• Des bas et des hauts à Fabriano

    June 2 in Italy ⋅ ☁️ 24 °C

    Le saviez-vous, le 2 juin est férié en Italie. Ce jour-là, ce pays célèbre la République qui a été adoptée par référendum en 1946. Après la fête nationale du Monténégro le 21 mai, c’est la deuxième fois que je suis dans un pays le jour de la fête nationale.
    Je m’étais dit que je pourrais faire réparer le rayon de Charlie mardi matin. Malheureusement, tout est fermé. Tant pis, je prends la route comme ça en me disant qu’on a bien réussi à parcourir 100 km en Albanie avec un rayon en moins, donc que ce sera possible d’en faire 70/80 sur les routes italiennes.
    Je prends le temps de répondre aux Warmshowers. L’un d’eux, Daniele, m’indique les coordonnées d’un café-vélo, que je trouverai à Fabiano, ville étape de mon itinéraire. Avec les animateurs de ce café, j’aurai peut-être de bonnes adresses de vélocistes. Je leur envoie donc un message sur WhatsApp.
    Après être sortis d’Ancôna, on file le long du rivage et d’une voie ferrée sur une dizaine de kilomètres. Un bruit sournois de rayon qui pète et me voilà encore en questionnement. Allez, je file pour sortir de la grande agglomération. Au pire, je planterai ma tente si les dégâts empirent.
    Le chemin qui suit est très agréable, en piste single, le long d’une rivière, à l’ombre des roseaux et des arbres. Je retrouve également un peu d’humidité qui était plutôt rare en Albanie, en Grèce et même en Croatie. Avec elle, les parfums de figuier, de tilleul et de jasmin nous accompagnent sur le trajet. Comme cette journée est fériée, je croise beaucoup de monde à vélo, à pied ou en footing. Avec ou sans chien.
    L’itinéraire quitte la piste bucolique pour prendre une route nationale, pas trop fréquentée donc agréable à rouler.
    Il est 12h30 et j’ai déjà parcouru plus de 50 km. Je m’arrête à une fontaine dans laquelle Angelo, cycliste, fait le plein d’eau fraîche. Quand je lui montre mon itinéraire, il me dit qu’une partie est peut-être bouchée pour cause de travaux. Mais ça fait longtemps qu’il est passé par là. Il me conseille d’essayer tout de même.
    Je déjeune dans un parc à proximité, et je reprends la route, toujours sur la nationale.
    Effectivement, le secteur dont me parlait, Angelo est interdit à la circulation je fais demi-tour, prêt à faire du stop et passer avec un véhicule par le tunnel.
    Je croise Simone, un autre cycliste vététiste qui habite dans le coin et qui est habitué à passer par cette petite route barrée. Il me propose de l’accompagner. Quelle générosité de sa part. Quelle belle surprise, également de parcourir cette route abandonnée, fréquentée par des promeneurs et des grimpeurs. Nous circulons dans des gorges magnifiques et la végétation a pris le dessus sur une bonne partie de la chaussée. On se régale.
    Finalement, Simone m’accompagne sur une vingtaine de kilomètres au total. Il est très soutenant lorsqu’il y a des côtes, roule toujours à la même vitesse que moi et m’offre même des barres d’énergie lors d’une halte. Finalement, cette journée qui avait mal commencé, se poursuit sous les meilleurs auspices. Encore merci à toi Simone d’avoir partagé ta sortie avec moi. C’était vraiment un bon moment.
    Il me laisse au départ d’une descente qui se termine à Fabriano, mon étape du jour.
    Je me mets à la recherche d’un camping ou d’un lieu pour planter ma tente. Hélas, même si cette jolie ville compte environ 30 000 habitants, il n’y a pas de camping. Je fais le tour des parkings pour camping-car, mais ils sont tous uniquement en bitume. Difficile d’y mettre sa tente.
    Il me semblait bien que le nom « Fabriano » me disait quelque chose. Effectivement, c’est un nom très connu dans le domaine des papetiers. Cette ville a été nourrie par cette industrie depuis le XVIIIe siècle. Il y a même un musée du papier et du filigrane en plein centre-ville.
    Pendant mes recherches de camping, j’ai été séduit par l’architecture et les constructions du centre-ville de Fabriano. Encore une jolie découverte touristique.
    Il est bientôt 18 heures. Je me dirige vers le BC Caffè. J’y trouve un groupe de passionnés du vélo qui arrive de faire un tour. Un autre Simone est de passage en Bikepacking dans le coin. Il vient de faire un voyage à vélo dans les Balkans et rentre chez lui. C’est un joli brouhaha d’échanges autour du vélo, de la convivialité et des voyages. Bien sûr, une petite bière et quelques plats italiens accompagnent l’ensemble. Marco, le patron du café, me propose de planter ma tente dans son jardin. Décidément, que de bonnes surprises encore dans cette journée !
    Une grosse nuée d’orage s’abat sur la ville.
    On attend un peu avant d’aller chez Marco. C’est super, le terrain donne sur la montagne et une salle de bain est aménagée dans son sous-sol.
    J’installe tout mon barda, stationne Charlie dans le garage, je me fais un petit dîner au soleil couchant et m’installe dans la tente, encore tout ému des belles surprises du jour.
    Demain, petit tour chez le kiné en début de matinée pour Charlie. Ensuite, j’ai prévu d’aller visiter le musée du papier et du filigrane comme la météo est incertaine.
    Idéalement, j’aimerais pédaler ensuite jusqu’à Assise, 70 km plus loin…

    Bilan du jour :
    🚴 88 km
    ↗️ 714 m
    ↘️ 426 m
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