Au coeur d'un monde oublié, Noam et Los
February 18 in Dominican Republic ⋅ ☀️ 27 °C
Lorsque Noam glissa entre les premières falaises de Parc national Los Haitises, nous eûmes tous la même sensation étrange : celle d’avoir quitté notre époque. Devant nous s’ouvrait un territoire sauvage, presque irréel, un labyrinthe de mangroves, de grottes calcaires, de falaises abruptes et de forêts tropicales surgissant directement de la mer. Ce parc, l’un des plus préservés de la République dominicaine, est connu pour ses formations karstiques spectaculaires, ses centaines d’îlots couverts de végétation et sa biodiversité exceptionnelle, refuge d’oiseaux marins et de vie sauvage.
Mais avant d’entrer dans ce monde oublié, nous avions déjà plongé dans ses promesses. Près de Cayo Levantado, nous avons exploré les fonds marins, glissant au-dessus de coraux cerveaux massifs, observant les crevettes nettoyeuses, traversant des forêts de gorgones violettes ondulant doucement dans le courant. Une première immersion comme une porte d’entrée vers l’aventure qui nous attendait.
Pendant dix jours, Camille, Malo, Agatha et moi avons vécu comme des explorateurs débarqués sur une terre inconnue. Chaque cri de pélican, chaque envol de frégate, chaque buse planant au-dessus des arbres nous donnait l’impression d’être observés par les gardiens du lieu. Ici, un microclimat règne : presque chaque fin d’après-midi, la pluie tombait doucement, assez pour remplir les réservoirs d’eau douce de Noam, comme un cadeau du ciel pour les voyageurs.
Les journées s’écoulaient entre navigation lente dans les mangroves, explorations de grottes mystérieuses et instants calmes à bord. Camille nous initiait au cyanotype, laissant le soleil imprimer les feuilles et les formes du parc sur le papier. Malo partageait ses secrets de pêche, pendant que je préparais la canne avec espoir, mais après dix jours, aucun poisson ne s’était encore laissé convaincre. L’aventure continue.
Tout autour de nous ressemblait à un décor de légende. Nous nous prenions pour des chasseurs de trésors, guettant la moindre cavité rocheuse comme si un pirate avait pu y cacher son or. Parfois, au détour d’une mangrove, on s’attendait presque à voir surgir un dinosaure…
Puis vint le moment de lever l’ancre. Après ces dix jours hors du temps, nous partons vers Punta Cana, cap sur la civilisation et son carnaval, avec l’étrange impression de quitter un monde secret que peu ont la chance de vraiment connaître.
La légende du trésor de l’îlot perdu
On raconte qu’au XVIIIe siècle, lorsque les mers des Caraïbes étaient sillonnées par des navires chargés d’or et d’épices, un grand pirate régnait sur ces eaux. Redouté pour ses abordages audacieux, il amassait trésor après trésor, jusqu’au jour où une bataille féroce laissa son navire gravement endommagé.
Blessé et traqué, il parvint à gagner un petit îlot rocheux, perdu entre mangroves, grottes et eaux turquoise agitées par les courants. Là, à l’abri des regards, il enterra une partie de son butin parmi les rochers calcaires et les racines des arbres, jurant de revenir le chercher une fois le danger passé.
Mais l’îlot était un véritable labyrinthe naturel. Entre la forêt dense, les grottes où il se réfugiait à l’ombre, et les plages transformées par les marées, ses repères finirent par disparaître. Une nuit, une marée exceptionnelle recouvrit une partie du rivage, déplaça les pierres, effaça les traces.
Au matin, le trésor s’était volatilisé.
Depuis, dit-on, le pirate erre encore parmi les îlots, cherchant sa fortune perdue, et celui qui la retrouvera pourrait bien changer son destin à jamais.Read more











Travelervous avez qui la république dominicaine bonne Nav bisous