Dolce vita à Bagnatica
April 10 in Italy ⋅ ☁️ 18 °C
Voilà exactement quatre semaines que je suis parti de Mozé-sur-Louet et que je fais mon petit bonhomme de chemin en suivant à peu près les plans que j’avais imaginés.
Je profite de cette étape qui comporte un peu moins d’intérêt que les précédentes pour vous faire part de mon état d’esprit et de mes réflexions.
Je voyage seul, et quand on pédale seul, on voyage non seulement à travers le paysage, mais aussi intérieurement. Il ne se passe pas un jour sans que je pense à vous, vous que je connais depuis longtemps, vous, que j’ai croisé depuis le début de mon voyage.
Quand j’ai réfléchi à mon trajet, il y avait quelques repères que je ne voulais pas manquer, comme passer sur la Loire dans les monts d’Ardèche (j’aurais aimé aller à la source, mais les conditions climatiques en ont décidé autrement), me faire le plaisir de circuler à vélo sur la promenade des Anglais à Nice (je n’y suis jamais allé en voiture), revenir à Bergamo après y être passé en 2020, l’été qui suivait le COVID-19. Cette ville a été très fortement touchée par l’épidémie et quand on en parle avec les Italiens de cette région, il se remémorent les moments douloureux quand ils ne savaient plus où stocker leurs proches décédés.
Aujourd’hui, je suis repassé à Bergamo et j’ai gravi les petites rues pour me rendre à la cittá Alta (ça grimpe vraiment fort !). Malgré les travaux de chaussée, les touristes sont nombreux et la vie touristique de la ville a repris comme avant.
Mes anecdotes de voyage sont nombreuses, mais les plus touchantes je trouve sont les échanges spontanés avec les passants ou avec mes hôtes. Le vélo a un pouvoir magnétique incroyable. Dès qu’on s’arrête, qu’on regarde un peu en l’air ou sur son smartphone, il y a toujours quelqu’un pour venir te demander si tu as besoin d’aide ou si tu es perdu. C’est un formidable vecteur de socialisation. Je vous invite à prendre votre vélo et y mettre des sacoches si vous voulez en juger par vous-même.
Le vélo est aussi un moyen positif de voir la vie car toutes les interactions que j’ai pu avoir avec des passants sont sur des sujets enthousiasmants et se termine par des « Bon voyage », « Allez », « Bravo » ou d’autres quelconques encouragements !
Seuls certains automobilistes ont cru bon devoir me donner quelques noms d’oiseaux sur des ronds-points ou à des carrefours dont j’ai oublié la localisation.
Toutes ces réflexions pour dire que finalement, je ne suis pas si seul que j’en ai l’air avec toutes ces personnes que je rencontre et toutes ces personnes qui lisent mon petit journal.
J’en reviens à mon cheminement du jour.
Ce fut difficile de partir avant 10 heures de chez John, tellement on avait encore de choses à partager avec lui et les deux autres voyageurs, Éléna et Fabian. Ces deux-là rentrent d’un périple de 15 mois en Amérique du Sud et rejoignent leur ville d’origine (Berlin) en vélo + train.
Pour sortir de Milano, j’ai d’abord repris les grandes avenues, assez hostiles aux cyclistes, puis, sur une suggestion de John, j’ai longé un sympathique petit canal sur une bonne vingtaine de kilomètres. Cet itinéraire fait partie de l’Alta Italia Da Attraversare (AIDA) que j’ai décidé de suivre jusqu’à Trieste.
Promenade sympa avec de jolies maisons et surtout une végétation en pleine floraison. Un bonheur multisensoriel.
L’écomusée à ciel ouvert des machines de Léonard de Vinci.
Pique-nique au bord d’un lac sur lequel les oiseaux s’en donnent à cœur joie.
Comme le parcours n’est pas très difficile, je décide de faire une infidélité à AIDA pour remonter à Bergamo. L’entrée dans la ville n’est vraiment pas très agréable avec des voix cyclables intermittentes et beaucoup de circulation pour cause de fin de semaine.
Après une rapide visite, je peux reprendre ma route, direction Brescia. Je suis désormais l’itinéraire « Ciclovia de la Cultura » qui doit me faire découvrir quelques sites sympas sur le trajet.
Il est déjà presque 18 heures. C’est le moment pour trouver un endroit sympa pour le bivouac
Je m’écarte du tracé dans le bourg de Bagnatica et je débouche sur le Casello San Marco, une sorte d’auberge ou des gens s’affairent à préparer une fête. Je leur demande si on peut manger ici, ou juste boire un coup, s’il connaissent un endroit où planter une tente. Sarah m’indique un endroit à proximité de l’aire de jeux, un peu retiré de l’auberge. Le spot est parfait avec table de pique-nique et fontaine à proximité.
Les enfants, intrigué par mon campement viennent avec leurs parents pour en savoir plus. Je leur parle, bien sûr de mon voyage. Ils sont épatés et reviennent m’offrir une bière et un sandwich de grillades.
La fête bat son plein mais cela ne m’empêche pas de m’endormir rapidement après cette encore belle journée de route.
Bilan du jour :
🚴 78 km
↗️ 374 m
↘️ 211 mRead more















TravelerBravissimo Papa ! 😘
TravelerCoucou Olivier C est super chouette de pouvoir suivre ton parcours. Et c est réjouissant ce que tu décris aujourd'hui sur l'entraide. Bravo !
TravelerJ’admire le compte-rendu. Bravo aussi agile des doigts sur le clavier que les mollets au dessus des pédales