• Pas d’anticyclone à Bibione

    April 19 in Italy ⋅ ☁️ 17 °C

    Je quitte mon bivouac avant que le chien du voisin ne se réveille. Une petite pause au pied de l’église à l’heure de la messe (pas l’endroit le plus calme du village), et me voici reparti dans ce décor un peu tristounet de grandes parcelles extensives entrecoupées de canaux. Pas passionnant de pédaler ici d’autant que le ciel est bien couvert. Le temps de le dire, une belle averse m’oblige à m’arrêter… sous les arbres du seul bosquet quelques kilomètres à la ronde.
    Dans ces paysages, mon esprit vagabonde. Je réalise par exemple que depuis cinq semaines je n’ai utilisé la voiture que deux fois, à Yssingeaux avec Jean-Luc et à Sénas avec Vitou. Je pense aussi à mes futures étapes et aux prochains pays. Samuel a beaucoup apprécié l’intérieur de la Slovénie. Vais-je m’y aventurer ?
    Pas trop d’évolution dans le décor, ni le dénivelé. Tout est plat. La seule chose positive est que je roule désormais souvent sur des chemins en graviers blancs, c’est toujours mieux qu’à côté des voitures.
    Le truc qui manque ce sont vraiment les arbres. Cette région est essentiellement agricole mais les italiens ont rasé toutes les haies. Ne subsistent que quelques arbres de ça de là dans les propriétés privées.
    Quelques détails originaux attirent toutefois mon regard (et mon appareil photo) comme ce filet au dessus de la rivière ou encore le décor d’une femme et de son chat au balcon de leur maison.
    J’arrive dans un secteur moins cultivé, un espace de marais un peu comme ce qu’on connaît en Brière. La pointe de Bibione se trouve à l’extrême sud de cette zone marécageuse où l’on peut observer de nombreux oiseaux (ça vous plairait David et Anne).
    Le ciel est toujours gris mais moins menaçant. Sur une portion tutta dretta de 15 à 20 km, je ne croise personne, ni piéton, ni vélo, ni voiture. J’arrive dans la ville. Bibione est une station balnéaire familiale avec de grandes rues parallèles sur lesquelles résidences secondaires et immeubles de plus ou moins mauvais goût coexistent. À cette saison, peu de personnes la fréquentent et presque tous les commerces sont fermés. Je vais faire un tour à la plage mais, sans anticyclone, pas de baignade possible.
    Les plages de Bibione sont de vastes plages de sable fin qui donnent sur la mer Adriatique. Au sud on voit la silhouette de Venise et, par beau temps, on doit apercevoir la presqu’île de Pula en face, en Croatie.
    Mais aujourd’hui, on voit simplement les centaines (milliers) de parasols qui attendent déjà les estivants comme presque partout en Italie, ces plages sont privées et nécessitent un droit d’accès pour se faire rôtir au soleil. Et pour se baigner, les vacanciers doivent préférer la piscine vu le nombre d’hôtels équipés sur le front de mer.
    Je rejoins Davide dans sa maison de vacances familiale. On poursuit les échanges entamés à Mestre lors de notre rencontre. Davide a un master en biologie mais il hésite toujours à travailler dans cette discipline ou autour du vélo. Il commence bientôt un job au rayon cycles de Decathlon.
    On bricole un peu et on va faire des courses (oui oui, en voiture).
    On se prend un apéro (mon premier spritz). Trace de l’itinéraire du lendemain puis dodo tôt.
    Buona notte

    Bilan du jour :
    🚴 70 km
    ↗️ 53 m
    ↘️ 42 m
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