• À l'ouest, du nouveau

    August 6 in Thailand 🌧 26 °C

    Nous voici donc à Chiang Rai après une nuit passée dans le car où l'intégralité du trajet s'est effectuée sous la pluie.
    Nous arrivons à l'hôtel. Il pleut. Nous commençons par nous reposer puis nous allons nous balader toujours sous la pluie dans la ville. Pour s'en protéger nous enfilons des ponchos sacs poubelle et nous faisons vraiment couleur locale. Nous sommes loin, c'est peu de le dire, de l'excellence à la française mais comme le ridicule ne tue pas et que nous sommes protégés de la pluie, nous passons outre.
    Bof, Chiang Raicest une ville moyenne avec ses temples, ses bâtiments administratifs, ses vendeurs de nourriture et ses commerces quotidiens.
    Le lendemain, départ à 9h30, trajet en bétaillière sur une vingtaine de km direction NO pour un trek de 3 jours que nous avons réservé avec une agence de voyage local appelée "Lannatrek".
    Quelle chance, nous avons deux guides pour nous trois : Chip qui est Karen et Tiaha qui est Lahu. Les deux sont des cultivateurs qui, afin d'obtenir un complément de rémunération, font des piges en tant que guides. Ils connaissent parfaitement le coin et manient la machette comme personne pour dégager un chemin plus ou moins carrossable. La boussole ? Pas besoin, tout se fait sur leur connaissance intime du terrain.
    Le début du trek (ou de la randonnée pour parler français) est une longue montée sur un chemin totalement carrossable. Tiaha nous montre les arbres, nous parle des cultures, nous montre comment se faire une grande bouche avec une fleur de bananier et soudain nous bifurquons sur un sentier qui n'a de nom que le sentier. Il ressemble plus exactement à une petite sente, c'est dire s'il est large et carrossable.... Heureusement, nous avons chacun un bâton en bambou pour nous éviter de trop glisser sur les chemins détrempés.
    À midi, nous nous arrêtons pour manger. Le pique-nique était prévu ; au menu du pad thaï enfermé dans une feuille de bananier et une banane au riz gluant. Bon, ce dernier mets ne me laisse pas un souvenir impérissable. Nous continuons nos pérégrinations vers notre lieu de vie villégiature qui se trouve dans un village de l'ethnie Akha. Mais avant d'arriver, nous subissons des averses diluviennes qui nous trempent jusqu'au cou.
    Enfin, nous arrivons à destination. Le homestay est des plus rudimentaires. Nous sommes chez l'habitant. Il y a une grande pièce en bas qui n'est pas carrelée ni recouverte de bambou ; c'est uniquement de la terre battue tassée et retassée. Bien évidemment, il n'y a aucun mur et donc peu de protection contre le froid qui peut être vif la nuit pendant la saison froide. Notre chambre se trouve à l'étage. C'est une pièce faite de bambous tant pour les murs que pour le sol. Le matelas à même le sol et tout fin mais cette finitude (merci Ségolène) ne nous empêchera pas de très bien dormir cette nuit.
    Qu'allons-nous manger ce soir ? Notre hôte et nos guides s'affairent à la cuisine qui est du même acabit que la pièce principale. Bien évidemment, il n'y a pas de cuisinière ni de feu ou de réchaud, tout se fait sur un feu de bois. Le repas est très bon ; c'est un mélange de riz et de poulet ou de porc avec plein d'herbes aromatiques. Le repas est accompagné d'une liqueur locale totalement artisanale que nos guides appellent « local water". C'est fort, c'est presque bon...
    Du fait des précipitations, l'électricité a sauté. Nous nous couchons donc très tôt.
    Le lendemain, nous repartons aux alentours de 9h30 après un petit déjeuner constitué d'une omelette et de... riz (comme c'est original).
    Nous marchons une partie de la matinée dans la forêt humide où les bambous, bananiers, hévéas, caféiers, j'en passe et des meilleurs, prolifèrent avant de nous arrêter vers 11h le long d'une rivière pour préparer le repas. Je pense que le riz va être de la partie...
    Mais comment manger car aucune gamelle, aucun couvert, aucun ustensile de cuisine n'a été prévu ?
    La réponse tient en un seul mot : bambou. Nos guides s'affairent avec leurs machettes pour couper des bambous de différentes tailles et de différentes sections. Les plus vieux bambous vont servir de combustible, les autres vont servir d'instruments de cuisson, de verres ou de cuillères.
    Cuisiner du riz au moyen de bambous est simple mais très ingénieux.
    Vous prenez un bambou encore vert assez large. Vous le préparez en enlevant les séparations se trouvant au centre du bambou. Puis vous versez de l'eau. Vous glissez quelques feuilles de bananier pliées au-dessus de l'eau afin d'obtenir une séparation entre les deux espaces. Sur ces feuilles, vous versez le riz non cuit. Vous fermez la partie supérieure avec une feuille de bananier que vous ligaturez avec une ficelle de bambou.
    Et hop sur le feu.
    Une fois cuit, couper le bambou sous la feuille de banane et le riz (au dessus de l'eau).
    Fendre le bambou et démouler le riz.
    Le riz était accompagné de porc cuit à la broche et le menu était succulent. Une fois terminé, nous recommençons à marcher. Nous traversons des rizières, des champs de maïs .... et nous arrivons à notre lieu de villégiature qui est une simple cabane sur pilotis à flanc de montagne dominant la vallée. Il n'y a pas d'électricité, presque pas de réseau, pas de voisin, bref un calme absolu (pas même un bruit montant de la vallée). Qui dit pas de lumière dit vivre au rythme du soleil. Aussi, nous mangeons très tôt vers 18h et nous nous couchons également très tôt vers 19h30. La nuit, il pleut et il pleut et il pleut encore et toujours. Heureusement, le toit de la cabane fait d'herbe à éléphant qui est une sorte de chaume et bien imperméable.
    9h30 as usual, départ pour le troisième jour de randonnée. C'est assez tranquille aujourd'hui car nous n'avons que de la descente. Un petit détour dans un bain d'eau chaude suivi d'un léger repas à midi et nous voici de retour à Chiang Rai dans le même hôtel car c'est plus simple pou laisser les affaires non utilisées .
    Après la douche, direction la laverie automatique car l'odeur des vêtements humides mâtinés de transpiration commence à être bien désagréable.
    Bonne éclipse, ici elle ne sera pas visible😒
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