Pag
May 2 in Croatia ⋅ 🌙 17 °C
Finalement ce spot de bivouac n’était pas si mal. Très calme une fois que la circulation automobile a diminué (c’est à dire vers 22h), bien orienté et, grâce à mon tapis d’herbe, pas trop dur.
Par contre, pour en repartir c était assez costaud car la pente était non seulement raide mais c’était un chemin de graviers. J’ai dû tirer fort pour hisser Charlie chargé jusqu’à la route.
Sur ce grand axe qui longe la mer, je retrouve une circulation dense et anxiogène. Week-end prolongé oblige, des motos qui roulent en groupe et qui te doublent dans un vrombissement. Des voitures qui te frôlent sans même mettre de clignotant. Seule récompense : la circulation au milieu de montagnes splendides, parfois en végétation, parfois la roche à nue, sculptée par le vent.
Ouf, des panneaux signalent le ferry à Priznanska en contre bas. On goûte donc à une belle descente sur quelques kilomètres. Grisant !
Nous sommes les premiers à bord avec un le de motards hongrois.
Très courte traversée puisque le temps de brancher ma batterie à recharger, de prendre un café (commandé à un barman mal luné qui ne te regarde pas une seconde entre la commande et le moment où il pose le café sur le comptoir), de checker mes mails, nous sommes déjà arrivés sur l’île de Pag. Je suis le dernier à quitter le ferry. Les véhicules qui traversent dans l’autre sens commencent à rentrer.
Quel spectacle quand je regarde le décor de cette île : on se croirait dans un désert. Les montagnes qui m’entourent sont d’une teinte jaunâtre uniforme. Seule la route, quelques moutons, des pylônes et des panneaux publicitaires viennent « habiller » ce paysage.
Soit dit en passant, on m’avait beaucoup parlé des statues de l’île de Pag. C’est une légende je n’en ai vu aucune.
J’entame la montée (ben oui, on était au niveau de la mer) qui s’étale sur 3 kilomètres. Je croise d’autres cyclistes qui descendent (veinards) et qui me souhaitent bon courage.
Petit à petit, j’avale la côte sans trop en baver. Je fait quelques pauses, histoire de souffler, de faire des photos ou d’enlever une couche de vêtements.
Le paysage est inchangé. Un panneau publicitaire annonce le Trail « Life on Mars » qui se déroule sur l’île de Pag. Faut être motivé. Avis aux amateurs s’il y en a parmi mes lecteurs.
Tiens, un des cyclistes qui descendait vient de me doubler ! Il fait l’aller-retour ?
Ce paysage se poursuit après la côte, jusqu’au versant ouest de l’île où une végétation rase réapparaît peu à peu. Tiens, un champ de panneaux photovoltaïques. Je n’en avais pas encore vu et après l’épisode de la centrale au charbon je m’étais demandé si la Croatie exploitait les filons de soleil et de vent dont elle dispose.
Plus loin, un troupeau d’ânes me supplie pour que je les photographie (j’adore les ânes).
Je m’arrête une nouvelle fois à une station service pour essayer d’acheter une carte de la Croatie. Ils n’en ont pas, mais la vendeuse est très sympa et on discute en plusieurs langues. Elle aime le français mais le trouve difficile à apprendre. Au moins autant que le Croate, je pense.
On quitte la route pour un chemin caillouteux bordé de murets en pierre.
En fait de chemin c’est bien une route puisqu’elle est numérotée. Mais une route non bitumée. Je rassure Charlie : on ne va pas refaire le coup de la Parenzana. Je modère l’allure et j’évite soigneusement les nids de poule.
Ce joli chemin se prolonge sur une bonne quinzaine de kilomètres. On y croise des joggers courageux (car il fait bien chaud), des promeneurs de chiens et des vététistes. Les alentours du chemin sont bordés de parcelles délimitées avec des murs de pierre. Probablement des zones de pâturage pour les moutons. Enfin, de pâturage, pas sûr que la nourriture soit très abondante pour eux dans la région.
On fait d’ailleurs notre pause pique-nique à côté de la Chapelle Saint Jérôme. Le panneau touristique indique que se déroulaient ici des prières pour faire en sorte qu’il pleuve.
Une petite sieste plus tard, je repasse sur le versant est de l’île et le décor est encore différent. Le paysage jaune désertique a laissé la place à des roches aux teintes rougeâtres qui s’effritent sous l’érosion du vent. Au sol, le chemin est sableux et la conduite un peu plus hasardeuse. N’est-ce pas Charlie ?
Ma rencontre du jour ce sont deux cyclistes en voyage à vélo, que je croise sur ce chemin. Mauro est italien et habite Vicenza. Jorge est allemand et vit à Chemnitz. Ils ont tous deux rejoint Split depuis Ancone et remontent jusqu’à Trieste où leurs chemins se sépareront.
Ils ne sont pas équipés tous deux de la même façon, Mauro a un vélo de route équipé en bikepacking. Jorge a un VTT et des sacoches. Ça ne doit pas être facile dans ce cas de choisir des itinéraires qui convienne aux deux montures.
Le décor change à nouveau et sur de grands tronçons, je roule dans des futaies de chênes bien agréables vu que le soleil donne.
J’arrive à la ville de Pag. J’y fait quelques courses et je recherche un point d’eau. Rien sur les places de la ville. Rien dans le port. Je trouve enfin une âme charitable en la personne d’un ado en train de laver son vélo. Mais bon, il a dû demander l’autorisation à sa maman avant de remplir ma gourde.
Je quitte la ville de Pag en longeant un grand Marais salant ou des ornithologues sont à l’affût. J’aurais pu installer mon bivouac dans ce coin accueillant, à l’herbe bien verte, mais j’avais repéré un spot sur l’application iOverlander conseillé par Grégoire lors de mon étape à Padova.
Je rejoins ce lieu, et il s’agit en fait, du parking de la plage qui dispose d’une petite zone de verdure.
Je décide tout de même de rester là mais d’attendre le coucher du soleil pour planter ma tente. Je commence donc par dîner, puis par passer un coup de fil à la maison.
Les passants sont encore nombreux et le café d’à côté a beaucoup d’affluence.
Le soleil se couche avec toujours les mêmes couleurs fascinantes. Ma tente montée, je m’installe sur le banc face à la mer et concocte mon petit pingouin quotidien.
Demain, départ pour Zadar, où je resterai deux nuits à l’auberge de jeunesse.
Bilan du jour :
⛴️ + 🚴 53 km
↗️ 563 m
↘️ 794 mRead more
























Traveler
🤣
Traveler
Y a des risques d'être doublé par des tortues? Ou ça veut dire qu'elles peuvent attaquer?
TravelerÇa dépend de la vitesse à laquelle tu roules je suppose 🤣