• Randonnée Rakaia River Jour 3

    July 26, 2024 in New Zealand ⋅ ☁️ 10 °C

    Nous repartons ce vendredi sur les coups de 9h30 après un petit-déjeuner que nous avons trouvé dans les restes laissés par les voyageurs précédents. J’avoue que les mueslis avec le lait d’avoine crémeux faisait du bien au moral pour cette journée où nous prévoyions quelques 20 kilomètres de marche jusqu’à la hutte « Evan’s », situé de l’autre côté de la rivière Rakaia. Avant d’y arriver cependant, il fallait reprendre le chemin emprunté la veille, celui où l’on doit traverser par un pont suspendu (ce pont a été récemment refait par le département de conservation afin que les chasseurs puissent y passer, le reste n’est pas tellement adapté à la marche, il faut simplement se frayer un chemin là où il est possible de marcher).
    Dès les premières minutes de marche, je faisait part à Axel de ma douleur bizarre à la hanche. Après 2 kilomètres la douleur était déjà bien présente mais là où nous étions, c’est à dire au milieu de nulle part, il n’y a pas le choix de marcher petit à petit pour arriver à la prochaine hutte et ensuite chez nos hôtes. Nous marchons donc un peu plus doucement lors de ce trajet et faisons quelques pauses lorsque cela devait nécessaire. Lors d’une pause au soleil, nous avons tout simplement l’idée de revenir à la hutte du premier soir, ce qui m’épargnerait deux heures de marches en plus. Ce changement d’itinéraire nous permet d’autant plus de profiter du trajet, de faire des pauses près de la rivière, de discuter, d’admirer la vue, ce qui change quelques peu la perspective de la randonnée ; nous l’avons donc d’autant plus apprécié.
    Vers 14h nous arrivons à la hutte « Reischek ». Qu’il est tôt ^^ Nous nous faisons un petit goûter avec le fromage qu’il nous reste suivi d’une petite sieste au soleil. Peu après 17h nous décidons de commencer à préparer à manger car nous savons que dans moins d’une heure nous n’aurons plus de lumière et la seule bougie qui restait avait été utilisée deux jours auparavant.

    Alors même que nous sortions ce que nous avions à réchauffer, nous voyons deux voitures arriver. Perplexe, nous attendons de voir s’ils viennent vers nous. Effectivement ils s’arrêtèrent devant la hutte. Cinq chasseurs venus des quatre coins de la Nouvelle-Zélande pour le week-end afin de tuer des cerfs et des boucs de montagne (le cerf est considéré comme un ravageur qui doit être « contrôlé », voir exterminé pour certains).
    Nous apprendrons par la suite qu’il est simple ici de chasser car il n’y a aucun contrôle fait par l’Etat, aucune règle régissant ce domaine. Il suffit donc d’avoir une licence pour une arme (facile aussi, il suffit de ne pas avoir de casier judiciaire et un coffre pour les armes ^^), le permis de chasse étant gratuit car les chasseurs sauvent la Nouvelle-Zélande de ses animaux pestiférés.
    Ces cinq chasseurs souhaitent également passer la nuit dans la hutte. Il n’y a pourtant que 6 places, l’un deux dormira par terre 😂 Ils commencèrent à déballer toutes leurs affaires. La préparation de ces cinq n’était pas la même que nous deux qui avions seulement le strict nécessaire (Lors de ces 4 jours nous buvions l’eau des rivières lorsque nous arrivions dans un endroit descendant directement des montagnes). Ils sortirent l’apéritif, salami maison, brie, bières, chips… Heureusement pour nous ils nous proposèrent de se joindre à eux. Nous passons donc la soirée avec eux, apprenant un peu plus sur la chasse, sur leurs expériences et leurs métiers respectifs. Lorsqu’ils préparèrent le repas, ils nous virent sortir notre plat de pâtes préparé que notre hôte nous avait acheté. Ils nous le réchauffèrent en pensant que chacun de nous en avait au moins un, mais non nous n’en avions qu’un pour deux. Ils nous proposèrent donc par pitié une saucisse chacun qu’ils venaient de faire griller (MERCI A EUX, J’AVAIS VRAIMENT ENVIE DE MANGER).
    Petit aparté, Axel et moi avons discuté lors de ce voyage de la faim. En vérité, même en n’ayant pas beaucoup à manger, l’on s’aperçoit que nous mangeons bien plus que nécessaire. En ne mangeant même qu’un peu chaque jour, l’on voit que ce n’est qu’une envie de manger, la faim ne peut se faire ressentir avant quelques jours de jeûne voir plus. L’on ne connaît pas, en tant qu’Européen, la vraie faim. Nous connaissons seulement différents paliers dans cette envie de manger que nous appelons « la faim ».

    Au moment de nous coucher, vers 22h, ils continuèrent tous à discutailler de tout et n’importe quoi. Après quelques vingt minutes où je dormais déjà, ils commencèrent aussi à dormir avant de se réveiller en sursaut par l’odeur de l’huile cramant dans la poêle encore posée sur le poêle à bois. Je ne compris pas ce qu’il se passait en voyant certains d’entre eux rentrer et sortir de la hutte. Je continua à dormir. Pauvre Axel, il ne s’endormit pas aussi vite et tous avaient commencé à ronfler avant qu’il ne tombe dans les bras de Morphée. Vers 5h30, les chasseurs se réveillèrent et firent plus de bruit qu’une fête foraine. Impossible de ne pas être réveillé… Nous nous rendormirons le temps d’une heure de sommeil en plus avant d’entamer la dernière journée de marche.
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