De gros tracas jusqu’à Brodarica
May 7 in Croatia ⋅ ☁️ 15 °C
Il y a des journées avec, et des jours sans. Ce 7 mai j’ai vécu ma première journée de galère, durant laquelle les ennuis se sont succédé.
Déjà, alors que je prenais mon temps et savourais l’endroit que Livio a aménagé pour les voyageurs, le temps s’est gâté et je me suis pris une averse. Je me suis dépêché de plier la tente, sous la pluie, protégeant le reste de mes affaires sous le parasol.
En faisant tout ce déménagement bien rôdé, je me suis cogné le pied sur une souche. Un orteil abîmé. Pas trop méchant tout de même.
Tout est prêt pour partir. Je remonte le chemin de la plage jusqu’à la route et m’aperçois qu’une de mes sacoches est mal attachée. Je profite du bord de route pour la raccrocher, réponds à quelques notifications sur mon téléphone et décide, puisque je ne suis pas trop en avance, de l’éteindre. Je le range dans ma sacoche de guidon et nous voilà partis.
On est sur la D8, une départementale qui, comme vous le savez, est assez dense en circulation.
Quelques kilomètres plus loin, une notification sur ma montre me signale que mon téléphone n’est plus avec moi : normal, je l’ai éteint et il n’est pas détectable.
On abandonne la nationale pour une petite route puis, alternativement des chemins.
30 kilomètres après le départ, je décide de me prendre un café croissant au bar « Le Sydney » (hi Verity !👋) à Tribunj. Comme ils ne font pas de viennoiseries, je vais en acheter à la boulangerie d’à côté.
En revenant, je veux rallumer mon téléphone : il n’est pas dans la sacoche.
Je vide tout sur la table du bar, une fois, deux fois. Je demande si je ne l’ai pas laissé au comptoir, je retourne voir à la boulangerie… rien !
Je me revois tellement le glisser dans le sacoche. Il est probablement égaré, rangé ailleurs, dans un endroit pas habituel.
Un homme dans le café est en train de regarder un match de tennis sur son Mac. Je lui demande si je peux utiliser son ordi pour essayer de localiser mon téléphone.
Rien à faire, je ne peux pas authentifier ma connexion.
On se décide à appeler un taxi pour m’emmener voir si je ne l’aurais pas fait tomber au moment où j’ai remis la sacoche, à mon point de départ, ou sur la table de chez Livio.
Rien… Je me déleste d’une bonne somme pour la course, et pour des prunes 😭
De retour au café, je vide à nouveau ma sacoche de guidon et je suis prêt à en faire de même de tous mes bagages. En palpant le flanc de ma sacoche, je sens une épaisseur. Mon téléphone est là. Il avait glissé dans une sorte de doublure. Ouf !
J’accuse le coup et, en même temps, je suis prêt à sauter au cou du patron du bar. Je prends une bière. Je tarde à repartir après ces émotions fortes. Nous confions tellement de choses à nos téléphones qui se révèlent uniquement au moment où nous l’égarons.
Mine de rien, ça fait plus de deux heures que je suis ici, donc pas en avance sur mon planning qui doit m’amener à Trogir.
Je reprends donc la route et on trouve un petit coin pour -enfin- pique-niquer tranquille au milieu des pins et des oliviers.
La trace alterne petites routes et chemins qui serpentent entre les murets de pierres sèches. Même si le ciel est très couvert, on se croirait dans le sud de la France, en Provence. Tiens d’ailleurs il tombe quelques grains. Vite, mon vêtement de pluie !
Heureusement que j’ai mon gps car parfois de petits malins s’amusent à retourner les panneaux qui signalent l’Eurovélo 8. Je veille au grain et je les redresse 😇.
Autre aventure de ce jour : la traversée du pont de Sibenik. Le temps est assez couvert mais il y a moins de vent qu’hier. Je me présente à l’entrée du pont, je vois qu’il fait 390m de long soit plus du double que celui d’hier entre les îles d’Otok. Je fais une petite pause photo et… je me lance, complètement crispé sur mon guidon. Le pont est en légère descente, tout droit. Les voitures derrière moi sont sympa car elles ne klaxonnent pas et ne me dépassent pas. Ouf 😮💨, j’arrive au bout. Mais je dois dire que je n’aime pas du tout cet exercice d’être en vélo à une cinquantaine de mètres au dessus du vide.
J’arrive à Sibenik. Une double pensée pour Voiron (puisque cette ville est jumelée avec) et pour Marc et Christiane qui m’ont accueillis à Loches (le papa de Marc était originaire de ce secteur).
Cette ville moins connue que Split ou Trogir est assez chouette à visiter avec ses petites rues à l’italienne, ses grandes places et la cathédrale St Jacques (accès payant).
Après Sibenik, je décide de trouver un coin de bivouac. Tant pis pour mon objectif de Trogir. Je roulerai plus demain.
Je m’aperçois que ma roue arrière est voilée. En l’inspectant, je me rends compte qu’un rayon est cassé. Damned ! C’est vraiment la journée !
Que faire ? M’arrêter en bivouac et réparer moi même ? (J’ai les outils et des rayons de rechange). Retourner à Sibenik et trouver porte close chez un vélociste ? Trouver un camping ? Filer le plus loin possible pour faire réparer demain ?
Je choisis la solution « camping » en passant devant une maison qui affiche « auto camp ». Pour 10 € la nuit, j’ai un espace équivalent à ce qu’on trouve en camping, des sanitaires, une douche bien chaude. Il y a même produit vaisselle et gel douche. Parfait !
Je m’installe rapidement sous les oliviers. Je me cogne au passage la tête dans une branche en montant la tente.
J’installe Charlie pour le réparer. Nikola le propriétaire vient m’aider mais on ne parvient pas à desserrer la cassette, même avec le fouet de chaîne et la clé idoine. Je remonte le tout, déçu. La nuit porte conseil. Je trouverai une solution pour demain car j’ai encore 70 km à parcourir.
Un petit dîner soupe/polenta/fromage/yaourt, et hop au lit !
Demain la météo annonce meilleur temps. J’espère que c’est un bon signe pour l’étape jusqu’à Split !
Bilan du jour :
⛴️ + 🚴 48 km
↗️ 313 m
↘️ 215 mRead more






















TravelerAller va, ça ira mieux demain ! 💪🏻
TravelerTous ces avatars corsent ton périple et en ajustent l’aventure.
TravelerIl y a des jours avec et des jours sans...