    A Imphal, je decouvre que mon couchsurfing n'en est pas vraiment un, plutôt un homestay en devenir qui commence par là pour se faire de la pub, et que deux voyageurs arriveront le soir depuis l'est : la Birmanie. Parfait pour préparer mon passage de frontière et tracer un semblant d'itinéraire !
    Stefan, Allemand, Sarah, Néerlandaise, sont des voyageurs long-terme forts sympathiques. Autour d'un "lunch" servi à 10h, soit deux heures apres le petit dej, Sarah s'enflamme et m'annonce vouloir venir avec moi à velo jusqu'à ma prochaine destination, le lac Loktak, 52 km au sud d'Imphal. On dégote un velo à la homestay et c'est parti ! Je suis ravie d'avoir une compagnonne de route et qui plus est, dutch ! Je me dis quelle saura pédaler ;).
    5 minutes apres le départ nous devons faire reparer son vélo, en mauvais état, mais pas d'autre souci en route. On ne met "que" 4h20 pour faire nos 52 km, pauses comprises, malgré une route de qualité variable et un fort vent de face. C'est plus facile pour s'en protéger d'être deux !
    Le lac et ses végétations flottantes sont paisibles et tres scéniques. On retrouve Stefan à notre homestay, sur une presqu'île. Il aurait bien voulu pédaler aussi mais nous n'avions qu'un velo en rab. Nous montons sur une colline en fin de journée, avec des fonctionnaires indiens, un consultant en tourisme britannique et notre hôte. Leur projet est de bâtir un "eco-resort" sur la colline voisine, actuellement peuplée d'arbres.. Selon eux, il faut absolument diversifier leconomie locale, construire plus de routes, faire connaitre ce site et attirer bien plus de touristes.
    Nous avons quelques doutes sur le côté écolo du projet, dans un ecosysteme fragile avec cet immense plan d'eau (290km2) qui devient de plus en plus stagnant, au lieu de varier selon les saisons des pluies et dont la quantité et la diversité en poissons s'épuise d'année en annee...Sa surface s'étiole aussi, grignoté qu'il est en ses bordures par les pressions résidentielle et agricole.
    Affaire à suivre mais nous mesurons notre chance de profiter de cet environnement encore préservé, ou les poissons font vivre, avec des techniques de pêche traditionnelles, plus de 20 000 personnes... Mais j'anticipe sur la balade en bateau du lendemain à l'aube...
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  • Explore, what other travelers do in:
  • Day68

    Se loger dans la jungle du Manipur

    May 17 in India ⋅ ⛅ 26 °C

    Sur la route vers Imphal, apres avoir testé une église, un campus, une famille bengalie, j'ai continué la collection de lieux improbables où dormir : une guesthouse pour fonctionnaires, mais où ils ont bien voulu m'accepter pour peu cher, une caserne pour militaires et policiers, où jai ete invitee (où je me suis invitée, plutôt...).

    Entre les deux, j'ai largement préferé la caserne, les gars de l'hôtel étant suffisamment bizarres pour toquer à la chambre toutes les 15 minutes, soit 5 fois dans la soiree, 3 fois le lendemain matin, dès 7h... (Jusqu'à manquer de casser la porte si je ne répondais pas...). Encore une marque d'attention typiquement indienne, soit un peu flippante !
    Les militaires eux ne mont pas du tout embêtée, au contraire. L'un d'eux m'a demandé si je voulais de l'eau, j'ai dit oui... il nest jamais revenu. Haha ! Sacrés Indiens.

    La dernière nuit avant Imphal, j'ai encore eu du mal à trouver un hôtel dans le petit village poussiereux de Nonney, où je suis arrivée presque de nuit. J'ai fini par dégoter une guesthouse sommaire, au tarif imbattable de 150 roupees la nuit, soit 2€ et 10 fois moins que ce que j'ai pu payer en d'autres lieux en Inde. Pas très frais, mais ca m'allait bien.

    En effet, le Manipur où je me trouve est encore peu propice au camping. L'un des poumons de l'Inde, cet Etat est à 80 ou 85% boisé. J'ai ainsi passé 4 jours au milieu d'un paysage tout vert : végétation dense faite de fougères, de bambous et autres arbres et plantes plutôt exotiques. Une sorte d'immense jungle montée sur collines, à l'allure de forêts primaires. Mes compagnons de route étaient surtout des camions, que j'ai parfois pris plaisir à doubler, en montée ou en descente, la route etant par endroit très mauvaise et leur chargement trop lourd dans les cotes.
    Pour manger, peu d'options également. J'ai plusieurs fois dû sortir mon rechaud dans des boutiques de biscuits/ jus/ thé pour me cuisiner un repas, et à linverse, étais ravie lorsque je trouvais de vraies "dhabas" ou "rice hotels" où l'on sert un plat unique, mais souvent copieux, peu coûteux...et délicieux.

    Les gens se définissent comme "Manipuris", issus de différents peuples (Meitei, Naga...) et en ont l'air fier. Dans une gargotte, une dame Naga ("freedom fighters" précise-t-elle - les Naga ont d'importantes et parfois violentes velléités indépendantistes) m'ecrit son nom en commentant: "this is my title". Flamboyante, elle repart avec sa lourde hotte accrochée sur la tête... L'hindi est souvent compris mais ce n'est pas du tout la langue maternelle. Les maisons sont sommaires, en bambous essentiellement et les gens semblent vivre d'un peu d'agriculture vivrière et de micro fermes... De pas grand chose en fait. J'ai vu en pleine journée des familles et amis faire des jeux en attendant que l'orage cesse. Ou des femmes juste attendre ensemble, dans leur petite boutique, que d'éventuels clients arrivent. Le temps semble prendre une autre mesure ici. De nombreux ouvriers s'affairent en revanche sur les travaux de refection/construction de la route.

    Voici pour ces quelques jours de vélo, a travers cette jungle montagneuse ! Avec parfois de longues et rudes journées (max : 88 km, dont quelques cotes) et pas mal de pluie et de boue. Le velo grince, craque et est tout crotté mais résiste. A Imphal, un nouvel hôte couchsurfing mattend, quelques km avant la ville, soit du bon côté par rapport à mon arrivée (par l'ouest), c'est parfait.
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  • Day64

    Angel Gabriel & Professor Avishek

    May 13 in India ⋅ ⛅ 33 °C

    Alternative names for this story could have been : "Double breakdown in Silchar" or "Life on a green campus". You choose ! Events are sometimes hard to sum up, given the diversity and peculiarities of travel encounters...
    - - - you
    Early morning, I leave the Bengali family, wave goodbye to Chukriya, and start cycling towards Silchar. Still without any phone.
    Like often, I hear a voice calling "Hello, hello" from the side. I am preparing myself either to ignore the person or to grump back a laconic "hello"... But looking at the guy, I'm surprised. A real cyclist (and a good looking one ;)) ! With a helmet, a "modern" bicycle, and cycling fast, apparently for a long ride. First time I see someone like this on nepali or indian roads. I usually never engage into conversations with cyclists beause they ride slow. Sometimes children race me for a few minutes, which is quite funny, but they soon forfeit : they usually dont go very far from home.
    But here is this young man, gentle, handsome, who speaks English well and asks more diverse questions than the usual "where are you from"/ "where are you going". And who also has many things to say about himself. He tells me that he trains because he wants to climb Mount Everest. He goes out 2 or 3 times a week for 100 km rides, as fast as he can. He understands why I'm sometimes fed up with the unwanted attention, because he also receives many comments on his way ! People for instance just make fun of him because he wears a helmet...
    I tell him about my worries : the broken broken, my fear of not being able to repair it in Silchar, of not finding my couchsurfing host, etc. He offers to help. So here we go, cycling side by side for 30 km ! I have never cycled so fast during this trip. It's fun and motivating to cycle with someone.
    Through him I discover that it has been 2 days that Silchar and the surrounding area suffer an Internet breakdown, set up by the government in the aftermath of some Hindu-Mulsim tensions in a nearby village... Not something the Bengali Muslim family mentioned, even though I was telling them about my phone issues.
    Anyway... Once in Silchar, Angel Gabriel, as I am calling him in my mind, directs me to an internet cafe, where we are hoping to get data. But everything is down. We then go to a mobile repair shop. Our cycling duo is warmly welcomed by the bengali shop keepers. In India, Internet can be down for many days and it can be a hassle to know when a train is coming (cf the 8 hours of delay of my Siliguri-Guwahati train...).. but Bengali guys can fix a destroyed phone in less than half an hour, not even in their own shop. Incredible India ! They are very proud of having helped. Selfie time.
    Gabriel wants to get back home and does not like eating while cycling so he declines my invitation for lunch. Selfie time, to say goodbye.
    I habe a delicious meal at ISKCON Temple (International society for Krishna Consciousness, a hindu sect decidated to Krishna, that seduced many foreigners thanks to his guru preaching in NYC . There they always serve good food - a good tip for travelers in any large Indian City !). Then I ride 8/10 km.to reach my next couchsurfing destination: Silchar NIT, a high-level technical university where abouts 4000 students live on a vast green out-of-town campus.
    Then Professor Avishek comes to play his part. He is a very affable, gentle and litterate guy, a peofessor in "dnglish xulturak studies" and wrote his thesis on... The images and representations of "errants" (vagabonds) in India. Haha. Coincidence? Both easy going and caring, he is also a delicious cook. I have my private separate room, and can wander around and relax in thi huge green campus, remote from the hustle and bustle of city life. No surprises that I end up spending two nights instead of one here ! I use this quiet time to ask for my Burmese visa, sort out administrative issues, read, eat his good meals, etc. Neha, a PHD student under the conduct of Avishek, shares dinners with us. She is writing her thesis on the map of urban mobility through uber data in Kolkata. Haha again. Coincidence? .She is also very keen on explaining the intricacies of indian politics and many other society and religious issues. Good moments.
    But after one and a half days of this good treatment, both for my stomach and my mind, I have to keep on going. I am getting well prepared (I even cooked 1kg on Ratatouille to take away), for the next urban destination, Imphal, will be in 260 km, so in 4 cycling days. In between: bad bumby roads, hills, and..the jungle.

    PS : Internet eventually came back on my departure day (it was also my excuse for lingering a bit at Avishek's place). It means that the whole area did not have internet for 4 days. Afterwards, i could find NO news at all on what happened. Only mouth to ear rumors. I found it incredible and shameful for the Indian press, but my host & Neha did not seem to be surprised. Strange democracy.
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  • Day63

    Breaking the fast with a bengali family

    May 12 in India ⋅ ⛅ 33 °C

    Dans la foulée de l'épisode de l'église, où je n'ai pas reussi à souffler un instant, j'ai eu une sorte de "trop plein de tout". Une journee durant laquelle je ne supportais plus les interjections des gens sur la route, même (surtout?) des enfants.
    Pas zen (du tout), sur les nerfs, je me suis retrouvée à crier en retour sur les gens qui braillaient ou gesticulaient à mon passage, à imiter les klaxons pour casser les oreilles de ceux qui m'avaient percé un tympan, à fuir toute tentative de contact, etc.
    Le soir, alors que je cherchais, sans succes, un hotel dans la petite ville pourrie de Kalain, patatras !! Une bosse mal anticipee sur la piste et mon téléphone habituellement accroché à mon cou et à mon sac (et en l'occurrence à aucun des deux...) tombe. Je roule à moitie dessus, l'ecran est brisé. Il est encore allumé mais inutilisable. Bon... Voilà qui va aider ma recherche d'hôtel... et la suite du voyage. Drôle de sensation que de se retrouver sans téléphone. C'est l'aventure, mais sans filet de sécurité maintenant.

    Un retour de bâton de mon mauvais karma d'avoir crié, perdu patience, mal supporté l'attention dont j'ai été l'objet ? En tous cas, toujours aucun endroit où camper - la route est bordée de plaines humides où est cultivé du riz, et où paissent des sortes de buffles, oiseaux sur le dos. Les plus petites routes mènent à des villages densément habités et/ou à des sortes de bocages. Charmant et bucolique mais pas idéal pour poser la tente. Surtout avec cette humidité du sol. Nous sommes à 10 km du Bangladesh, pays traversé de rivières, étangs, lacs, où prédominent ces rizières humides ...
    Je retente le coup du camping dans un restaurant, mais me fait envoyer paître, comme les buffles. Je supporte d'autant moins bien le "Where are you from" et la demande de selfie qui s'ensuit !

    Fatiguée, je tente autre chose ... Pousse un portail, entre dans une allée puis penetre carrément dans la maison. J'y trouve une mère, une grand mère et une toute jeune fille. Apres quelques échanges, le deal est négocié pour poser ma tente dans l'allée. Même si celle-ci est en bitume... Il faut néanmoins attendre le Père (avec un grand P) pour confirmer. Je reste dans le garage, ne sachant pas quoi faire de moi même, de ma sueur et de ma fatigue. Mais la petite est gentille et empathique. M'apporte une grande bouteille deau et du jus de fruits, me propose de m'asseoir et de me débarbouiller. Son simple "You must be tired and thirsty". "Maybe hungry too?" marracherait presque une larme ! Enfin, être considérée comme une personne normale, avec potentiellement de la fatigue, et non plus comme un extraterrestre à qui l'on peut demander un selfie ou de répondre à toutes les questions, meme dans une montee en pleine chaleur... Le père arrive, la petite traduit, je suis officiellement invitée à diner. En attendant, j'installe ma tente en système D, avec des pots de fleurs en guise de piquets. Mais horreur, le secret de ma présence a vite fuité. Des tas d'enfants m'epient déjà depuis les barrieres peu opaques de la petite cour, d'autres sont carrement entrés et squattent, à regarder. La porte n'était pas ouverte que pour moi... Chukriya me dit que ce sont des voisins, des amis, des camarades decole. Yerk.
    Mais je vois que le Père louvoie. Il tourne autour de ma tente, regatde a linterieur et semble la trouver pas tout à fait convenable, pas tout à fait confortable. Il finit par changer d'avis et me voila promue du statut de réfugiée un peu sauvage, tolérée, à celui d'invitee, bien accueillie. Peut être sous l'influence du regard et du risque de jugement des voisins? Il m'annonce ce changement avec solennité et m'intime donc de replier ma tente. Soit. Le démontage de tente fera un nouveau spectacle pour les enfants.Je peux m'installer dans la chambre de la grande soeur de Chukriya, absente. Je ne proteste pas, soulagee de pouvoir trouver un peu de calme et d'intimité (enfin, c'est ce sue je pensais...).

    A 18h la nuit tombe. Cest la fin du jeûne pour les adultes. Nous partageons avec le Pere et Chukriya un excellent diner végétarien, autour d'une conversation poussive, le pere ne parlant pas bien anglais, et la petite restant poliment en retrait, meme si elle comprend bien. Je m'enquiers de savoir quand et où mangent la mere et la grand mere qui s'affairent pour nous dans la cuisine. Plus tard, me dit-on, balayant ce sujet du revers de la main. Je mange d'un bon appétit, avant de comprendre que je suis conviée à un autre "vrai" repas vers 20h30/21h, cette fois avec du poisson.
    A la fin du premier, on me fait parler par telephone avec le frère, médecin à guwahati, puis avec la sœur, étudiante en droit. Puis... toute la famille et les voisins débarquent peu a peu pour me voir... On me redemande de parler, cette fois par skype, avec la sœur de Chukriya, devant tout ce beau monde - alors que je nai rien de plus à lui dire que 10 minutes plus tôt. Puis chacun veut sa photo. Mais c'en est trop. Il nest que 19h30 mais je bats en retraite au sens propre, reculant jusque ma chambre, face à tous ces inconnus, disant que je suis fatiguée. Mais quelsues minutes apres, les gens essayent d'entrer et d'autres invités affluent. Je ne trouve plus d'autre solution... que de les repousser et... de m'enfermer a clé !!

    J'en rigole dans la chambre. Si bizarre. Je m'incruste des gens puis dois m'enfermer chez eux pour leur échapper ! Pas poli...mais je nen peux plus de ces non-echanges absurdes et d'être l'animal du zoo. Je dors 11h..

    La nuit je découvre en passant que Chukriya, sa mere et sa grand mere dorment toutes les trois en rang d'oignons sur le grand lit du sejour, là ou sont pris les repas (soit sur une natte toute dure).Tandis que le père a sa chambre à part, avec un vrai lit (!). Je me sens coupable d'avoir "pris" un lit et une chambre à moi seule...
    Le lendemain, pas de vague. Je m'excuse de la fatigue de la veille et suis accueillie par un énorme fish curry pour le petit dej (celui que j'ai raté la veille au soir), avant de reprendre la route... Chukriya, elle, a revêtu son bel uniforme - jupe plissée, chemisier, cravate et grandes chaussettes -, pour aller a l'école. Elle a 13 ans et adore les sciences. Elle rêve de devenir médecin, comme son frère, mais en allant travailler à Londres.
    Merci et au revoir les Bengalis, à l'hospitalité un peu plus timide que d'autres Indiens, mais à la curiosité toute aussi forte !

    PS : pas de portable donc pas de photos de mes.hotes. Meme si eux en ont des tas de moi !
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  • Day62

    Les curieux - Episode 2 - Puissance 10

    May 11 in India ⋅ ☀️ 27 °C

    En sortant de Shillong, je me suis un peu enflammée en me croyant en Suisse : moins de voiture et de monde (donc... plus calme), route bien lisse, alentours luxuriants. Je pensais déjà à des analogies pour décrire cette impression de paix (le Meghalaya serait la Suisse de l'Europe, la Slovénie des Balkans, etc). Cette accalmie est allée jusqu'à profiter d'un campement au calme (cf premiere video). Mais elle n'a en fait duré qu'une apres midi/ une nuit. La curiosité et la capacité inégalable d'invasion des Indiens sont vite revenues au galop...

    Deja, pour comprendre pourquoi je rêve de calme le soir il faut imaginer ce que signifie pédaler en Inde: je me fais héler, interpeller, klaxonner à longueur de journee. Piétons, vendeurs, fermiers, ouvriers, motards, camions, écoliers... Tout le monde y va de son bruit, de son cri et/ou de ses questions. Certaines motos et voitures sont particulièrement pénibles : elles ralentissent pour rouler à ma hauteur et me poser toujours les memes questions (where are you from, where are you going), m'offrant au passage leur bruit de moteur et pollution. Les plus insistants "tendent des guet-apens" en s'arrêtant devant et en m'attendant, bloquant parfois le chemin et m'obligeant à m'arrêter ! Les assistants des conducteurs de camions, a la place du mort, le sont aussi car, profitant du faible différentiel de vitesse, restent à m'observer avec des yeux de merlan frits, des rires ou des cris, en sortant la tête par la fenêtre, avec parfois en prime le telephone pour me filmer ! Idem pour les passagers des motos, et parfois les conducteurs, qui ne regardent plus la route ! J'ai tenté des grimaces mais elles n'ont pas trop d'effet... D'autres encore, a pied ou depuis leur boutique, crient pour que je m'arrête : "Excuse me ! Mam, stop, PLEASE !!" Euh.. mais mec, comment t'expliquer que je ne vais pas m'arrêter dès que je croise quelqu'un... ?

    La palme de la question con va à "Are you a girl/ a woman?" (pas tous les jours mais de temps en temps quand meme) Et : "Are you single?" (cette derniere pouvant être posee par les memes qui doutaient de mon genre avant !). Revient aussi le "Where are your friends?". Hum.. Si j'étais franche... Et bien, personne n'a envie de faire ce que je fais?
    Certains s'incrustent lors de mes pauses... (Avoir en tete ici que la distance de confort dun Indien est de 20 à 50 cm de votre visage, quand celle de l'Européen serait à 1m/ 1m50...) A pied, ils traversent la route, à vehicule, profitent du fait que je sois arrêtée pour me rejoindre. Et ... veulent des selfies. Pauses lecture, écriture, sieste, ou juste un en-cas tranquille sont à oublier... Idem pour les pique-nique en plein air : compliqué. Je m'arrête donc à l'ombre des "dhabas" (petits restaurants ou maisons de thé), lorsqu'il y en a. Mais si la dhaba nest ni minuscule ni close, du monde débarquera.
    Au final, l'attention que je préfère et à laquelle jessaie de répondre, ce sont les petits signes de la main, les coucous des enfants ou de certains adultes, notamment femmes ou vieux/vieilles (lorsqu'ils ne se font pas sous forme de hurlements, ni moqueurs...) . Je dois avouer que dans des moments de fatigue ou d'énervement, il m'est arrivé de répondre à des hurlements (vraiment, à vous percer les tympans) par un équivalent. Il m'a fallu quelques essais pour egaler le niveau d'en face, mais jai réussi une ou deux fois à surprendre et à laisser interdit des gamins, faisant cesser illico leur cri. J'en étais fière !! Ça abime cependant les cordes vocales...

    Mais revenons aux jours post-Shillong. Un soir, trouvant difficilement où camper, et pas d'hotels, j'ai tenté de dormir pres d'une église (cela faisait partie de mes défis !). Au debut, tout se passait bien, je me suis adonnee à quelques selfies comme "droit de passage", avec une dame qui m'avait accompagnée, puis me suis adressée au Chowkidar (gardien) pour obtenir un accord pour camper. Mais erreur ! La dame m'avait mal renseignée en m'assurant qu'il n'y aurait un office que le lendemain. Mais une messe a eu lieu le soir, une fois mon campement installé. Juste ce qu'il fallait pour prevenir toute la communauté de ma présence... Et inciter ce beau monde à défiler pour observer ce drôle d'oiseau (moi, ma tente et mon velo) avant qu'il ne s'envole...

    Je nai donc pas pu cuisiner à lexterieur, face au troupeau que cela a créé, et ai du battre en retraite chez le chowkidar, allant jusqu'à fermer le rideau car beaucoup venaient regarder par la fenetre de sa modeste maison... Cela na pas suffit, les gens ont commencé a entrer, l'un en entraînant d'autres (comme l'armée des morts qui franchit le feu pour entrer à Winterfell dans GOT). Le gardien, bonne pate, amenait des tabourets pour que les gens puissent mobserver confortablement. Mais non, je ne veux plus manger devant trop de spectateurs. Jai chassé ceux que j'ai pu. Il restait du monde...

    Le lendemain matin, c'était aussi fatiguant. A 5h, le coq, à répétition. Cet animal ne comprend pas qu'un seul chant suffit à reveiller les gens. A 5h30, de nombreux enfants viennent parler fort autour de la tente, la trifouiller, tirer la sonnette du velo. A 6h les cloches de l'église, avec la meme insistance que le coq.
    J'ai encore pris mon petit dej refufiee chez le gardien. Mais il y avait là le pasteur et plein de monde. La pression de la foule m'a fait empaqueter précipitamment, zappant meme le lavage de dents !
    Cest donc une sorte de video-fuite que vous pourrez visionner... Je voulais immortaliser la bande qui m'a suivie jusqu'à la route mais en etait effrayee en meme temps. Je nai jamais eu de tendance agoraphobe.. jusqu'à l'Inde ou le Népal, où la raison de la foule... c'est moi.

    Si vous avez expérimenté de telles situations et avez des conseils en termes de stratégie d'évitement, de planque, de pédagogie, n'hésitez pas !! Je nai pas encore trouvé et les jours suivants ont été dans la meme veine...
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  • Day61

    Un fidèle compagnon de voyage

    May 10 in India ⋅ ⛅ 24 °C

    ATTENTION - post peu glamour ! Ames sensibles, passer aux suivants...

    Je dois maintenant confesser que je ne voyage pas seule. Toutes les 2 à 3 semaines, avec une constance étonnante, mais souvent à des moments inattendus, elle resurgit : la tourista. Ce fut le cas sur le chemin des Anapurnas avec Marie, sur mon vélo à la fin du Nepal, une autre fois en Inde, puis .. à peine 10 minutes après avoir enfourché mon velo à Shillong, soit même pas encore sortie de la ville ! (Effet du yoga, du 3e cafe de la journée ou des stands de street food auxquels nous avons parfois pris petit dej, dej et dîner...? Je ne le saurai jamais). Devant m'arrêter précipitamment et m'incruster chez des gens, je mets ainsi avec cette pause plus de 50 mn à faire 2 km. Les 60 km prevus pour l'après midi vont être longs...

    Malgré mon empressement à aller visiter leurs toilettes, visible pourtant je pense, les gens prennent le temps de me poser la sempiternelle question : "Where are you from"? Pressée, je ne fais pas d'histoires et leur dis la vérité, parfois tout en courant. Je devrais la prochaine fois me laisser aller à mon anti-americanisme primaire et lâcher un "US" ou "UK"... Ils croiraient ainsi que le souvenir odorant que je laisse dans leur salle de bain ne vient pas du pays des lumières ! (Rappelons au passage que 95% des WC n'ont pas de chasse d'eau, et que 99,99% des gens nutilisent pas de PQ, il faut donc être armé pour les cas urgents).

    Bref. Jai heureusement de bons medocs avec moi. Et grace à Guillaume je venais juste de decouvrir une solution de réhydratation que j'ai trouvée assez fabuleuse. Potassium, calcium, sodium, etc. Dans ces moments difficiles elle me sert vraiment de potion magique pour garder de l'énergie sur le vélo, et semble plus efficace et plus saine que le Coca. Voilà. Digression intestinale terminée !

    PS : j'écris ce post avec 6 jours de décalage, et suis
    ... de nouveau malade. La règle des 2/3 semaines est donc variable. En tous cas, je confirme que mon compagnon de voyage se rappelle régulièrement a mon bon souvenir.
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  • Day60

    Shillong : museums, street food & yoga

    May 9 in India ⋅ ⛅ 23 °C

    I almost used another bad wordplay with "chill out in Shillong" as a title... Its hard to find short and catchy titles !
    Two days after Guwahati, I reached Shillong, cute little town perched on top of hills (1525 m) but also capital of the state of Meghalaya. I arrived late and in the dark, since the first cycling day only started around 2:30 pm (due to the temple visit and the jam session in Guwahati). I also swapped the rain in Sikkim for the terrible heat of the plains, which is not easier to cope with... On the road, I halted in a crappy hotel, but I bargained a lot, so as not to pay too much for it (from 2800 to 800 rupees!).

    In Shillong, I was happy to ride in clean and quite well-organized streets. Many officers are posted on crossroads, striving hard to regulate and pacify the traffic. And there actually seems to be a traffic management plan ! (with one-way streets, etc).
    The theory of a French guy I met at the hostel is that this stems from peoples' different culture and mindset (people here being from local tribes and mostly converted to Christianity, and not Hindustani). That may be part of the explanation but I dont think that a specific mindset generates by itseld garbage bins and officers at every crossroad ! Public policies also have an impact....

    Guillaume is an interesting man. A former "beaux arts" student, he has travelled for several years and is now working on a graphic novel about the culture of the Khasis, with a focus on their matriarchal tradition. He uses Tinder to chat with Khasi women and know more about their traditions, but is then shy of actually meeting them. These women can easily be recognized by some kind of checked toga/ apron that they skilfully knot on top of their regular clothing. It's quite aesthetic.

    Together, we visit the city : a small but well-assorted entomology private collection, the Don Bosco "center of ethnic cultures" (Don Bosco movement has supported the creation of many schools in Meghalaya, like in many other places in the world) - however strange it is to learn about indian local cultures in a museum with an Italian name. Here we see and read such disparate things as prehistoric men's skull shape, traditional weaving/building/farming techniques, and in the religious section... that on the Hindu path towards enlightenment (moksha), women lie somewhere between animals and men, who themselves lie beneath "men of higher class". No comment...
    We also try out local fool in little joints, and when at the hostel, Guillaume plays some sweat melodies on his flutes and challenges me for some blind tests. Relaxing atmosphear !

    I also seize the opportunity of this urban break to go to the beauty parlour and to a yoga class. I am lucky to meet a very friendly and talented yoga teacher, Christina. After a one-to-one class, where she shows me several stretching postures adapted to my cycling condition, she invites me for breakfast in her home. Like many Indians, Christina seems to have lived many lives in one. A former air hostess, she now works as a teacher specialised in "children with special needs" (im using her words, i dont know exactly what it comprises), and as a gym/ yoga teacher, in the studio adjacent to her house. Her ancestors are from Tripuram and from Shillong, but she also has an Irish grandfather, who unfortunately disappeared after making two children to the unmarried indian grandmother...
    Around the porridge, we debate quite hard on some burning topics: interventionism of "the White man" in other countries, America's foreign policy, the impacts of colonialism in India, etc. But we eventually find common ground around our shared distate for Trump and our shared admiration for India : a complicated machinery that nevertheless achieves to unite hundreds of cultures and several religious in a single country...

    After this beneficial yoga class and breakfast, I feel all energized to get back on my bicycle. Next destination : Silchar, again in Assam (Meghalaya has a strange shape and stands between Guwahati, west, and Silchar, east, both in Assam).
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  • Day58

    Tournée des temples & musique à Guwahati

    May 7 in India ⋅ ⛅ 27 °C

    500 km de train et nous sommes a présent passés du Bengali a l'Assami. Encore un autre alphabet sur les panneaux, mes rudiments d'hindi ne me servent decidement pas a grand chose...
    Avec Harshajit, jeune musicien nouvellement sur couchsurfing, nous partons de bon matin pour une tournée des temples, autour de celui, tres fréquenté, de Kamakhya. Il est perché sur une colline à 8 km au dessus de la ville, offrant de belles vues sur le Brahmapoutre. J'etais contente d'y aller en scooter plutôt qu'à velo...

    A l'intérieur du temple, c'est un foutoir sans nom. Des gens allument des bougies et déposent des paniers d'offrandes un peu partout (les dieux devront apprécier les chips au masala...), d'autres se promenent avec des chèvres en laisse - qui ne vont sans doute pas tarder a etre sacrifiées -, la plupart s'agenouillent en groupe devant des statues informes dont on ne sait plus trop ce quelles représentent (Harshajit ne m'éclaire pas sur ce point), en tous cas tout le monde se bouscule. Les queues pour accéder à certaines statues et au sanctuaire principal sont dignes d'une attraction à succès à Disneyland. Je croise même un chien teint intégralement en rose vif (?)
    Certains temples de la colline sont plus calmes, il est plus agréable et reposant de s'y recueillir. Nous retournerons cependant au temple principal pour partager avec des centaines de fidèles un repas distribué gratuitement . Femmes d'un cote, hommes de l'autre, nous mangeons debout, accoudés sur une espèce de bar. Vis a vis de moi en tant qu'occidentale, denrée rare ici, les cuisiniers sont particulièrement chaleureux et m'encouragent à me resservir plusieurs fois. Gourmande, je ne dis pas non.

    Au retour, Harshajit veut absolument me présenter à ses copains, les autres habitants de l'immeuble, eux aussi musiciens. Ils ont un beau studio au rez de chaussée. Jai le droit à des chansons assamies traditionnelles, à une chanson romantique composée par le chanteur et à plusieurs impros sympas. En échange, je leur joue du Tiersen et leur chante du Serge Lama (les melodies enflammées ont la cote ici). Ils sont fans. Je repars dans l'apres midi avec de nouveaux groupies et les sacoches chargées de cadeaux : une belle écharpe assamie, des jus de fruits pour la route...
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  • Day57

    ...and statistics

    May 6 in India ⋅ 🌫 34 °C

    Nota : im feeling lazy to write in English, apologies to the english speaking folks.
    - - -
    Je profite du temps libre dans le train pour un point kilometrage...en ne comptant que les parties à velo bien sûr ! Bus ou jeep pour se rendre au départ du trek non inclus. Scooter pour faire des détours /visites, comme cela arrivera par la suite, non plus.

    Au Nepal : 9 jours à velo, 495 km. Moyenne par jour : 55 km - Mini : 16 km (malade...) - Maxi : 82 km.

    En Inde (jusque Siliguri) : 8 jours à velo, 340,5 km. Moyenne par jour : 42,5 km - Mini : 9,5 km (se remettre des 2500 m de dénivelée de la veille, visiter Darjeeling...) - Maxi : 68 km.

    Le plus gros dénivelée en une journee a été le trajet depuis la plaine (près de la frontière) jusque Darjeeling, avec plus de 2 500 m de D+.
    La côte la plus dure a été la montée au temple de Pemayangtse au Sikkim. 300 m de dénivelée en 2 km. Je ne m'y connais pas trop en cyclisme et ne sais pas si c'est dur pour un "vrai" cycliste, mais pour moi, ça l'était... J'ai plusieurs fois été très tentée d'abandonner Hathi pour finir à pied...

    J'avoue que je ne prévois pas trop en avance mes étapes et ne regarde souvent plus le dénivelée qui m'attend. C'est un peu "inch'Allah"... Je m'arrête quand j'en ai envie et surtout quand je nai plus envie de pédaler ! Ou bien lorsque je trouve un bel endroit où dormir, comme hier soir (en fait le 10 mai), peu après Shillong, où jai enfin pu établir mon premier vrai campement indien, dans un endroit joli et parfaitement calme !

    Sur ma "liste de défis" avant de quitter l'Inde :
    - dormir dans ou à côté d'une église, d'un temple hindou, d'un temple bouddhiste, d'une mosquée
    (le premier sera plus facile, depuis le Meghalaya les églises sont partout, les autres, moins)
    - être invitée de nouveau chez l'habitant (sans compter le couchsurfing)
    Il me reste 603 km et donc un certain nombre de nuits avant la Birmanie pour ça. Ça devrait le faire !

    Nota : les stats ont changé car lors du premier post, j'avais en fait oublié 3 jours à velo en Inde...
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  • Day57

    Time for train...

    May 6 in India ⋅ ⛅ 31 °C

    I made a tough decision, hesitating until the last minute : I decided to embark my bicyle in the train. Objective : spare myself 500 km befor rtween Siliguri, West-Bengal, and Guwahati, Assam. This means cheating a bit, I know... But the memory of the 500 km on a boring, flat and boiling hot highway in Nepal is too fresh in my mind to start it all over again. And I will still have more than 550 km to ride in India before reaching Myanmar... So please, don't cast the first stone at me !

    The preparation and departure for this trip were complicated... The train was supposed to leave at 8:30 am. Aritra's father, who happens to work for the Indian national railway company, told me we should leave at 7:30 am. He would come with me at the station to help me get tickets for me and for my bicycle. Well.. at 7:15 am, no one was awake... The appartement was totally quiet. I was starting feeling a bit stressed out, but did not dare waking anyone up. They finally showed up at 7:45. Aritra's father tells me that there is no need to rush: the train is supposed to leave at 8:30 but this never happens. Fine.
    A few phone calls later, we now hear that the train will leave around 11 am. Allright.
    At the station, we go through a long administrative process, signing up forms in several gloomy back-offices. Then Aritra's father leaves me, telling me that my train will leave soon, at noon, from platform 1. My train actually arrived another hour later, at another platform. Without any indications ! I had to ask around, while keeping an eye on my luggage and trying to spot where my bicycle was.
    When finally embarking, I find out that I do not have a proper ticket. Just a coupon, that allows me to purchase a real ticket. What a mess.
    But 7 hours after waking up, 4,5 hours later than expected, even without a ticket, I am in the right train, heading in the right direction... ! It feels like a miracle, after so many unexpected changes. Yes, I had forgotten how surprising India can be...
    It was actually the most comfortable train trip I've ever ridden in India : in a AC sleeper class, on my own, in a 2 bed compartment. I had to share it with a few cockroaches of course, but they were neither too numerous nor too invasive. And it was sooo pleasant to see the landscapes and the kilometers swallowed up, without making any effort... Just having some free time for myself. Reading, writing, listening to music, sleeping, eating or just looking through the window. It felt like these 10 hours were going to be too short.

    Well, in the end, they were long. I arrived at midnight. Now you have to imagine what an Indian station at night looks like. The closest image i can think of is an overcrowded Red Cross shelter after a natural disaster... Dozens of people sleeping directly on the platforms and onto the floor. Some have hanged their mosquitoe net on public benches or other objects they could move.

    All loaded with my luggage, I make my way through this giant dormitory. I reach the last wagon of the train, where I imagine that my bicycle is. I realise that never seeing it again is an option. But I believe in my protective star or angel (my grandma told me so...) and remain confident. I see from the distance some parcels and even a motorbike being unloaded. I have to wait for some skinny and wearysome poor lads to unload all sorts of unindentified bags (cereals? rice?) before seing Hathi, in the back of the wagon..
    But they seem to give priority to the cereals over my bike - which I struggle to understand : no one is waiting for the cereals wheareas I'm clearly waiting for the bicycle !- So I end up jumping over the bags and unloading the bicycle myself... Ouf !

    For the rare Indians that still have an eye open in the station, I must look like a ghostly apparition... At least, at this hour, (most) people are too tired to start a conversation... But some insist for selfies...
    I'm happy and relieved that im actually not alone in this station. Harshajit, my new couchsurfing host, is kindly waiting for me outside. It's late but the only thing that is left for me to do is to follow his scooter for a last ride, before we reach his house...
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