Time reversal
January 30, 2025, South Atlantic Ocean ⋅ ⛅ 25 °C
From Seb - Saint Helena:
Saint-Helena fut une escale courte mais sympathique.
A l’aube, je découvris ce gros caillou noir un peu mythique qui me rappela l’histoire lointaine de l’exil de Napoléon illustré naïvement par une chanson populaire que l’on apprenait à l’école ou avec les anciens je ne me souviens plus bien.
« Napoléon est à mort à Sainte-Hélène,
Son fils Léon lui a troué le bidon
On l’a retrouvé assis sur une baleine
En train de bouffer les fils de son caleçon »
Cet intermède historique bien Français fit beaucoup sourire nos Canadiens du bord.
L’ile d’origine volcanique plantée au milieu de nulle part est effectivement une véritable prison.
Nul besoin de gardiens, l’océan à lui seul suffit à quiconque voudrait s’échapper.
En effet la cote africaine est à 1000 milles et celle du Brésil à 2000 milles.
Découverte en 1502 par Joao Da Nova et baptisé en l’honneur d’Hélène mère de Constantin 1er roi du Portugal.
Quelques aventuriers et esclaves s’y établissent au fil des années, les voiliers s’y arrêtent pour renouveler leurs provisions d’eau et de vivres frais ce qui lui vaudra le nom de « L’Auberge de l’Océan ».
Elle devient possession de la compagnie des Indes Britanniques en 1657.
Et fut prêtée au royaume britannique en 1815 pour y exiler Napoléon jusqu’à sa mort en 1821 puis en 1890 le roi des Zoulous, Dinizulu y passa quelques années de détention avant d’être remis en liberté.
Elle fait partie des territoires Britanniques d’outre-mer avec les iles de Tristan Da Cunha et celle de l’Ascension et a acquis une indépendance économique depuis 1981.
Contournant l’ile par l’Est, Sula Bassana longea la cote à moins d’un mille puis à la pointe de Sugar loaf obliqua vers Jamestown, débarcadère de commerce et mouillage de plaisance.
C’est à ce moment-là qu’un thon rouge d’une vingtaine de kilo se jetait sur le leurre de Jon.
Je vis la canne plier et criait au poisson tout en préparant l’affalage de grand-voile.
Le mouillage bien rouleur mais néanmoins protégé accueillait déjà une petite dizaine de voilier le plus gros mesurant 27 mètres.
Une bonne vingtaine d’embarcations locales de petite pêche, de servitude et de travail à l’image d’une vieille barge de débarquement dansaient au fil du ressac très marqué sur la cote.
Il n’est pas possible d’accoster en annexe à Jamestown, c’est trop dangereux
Aussi un service de rade officie 24/24 avec un petit canot ou un gros zodiac.
Piloté par Kyle natif de l’ile, jovial et disponible, les passagers sont débarqués sur un petit quai équipé d’un portique et de quatre cordes.
Le ressac est tellement fort qu’il faut prendre la corde à la volée pour atteindre la terre ferme.
Un peu d’équilibre et d’agilité sont nécessaires.
Le taxi piloté avec brio ne reste pas à quai, il est parfois obligé de s’y prendre à deux fois ou trois pour débarquer ses passagers au risque de finir sur le quai ou eventré.
Nous n’avons pas le temps d’aller explorer l’ile et après les formalités deux ou trois courses de vivre nous allons nous poser dans une taverne au fond d’un magnifique jardin tropicale.
En surplomb du jardin nous profitons des lieux en sirotant une pinte.
La décoration attire l’œil par ses nombreux objets rejetés par la mer et son plafond recouvert de pavillons nationaux signés de leur équipage.
Encaissé entre deux pics rocheux une tranchée probablement creusé par le volcan abrite Jamestown.
La « capitale village » paisible peuplé d’une population extrêmement sympathique vit essentiellement de pêche, d‘agriculture d’élevage et de produits artisanaux.
Un tourisme un peu chic de découvertes historiques et de rando-nature s’y développe depuis quelques années. Des séjours découverte sont possibles.
Les bâtiments historiques de part et d’autre de Main Street sont bien entretenus et servent l’administration de l’ile puis plus haut dans le village plusieurs épiceries, un supermarché quelques boutiques de souvenirs un magasin d’électro-ménager, un bazar multi-trucs, une banque à guichets (pas de distributeurs) un hôtel de l’Empereur et un pub Local constitue le centre névralgique de l’ile probablement.
Vers l’heure de l’apéro, la taverne se remplit des quelques équipages de voiliers, plusieurs français dont une jeune famille de Lorient en fin de tour du monde viennent s’installer pour manger ou déguster une pression.
L’ambiance est cool et après un bon repas nous retournons à bord, demain nous livrerons quatre batteries que nous transportons depuis Captown pour un skipper allemand qui visiblement se plait beaucoup ici et a établit son camp de base.
Un soleil rouge se couche au raz de la falaise tombant dans l’océan.
Accroché à nos cordes nous sautons à bord du taxi, le ressac est plus fort, nous filons vers Sula Bassanna qui se dandine au mouillage.
Une bonne nuit de sommeil et nous partirons pour Fernandho de Norohna.
Sula Bassana, ile de Sainte-Hélène
15°57’35 S-005°42’35 W Océan Atlantique Sud
1900 milles dans l’Est Salvador de Bahia, Brésil
1033 milles dans l’Ouest de Namibe, AngolaRead more











TravelerBeautiful writing, thank you Seb!
Thank you for the story of Saint Helena, Seb. I see that you are a skilled storyteller as well as sailor. [Sharon]