En plein désert 🏜
May 10, 2024 in Spain ⋅ ☁️ 27 °C
À mesure que nous pénétrons dans les tréfonds du pays, la température s’élève, l’air se fait plus lourd ; presque brûlant parfois. Un vaste lac artificiel croise notre route. Repéré la veille, nous ne reconnaissons aucun des endroits dénichés sur quelques blogs pour s’y baigner, profiter d’un point de vue, ou encore investir d’anciens thermes antiques d’où l’eau sulfureuse jaillit encore... Le niveau de l’eau, bien plus haut que sur l’image satellite, inonde bordures et esplanades de terre, empêchant l’accès. Les arbres immergés déploient leurs longues branches à la surface dont le reflet en miroir démultiplie la végétation moutonnante.
Un pique-nique. Plusieurs sauts. Quelques brasses rafraîchissantes. 💦
Il est temps de reprendre la route, direction : les fameuses Bardenas reales ! 🏜
Parvenu·e·s à Arguedas au cours de l’après-midi, nous passons la porte d’un entrepôt à l’enseigne un peu défraîchie. Une ambiance apaisée règne au sein de ce temple du vélo. Une vieille radio diffuse une antenne espagnole en fond. Sifflotant au rythme de la musique, Marton, la soixantaine, prend soin de ses deux roues, l’air tranquille, un chien à ses pieds. Nos montures choisies, les conseils de Marton en tête pour le lendemain (en español por favor ! 🇪🇸), nous partons à la découverte des environs.
Une douce soirée prend forme au troquet du village. Une folie estivale flotte. La promesse de longues soirées chaudes passées en extérieur, sous la lune, en terrasse ; enveloppé·e·s des rires des habitué·e·s et de celleux de passage. Il n’en faut pas davantage pour que nous jetions notre dévolu sur le pichet de sangria maison et les assiettes de tapas frits à partager ! 🌑🌑🌚
Un goût d’été grisant qui allège l’esprit et rend, tout à coup, tout possible.
🔥🔥Jour J, excursion dans le désert des Bardenas en VTT !🔥🔥
Le vélo. Exquise sensation de liberté. Des mois que je n’avais eu l’occasion d’en enfourcher un. Les premiers kilomètres sont rapidement avalés, galvanisé·e·s par la redécouverte de filer sur les chemins à toute vitesse d’un coup de pédale et l’excitation de se rapprocher de l’entrée de la réserve naturelle.
Le paysage se modifie sous nos yeux et revêt des allures de canyons américains. L’aridité s’installe, la ville laisse place à des plaines désertiques rocailleuses aux formes chaotiques. Cette zone étonnante s’étale sur presque 40 000 hectares et a été le décor de plusieurs tournages, dont celui de scènes de la célèbre série Game of thrones !
Il n’y a plus âme humaine qui vive ici. Seul un réseau de pistes s’entrecroisant balayées par les vents charriant parfois des tourbillons de poussière et survolées par de nombreux rapaces. À chaque coucher de soleil, nul n’est autorisé à demeurer au sein du parc, et ce, jusqu’au lendemain matin. Une intrigante zone militaire a élu domicile au beau milieu du désert, dont l’activité nocturne semblerait présenter un danger pour les voyageureuses de passage que nous sommes (!).
Divisées en trois zones distinctes, les Bardenas sont constituées de la Negra (peuplée de forêts xérophiles ; composées d’organismes pouvant survivre dans des conditions extrêmes tel que le manque d’eau), el Plano (steppes agricoles) et la Blanca (ravins désertiques). C’est à travers cette dernière que nous allons évoluer à vélo, parmi des panoramas grandioses dévoilant les différentes strates de roche au nuancier de couleurs fourni.
Aux abords de la Blanca, les enclos de vaches et taureaux fleurissent. Des panneaux « cañadas » apparaissent, notifiant les voies de passage des animaux en transhumance dans le désert de l’autonome au printemps. Le début de cette activité ancestrale fait même l’objet d’une fête : la San Miguel à El Paso, au cœur du vide, le 18 septembre (à vos agendas 💃).
La morsure du soleil atténuée par le vent assèche nos lèvres. Le décor environnant dans lequel nous roulons semble irréel. Tout droit sorti d’un autre continent, voire d’une autre planète. Le sol décrit canyons et ravins secs et profonds. À l’horizon, se dressent des collines aux coulées oranges, rouges, jaunes, mais aussi teintées de violet et de bleu. Un paysage rebondi et dégoulinant figé à jamais. Sensation erronée, puisque l’érosion continue son travail de fourmi, dans l’ombre. Nos roues foulent la terre qui craquelle, se fend.
De petites cabanes en pierres désaffectées jalonnent les pistes que nous empruntons. Droit devant nous, une colonne sort de terre, jaillit des entrailles de ce sol stérile. El Castil de tierra, cheminée de fée la plus emblématique du parc, nous transporte quelques mois plus tôt, en Turquie en Cappadocia ! 🇹🇷❤
🙄L’envers du décor se révèle tout aussi passionnant, on vous raconte...
Le choix d’une mobilité douce nous paraissait approprié pour partir à la découverte d’une réserve naturelle. Les distances étant vastes, nous avons opté pour le vélo plutôt que la rando. Jusqu’ici tout va bien. C’est une fois sur place, les roues sur les pistes du désert, que les choses se compliquent ; puisque les chemins se trouvent partagés avec une flopée de véhicules en tous genres (4x4, vans, camping cars, citadines, voitures électriques, quads et autocars !).
Depuis que nous voyageons, nous nous sommes beaucoup questionné·e·s à propos de la difficulté de l’accès à la nature pour toustes (qu’importe l’âge, la validité, le handicap...). Proposer différentes possibilités de parcourir certaines zones protégées nous semble cohérent, poursuivant l’idée d’une démocratisation de ces espaces en tant que bien commun de l'humanité. Malheureusement, dans ce cas précis, le tourisme de masse irraisonné a creusé son sillon ; permettant à des centaines de véhicules personnels de pénétrer les lieux chaque jour sans gestion du flux, ni propositions de transports en commun.
Nous repartons les yeux ébahis, mais le corps recouvert de poussière du désert après plusieurs heures sous les rafales projetées par les voitures de passage !Read more





















Traveler🤩toujours très beau ce désert des Bardenas 👍