• Anne-Sophie Duroisin-Judek
  • Anne-Sophie Duroisin-Judek

Caraïbes et Amitiés lointaines

Il y a des voyages qui naissent longtemps avant le premier pas.
Après sept ans à Mayotte, 2025 a été l’année des préparatifs.
Je vous raconte ma traverser des Caraïbes pour rejoindre les copines, dispersées à l’autre bout du monde.
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  • Début du voyage
    31 janvier 2026

    Paris - Saint Domingue

    31 janvier, France ⋅ ☁️ 8 °C

    J'ai traversé le ciel de Paris à Saint-Domingue, avec une escale à Madrid.
    Un voyage en avion qui marque une frontière étrange, celle où les vacances s’arrêtent et où l’aventure commence vraiment.

    L’impression est encore irréelle.
    Il y a l’excitation du départ, l’appel du large, et en même temps ce pincement discret, le manque qui s’installe déjà, la tristesse de laisser derrière soi des visages aimés.

    Alors j’avance avec tout ça mêlé.
    Le cœur un peu lourd, les yeux brillants, et l’envie immense de voir ce que la suite va raconter.
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  • Un domingo a Santo Domingo

    1 février, République Dominicaine ⋅ ☁️ 28 °C

    À Santo Domingo, la musique s’échappe des parcs. Elle flotte dans l’air chaud, se mélange aux rires, aux pas lents, à la mer toute proche. Devant les plages, d’immenses cargos attendent, immobiles, silhouettes lourdes à l’horizon, rappelant que l’île est aussi un carrefour du monde.

    Sur le sable, la beauté n’est jamais seule.
    Entre les palmiers et l’eau, les déchets racontent une autre histoire. Plastiques, bouteilles, fragments anonymes. Certains viennent des rivières qui traversent la ville et charrient ce que l’on abandonne en amont. D’autres arrivent de plus loin encore, portés par les courants marins, tombés des cargos, échappés des routes commerciales qui passent juste là, devant la côte.

    Et pourtant, la vie insiste.
    Une pousse verte sort du sable, fragile et déterminée. Comme un rappel discret que même ici, au croisement du soleil, du bruit et des restes du monde, quelque chose cherche encore à grandir.
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  • Agatha et Las Terrenas

    2 février, République Dominicaine ⋅ 🌬 23 °C

    Ces premiers jours en République Dominicaine s’ouvrent sous le signe d’Agatha, enfin.
    La pluie, le vent et les rafales imposent un autre rythme, fait de bus locaux, de plats typiques, de repos nécessaire et de longues conversations. Le kitesurf attendra, mais l’aventure commence déjà ailleurs, dans les détails simples : un livre qui se termine, une ampoule soignée, des appels pleins d’amour, des retrouvailles qui se préparent, et ces avocats incroyables qui deviennent le goût de ces journées suspendues. Entre patience, gratitude et amitié, Las Terrenas se vie doucement.

    Agatha est venue secouer le ciel,
    Pluie battante, vents rebelles,
    Les cerfs-volants restent au sol,
    Mais l’aventure trouve d’autres envols.

    Dans la guagua, la route défile,
    On ralentit pour mieux sentir,
    Casba, mofongo, saveurs de l’île,
    Un livre se ferme et les rires s’étirent.

    Un pied blessé, vite soigné,
    Des leçons des îles bien intégrées,
    Des appels d’amour chaque matin,
    Pour compter les jours avant demain.

    Et plus loin, des amis qui approchent, Las Terrenas déjà nous accroche.
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  • Kite, Surf et Las Terrenas

    6 février, République Dominicaine ⋅ ☀️ 27 °C

    Le vent m'a porté sur l’eau claire,
    Le kite dans le ciel, le sourire fier,
    Puis la bachata a fait vibrer la soirée,
    Avec Agatha, on a bien rigolé,
    Même en rentrant trempées.

    Le temps s’est posé, plus tranquille,
    Un peu de repos, l’air plus fragile,
    Puis le soleil est revenu briller,
    Et le surf nous a encore fait voler.

    Entre deux vagues, un rêve est né,
    Un bateau pour la transat à imaginer.

    Et demain, on quitte Las Terrenas,
    La route file vers Samaná,
    Retrouver Camille, Malo et leur voilier,
    Pour laisser l’aventure continuer.
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  • Noam, Samanà et Le Citron en cascade

    10 février, République Dominicaine ⋅ ☀️ 25 °C

    Noam jeta l’ancre doucement dans les eaux tièdes de la baie de Samanà, comme si la mer de République dominicaine nous ouvrait elle-même ses bras lumineux.

    A sa barre, Malo, capitaine serein au regard tourne vers l'horizon, guidait le voilier avec cette assurance tranquille de ceux qui connaissent le vent et lui font confiance. A ses cotes, Camille, seconde en cheffe et gardienne de la vie à bord, veillait aux voiles comme aux provisions, a la route comme aux détails qui rendent le voyage doux. Agatha et moi, simples moussaillons pleines d'entrain, apprendrons chaque jour à lire la mer, à suivre les courants et à savourer cette lente exploration. Ici, on ne se contente pas de naviguer, on avance portés par le souffle des alizés. Sous la surface, les gorgones violettes et bordeaux ondulent comme des forêts vivantes, et parfois, au loin, les baleines surgissent au coucher du soleil, immenses silhouettes silencieuses, reines de cet empire liquide. Les rires ponctuent nos journées, entre les passages patients à l'armada et a l'immigration, car toute grande aventure commence toujours par ces premières épreuves de patience.

    Un dimanche, nous avons quitté le port pour suivre les sentiers menant à la cascade El Limon, marche douce entre jungle et rivière claire, jusqu'à étendre mes chaussettes trempées sur un panneau chauffe par le soleil, avant que le bus ne surgisse soudainement et que je les oublie dans la précipitation, entrainant une course qu'un pick up providentiel transforma en poursuite pour rattraper notre taxi. Puis, le retour à bord ramena l'odeur des fruits murs, avocats lourds de soleil, ananas dores, tomates juteuses, bananes sucrées, promesses des jours a venir, tandis que Camille torréfiait les graines de cacao, peut-être un peu trop, mais dont le parfum chaud racontait déjà les matins paisibles, les plongées profondes et cette vie simple ou l'exploration se marie a la douceur.

    Ainsi débutait notre odyssée partagée, entre navigation, amitié et horizons encore inconnus.
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  • Au coeur d'un monde oublié, Noam et Los

    18 février, République Dominicaine ⋅ ☀️ 27 °C

    Lorsque Noam glissa entre les premières falaises de Parc national Los Haitises, nous eûmes tous la même sensation étrange : celle d’avoir quitté notre époque. Devant nous s’ouvrait un territoire sauvage, presque irréel, un labyrinthe de mangroves, de grottes calcaires, de falaises abruptes et de forêts tropicales surgissant directement de la mer. Ce parc, l’un des plus préservés de la République dominicaine, est connu pour ses formations karstiques spectaculaires, ses centaines d’îlots couverts de végétation et sa biodiversité exceptionnelle, refuge d’oiseaux marins et de vie sauvage.

    Mais avant d’entrer dans ce monde oublié, nous avions déjà plongé dans ses promesses. Près de Cayo Levantado, nous avons exploré les fonds marins, glissant au-dessus de coraux cerveaux massifs, observant les crevettes nettoyeuses, traversant des forêts de gorgones violettes ondulant doucement dans le courant. Une première immersion comme une porte d’entrée vers l’aventure qui nous attendait.

    Pendant dix jours, Camille, Malo, Agatha et moi avons vécu comme des explorateurs débarqués sur une terre inconnue. Chaque cri de pélican, chaque envol de frégate, chaque buse planant au-dessus des arbres nous donnait l’impression d’être observés par les gardiens du lieu. Ici, un microclimat règne : presque chaque fin d’après-midi, la pluie tombait doucement, assez pour remplir les réservoirs d’eau douce de Noam, comme un cadeau du ciel pour les voyageurs.

    Les journées s’écoulaient entre navigation lente dans les mangroves, explorations de grottes mystérieuses et instants calmes à bord. Camille nous initiait au cyanotype, laissant le soleil imprimer les feuilles et les formes du parc sur le papier. Malo partageait ses secrets de pêche, pendant que je préparais la canne avec espoir, mais après dix jours, aucun poisson ne s’était encore laissé convaincre. L’aventure continue.

    Tout autour de nous ressemblait à un décor de légende. Nous nous prenions pour des chasseurs de trésors, guettant la moindre cavité rocheuse comme si un pirate avait pu y cacher son or. Parfois, au détour d’une mangrove, on s’attendait presque à voir surgir un dinosaure…

    Puis vint le moment de lever l’ancre. Après ces dix jours hors du temps, nous partons vers Punta Cana, cap sur la civilisation et son carnaval, avec l’étrange impression de quitter un monde secret que peu ont la chance de vraiment connaître.

    La légende du trésor de l’îlot perdu

    On raconte qu’au XVIIIe siècle, lorsque les mers des Caraïbes étaient sillonnées par des navires chargés d’or et d’épices, un grand pirate régnait sur ces eaux. Redouté pour ses abordages audacieux, il amassait trésor après trésor, jusqu’au jour où une bataille féroce laissa son navire gravement endommagé.
    Blessé et traqué, il parvint à gagner un petit îlot rocheux, perdu entre mangroves, grottes et eaux turquoise agitées par les courants. Là, à l’abri des regards, il enterra une partie de son butin parmi les rochers calcaires et les racines des arbres, jurant de revenir le chercher une fois le danger passé.
    Mais l’îlot était un véritable labyrinthe naturel. Entre la forêt dense, les grottes où il se réfugiait à l’ombre, et les plages transformées par les marées, ses repères finirent par disparaître. Une nuit, une marée exceptionnelle recouvrit une partie du rivage, déplaça les pierres, effaça les traces.
    Au matin, le trésor s’était volatilisé.
    Depuis, dit-on, le pirate erre encore parmi les îlots, cherchant sa fortune perdue, et celui qui la retrouvera pourrait bien changer son destin à jamais.
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  • Un samedi de carnaval à Punta Cana

    21 février, République Dominicaine ⋅ ☀️ 28 °C

    Apres Los Haitises et ses secrets profonds,
    Nous voici propulsés dans un autre horizon,
    Cap Cana brille comme un decor doré,
    Un village vacances pose au bord de l eau salée.

    Carnaval aux plumes et aux couleurs vives,
    Tambours battants, énergie festive,
    Mais sous les lumières tout semble parfait,
    Comme un théatre bien organise.

    On roule en voiturettes de golf alignées,
    Sur des avenues trop bien dessinées,
    Massages au soleil, cocktails sucres,
    Plages privées aux transats rangés.

    L aventure nous manquait, c est presque ironique,
    Alors escape game, frisson ludique,
    Comme si l on cherchait a recréer
    Le mystere que la nature savait donner.

    Ville tres riche, monde un peu a part,
    Bulle brillante loin du regard,
    Un eclat coupe du reste du pays,
    Beau, mais parfois loin de la vraie vie.

    Et puis le large nous fait signe deja,
    Le meme jour que notre voisin italien un peu trop la,
    Adorable certes, mais toujours present,
    Nous levons l ancre en riant doucement.

    Cap au sud vers l ile de Saona,
    La ou le sable redevient loi,
    Vers des rivages moins apprivoises,
    Et des aventures plus salées.
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  • Plongée noctune à Saona

    25 février, République Dominicaine ⋅ ⛅ 26 °C

    Journal de plongée

    Date : 25 février 2026
    Site : proche de Ile de Saona, République dominicaine
    Type : plongée de nuit sur pente douce avec quelques patates de corail
    Binôme : Malo

    Paramètres techniques
    - Durée : 58 minutes
    - Profondeur maximale : 23 mètres
    - Paliers : aucun palier obligatoire
    - Bloc : 12 L aluminium
    - Combinaison : 5 mm
    - Lestage : 4 kg

    Conditions : mer calme en surface, courant soutenu venant de l’est–nord-est, visibilité moyenne à bonne sous éclairage artificiel

    Observations faunistiques :

    Raie pastenague jaune : Individu posé sur zone sableuse en périphérie récifale. Déplacement lent après éclairage.
    Indice clé : disque arrondi et queue fine munie d’un aiguillon venimeux.

    Calamar : C'est beau

    Barracuda : Stationnaire en périphérie du faisceau lumineux, probablement en attente de proies attirées par la lumière.
    Astuce : toujours inspecter la limite entre obscurité et lumière.

    Poisson-ballon porc-épic : Observation d’un individu probablement du genre Diodon. Corps massif, yeux larges réfléchissant fortement la lumière, nage lente et curieuse.
    Les épines, visibles même en position non gonflée, constituent un critère distinctif majeur.
    Le poisson-ballon porc-épic appartient à la famille des Diodontidae. Il possède la capacité d’ingérer de l’eau (ou de l’air en surface) afin de se gonfler en cas de menace, redressant alors ses épines pour augmenter son volume apparent.
    Il est également porteur de tétrodotoxine dans ses tissus, substance neurotoxique dissuasive pour les prédateurs.

    Cuboméduse (contact urticant) : Présence isolée mais notable. Tentacules peu visibles dans le courant.
    Le courant soutenu augmente le risque de contact involontaire.
    Rappel sécurité : stabiliser la flottabilité et limiter les mouvements brusques.

    Gorgones : Les gorgones rouges et violettes dominaient le tombant, polypes entièrement déployés.
    Les gorgones sont des cnidaires coloniaux appartenant aux octocoralliaires. Chaque colonie est composée d’un axe souple protéique recouvert de polypes possédant huit tentacules plumeux.
    La nuit, et en présence de courant, les polypes s’ouvrent pour capturer le plancton transporté par l’eau.
    Le courant d’est–nord-est favorisait clairement leur alimentation, les éventails étant positionnés perpendiculairement au flux pour maximiser la filtration.

    Crevettes au stade nageur (phase larvaire) : Présence abondante de formes translucides dans la colonne d’eau.
    De nombreuses espèces de crustacés passent par une phase planctonique (stades zoé puis mysis).

    Crabe décorateur : Individu observé sur substrat dur, camouflé par fragments d’organismes fixés.
    Les crabes décorateurs (superfamille Majoidea) utilisent des soies spécialisées pour fixer algues et invertébrés sur leur carapace. Ce camouflage actif peut également offrir une protection chimique.
    Conseils d’identification :
    - Rechercher des mouvements discrets
    - Observer les yeux pédonculés
    - Identifier une symétrie sous le camouflage
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  • Poissons, Dominos, Bacchata et coqs

    28 février, République Dominicaine ⋅ ⛅ 28 °C

    Notre passage sur l ile de Saona restera marque par une rencontre avec des pecheurs du village. Nous avons été invites a partager un moment de leur quotidien, entre rires et discussions improvisées a l'ombre des cocotiers.

    Autour d une table, les dominos claquaient avec energie, ponctuant les echanges et les plaisanteries. Le midi, nous avons dégusté du poisson fraichement pêche, préparé avec soin.
    La musique n'a pas tarde a s élever. Quelques notes de bachata ont rempli l air et les pas se sont naturellement enchaînés sur la sable. La danse, ici, est un langage que tout le monde semble parler.

    En fin de journée, nous avons accompagne nos hôtes a un combat de coqs pour soutenir l un des pêcheurs. L ambiance était intense, rythmée par les encouragements et l attention soutenue des spectateurs.
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  • De Bayahibe à Bogota

    2 mars, Colombie ⋅ ☁️ 19 °C

    Le matin pétillait comme un départ d’aventure,
    Un café partagé, des rires qui durent.

    Camille et Agatha restaient là,
    Le sourire grand ouvert, leurs voix accrochées a mes pas.
    Et moi je prenais la route vers la Colombie,
    Le cœur léger, portée par l’élan de la vie.

    Car là-bas m’attendait Ellyn,
    Comme un autre chapitre qui s’incline,
    Et dans cette journée improbable et belle,
    J’ai vu mes trois mondes sous le même ciel.

    La mer ne sépare jamais vraiment,
    Elle étire les liens doucement.
    On ne quitte pas ce qui compte vraiment,
    On l’emporte différemment.
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