Rotterdam R14 - Retour à Troussey
August 14, 2025 in France ⋅ 🌙 24 °C
Et voilà, tout à une fin. Il y a les fins qu’on espère, qu’on attend, comme la fin du gouvernement Bayrou et avec lui ses ministres Darmanin et Retailleau et les fins qu’on redoute, qu’on tente de freiner.
La fin de notre parcours néerlandais fait bien évidemment partie de la deuxième catégorie.
Il est synonyme de fin des vacances, de reprise de ce train-train quotidien, celui qui, à force, nous étreint, nous broie, nous fatigue. C’est la fin des vacances, quoi !
Après, comme je l’avais prédit dans le post précédent, une nuit épouvantable, je réveille Hélène, ferme les sacoches fin prêtes depuis la veille et commence à descendre les bagages, depuis le haut de cet immense escalier. 3 voyages pour commencer et le tour est joué : je suis trempé de sueur.
De toutes façons, mon esprit avait déjà intégré que cette journée serait fatiguante.
Je récupère les vélos, nous les chargeons et filons à la Rotterdam Centraal. À 5h du matin, les rues sont comme à Troussey, quasi vides. Nous arrivons à la gare et cherchons de suite un préposé qui pourrait nous expliquer comment fonctionne le chargement des vélos. D’autant que le règlement de l’Eurostar stipule qu’il faut se présenter, dans le cas présent, 90 minutes avant le départ.
Ça, c’est sur la papier. Sur le terrain, c’est tout autre chose et il n’y a personne dans la gare, si ce n’est du personnel de sécurité à qui je réussis à obtenir le numéro du quai. Pour le reste, on repassera.
Nous décidons donc de démonter les vélos et les ranger dans leur housse parfaitement neuve. Puis nous attendons que le train arrive.
Une fois montés à bord, nous laissons nos vélos dans le couloir et prions pour ne pas tomber sur un contrôleur trop zélé et service-service qui pourrait nous chercher des poux sur la tête. Mais là encore, personne ne vient nous dire que c’est impossible. Nous embarquons, le train part, c’est fait : en route pour Paris !
Arrivés Gare du Nord, nous libérons nos vélos, donnons deux trois tours de clefs, remettons d’équerre mon guidon, réinstallons les roues avant, sous le regard amusé de deux conducteurs de train. Nous enfourchons nos vélos direction la Gare de l’Est et embarquons dans un TER. Là, les places pour les vélos sont plus nombreuses et pas besoin de démonter les biclous.
En fait, il n’y a que trois places pour toute la rame. Et nous sommes déjà 5. Ça va frotter. Qui plus est, ça n’est pas un système d’accrochage, mais d’arrimage des vélos. Tout le couloir est obstrué et je serre les fesses pour que le contrôleur ne nous éjecte pas. En effet, nos infos semblent erronées : il faut payer et réserver pour les vélos, même sur les TER. Le contraire de ce qu’on nous avait annoncé.
Le train démarre. À travers la porte vitrée du compartiment, je vois la contrôleuse passer sans prêter un sourcil à cet amas de ferraille, qui s’enrichit au gré des étapes. Les vélos s’entassent et j’apprends que les trains précédents ne sont pas passés, entrainant cette surpopulation bicyclable.
Nous arrivons assez rapidement à Bar- Le-Duc et là, premier choc : les vélos chargés rentrent avec peine , chacun leur tour, dans l’ascenseur, que nous sommes, de toutes manières, obligés de prendre. Souvenir de la gare de Rotterdam, les Escalators sont prévus pour les vélos, sans marche, et Hélène et moi pouvons facilement monter dans l’ascenseur, ensemble. À priori, la France a encore des progrès à faire. Il faut soulever son vélo pour que tout rentre et que la porte de l’ascenseur puisse se fermer. Je croise un autre cycliste, qui lui, n’arrive pas à en sortir et qui au final, se voit obligé de remonter pour emprunter les escaliers. Avec toutes ses sacoches, je lui souhaite bien du courage.
Le même courage qu’il nous faudra, à Commercy, en constatant que le train n’est pas à hauteur de quai, qu’il n’y a ni ascenseur, ni passage de voie possible. Nous sommes obligés d’emprunter le tunnel qui passe sous celles-ci. C’est à dire retirer les sacoches, emmener les sacoches de l’autre côté, revenir chercher puis porter le vélo dans les escaliers pour descendre puis remonter. Le tout en pleine canicule. Et comme je suis un être particulièrement bon, j’aide une dame et porte son vélo. Il y a bien un monte-charge, mais il semble totalement hors d’usage et de toutes façons, il n’y a personne pour l’actionner dans cette gare d’un autre temps aux stores descendus.
Assoiffés, nous cherchons à remplir nos gourdes avant de parcourir les douze derniers kilomètres du voyage. Dans les toilettes de la gare, le capteur du distributeur d’eau ne fonctionne évidemment pas. Celui du savon, si, mais il faut vraiment vraiment avoir soif. Ou aimer faire des bulles.
Tant pis, nous pédalerons sans nous hydrater.
À la manière des chevaux qui accélèrent quand ils sentent l’écurie proche, nous pédalons à bride abattues et arrivons, soulagés mais dégoulinants, à Troussey où je commence directement par agresser une bouteille d’eau gazeuse.
Voilà, c’est la fin de cette aventure batave. Elle a été dure au début, riches de surprises, de rencontres, de mal aux fesses. Comme d’habitude, rien ou presque ne s’est passé comme prévu mais c’est aussi ce qui fait le charme de cette expérience, que nous avons hâte, il va sans dire, de renouveler, bien sûr !
Merci de nous avoir suivis. On vous embrasse.Read more




TravelerHeureuse de voir que vous êtes bien arrivés chez vous et merci pour le contre rendu journalier que J ai eu le plaisir de lire ainsi de vous suivre pendant votre périple 😘MF Tatie
Traveler
Ces 2 vélos sous housses me font penser à 2 taurillons prêts pour l’abattage Comme toujours le où les derniers kilomètres sont les plus compliqués et où coutent très chers et pas que en énergie Bon repos dans son bon lit réparateur pleins de souvenirs et de beaux rêves
TravelerRavie d’avoir pu suivre chaque soir votre épopée je vous souhaite une belle nuit meusienne et à bientôt.