• Entre Agios Antonios, Voutas et Kitiros

    24. maj, Grækenland ⋅ ☀️ 22 °C

    3e étape de notre aventure à pied Crète 2026, entre Agios Antonios, Voutas et Kitiros.

    On poursuit notre variante par les montagnes pour relier Paleochora à Krios.
    En vadrouillant ici, on a vraiment l'impression de voyager dans le passé, ou dans une bulle de vie simple et saine. Et c'est beau, et c'est bon !

    La nature est omniprésente et totalement préservée. Les paysages s'articulent autour des oliviers centenaires qui tapissent chaque mètre carré des pentes abruptes des montagnes, l'huile d'olives reste l'activité quasi exclusive des petits paysans locaux. Quelques arbres fruitiers parsèment ces plantations : orangers, citronniers, néfliers et beaucoup de figuiers. Les fleurs sauvages s'en donnent à cœur joie en cette saison, c'est un festival de couleurs et d'odeurs !
    D'ailleurs en parlant d'odeurs, c'est fou ce que notre odorat est aiguisé depuis qu'on vadrouille à temps plein en pleine nature ! On ressent immédiatement la moindre effluve, et on la reconnaît en une fraction de seconde, qu'il s'agisse de fleurs, d'arbres ou d'animaux... Quand on "perd" le sens de l'odorat dans la société "moderne", on ne s'en rend pas compte, mais quand on le retrouve, fin et acéré, dans une vie nomade, on se rend compte à quel point il est puissant, extraordinaire et important !

    Les hameaux de quelques habitations et les mini-villages s'enchaînent tous les 5 à 10 km, tous plus perdus les uns que les autres. On y trouve quelques maisons en ruine, d'autres abandonnées et désespérément à vendre depuis des décennies, des dizaines de vieux pick-ups abandonnés à leur grand âge le long de la route, quelques poules, chèvres et moutons, une multitude d'églisounettes, autant de kafenions que d'habitants, dont un quart encore en activité pour les quelques petits vieux ou paysans qui viennent y socialiser et boire un coup, et encore quelques habitants. Ah, ce ne sont sûrement pas les plus riches en euros sonnants et trébuchants, c'est même l'exact inverse, mais ce sont sûrement les plus riches en qualités humaines ! Quels bonjours ! Quels sourires ! Quelle gentillesse en nous voyant chez eux avec nos sacs sur le dos ou notre maison sur roues ! Le berger au réveil... Le monsieur qui repeignait les barrières de sa maison au bord du ruisseau... Le gars qui faisait du carrelage dans la petite maison qu'il retape... Et que dire de la dame qui a vu Franci prendre en photo les capucines devant sa maison, et qui à grands renforts de grec-gestes, est allé en récolter les graines (et aussi celles des fleurs d'â côté), les a mises dans un tube et les a données à Franci 💙🩵. Si simple, mais si révélateur de l'état du cœur des gens d'ici en marge de la civilisation "moderne" 🩵💙 ! Adorables ! Mais pourquoi dans le monde "civilisé moderne" ce n'est plus comme ça ? C'est tellement bon pour tout le monde... On a la réponse...

    Les églisounettes tapissent les coteaux des montagnes isolées. Toutes entretenues. Toutes ouvertes. Même s'il y a à l'intérieur des icônes et autres choses en argent et en or. Même s'il y a à l'intérieur encore des remarquables peintures très anciennes. C'est toujours une curiosité de pousser la porte. C'est toujours un plaisir de s'asseoir à l'ombre de leurs murs quelques instants pour recharger les batteries.

    Je crois que vous l'avez compris : on adore le choix qu'on a fait de ce détour de 4 jours par les montagnes isolées. C'est autre chose que le même tronçon le long de la mer entre logements de vacances et serres de culture en plastique !
    Et même si c'est plus long, plus haut, plus dur, nos efforts sont à chaque fois recompensés par ce qu'on voit et ce qu'on ressent ! Et comme en plus, on profite à fond, après la vadrouille, pendant les heures de fin d'après-midi, de la baignade dans une eau somptueuse et de la sieste au soleil sur la plage, ça nous fait double récompense ! Ça fait oublier toutes les fatigues et tous les bobos, et ça fait un bien fou à la tête et sur la peau !
    Læs mere