Juliette Agneray

Joined August 2016
  • Day157

    札幌

    February 2, 2017 in Japan

    Mais comment on a fait pour se retrouver là nous encore. Voilà. Ça, vous voyez, c'est typiquement le genre de question qui demeure toujours sans réponse à l'heure actuelle mais que Marie et moi on se pose très vite et très souvent. Surtout depuis qu'on s'est retrouvées à Hokkaido, à 1155km de notre camp de base tokyoïte. À deux. Sans plan d'attaque. Et puis sans plan tout court en fait. Le vol de Tokyo à Sapporo n'a duré qu'une heure et demie mais c'était assez apparemment pour que le pilote s'amuse un peu - on pense que c'est un stagiaire de la compagnie - parce qu'on s'est mangé de splendides virages accompagnés de turbulences dans leur expression la plus moderne pendant une bonne partie du trajet, enfin moi ça m'a rappelé à quel point j'aimais prendre l'avion. Surtout au décollage, quand tu t'arraches à l'attraction terrestre en écoutant la bande originale d'Avatar en version orchestrale et que tu as un sourire béat et, disons le, franchement stupide, collé sur la face. Et puis l'arrivée aussi, quand on t'annonce 30 minutes avant l'heure prévue qu'on amorce l'atterrissage alors qu'on est encore au dessus de l'océan, que tu te demandes s'ils sont pas un peu bourrés, qu'on traverse une mer de nuages au moment du crépuscule (ce qui est absolument magnifique, je vous le dis, là, comme ça, de but en blanc) et qu'on aperçoit la masse de neige qui recouvre les steppes à l'horizon, très loin en bas. Ah ouais !! Bon, je vous cache pas qu'en arrivant à l'aéroport de Chitose, on n'avait qu'une très vague idée de la stratégie à adopter pour rejoindre le centre de Sapporo. Du coup, on a tranquillement pris un bus qui nous a amenées au terminal de la Sapporo Station, environ une heure après. On savait pas quand est-ce qu'on devait appuyer sur le bouton pour signaler qu'on voulait descendre du coup on suivait notre propre progression sur Google Maps via le téléphone de Marie mais bon, comme internet nous trollait une fois sur deux, je vous avoue qu'on a fait ça davantage au pif qu'en réelle connaissance de cause. On a rejoint notre auberge de jeunesse à pieds (en se basant sur Google maps une fois de plus), en passant par le Wi-Fi des 7-11 disponibles tous les trois mètres vingt-cinq. Alors. 18h30 on arrive. On voit que les check-in en soirée se font après 19h. Forcément, on tente de rentrer quand même et à raison parce que n'oublions pas que nous sommes au Japon. Les gens ne vous mettront jamais dehors, même si vous incarnez le concept d'imprévu à vous tout seul. Le staff est bilingue, vraiment mais vraiment super gentil, accueillant, serviable et souriant, toujours ! L'auberge ressemble à un chalet (surtout avec les douze mètres de neige à l'extérieur, je vous cache pas que ça doit jouer un peu), tout est en bois, Marie et moi sommes dans une chambre-dortoir de filles avec trois lits superposés et un lit simple. À notre arrivée, il n'y avait qu'une Australienne qui y logeait déjà, et puis bon, depuis le temps on ne l'a jamais vue quitter son lit depuis lequel elle demeure scotchée sur son portable. Entre nous c'est un peu dommage de devoir se rendre jusqu'à Sapporo juste pour s'enrouler dans une couette. M'enfin, les gens sont fascinants à observer vous savez. À l'heure où je vous écris, elle a fait sa valise mais deux autres Chinoises viennent de s'installer. Le soir de notre arrivée, on est sorties dans l'optique d'aller dîner dans un restaurant typique. Il devait être plus ou moins 21h mais en fait on n'avait pas imaginé un seul instant que le rythme de vie à Sapporo ne serait pas obligatoirement le même qu'à Tokyo. Du coup ben, on s'est retrouvées dans une galerie marchande semi-désertique avec nos estomacs qui tempêtaient en LV2 kazakh option tamoul. Au final on a fini dans un restaurant népalais à manger des curry indiens en écoutant de la pop rock punk funk sunk jazz manouche. Indé. Ah bah là, y'a pas plus typique. En rentrant à l'auberge, on a fait la connaissance de Herman, un allemand d'origine colombienne qui a un pied-à-terre à Berne en Suisse, il a 59 ans et ça fait dix ans qu'il est backpacker à temps plein. Il a sillonné le Japon du sud au nord pendant deux mois et demi et il s'apprêtait à partir en Corée trois semaines avant de rallier le Cambodge pour y passer deux mois. Il nous a montré les photos de son dernier voyage dans une région reculée du nord de l'Inde. Et puis on a rencontré Keith et Michi. Keith est Taïwanais, on l'a rencontré alors qu'on se brossait les dents sans aucune classe à l'étage, néanmoins on pense qu'il a été séduit par notre capacité exceptionnelle à parler avec du dentifrice et une brosse à dent dans la bouche parce qu'il nous a immédiatement fait un beau debriefing de tous les trucs sympas à voir dans le coin. Et Michi c'est un Japonais dont le charme fonctionne tout à fait correctement sur moi, il voyage seul avec l'envie de découvrir davantage les diverses régions du Japon, mais comme là il en a un peu marre du froid (ben, le climat sibérien c'est... hein, bon, voilà. Des questions? Il me semble que tout est clair) (ben il fait -15° si vous voulez), il a prévu de se rendre à Okinawa lui aussi. Il a l'air assez solitaire mais il est vraiment très sympa. Après avoir constaté qu'à l'auberge ils avaient plein de Rubik's Cube, un jeu d'échecs, un scrabble, un jeu de dominos, des films en japonais, la trilogie du Seigneur des Anneaux, toute une bibliothèque de mangas en VO, une autre bibliothèque comportant notamment sur ses étagères le Trône de Fer et un autre livre dont le titre évocateur traduit littéralement donne "est-ce que c'est juste moi ou c'est de la merde ? Parce que si c'est moi, ça devient clairement de pire en pire", on a planifié quelques trucs pour le lendemain et puis on est directement montées se coucher parce qu'on était un peu déphasées. Et je vais faire un autre post. Mais pas là. Là je vais plutôt aller dormir parce qu'il paraît que c'est ce que font les gens la nuit.Read more

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  • Day119

    大阪

    December 26, 2016 in Japan

    今年、大阪で一緒にクリスマスを過ごすことになった Vous voyez bien où je veux en venir, n'est-ce pas ? Oui, moi aussi je trouve que c'est limpide. Néanmoins, comme j'aime le détail, je vais faire ça correctement sans rien omettre. Ce qui commence par la mention du fait que j'écris ce post planquée sous ma couette à tenter d'étouffer les vibrations des touches de mon clavier afin d'éviter tout incident diplomatique avec les USA, l'Espagne et l'Allemagne qui écrasent sur les lits à une portée de fusil de mon propre tatami. La scène globale est une merveille visuelle digne d'un tableau de Delacroix, comme vous pouvez vous en douter. Bon. Mais comment en suis je arrivée là me direz-vous ? Eh ben c'est très simple. Samedi matin, à 9h40, nous sommes partis en Shinkansen de la gare de Tokyo pour arriver 3h plus tard à Osaka. (Tiens, il vient d'y avoir un tremblement de terre) (boh, ce genre de chose arrive souvent) D'ailleurs pendant le trajet moi j'ai bien dormi. Enfin. Je dormais bien jusqu'au moment fatidique où une mamie japonaise s'est mise à me taper sur le genou avec un enthousiasme extraordinaire. Bon. Une fois tu te dis que peut-être elle ne l'a pas fait exprès et tu te contentes de te recaler dans ton siège pour mieux continuer à ne rien faire. Deux fois tu te dis qu'elle est sans doute un peu maladroite et tu décales légèrement tes jambes. Trois fois, bon, tu commences à te demander si un syndrome de Gilles de la Tourette de la gestuelle existe et, le cas échéant, quel est le pourcentage de la population japonaise qui en souffre. Alors, la quatrième fois, là ça commence à aller hein. Quand j'ai ouvert les yeux, elle a du capter dans mon regard toute l'incompréhension du monde mêlée à la volonté de faire une interprétation personnelle de la bataille de Sekigahara dans un futur tout à fait proche parce qu'elle s'est empressée de me dire de sortir dans le sas du wagon pour admirer la vue. J'ai pas compris pourquoi. Ce qui ne m'a pas empêchée d'y aller. Et j'ai pu apprécier une vue absolument splendide du Mont Fuji que le train contournait pour rejoindre la région du Kansai. Le temps étant magnifique, la neige sur le sommet était éclatante. C'est un spectacle que les Japonais doivent beaucoup apprécier puisque nous avons carrément eu une annonce dans le train pour nous signaler que c'était le moment de regarder par la fenêtre. Incroyable ce pays, moi j'vous l'dis. Une fois sur place, on est allés se sustenter dans la version japonaise de Flunch (on a eu des donburis garnis de saumon et d'avocat, parsemés d'algues et de wasabi, c'était le bonheur dans son expression la plus moderne), puis on s'est directement rendus au château d'Osaka étant donné qu'on se sentait d'humeur conquérante, et aussi un peu parce que notre Airbnb n'était pas disponible avant quatre heures de l'après midi. On a passé la soirée ensuite à déambuler dans Osaka by night, car on avait résolument décidé d'aller acheter du cheesecake de Noël. (Au Japon ils n'ont pas la bûche de Noël, eux c'est du cheesecake) (à savoir aussi que Noël ici c'est plutôt une fête pour les couples et que ça se célèbre au restaurant, si possible habillé de la façon la plus kitsch possible, quand on dégaine pas purement et simplement la panoplie de Santa déclinable en mère Noël à volonté (parce que, apparemment, c'est mignon), et que les Japonais, de toute évidence ils en ont pas grand chose à carrer de la naissance de Jésus) la plupart des vendeurs/serveurs en fait sont habillés en père/mère Noël depuis au moins le 10 décembre alors vous savez, dans ces conditions...
    Donc, nous on a mangé les spécialités locales dans un petit bar sur trois étages, c'est-à-dire des takoyaki et okonomiyaki (les premiers sont des boulettes de pâte à choux fourrées au poulpe et les seconds, des genres de pancakes dont la pâte est constituée de, ben, de pâte (je vous jure) mais aussi de chou, d'oignons, de haricots mungo, et très souvent de viande mais le principe même de l'okonomiyaki c'est qu'on peut le personnaliser à volonté, le nom okonomiyaki veut dire "préparé avec ce qui nous plaît") et on a dégusté le fameux cheesecake à l'appartement en jouant aux cartes et en buvant du chocolat chaud VanHouten disponible dans les distributeurs automatiques qui se trouvent à tous les coins de rue (1 distributeur pour 7 Japonais environ, je vous laisse imaginer l'étendue du concept compte tenu de la densité de population par ici), Sophie nous a offert des petits chocolats et on a fini par aller se coucher pour pouvoir aller voir le château Himeji dès le lendemain matin. Et là je vais déjà publier ça parce que j'ai peur que vous commenciez déjà à partir haha. Puis surtout je ne sais pas si le post n'est pas déjà trop conséquent pour FindPenguin.
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  • Day89

    (voilà en fait FindPenguin me dit que je ne peux pas éditer plus de 10,000 caractères en une fois, du coup j'ai du couper mon post)

    Une partie du temple était principalement dédiée aux couples et à l'amour en général. En gros c'est là qu'il faut aller soit avec ta moitié pour consolider un bel amour déjà bien installé,
    soit avec ton célibat pour recevoir un coup de pouce de Bouddha en marchant dans les pas de tous ces couples unis dans leur bel amour déjà bien installé. Haha ils sont biens ces Japonais.
    Et malins. Un des rituels consiste à marcher en ligne droite sur une trentaine de mètres pour aller d'une pierre sacrée A à une pierre sacrée B. Si tu peux faire ça, alors l'amour illuminera ta petite vie. Bon, bah ça a pas l'air trop compliqué hein. Ouais, mais alors nan. Il faut le faire les yeux fermés. Et c'est mieux si personne ne te guide (c'est plus efficace tu comprends). Ah et puis le chemin à parcourir est le même chemin qu'emprunte le flot de visiteurs pour accéder à la seconde partie du temple. Du coup il faut essayer de les éviter d'accord ? Mais il faut maintenir une ligne droite sinon c'est autant de détours que tu feras en amour. Ah et à la fin n'oublie pas de toucher la pierre avec le paume de ta main. Sinon ça compte pas haha. Bah tu m'étonnes qu'ils aient des problèmes de vieillissement de la population après ça, ça doit être galère de trouver la personne avec qui fonder une famille. Bon. Mais moi je l'ai fait, voilà, au nom de la science, juste pour être sûre. Bah j'aime autant vous dire que c'est pas pour tout de suite 😄
    Ensuite, tout cet amour nous ayant ouvert l'appétit malgré nos obi (les ceintures de kimonos) bien serrés, on est descendus dans un petit restaurant traditionnel (je vais arrêter de coller le terme "traditionnel" partout, on est à Kyôto, partez du principe que tout est traditionnel, d'accord) pour manger des "donburi" (c'est....un bol de riz avec une garniture par-dessus). Puis on est retourné rendre nos kimonos au magasin, parce qu'il commençait à faire assez frais la nuit étant tombée dès 16h30. Après quoi nous sommes allés faire un peu de shopping. La moitié des commerces à Kyôto vendent des produits confectionnés au Japon, voire à Kyôto même. C'est pour ça que j'y ai acheté un petit paquet de poudre de riz qui s'utilise comme une éponge exfoliante (les enfants, c'est une merveille d'efficacité, c'est officiel, ma peau est désormais plus douce que les fesses d'un nouveau-né) et aussi, le plus important, des "yatsuhashi": Kyôto est célèbre également pour son thé matcha et ses pâtisseries en forme de harpe traditionnelle à base de poudre de cannelle, les fameux "yatsuhashi". Du coup, comme Kyôto est une ville à touristes, tu trouves ces deux trucs à tous les coins de rue, et vu que la concurrence est rude, les boutiquiers te permettent de goûter aux produits pour te donner envie de les acheter. Sauf que tous les magasins ont adopté cette même stratégie. Du coup, ben, nous ce qu'on faisait c'est qu'on s'arrêtait tous les trois mètres vingt-cinq pour "goûter" à toutes les saveurs de yatsuhashi. Puis pour être vraiment sûrs, on goûtait plusieurs fois tu vois. Si bien qu'une fois arrivés à la gare pour prendre le bus qui nous ramènerait à notre camp de base, on n'avait plus faim du tout haha ! Mais avant ça, on a profité des illuminations nocturnes pour aller contempler les feuilles des arbres dans les jardins du temple Kôdai-ji, pour faire comme les Japonais. Tout est fait pour mettre en valeur au maximum les couleurs rougeoyantes des feuilles d'automne. On a même eu droit à un mapping projeté sur une longue haie complètement rouge et sur le tapis de feuilles orangées qui couvrait le sol. Sauf que comme c'était que des références à plusieurs composantes de la mythologie japonaise et que ça défilait très vite, nous on n'a pas compris grand chose. C'était très joli, ceci dit. Bien, ce post étant décidément beaucoup trop long, je vais m'arrêter là et agrémenter le tout de quelques photos, puis je vous raconterai notre dernier jour sur place dans le post suivant. Vu que là je n'ai résum..raconté que nos péripéties du samedi. Et s'il me faut retenir une seule chose de cette journée, c'est que porter des chaussettes dans des tongues c'est quand même pas ce qu'il y a de plus pratique pour marcher.
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  • Day89

    Le samedi matin donc, on s'est rendus au sanctuaire Inari-Fushimi, dont les célèbres portiques rouges (qui se nomment "torii" - et non "tori" parce que ça signifie "poulet" et que c'est pas exactement ce qu'on veut dire) trônent fièrement sur l'écran de veille du Coolpix L-2000 v1.5 noir parce que c'est trop hipster et que chez Nikon on a le sens du marketing. Alors, dans la tradition shintô ces "torii" ce sont des portails qui séparent le territoire sacré du profane, parce que toujours dans la tradition shintô, hommes, esprits et divinités cohabitent dans le même monde (d'ailleurs j'ai toujours trouvé que Grand-Mère Feuillage résumait plutôt bien l'idée générale à Pocahontas quand elle lui dit "touuus les esprits du monde veillent sur toi, ils vivent dans la terre, l'eau, le ciel, et si tu les écoutes, ils te guideront ! Voilà, Kwé Kwé Natura !") du coup les "torii" te signalent que tu entres sur un territoire où réside un ou plusieurs esprits. Et tu les trouves un peu partout, que ce soit au milieu d'une forêt de montagne où tu n'es arrivé que parce que tu as lu ta carte -qui datait probablement de l'époque Meiji- à l'envers une fois sur deux, ou bien en plein coeur de la capitale entre le QG de Square Enix et la Tokyo Skytree. M'enfin, là..dans le cas du sanctuaire Inari-Fushimi, qui soit dit en passant est le plus grand du Japon, la déesse du riz devait vraiment tenir à ce que les manants du coin ne se retrouvent pas sur son domaine par hasard, là, comme ça, un beau jour de juin, en allant jouer à la pétanque. Parce que bon. On parle quand même de plus de dix mille "torii". Faudrait vraiment le faire exprès. Bon. Bah même avec ça, c'est pas ce qu'on a vu en premier en arrivant. Pour être exact, on a plutôt senti avant de voir, parce que la ruelle par laquelle on accède au sanctuaire est occupée de jour comme de nuit par une multitude de petits vendeurs de dango, de takoyaki, d'okonomiyaki, de taiyaki, de nikuman, de patate douce, de maïs sucré réchauffé au feu de bois, de tofu soyeux, de spécialités au thé vert matcha... J'avais une furieuse envie de taiyaki depuis deux jours alors à la vue de tous ces stands, je n'ai même pas essayé de me raisonner et ni une ni deux, j'ai foncé vers les vendeurs en clamant devant mes condisciples que j'avais besoin de pratiquer mon japonais, là, sur l'instant. Une fois mes obsessions gustatives satisfaites, nous avons poursuivi l'ascension vers le sanctuaire en traversant la zone merchandising également très animée vers 10h du matin. Comme toujours à l'intérieur du sanctuaire, il y avait beaucoup beaucoup de monde. On a du renoncer à en faire le tour en entier, ce qui nous aurait fait une jolie balade de deux heures sur un pan de la montagne, tout simplement parce qu'on était attendus au magasin de kimonos à midi et qu'au Japon, quand on te donne une heure, crois-moi, tu ne veux pas arriver en retard. Ni en avance d'ailleurs, sinon ils ont l'impression que c'est eux qui sont en retard et ça les gêne. (mais la fois où je suis arrivée deux minutes en retard à un cours d'Otsuka-sensei, ses yeux lançaient des éclairs et elle m'a dit "OSOI DESU YO !" ce qui, de toute évidence, n'appelle aucune contestation) Une fois au magasin de kimonos, garçons et filles ont été séparés, chacun a pu choisir son habit depuis la couleur de la ceinture aux motifs des "zori" (les sandales traditionnelles), une dame s'est occupée de mes cheveux, d'ailleurs elle a bien galéré face à tant de noeuds aussi complexes que récalcitrants et après avoir bataillé 2 minutes, a décidé qu'il valait mieux les camoufler plutôt que d'essayer de les défaire (heureusement que je fais pas ça tous les jours, c'est plus des cheveux que j'aurais) Puis une autre dame m'a aidée à enfiler mon kimono, parce qu'avec les 5 couches qu'il y a sous la ceinture, ça devient vite compliqué c't affaire. D'ailleurs tenir la conversation avec cette dame était assez facile vu que, à l'instar de la quasi-totalité des Japonais, elle ne cessait de chercher une occasion de me dire que je parlais fort bien la langue du pays, par politesse j'imagine. Parce que, quand même, parfois ça n'avait aucun sens. Par exemple : -You speak Japanese ? -Maa.., sukoshi dake desu kedo..(eh bien, juste un peu) -Ohhhhh totemo jôzu desu ne !!! (ooohhhhh vous êtes vraiment douée !!!) ... Certes, certes, ma foi, il est vrai que je viens d'aligner quatre mots m'voyez. Bon. Ah oui, et du coup après avoir rassemblé tout le monde et pris des photos de nous posant sans complexes sous une ombrelle pour illustrer le site internet de la boutique, les dames nous ont indiqué la direction du temple Kyomizu-dera (ça veut dire temple de l'eau pure) afin qu'on puisse aller se la péter correctement avec nos nouveaux atours. Et le moins qu'on puisse dire c'est que ça a plutôt bien fonctionné, même un peu trop au final puisque tous les Japonais se retournaient sur notre passage ou demandaient à prendre des photos avec nous, quand on n'était pas purement et simplement le sujet de leurs exclamations (ils pensaient pas qu'on serait aptes à comprendre hahaaa ! mais en fait SI) Les personnes âgées nous regardaient avec beaucoup de bienveillance et parfois nous félicitaient. On savait pas trop pourquoi alors on en a déduit que c'était pour le choix de nos kimonos. Et puis on a été abordés par des journalistes photographes qui nous ont eux-aussi pris en photo après nous avoir posé foule de questions sur notre attrait pour le Japon, ce qu'on faisait là, comment nous était venue l'envie de porter le kimono, quels avaient été les critères pour le choix, et puis à quel point c'était incroyable d'être étudiants de Sophia University (le journaliste espérait pouvoir y faire entrer sa fille) et de voyager ensemble en venant d'horizons si divers (ils faut qu'ils arrêtent de nous lancer des fleurs, on n'a encore rien fait de si exceptionnel)Read more

  • Day88

    奈良での一日遠足

    November 25, 2016 in Japan

    Vous savez, s'il y a bien un truc auquel je dois 93% de l'impeccable déroulement de mon épopée c'est ma mémoire. À l'heure actuelle, j'ai arrêté de compter le nombre de fois où, persuadée d'avoir beaucoup de devoirs mais clairement plus disposée à aller me promener dans Ikebukuro qu'à les faire, j'ai jeté un coup d'oeil à mon agenda avant de glorieusement finir comme suit : "test de vocabulaire ? Ça va les mots sont pas trop durs, si je prends une photo, demain matin je peux les apprendre dans le métro ; test de lecture ? Bon, on l'a lu en cours, ça ira comme ça ; ah tiens, test de kanji aussi ? Fais voir.. Ah nan, c'est bon je les apprendrai demain entre 10h45 et 11h, je suis large !" De la même façon, comme je suis bien trop fainéante pour tenir un carnet de voyage, j'ai l'immense avantage de pouvoir stocker dans ma tête touuuuuuut ce que je dois impérativement vous raconter sur FindPenguin quand le temps de le faire s'offre enfin à moi. Comme là (Dieu soit en location !!) Bon, bien sûr, il s'y stock également bon nombre de trucs dont l'utilité me dépasse complètement et me pousse à me questionner régulièrement sur le sens de la vie en général. Mais bon. Ça c'est parce que la moitié de ces informations s'enregistre automatiquement sans que j'y fasse vraiment attention (par exemple, je sais que dans le métro qui va de Seijogakuenmae à Shinjuku, l'annonce fait "Mamonaku Shimokitazawa, Shimokitazawa desu. Shimokitazawa no tsugi wa Yoyogi-Uehara ni tomarimasu. Inokashira sen wa o norikae desu. O deguchi wa migigawa desu. Hiraku tobira ni te ya o tenimotsu ga kikekomarenaiyo gochûi kudasai. Honjitsu mo odakyû sen wo goryô kudasaimashite arigatô gozaimasu" pourtant je me suis jamais levée un matin en me disant "ALLEZ, aujourd'hui gros programme, je vais apprendre les annonces de l'Odakyu Line pour les recaser subrepticement dans les conversations quotidiennes et briller en société". Bon. Je vous cache pas que c'est pas super évident à faire, surtout "subrepticement". Par contre tu peux quand même te la péter un peu auprès des gens qui prennent les mêmes métros que toi. Et cela m'amène à l'objet principal de mon poste, qui n'est PAS la fréquence à laquelle je m'auto-congratule (bizarrement, étrangement !) (ça viendra, vous en faites pas haha) mais bien mon escapade à Kyôto qui date déjà d'il y a 3 semaines, et qui a débuté par une excursion à Nara. Nous avons quitté le dorm le jeudi 24 novembre au soir en courant nos sacs sur le dos, (pour faire comme dans le Hobbit quand Bilbo part à l'aventure) (mais surtout pour ne pas rater notre bus de nuit) Le bus de nuit, c'est génial au Japon, je ne sais pas si c'est pareil en France puisque c'était ma première expérience du genre, mais ici c'est ce qu'il y a de moins onéreux pour voyager sur de grandes distances, et puis c'est tout confort, on peut allonger nos sièges complètement, il y a cette espèce d'abat-jour qui permet de ne pas être gêné par la lumière si jamais le chauffeur l'allume, oreillers et couvertures sont fournis, il y a du chauffage notamment au niveau des pieds...ENFIN, autant vous dire qu'on a bien dormi nous (haha, vous savez bien, les transports et moi c'est une longue et belle histoire de narcolepsie) Arrivés à Kyôto le lendemain vers 6h, après 7h30 de route, nous nous sommes directement rendus chez notre hôte pour poser nos affaires, petit-déjeuner vite fait et nous rafraîchir. Et boum, nous v'la repartis en bus direction Nara, une ancienne capitale impériale (rappelez-vous, c'est le même délire qu'à Kamakura avec les empereurs qui bougeaient carrément la ville avec eux quand ils se déplaçaient parce que YOLO, c'est juste pas la même période puisque Nara avait le statut de capitale de 710 à 784, pendant l'Antiquité, tandis que Kamakura c'était durant la période des provinces en guerre en plein Japon féodal), ville aujourd'hui célèbre notamment pour son grand Bouddha qui date du 8ème siècle et pour ses daims qui ont envahi les parcs et les rues piétonnes aux alentours du temple Tôdai-ji. Ils ne sont pas farouches et se laissent facilement approcher, par contre dès lors qu'ils remarquent que tu possèdes sur toi un sac plastique, la rapidité avec laquelle ils évaluent la situation est exceptionnelle puisqu'ils en concluent directement que s'il y a un sac, c'est qu'il doit y avoir à manger dedans, et s'il y a à manger, alors c'est chacun pour soi et tu seras considéré comme un ennemi potentiellement attaquable tant que tu n'auras pas lâché les victuailles haha. Opportunistes au possible. Après avoir déambulé toute l'après midi dans les parcs et les anciens quartiers de Nara, et mangé des glaces et de la patate douce (parce que oui, ici la patate douce se déguste comme un en-cas, en France c'est la gaufre ou la barre de céréales, ben ici au Japon, c'est la patate douce (entre autre !), nous avons repris le bus pour rentrer à Kyôto. Sauf qu'on s'est tous endormis comme des vieilles biscottes carthaginoises et qu'on a manqué notre arrêt. Quand on a expliqué la situation au chauffeur, il a souri sans se départir de son professionnalisme (intérieurement il devait se dire "eh ben ils sont pas rendus ceux-là") et ils nous a expliqué exactement où aller, comment, combien de temps ça prendrait. Quand on a voulu payer notre trajet, il nous a dit que non c'était pas la peine, on paierait à la fin puisqu'on n'était pas encore à destination. Ça nous a paru bizarre mais je crois qu'on était déjà pas mal perturbés donc on n'a pas trop cherché à comprendre et on l'a bien remercié. Et alors qu'on analysait soigneusement notre environnement pour déterminer exactement dans quel sens il fallait marcher pour pas se retrouver à Sapporo par inadvertance, le chauffeur de notre bus est descendu, a traversé le parking en courant vers nous pour nous demander une nouvelle fois si tout allait bien et si on allait s'en sortir. Adorables ces gens je vous dis. Au final on a réussi à rentrer sans encombres, on a rien payé du tout à la fin, donc concrètement le chauffeur nous a juste fait un cadeau de 18 euros d'économies chacun (juste), et on a passé notre soirée tous ensemble à manger des nouilles cuisinées façon spécialité de Nara (pour continuer dans le thème) et à jouer aux cartes tout en se disant qu'on ferait mieux de réviser pour nos examens de la semaine suivante (hahaha) et le soir on s'est tous écroulés sur les futons étendus sur le sol de tatamis d'une maison traditionnelle japonaise. Et mon dieuuuu qu'est ce qu'on dort bien sur un futon !! Je songe sérieusement à en rapporter un à mon retour parce que les deux fois où j'ai dormi là dessus ont été les nuits les plus réparatrices de toute ma vie (ouai ouai ! ) Alors, comment dire.., là, je vais aller me coucher, hein, parce qu'il est 1:11 et que j'ai cours dans 8 heures, mais je posterai la suite du voyage avant la fin de la semaine (même si à votre place, je ne me ferais pas confiance vu que ça fait déjà un mois que je dis ça tous les week-ends) je vous embrasse !!! :)))Read more

  • Day55

    Cumpleaños de Víctor

    October 23, 2016 in Japan

    Alexandre et moi on a rencontré Víctor sur le campus de Sophia University. En fait à ce moment là on était précisément en train de travailler notre québécois, d'abord parce qu'on adore tous les deux cet accent et aussi parce qu'on a trouvé le seul restaurant de poutine de la ville, et qu'il se situe à deux stations de métro de chez moi, dans le quartier plus bohème de Tokyo. Et comme à notre habitude, on disait n'importe quoi. Et comme à notre habitude, on est tombés sur quelqu'un qui comprenait tout ce qu'on disait. Les présentations étaient faites. Alors Víctor il est mexicain mais il a déjà vécu deux ans au Japon, étudié à l'université de Tokyo, travaillé à l'ambassade et il parle super bien anglais, japonais et français. Il est vraiment sympa et comme le courant passait bien entre nous, deux jours après on était invités à fêter son anniversaire chez lui. On a joué au Cards Against Humanity en mangeant de la pizza et des spécialités d'Hokkaido, en buvant de la bière et en essayant de nous rappeler nos cours d'espagnol correctement, c'est-à-dire en évitant de balancer des mots japonais ou italiens toutes les 17 secondes. Je vous assure que c'est devenu compliqué depuis que je me suis davantage familiarisée avec le japonais, des que je commence à chercher du vocabulaire en espagnol, boum c'est le japonais qui arrive et ma mémoire à long terme prend systématiquement ses RTT. Cela dit, on peut considérer ça comme une certaine forme de progrès parce qu'avant c'était l'inverse, je me mettais à chanter la camiseta negra au milieu d'un oral de japonais. Donc bon. Mais de toute façon, Víctor a foi en mes compétences et il va m'aider à remédier à ça, de la même façon que je l'aide avec les subtilités de la langue française quand il cherche à expliquer quelque chose à Alexandre et qu'il me demande des traductions en passant par l'espagnol. Quand je vous disais que mon boulot d'interprète avait déjà commencé haha. Et d'ailleurs maintenant, comme il a cours aux mêmes heures que nous, dans la classe juste en face, et que nos profs font cours en laissant les portes ouvertes, on peut se faire coucou sans problème. Et avec ça, il nous emmène souvent tester des restaurants imbattables niveau rapport qualité-prix à cinq minutes à pieds du campus de la fac. (par exemple, sur la photo c'est dans un restaurant indien, leurs curry sont excellents et le pain est à volonté et tu payes ça 6,50€) Et il a trouvé un boulot à Alexandre, qui m'a recommandée auprès du patron, ce qui fait que je dois m'attendre à obtenir un entretien d'ici peu pour mon premier job. Moi j'vous l'dis, là, comme ça, ce Víctor c'est une perle.Read more

  • Day47

    Kamakura, Enoshima, Japon

    October 15, 2016 in Japan

    Alors Kamakura. Comment vous expliquer ça simplement. Hmm. Bouddha. Les temples. L'océan Pacifique. Mais surtout les temples. Et le Grand Bouddha de Kamakura. Et puis les temples aussi.
    Cette ville c'est un peu la Boulogne sur mer des Tokyoïtes, mais c'est surtout une des anciennes capitales politiques du Japon (de 1185 à 1333 parce que j'ai bien appris mes cours de première année). Mais si, rappelez-vous, de l'époque où les Japonais s'amusaient à déplacer la capitale à chaque fois qu'ils changeaient d'Empereur. Alors imaginez-vous une petite bourgade fort sympathique au demeurant (qu'on a visitée par un temps splendide en plus, pour ne rien gâcher) qui se dresse au bord de la mer, pas bien loin du Mont Fuji et qui défie l'horizon dans une audace tranquille. C'est précisément cette tranquillité qu'on a décidé d'aller perturber un peu Jess, Ben, Sophie et moi. Alors on est arrivés vers 10h sur place et comme on n'avait aucun plan d'action (comme souvent en fait) on a appliqué une stratégie ancestrale qui a maintes fois fait ses preuves : "suivez la foule", ce qui nous a naturellement amenés tout droit sur l'attraction principale du lieu, le Grand Bouddha de Kamakura. 13 mètres de haut, 121 tonnes. Ça fait depuis 1252 qu'il médite, mais à la base il était abrité dans un temple, le Kotoku-in, sauf que ce temple a été emporté par un tsunami au 15ème siècle et que les tentatives de reconstruction ont échoué à cause d'autres catastrophes naturelles. Du coup ben, finalement les Japonais ont décidé qu'il prendrait l'air et que ça lui ferait pas de mal. Enfin, ça lui a juste fait perdre sa couleur dorée. Après avoir suivi l'exemple de notre guide spirituel local et acheté de nouvelles tongues pour Sophie, nous avons mis le cap sur le temple Hasedera, fondé en 736. En fait, selon la légende (enfin, d'après ce que j'ai compris), en 721 un moine a découvert un grand camphrier dans la forêt près du village de Hase. Et là il s'est dit "c'est tu bin grand c't affaire, faque j'pourrais en faire deux statues de Kannon à huit têtes !" Une réaction somme toute assez commune quoi. Du coup c'est exactement ce qu'il a fait, la première de ces statues a été placée au temple Hasedera à Sakurai, et puis l'autre ben, elle a été jetée à la mer (YOLO) une prière faisant voeu que la statue réapparaisse pour venir en aide au peuple. Et v'là-t'y-pas que quinze ans après, en 736 donc, cette statue s'est échouée près de Kamakura. Du coup elle s'est retrouvée dans le second temple Hasedera où elle est toujours vénérée aujourd'hui. Elle mesure 9 mètres et est totalement recouverte de feuille d'or. C'était quand même un peu dommage de juste la balancer à l'eau. Bon, on a fait le tour du temple et des jardins, l'atmosphère était incroyablement ressourçante, calme et les terrasses du temple offraient une superbe vue sur l'océan. Après ça, on a décidé d'aller pratiquer le yoga de l'estomac dans un restaurant traditionnel à deux pas du temple, on s'est offert des okonomiyaki que l'on a d'ailleurs préparés nous-mêmes et c'était dé-li-cieux ! Et puis ensuite on s'est tout doucement dirigés vers la gare afin de reprendre un train pour aller à Enoshima retrouver d'autres potes, profiter de l'ambiance des derniers festivals d'été, du coucher de soleil depuis la plage et surtout des feux d'artifices. Beaucoup, beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP, beaucoup de monde avait fait le déplacement. D'ailleurs, une fois les festivités terminées, ça a été bien l'fun pour réussir à retourner à la gare haha. Là pour le coup on n'a pas eu trop de mal à appliquer notre stratégie initiale de "suivez la foule" parce que même si on avait voulu faire semblant d'avoir une personnalité et des idées avant-gardistes, ce soir-là, on n'aurait pas réussi. Je n'ai aucune idée de combien on était mais ça m'a rappelé les feux d'artifices du 14 juillet à Paris. Notre groupe s'est retrouvé complètement éclaté et l'on s'est tous plus ou moins perdus dans la foule. Mais par un coup de pouce de Kannon à huit têtes sans doute, on s'est tous retrouvés dans la même rame pour rentrer à Tokyo ! Et on a fini la soirée au karaoke !Read more

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