• Medellín

    May 13–20, 2025 in Colombia ⋅ ☁️ 24 °C

    Attention, pavé ! 😃

    Medellín, la grande Medellín (prononcer Medejin), ses 2,5 millions d’habitants et son histoire sanglante orchestrée par les cartels, les gouvernements, les guérilleros et autres paramilitaires. Triste histoire comme celle de toute la Colombie d’ailleurs. Une histoire dramatique qui a détruit de nombreuses familles pleurant encore ses disparus.

    Compliqué ici de refaire toute l’histoire de la Colombie et donc de Medellín (2ème ville du pays et ville la plus dangereuse du monde il y a 20 ans) mais la violence y a été omniprésente pendant plusieurs décennies. Sur fond de culture, fabrication et trafic de drogue à destination des Etats-Unis d’abord et de l’Europe ensuite. Ça c’est calmé en apparence depuis une dizaine d’années grâce à un « accord » entre les cartels et l’Etat. « On vous laisse faire votre business mais vous laissez nos touristes tranquilles ». Les 2 mannes économiques du pays.

    A Medellín, on a eu 2 logements. Le premier, un appartement dans le quartier résidentiel de Laureles et le 2ème à la Loma, un barrio des hauteurs, quartier inaccessible auparavant car tenu par un cartel. On était à l’Hostel Del Cielo, loin de tout mais avec une vue imprenable sur toute la ville. C’est rare de pouvoir comprendre la morphologie de toute une ville d’un seul regard, magnifique de jour comme de nuit ! L’hôtel est tenu par un Français dont l’idée de départ était de réussir à créer du lien entre les familles du barrio et les touristes de passage ; certains touristes logent chez 2 familles avec qui il travaille, mais pas possible pour nous, 2 personnes maxi peuvent être hébergées. Le quartier, comme la plupart de Medellín, est parvenu à s’apaiser et se sécuriser par un savant (!) mélange d’opérations militaires, de ras-le-bol des habitants et d’arrangements mafieux. Bref, aujourd’hui ce sont des zones sures, en conservant son bon sens.

    On a commencé par visiter cette immense ville, dense et polluée par son centre ville. Peut-être une erreur car on est partis sur une mauvaise image de la ville avec son centre décrépi, peuplé d’une grande misère encerclant camés, dealers et prostituées. On n’est pas restés trainer… Dans plein d’autres quartiers, la municipalité a quand même réussi à verdir la ville, ce qui n’est pas négligeable.

    Ensuite, on a visité la célèbre Comuna 13 qui est en train de renaitre de ses cendres. Un des 23 quartiers de la ville à flanc de montagne. C’est peut être le seul quartier du monde à posséder ses escalators pour mieux grimper d’une rue à l’autre, c’est très ingénieux, et salutaire pour les habitants ! Pour y aller on emprunte le métro et l’un des 5 métro-câble de la ville. Le métro et ces téléphériques ont permis de désenclaver les quartiers. Auparavant il fallait une heure trente pour rejoindre le centre ville, à présent 20 minutes suffisent !
    Visite guidée passionnante où l’on comprend comment le quartier était tenu par les cartels auparavant. C’était impossible d’y rentrer, si t’y vivais, t’étais à leur solde et si tu n’obéissais pas aux règles c’était une exécution froide sur le terrain de foot. Les murs racontent cette histoire avec de grandes fresques de street art et les jeunes ont remplacé les armes par le hiphop et le breakdance.
    C’est beau de voir la résilience prendre tout son sens ici. Personne n’oublie l’histoire mais tout le monde regarde demain plein d’espoir. En Colombie, c’est mal poli de ne pas sourire. Les habitants ont toutes et tous des disparus et des morts auxquels ils pensent toujours en observant la montagne en face où une fosse commune a servi très longtemps. Les autorités ont enfin entrepris de s’en occuper, ils commencent à déterrer les corps afin de les identifier, pour que les familles puissent enfin faire leurs deuils.
    A la fin de la visite, Vincent et d’autres français de la visite font un foot avec les jeunes du quartier sur ce fameux terrain témoin de l’histoire horrible que l’on connait. Les enfants y jouent à présent, comme pour reprendre possession de leur histoire et ne plus subir les atrocités passées.

    Le musée de la mémoire nous a éclairé encore davantage sur la complexité de la réalité colombienne. Victimes et anciens bourreaux témoignent, étonnant.

    En moins plombant et plus joyeux, à l’hostel, on a fait un atelier empanadas avec Lily, co-gérante de l’hotel. C’était top ! Une centaine d’empanadas de maïs cuisinés avec nos amis backpackers de passage que nous avons ensuite dégusté avec quelques familles du quartier. Lou et Tao ont adoré. Nous aussi. Surtout les salés ! Alors que les colombiens préfèrent de loin les sucrés : mozzarella et pâte de fruit de goyave. Et il y avait une piscine à balles pour les cocos, trop heureux de s’y « baigner » !

    On est aussi au musée d’art de la ville, avec plusieurs salles consacrées à Fernando Botero, dont c’est la ville de naissance. Amusant, Lucie se souvient d’une exposition de statues de Botero vue à Paris avec ses parents quand elle avait l’âge de Lou ! Il a des oeuvres vraiment belles, avec de superbes couleurs (mais interdiction de prendre des peintures en photo) !

    A l’hostel, on a fait notre dernière nuit en dortoir, histoire de se sentir comme des vrais backpakers, Lou et Tao ont adoré partager la chambre avec d’autres voyageurs surs des lits superposés de 3 niveaux !

    Le dernier matin, en enfilant sa veste, Lucie sent quelque chose dans sa manche, elle la secoue en pensant à une araignée, et ça n’est rien d’autre qu’un scorpion qui en tombe ! Elle a eu chaud ! Il n’a pas piqué mais on était pas loin ! Viva Colombia !

    Medellín, ville complexe et immense, chargée d’histoires sombres qui reprend des couleurs pour s’ouvrir les bras grands ouverts aux lendemains qui chantent !

    On continue à présent notre route pour le nord, cap sur la mer des Caraïbes !
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