Les remparts de Zadar
May 3–4 in Croatia ⋅ ☀️ 20 °C
À quelques mètres du rivage, Charlie et moi avons, ma foi, passé une bonne nuit, bercés par la fête au café d’à côté (ben oui, on est samedi) et des voitures qui passent sur la rue principale du village.
Ce matin, pas mal de condensation sur la toile. Je plie tout le reste, prends un petit dej (froid) et attends que ça sèche. Pour une fois, il n’y a pas de vent mais le soleil est toujours là. On quitte le petit village encore endormi vers 9h30 direction Zadar.
On est dimanche donc pas trop de circulation sur la route, en tous cas, pas de camions. C’est déjà ça.
Je m’arrête prendre le café que je n’avais pas bu le matin, avec un croissant. Je sympathise avec un gars qui m’était passé devant à la boulangerie et je repars en proposant à un cycliste du dimanche avec son vélo « tout carbone » d’essayer mon vélo avec sacoches !
L’itinéraire quitte la grande route pour longer un marais dans un premier temps, puis une petite rivière. On se croirait dans le Layon avec les peupliers sur les berges.
J’ai du mal à suivre la trace de mon gps sur le terrain. Les sentiers proposés n’existent pas. Rapidement ça monte dans des chemins caillouteux. Pas de doute, on est sur un itinéraire « vtt », probablement par solidarité avec « les traces du Louet » qui sont en train de faire leur sortie mensuelle 😉.
Par précaution, je poussé Charlie plutôt que de lui imposer 80 kg supplémentaires dans un terrain aussi difficile. D’ailleurs à un moment il me roule sur le pied : c’est vrai qu’il pèse son poids le bougre !
Il fait bien chaud et je commence à dégouliner. Je remets une couche de crème solaire.
De notre promontoire, on voit les petits villages, le marais, la mer et sur l’horizon, les montagnes dont certaines semblent encore avoir des traces de neige au sommet (regardez bien la photo, je ne délire pas).
Un randonneur arrive à notre hauteur. Il est du coin mais ne parle que croate et allemand. On tente de se comprendre tant bien que mal. Il a l’air de ne pas saisir ce que je fais sur ce chemin avec mon vélo de voyage. Il m’explique comment rejoindre la route au plus vite et m’invite à frapper le sol le plus souvent possible avec un bâton pour effrayer les serpents (tu avais vu juste Michel).
Un relai téléphonique est en vue. La descente ne devrait pas tarder. Effectivement, on retrouve le bitume et une belle pente qui nous ramène au bord de mer.
Petite pause dans un champ d’oliviers auprès d’une station service (ou j’ai enfin trouvé une carte de Croatie), coups de fil et quelques kilomètres plus loin me voici à Zadar.
J’ai envie de bien m’y reposer car, même si cette semaine est plutôt dans la moyenne basse en terme de kilomètres, avec 4054 m, c’est une des plus importantes en termes de dénivelé. Sacré îles croates qui m’ont donné du fil à retorde, mais avec quel plaisir de contemplation en retour. L’idée de trouver une solution alternative à la grande route du rivage est venu au fil du chemin, en discutant avec d’autres voyageurs. Et ça me plaît beaucoup d’avoir pu adapter mon itinéraire comme ça. Faire les choses sans qu’elles soient figées, savoir ajuster, modifier, renoncer : j’aime bien fonctionner comme ça.
L’auberge de jeunesse est un peu excentrée de la ville. Elle est beaucoup plus récente que celle de Pula et quasi déserte à cette saison. Je m’installe dans un dortoir où je serai vraisemblablement seul.
Une bonne douche et un remplissage de carte routière plus tard, je prends un bus pour aller faire un petit tour dans la vieille ville. Venise avait fait de Zadar son quartier général pour le contrôle de la mer Méditerranée dont l’Adriatique ce qui explique les fortifications et les portes d’influence italienne.
Je fais donc le tour des remparts desquels on a une jolie vue sur la ville et ses abords. Je traîne un peu intra muros, ébloui par les vestiges romains, les églises, les parcs et les belles maisons d’inspiration italienne.
Je m’offre un petit konoba (taverne-restaurant) et je file voir le coucher du soleil qui se fait accompagner, à Zadar, par l’orgue maritime comme me l’a conseillé Cécile. C’est une sorte de son et lumières naturel que je ne suis pas le seul à apprécier : chaque soir depuis 2005, une foule a rendez-vous avec le soleil, l’orgue maritime et « la salutation au soleil ». À la tombée de la nuit, les 300 cellules photovoltaïques de l’œuvre créée par l’architecte croate Nikola Bašić s'allument et offrent un beau spectacle tandis que les sons aquatiques de l’orgue magnifient le spectacle céleste.
J’attrape un bus sans même me tromper de ligne, ni de sens de circulation. C’était encore une belle journée.
Bilan du jour :
🚴 49 km
↗️ 381 m
↘️ 374 mRead more


























Très belle ville Zadar et aussi de très belles plages. Bonne continuation dans ce beau pays. [Marc Christiane]
TravelerJ’admire ton courage pour nous décrire en si bonne façon chaque jour de ton voyage
TravelerSi tu as la chance que la mer devienne un peu plus agitée, retourne à l'orgue et là c'est vraiment grandiose.