• ⛵️ Açores- France

    June 8 in France ⋅ ☁️ 16 °C

    Jour 1, samedi 30 mai. Il est 9h00, nous quittons les pontons accueillants de Porto Velas et nos amis qui ont encore un peu de temps avant de rentrer à la maison.
    Nous devons contourner la pointe Nord Ouest de Sao Jorge avant de pouvoir arrondir la route et enfin gonfler les voiles au portant cap au Nord Ouest.
    1220 NM jusqu à Lorient en route directe. Distance sur 24h 130 NM. Le routage établi nous promet du vent portant jusqu'en Bretagne, suivant une route plus Sud que la route directe, alimentée par les flux de Sud Ouest créés par les trains de dépressions passant un peu au nord de cette route directe.
    Poser un premier pied en Bretagne pour notre retour en France nous tente beaucoup, comme il y a un an lorsque nous nous y étions arrêtés au début de ce voyage.

    Une facheuse fausse manip m'a conduit à effacer toute la prose écrite jusqu'au jour 8. Je vais tenter de résumer ces 8 jours de traversée depuis les Acores, en énumérant les quelques ingrédients qui me reviennent en tête :
    - dauphins et amis au revoir les acores
    - omelette pates champignons,
    - mousse au chocolat de Titouan
    - flan chocolat de papa
    - dauphins, marsouins matin du jour 8
    - pêche infructueuse (2 jours puis abandon)
    - casse sur tableau arrière et support du régulateur d'allure arraché.
    - 3 dépressions en 8 jours (on passe au sud et on profite du flux de SO).
    - une météo qui nous porte du début à la fin
    - jours 7 et 8 musclés 40 nd houle 5m (dépression n°3 passée près)

    Jour 2, dimanche 31 mai : 149 NM

    Jour 3, lundi 1er juin : 147 NM

    Jour 4, mardi 2 juin : 140 NM

    Jour 5, mercredi 3 juin : 145 NM

    Jour 6, jeudi 4 juin : 140 NM

    Jour 7, vendredi 5 juin : 148 NM

    Jour 8, samedi 6 juin
    Nous entrons dans les eaux territoriales francaises. Notre route est parallèle au dispositif de séparation du trafic maritime (DST) qui conduit au rail d'Ouessant : Nous devons redoubler de vigilance car en plus de croiser de nombreux cargos, nos routes sont souvent parallèles, rendant l'évitement moins évident. Quoi qu'il en soit, nous sommes à la voile, prioritaires sur ces gros machins mais je reste méfiant. Je ne préfère pas engager de manoeuvre d'évitement risquant d'empirer une situation déjà prise en compte côté cargo. En cas de doute, je préfère les appeler et me faire confirmer qu'ils nous prennent en compte. (Normalement mon signal AIS me garanti d'être pris en compte de façon anticipée puisqu'il doit déclencher une alarme à la passerelle). Il peut arriver qu'un cargo me demande à moi de bouger même si je suis prioritaire, en cas de proximité avec un autre cargo par exemple. Il suffit de mettre un peu de bon sens et d'anticiper.
    Bilan des 24h : 130 NM, ou la houle encore présente nous handicape pour maintenir le génois bien gonflé.

    Jour 9, dimanche 7 juin : une nuit reposante s'achève sur Zanzibar. Un ciel bleu sans nuage accompagne le lever du jour et la distance restant à couvrir nous promet de voir la côte Bretonne aujourd'hui. Nous sommes toujours sous génois seul, le vent 3/4 arrière nous y contraint. La houle doit progressivement s'atténuer dans les 24 prochaines heures.
    9h, le vent ayant tourné légèrement, l'allure largue nous permet de hisser gennaker et GV. 9h30, tout est envoyé sous un soleil radieux, nous glissons à 6nd voire 7nd de temps à autre sur notre objectif de Lorient.

    Jour 10, lundi 8 juin : il est 6h locales, nous laissons Groix et Pen Men sur tribord et empruntons le chenal d'accès à la rade de Lorient. Nous portons le gennaker depuis hier matin et prolongeons encore un peu le plaisir à simplement 4nd et cette impression de sérénité aux premières lueurs du jour.

    Il nous aura fallu 9 jours pour traverser depuis les Acores.
    Nous avons bénéficié de vents portants depuis notre départ de Sao Jorge, la fenêtre était bonne et les prévisions météo, faut il encore le souligner super fiables. Cette météo fiable nous a autorisé à nous engager en connaissance de cause les jours 7 et 8 sous la dernière dépression. Celle ci n'étant pas loin au nord, elle nous a alimenté comme prévu en vent de 30 à 40 nd en rafales orienté de sud ouest à nord ouest le temps de son passage. Sans une telle confiance aux prévisions météo, j'aurai sagement ralenti à l'approche du cap Finistère espagnol. Mais nous avons eu ce qui était prévu et savions que c'était négociable en l'abordant avec houle et vent par l'arrière. Montagne russes à volonté pendant 30h mais le bateau n'a pas souffert. Nous bénéficions de ce flux jusqu'en Bretagne. Attendre nous aurai confrontés à une bulle de pétole prévue derrière la queue de dépression. Il fallait bien prendre ce train.

    Côté tuiles, à déplorer le régulateur d'allure qui a finit par s'arracher du tableau arrière à mi parcours et un bout dehors plus très droit (mais qui tient encore...)
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