• Entre Katapola, Chora et Vouni

    February 2 in Greece ⋅ 🌬 14 °C

    16e étape de notre aventure "Amorgos comme notre poche", entre Katapola, Chora et Vouni.

    La tempête s'est calmée ce matin et on a enfin pu reprendre cet après-midi nos pérégrinations amorgossiennes après 36 heures d'enfermement forcé. On pourrait d'ailleurs peut-être en faire un livre, un "journal d'un..." 🤔😂 ?

    Quelle magnifique étape à nouveau, surtout à partir du moment où le ciel bleu, le soleil et la lumière éclatante ont repris leur droit !
    On a surtout "navigué" sur le plateau vers le "village fantôme" de Vouni, de hameau abandonné en hameau déserté, de bergerie en pierres sèches en petites maisons (en pierres sèches également 😉), avec des vues magnifiques sur la montagne d'un côté et la mer de l'autre.
    Quelle beauté ! Quelle lumière ! Quelle tranquillité ! Quelle sérénité ! On adore y vadrouiller, les yeux grand ouverts, les oreilles attentives, le nez aux aguets, tous les sens en éveil, pour capter toutes les beautés et tous les plaisirs 😍 !

    Mais c'est en traversant ces endroits loin des charmantes petites maisonnettes d'été pour les touristes, qu'on se rend compte de la rudesse qu'avait la vie sur ces îles. Rudesse, c'est d'ailleurs le moins qu'on puisse dire !
    OK, il fait beau presque tout le temps... Il fait rarement moins de 12 degrés... Mais la chaleur en plein été... Et le vent très fort plus de 200 jours par an... Et ce n'était pas ça le plus difficile !
    D'abord il n'y avait pas de route sur l'île jusque dans les années 80 ! Tout se faisait à pied ou à dos d'âne par les chemins muletiers dans cette île très montagneuse !
    Ensuite, l'eau était une rareté dans l'île... Peu de sources... L'eau arrive encore en partie par la mer par tanker de nos jours... Très peu de pluie... Et on a appris aujourd'hui que quand il y avait une source pour un village à quelques km de celui-ci, elle pouvait disparaître à cause des... tremblements de terre ! Comme en 1956 pour la source sous Chora...
    Justement, Amorgos est très soumis aux tremblements de terre. Comme l'an dernier pendant un mois (en France, on parlait des séismes à Santorin, mais les plus grosses secousses étaient ici à Amorgos), ou celui de 1956 qui a fait plus de 50 morts et provoqué un tsunami de plus de 30 mètres !
    Pour vous donner une idée, en 2025, il y a eu 2.303 séismes de plus de 3 sur l'échelle de Richter ! Et 294 de plus de 4 !
    Parlons aussi de l'électricité, qui n'est arrivée sur l'île que dans les années 80 ! Vous imaginez donc que les hameaux perdus n'y ont pas eu droit, et les bergeries isolées sont aujourd'hui toujours sans électricité.
    Et puis les terres... Chaque fraction de terre cultivable est exploitée, mais elle n'est pas très riche. Et sur une île de caillasses, il faut en faire des acrobaties dans les montagnes, et il faut en construire, des terrasses monstrueuses, pour pouvoir cultiver ! Bon, pour faire les murs, il est vrai que ce ne sont pas les cailloux qui manquent 😂 ! De nos jours, certaines parcelles sont si difficilement accessibles, que c'est encore avec l'âne que les paysans labourent.
    Et si on additionne le climat aride avec la rareté des endroits cultivables, on en arrive à l'agriculture d'Amorgos : du blé et de l'herbe pour les moutons et les chèvres, sur des mini-parcelles en terrasses hyper fractionnées sur des pentes abruptes - quasiment pas de plantations, très peu d'oliviers, de légumes, quasiment aucun fruit...

    Résultat : beaucoup d'habitants d'Amorgos ont quitté l'île dans les années 60 et suivantes, pour chercher du travail sur le continent et une vie moins difficile. Beaucoup de hameaux et de bergeries ont été abandonnés, ce qui donne ces centaines de ruines de pierres sèches magnifiques, au milieu de kilomètres de murets et de terrasses impressionnants. Ça a un charme fou, mais ça sent l'histoire rude !
    Vous imaginez que les habitants qui sont restés ici et qui s'occupent d'agriculture et de pêche ne roulent pas sur l'or. Ne compte que l'essentiel, et ils n'ont que l'essentiel. En petite quantité. En rapiécé. En réparé. En recyclé. En bricolé. En transformation de quelque chose pour un nouvel usage (exemple enlever le siège d'une vieille poussette et le remplacer par une caisse permet d'avoir un moyen de portage sur roues).
    Mais l'essentiel pour eux, c'est aussi l'accueil, la gentillesse, le naturel et le sourire 💙🩵.
    Et c'est ça le cadeau le plus précieux qu'ils nous offrent chaque jour 💙🩵 !
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