Vite, à Split !
May 8 in Croatia ⋅ ☁️ 20 °C
Un bagage de plus ce matin au départ. Bagage psychologique bien sûr car, avec tous les tracas de la veille, on ne peut pas dire que j’ai passé une bonne nuit.
J’ai réservé une auberge de jeunesse ce soir à Split, ce serait bien que j’y soit.
Hier soir, j’ai cherché plusieurs solutions :
- Garder mon tracé initial et faire réparer Charlie à Split : risqué pour la roue du vélo
- Retourner à Sibenik et faire réparer avant de revenir à Split : pas sûr de trouver un vélociste et 20 km de plus au programme
- Prendre un train ou un bus : sur cette partie du réseau les trains croates ne prend que les vélos démontés. Idem pour les bus.
La nuit m’a plutôt fait pencher pour la première solution. Mais il y a ce pont de Morinje avant Trogir qui me fait peur. J’aimerais bien me débarrasser de ce tracas. Je recherche une alternative et Komoot me sort un itinéraire quasi similaire en longueur et en dénivelé. Adopté !
Petite routine démontage/pliage du matin et nous voilà en route.
Au départ, sur un chemin très agréable, on contourne une baie dont les coteaux sont plantés de vigne. J’ai l’impression que les raisins sont bien en avance par rapport à la France. Il fait bon rouler.
A la traversée d’un village, je sens une odeur de roussi. Je lève la tête : ça vient d’un barbecue/cheminée tel que j’en vois depuis mon arrivée en Croatie.
Sauf que là il est « habité » par un petit cochon et des volailles. D’autres bestioles attendent leur tour à côté. Les panneaux avaient bien prévenu : attention aux sangliers !
Plus loin un vieil homme à la dentition clairsemée semble parle au talus. Je m’arrête, tente de discuter avec lui. Il me fait des signes qu’il a vu un animal. Puis il s’avance et me montre, en le prenant par la queue, un gros serpent marron foncé. Il semble me dire que c’est inoffensif et le relâche. Impressionnant, et encore une fois, tu avais vu juste Michel !
Tiens un passage à niveau, enfin, un croisement avec la ligne de chemin de fer.
Les terrains alternent : chemins empierrés, sentiers cahoteux où je pousse Charlie pour ménager sa santé, routes.
A un carrefour entre deux grandes routes, je rencontre Pasquale, assis sur un caillou, affairé sur son téléphone à côté de son scooter. Je lui demande s’il a besoin d’aide. Non, il fait juste une pause. On discute tant bien que mal, barrière de la langue oblige. Sa femme l’appelle. Il doit rentrer. Une photo et hop, on reprend la route jusqu’à ricocher sur l’autoroute.
On joue à cache-cache avec la voie ferrée, sauf qu’on monte et qu’on descend. Le secteur est assez montagneux et ressemble toujours au sud de la France avec des moutons qui paissent. Deux chiens placides avant mon arrivée se déchaînent à mon passage. L’un d’eux, non attaché veut s’en prendre à mes mollets mais je réussis à aboyer plus fort que lui et le repousser.
En chemin mon esprit fonctionne autant que les jambes. Je ne saurai jamais si j’aurai réussi à franchir ce pont de Morinje mais je me régale de ce que je vis. C’est le principal ! Et puis en ce 8 mai, c’est tout à fait mon droit de ne pas faire le pont.
Ça monte toujours et, comme on dit à Anjou Vintage « on sait qu’après la montée il y aura la descente ». La voilà, elle arrive. Longue et régulière, elle permet de faire quelques kilomètres sans effort.
Je me retrouve au milieu d’une vaste vallée assez déserte sur une route peu fréquentée. C’est vraiment très agréable comme tracé. Qu’est ce que j’ai bien fait de choisir cette option !
Gros effort par contre pour ressortir d’ici avec des pentes à 12, 15%. Un autre voyageur en Bikepacking me double. Ça doit être bien aussi d’être en mode minimaliste.
Au col, la vue s’étend loin et Split est en vue. La route qui serpente est beaucoup plus fréquentée que les précédentes mais elle est large. La descente de 13 kilomètres est parfois aussi raide que la montée. On se laisse porter à une bonne vitesse.
On arrive du côté de l’aéroport et on longe la piste pour rejoindre un axe secondaire.
J’achète une boisson fraîche, discute avec un type qui ne voulait plus me lâcher. On pique nique dans un espace vert et on recherche un vélociste dans le coin.
Quand j’arrive à Bi-Bi cycles, je me demande dans quel boui-boui je suis tombé. Il est 14h30 et c’est fermé. J’appelle, j’explique mon cas. Le type arrive (il habite au dessus). Il me dit qu’il réouvre à 16h car il est à table et qu’il doit aller faire des courses.
Pas grave je vais attendre.
Du coup il me propose d’enlever les sacoches et qu’il va s’en occuper. Ça durera un quart d’heure.
Effectivement, dans son atelier rudimentaire, Joseph remplace en 10 minutes le rayon et dévoile la roue. Charlie a l’air un brin coquet désormais avec ce rayon couleur argent au milieu des autres rayons noirs.
On discute un peu, notamment de mon voyage. Il me dit qu’il voit beaucoup de français à vélo. Il me dit que je ne lui dois rien et qu’il m’offre son intervention. Je ne sais comment le remercier. Je lui donne une carte postale de Loire (j’en ai emporté une dizaine suite aux bons conseils de Jean-Pierre et Colette) et je mettrai un excellent avis sur Google.
On se salue et je repars. Je suis désormais rassuré et débarrassé de ce tracas.
Il ne me reste plus qu’à rouler tranquille jusqu’au centre de Split.
Au début d’un chemin, je m’arrête a côté d’un panneau qui présente les vestiges de l’amphithéâtre de Salona, une ville romaine du 3° siècle détruite par des invasions comme il en existe partout en Europe.
Je m’avance à pied pour visiter. Une dame gesticulante arrive en courant : j’avais oublié que tout est payant en Croatie.
Je poursuis et, sur un bon kilomètre, je me régale sur ce chemin en pleine immersion dans ce que fut cette ville antique.
J’arrive à Split, bruyante et bouillonnante. Je trouve tant bien que mal mon auberge de jeunesse. On s’installe, moi dans un dortoir de 9, Charlie au jardin (pas trop sécurisé mais bon 🤞).
Douche, bière et discussion avec Shashwat, un jeune indien qui fait un tour d’Europe. Après Budapest, Vienne et Sofia, il est à Split pour quelques jours.
Le soir, je sors me balader dans le dédale du centre historique. Il y a beaucoup de monde en ce vendredi soir d’autant qu’un festival se tient sur le port. On pourra s’imprégner de cette ambiance pendant quelques jours puisque Marie me rejoint demain à Split 😻.
Je serai peut être un peu moins assidu a vous pingouinner mon quotidien !
🚴 72 km
↗️ 727 m
↘️ 714 mRead more



























TravelerBonne pause à Split 💞
TravelerProfite bien de ta petite femme et d'une pause bien méritée à Split. Bisous à vous deux 😘
Merci beaucoup d avoir eu une pensée pour nous de Sibenik. Bon courage malgré tous ces déboires. Profite bien de ces quelques jours avec ton épouse [Marc et Christiane]