Un fil d’Ariane jusqu’à Barban
April 28 in Croatia ⋅ ☁️ 17 °C
Aujourd’hui je quitte Pula, l’auberge de jeunesse et la bien jolie plage Valsaline. J’en aurai bien profité pendant ces deux jours.
Petit souci de carte Sim avant mon départ. Je fais un crochet chez Decathlon pour acheter du gaz et des bricoles : chouette, un magasin où tous les produits sont étiquetés en français !
J’espère rejoindre Rijeka en trois jours, afin d’y prendre un ferry qui me mènera dans les îles et jusqu’à Split.
Il fait toujours aussi beau, et les cyclistes sont nombreux sur les routes. Souvent en groupe ou en couple, parfois tout seuls. L’itinéraire emprunte beaucoup de petites routes agréables mais aussi des pistes poussiéreuses qu’il est convenu d’appeler « réseau secondaire ».
Le profil de mon étape comporte beaucoup de dénivelé, particulièrement une longue côte à mi-parcours.
Quand je pense à ma pause déjeuner, j’aperçois une aire de pique-nique. Je crois bien que c’est la seule aire de pique-nique que j’ai jamais vue depuis que je suis en Croatie ! Un convoyeur de fonds trépigne à côté de son camion. Je comprendrai en m’approchant des tables, qu’il attendait sa collègue, partie satisfaire un besoin pressant dans les fourrés. Oups !
Au moment de mon départ, un cycliste avec de grosses sacoches passe. Je le rattrape et on discute. José est espagnol. Mon italien et mon espagnol se télescopent un peu mais on arrive à se comprendre. Il est parti de Galice le 1er février et a traversé le nord de l’Espagne, le sud de la France, est passé par le centre de l’Italie, la Slovénie et le voilà en Croatie. Il pense faire 25000 km pendant son périple européen.
Je trouve que son vélo est très chargé. Et pour cause, il m’explique que sa sacoche a l’avant renferme son précieux compagnon : un accordéon 🪗. Et le plus surprenant c’est qu’au dessus de cette sacoche trône une boîte à œufs, pleine ! Il m’explique que c’est le moyen le plus sûr qu’il a trouvé pour les transporter. Pourquoi pas ?
On partage de quoi rester en contact et on se quitte au bord de la route, lui avec son accordéon et la photocopie de son passeport bien en évidence sur sa sacoche de guidon (on n’est jamais trop prudent), moi avec Charlie et mon « petit » chargement. Vous pouvez suivre le périple de José sur Facebook (compte tonono bike). José est le premier voyageur à vélo que je rencontre et qui parcoure l’Eurovélo 8. Je ne suis pas seul, c’est rassurant.
J’en suis à 50 kilomètres environ et je sens une douleur au genou gauche. Peut être liée à la marche dans Pula la veille ? Ça ressemble à une tendinite. J’ai déjà ressenti ça en Italie vers Milan et les lacs quand les étapes sont un peu longues. Je m’arrête, me relaxe et repars. La douleur n’est plus là. Il faut que je boive un peu plus que ce que je fais.
Arrive la grosse difficulté du jour : une descente au niveau de la mer pour remonter de l’autre côté de la baie. La descente se fait par une « route » qui est plutôt une piste forestière. Bien abritée, c’est plutôt agréable sauf quand on croise des camions qui soulèvent de la poussière et qui sont venus remplir leur remorque de poissons élevés dans la baie.
Autre désagrément : le revêtement est issus de fragments de bitume ce qui parfume bien désagréablement cette descente.
La côte resemble à la descente. Bien protégés par le rideau d’arbres, on monte à l’ombre, doucement mais sûrement, « en prenant son mal en patience » (c’est mon expression paraît-il).
En haut, dans le petit village de Krnican (prononcer Karnican, à propos d’arnican ma douleur s’est calmée), je quémande de l’eau à Chris and Lepa attablés à leur terrasse. On discute dans un mélange d’anglais, d’italien et de croate.
Toute la journée, le soleil nous a gratifié de sa chaleur. Notre trajet du jour était ponctué des parfums d’acacias, de lilas, de petites fleurs rases.
Je croise Otto, mon deuxième voyageur à vélo de la journée. Il est autrichien et, après être descendu à Split en train + ferry à Ancône depuis chez lui, il regagne son domicile à vélo (étonnant quand on s’appelle Otto) via l’Eurovélo 8 et les dolomites.
On s’échange pas mal d’astuces de parcours, notamment les ferries qu’il a pris pour passer d’île en île depuis Split et éviter Rijeka et tout un secteur très encombré de circulation automobile entre Zadar et Rijeka. J’adhère complètement à ce trajet et, c’est décidé, demain je vais jusqu’au port de Brestova pour prendre un ferry.
Je poursuis ma route en espérant trouver rapidement un coin pour bivouaquer. Je me pose à la terrasse bien sympa de Roberto à Barban puis je bifurque vers le cimetière. Une allée avec tribune qui fait penser à un champ de course m’intrigue. Des chèvres broutent à proximité : oh là, ce n’est pas un coin à bivouac ici. D’ailleurs il y a un stand de ball trap juste à côté. Vite, on file se trouver un autre petit coin calme, bien exposé à l’est pour avoir le soleil des les premières lueurs. L’herbe y est dense. On va être bien là, n’est ce pas Charlie ?
Bilan du jour :
🚴 63 km
↗️ 715 m
↘️ 479 mRead more























TravelerLe ferry a Brestova, nous y étions il y a tout pile 1 an ! J'ai adoré l'île de cres !
Traveler
Trop bien !
TravelerOui, un super spot encore une fois