Hyper enjoué à Grad Buje
April 22 in Slovenia ⋅ ☀️ 15 °C
Quelle belle étape que celle d’aujourd’hui.
D’abord parce que j’ai changé de pays et c’est toujours aussi exhaltant.
Ensuite parce que c’est tellement excitant de passer une frontière que je m’en suis fait deux dans la même journée.
Enfin parce que j’ai renoué avec un itinéraire beaucoup moins stressant que les pistes italiennes, avec un grand bol de verdure… et aussi de dénivelé.
Belle météo annoncée au départ avec un bon coup de vent dans le dos. Petit déjeuner copieux à l’auberge de jeunesse. Discussions avec d’autres hôtes de passage, respectivement chercheur en informatique quantique, étudiante, vacancier. Polonais, néerlandais, espagnol, italien, tout ce petit monde s’exprime dans un globish assez facile à suivre. Vive l’espéranto !
Cette semaine et demie en Italie depuis Milan a été extraordinaire pour moi et m’a conforté dans l’idée que je me faisais de mon voyage. Sans cause ou objectif précis, je l’imagine comme une balade au rythme lent du vélo, un bol d’air positif dans une actualité et un monde anxiogène et aussi l’envie de rencontrer des gens juste pour discuter avec eux. J’aime à dire -avec le peu de recul que j’ai- que « c’est le voyage de ma vie » et je mesure la chance que j’ai de vivre ça.
Quelques trucs bien que je retiens de l’Italie :
- Les grandes villes comme Milan, Venise, Vérona, Padova, Trieste (que j’ai un peu moins apprécié mais qui a une sacré personnalité, un hôte de l’auberge disait hier « Trieste c’est Vienne en bord de mer »)
- Le formidable accueil des hôtes WarmShowers (et la force de ce réseau).
- La cuisine.
- Les italiens quand ils discutent, soit on a l’impression qu’ils se font des déclarations d’amour, soit ils ont l’air de se déclarer la guerre.
- L’air toujours toujours enjoué des italiens. J’aime dire que ce sont « des français optimistes ».
- Les équipements domestiques de plomberie (douche, sanitaire, lavabo… ) et d’électricité (appareillage) que je trouve très stylés
Quelques trucs moins bien :
- Les pistes cyclables aléatoirement à droite ou à gauche, ou encore sur la chaussée
- Les propriétés privées avec des grillages et des panneaux, partout, en ville et à la campagne
- Le secteur plat de la Vénétie et du Frioul
- L’automobile-reine
- Le faible taux de réponse de WarmShowers dans certains coins.
Revenons en à l’étape du jour.
Aujourd’hui la mer adriatique a revêtu ses habits azur et turquoise pour mon plus grand plaisir. Sortir de Trieste est plus ou moins facile mais l’itinéraire est bien indiqué.
Je longe le port, monte dans les quartiers, suis un grand axe. Après une dizaine de kilomètres, la trace abandonne le côté de la route et devient un itinéraire 100% vélo et marche. Les panneaux indiquent de plus en plus souvent « Slovénie ». On commence à monter et paf ! Nous voilà à la frontière. Un joli petit panneau, tout simple, à partager entre cyclistes et marcheurs. Séance photo en solo et avec un petit groupe de voyageurs à vélo allemands.
Ça s’élève toujours. Panoramas superbes avec l’Italie au nord et la Slovénie au sud.
On descend sur Koper / Capodistria, première ville traversée dans ce pays.
Ce secteur est également une région de vignes et de vin.
Par rapport à l’Italie, l’atmosphère semble apaisée et les automobiles sont plus cool avec les cyclistes. D’ailleurs, depuis l’entrée en Slovénie, on circule uniquement sur des voies cyclables bien balisées. Il y a même des ronds-points spécifiquement aménagés pour les vélos sur les voies cyclables. Ce n’est peut-être pas pour rien qu’un champion comme Tadej Pogačar est slovène !
En sortant de Koper, ce qui auparavant a dû être une route est devenu un long itinéraire de 4/5 kilomètres partagé entre les piétons et les cyclistes.
Cela m’amène à Isola, petite station balnéaire où je fais une pause pique-nique sur la plage. Enfin, sur un bain de soleil, face à la mer cristalline. J’en profite pour faire une petite sieste, la première, je crois depuis le début de mon voyage. Quel bonheur !
Passer une frontière en soi, ça ne change pas grand-chose. Sauf qu’il faut réapprendre toutes les petites choses du quotidien : savoir dire bonjour, merci, au revoir dans la langue du pays ; se familiariser avec les panneaux routier ; reconnaître les enseignes des magasins…
J’ai voulu aller acheter du pain au supermarché, mais en y entrant, j’ai été surpris de ne voir que des produits de beauté et d’hygiène. Il s’agissait en fait d’une sorte de parapharmacie et non d’un supermarché.
Depuis l’arrivée, en Slovénie, l’Eurovélo 8 est bien balisée et se confond avec « La Parenzana » un itinéraire qui emprunte une ancienne voie ferrée. Pente légère, tunnels, trace en pleine nature… cette trace a tout pour séduire.
Aux salines de Sečovlje, je discute avec Peter et Silke, un couple d’allemands partis de chez eux la semaine dernière. Comme moi, ils ont de grosses sacoches et s’étonnent de voir peu de voyageurs à vélo sur l’itinéraire
Les salines sont un espace assez singulier, entre l’exploitation du sel et l’observation des animaux. Cette réserve marque la frontière entre la Slovénie et la Croatie.
Petite photo au poste. frontière un peu moins glamour que la précédente.
Et tout de suite, on grimpe sur le coteau bénéficier d’une magnifique vue sur la saline et la ville de Bosamarino en arrière plan.
L’ascension terminée, mon GPS m’indique de tourner à gauche pour suivre l’Eurovélo 8. Au carrefour, un panneau présente les sentiers VTT dans le coin et le tracé de la Parenzana. Je décide de faire une petite infidélité à mon itinéraire d’origine et de m’enfoncer dans l’intérieur des terres de la Croatie en suivant la Parenzana jusqu’à Poreč, un peu plus au sud sur la côte.
Comme pour m’indiquer que j’ai fait le bon choix, un couple de huppes fasciées décolle devant moi sur le sentier à mon arrivée.
Petite halte dans une auberge pour un copieux dîner de poisson et de crudités. Je profite du wi-fi pour charger quelques photos et faire une visio avec la famille.
Bivouac un peu plus loin.
Quel bonheur que cette journée.
Vivement demain !
Bilan du jour :
🚴 67 km
↗️ 524 m
↘️ 414 mRead more



























Traveler
On dirait le début de la Flow vélo (enfin le début officiel, si tu vois ce que je veux dire…)
TravelerOui, ça ressemble un peu mais en moins plat
TravelerJ’avais raison de rêver hier soir