• La vie est beau à Milano

    Apr 8–9 in Italy ⋅ ☀️ 24 °C

    Mercredi 8 avril
    San Remo, Genova, Pavia… cet intercity italien est une sorte de fil de vie entre les villes de la côte et la région de Milan. Il est assez bien fréquenté. À bord, les voyageurs parlent fort et leur tonalité confirme que je suis bien en Italie. La gare de Milan est immense et imposante, comme d’ailleurs beaucoup de bâtiments italiens.
    Je prends quelques repères avec la carte que John (mon hôte du jour) m’avait envoyée et je vais me balader dans cette grande ville que je ne connais pas.
    Le moins que l’on puisse dire, c’est que les grandes avenues rectilignes ne sont pas tout à fait adaptées à la circulation à vélo. Heureusement, il y a parfois des voies cyclables où il fait bon se réfugier pour échapper à la furie des « macchine » et la horde de deux roues. A Milan comme ailleurs en Italie, on joue du klaxon, ça n’est pas une légende.
    J’arrive un peu par hasard devant la Scala. Je me perds dans les petites rues adjacentes et déboule devant le duomo, la splendeur du patrimoine milanais. Cette cathédrale gothique est vraiment impressionnante avec ses façades de marbre finement ouvragées. La belle lumière amplifie la blancheur de la pierre et renforce les ombres. Comme je suis à vélo je ne peux pas y pénétrer mais je reviendrai à pied demain.
    Je continue ma découverte, repère l’appartement de John et prends une bière en terrasse. Je reviens à l’immeuble et attends dans la cour. John m’a indiqué que le mercredi il travaille à l’extérieur.
    A 19h30, il n’est toujours pas là. Je lui laisse un message et me décide à aller manger à une pizzeria.
    John m’appelle à 20h20 pour me dire qu’il est rentré.
    Héléna et Fabian, deux jeunes cyclovoyageurs allemands qui rentrent d’un périple d’un an à Cuba, en Argentine et au Chili sont également accueillis chez John.
    On discute ensemble, de vélo bien sûr mais aussi d’agencement d’espace car John est architecte. Son appartement est vraiment singulier : divisé en deux grandes pièces de 5 m de haut, il a conçu d’un côté un espace fonctionnel (cuisine, repas, salle de bains, chambre, dressing) et de l’autre un espace détente et travail. Ce qui est particulier c’est que tout communique, que l’espace chambre est suspendu au plafond (on y accède par une structure métallique à escalader) et les cloisons de la salle de bains sont en verre dépoli. Le dressing est suspendu dans le vide avec une sorte de crémaillère qui présente les vêtements comme dans un pressing.
    Tandis qu’à 23h, John rejoint son « perchoir », Héléna, Fabian et moi, on s’installe sur deux grands canapé-lits dans l’autre pièce dans laquelle on a monté nos vélos. Bonne nuit Charlie !

    Jeudi 9 avril
    Pour cette journée de repos, j’ai choisi d’aller me balader dans Milano.
    Dans le square d’à côté, deux femmes, un peu âgées, m’interpellent pour discuter.
    L’une d’elle, Maria Gaete, est italienne. L’autre, Nilda, péruvienne
    On discute un moment, de Milan, du temps qui passe et des voyages.
    Nilda va remplir ses bouteilles à la fontaine. Avec une carte, les milanais peuvent remplir six bouteilles par jour d’eau, plate ou gazeuse, des distributeurs situés dans l’espace public. Il faut dire que le sous-sol de Milan est gorgé d’eau. Ce système a été mis en place pour réduire l’utilisation de bouteilles en plastique dans la vie quotidienne.
    Pour changer, je vais poursuivre ma balade par un petit tour de vélo en faisant une infidélité à Charlie et en utilisant les vélos en libre-service.
    Je retourne dans le quartier du Duomo et, pour mieux m’imprégner de l’ambiance, je parcours à pied les petites rues et les gallerias, sortes de grandes allées piétonnes, richement décorées et dans lesquelles les boutiques chic rivalisent de créativité dans leurs vitrines.
    Le patrimoine architectural de Milan est vraiment phénoménal. Les milanais sont également très stylés. Souvent bien habillés, dans une démarche très fière, ils font partie de l’ambiance du centre-ville.
    Ensuite, je me fais un petit plaisir en allant visiter le musée du théâtre La Scala. Instruments anciens, rétrospective des opéras qui ont marqué ce théâtre est, bien sûr, une petite incursion dans le théâtre lui-même. La salle est vraiment immense et impressionnante. Deux décors peuvent basculer entre la scène et le magasin de décor. Même s’il a été reconstruit après un incendie, son authenticité reste entière.
    Je reprends un vélo en libre-service pour aller au château Sforzesco.
    Milan n’est pas tout à fait la ville idéale pour circuler à vélo. C’est plutôt la cité des scooters et autres engins motorisés qui vrombissent dès que le feu passe au vert. On n’épiloguera pas sur le style de conduite des Italiens. J’ai réussi tant bien que mal à me rendre au château.
    C’est une forteresse construite au XV siècle par Francesco Sforza, duc de Milan, sur les ruines d'une citadelle édifiée au même endroit par Galéas II Visconti. Je me suis contenté d’en faire le tour, ce qui prend déjà un petit moment. Situé dans un parc, c’est un chouette but de promenade pour tout milanais qui se respecte. Comme il fait beau, les gens sont installés sur les pelouse.
    J’avance jusqu’à l’arc de triomphe édifié par Napoléon à l’extrémité de ce parc et je me décide à rentrer. En fait, voilà déjà presque six heures que je me balade dans la ville !
    Tiens, je n’ai presque plus de batterie sur mon téléphone, et je suis à environ 50 minutes de chez John…
    Je fais une halte dans un bar à Matcha qui propose des chargeurs de téléphone. Malheureusement, celui pour l’iPhone ne fonctionne pas. Tant pis, j’ai à peu près mémorisé mon itinéraire pour rentrer.
    Je discute avec Jiling, une jeune étudiante chinoise en design de mode. C’est toujours aussi étonnant, quand on est étranger dans une ville, de se retrouver à discuter avec premier inconnu venu.
    Je fais quelques courses pour le dîner que l’on partage avec Elena, Fabian et John.
    Déjà 23 heures. Le temps passe vite en bonne compagnie et demain, on reprend la route.
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