Zelenica avant Podgorica
May 17 in Montenegro ⋅ ☁️ 18 °C
Il faisait tellement beau ce matin au départ de Dubrovnik que j’avais un peu la flemme de partir, même si l’étape du jour allait (probablement) m’emmener jusqu’au Monténégro.
Alors j’ai un peu traîné, d’abord au petit déjeuner, puis en prenant un peu de temps pour entretenir Charlie et enfin à discuter avec Enrique.
Aux premiers tours de roue, ça monte. Et je ne sens pas trop Charlie. Aurait-il un peu la glu lui aussi ? En fait non, c’était juste sa roue avant que je n’avais pas bien resserrée. Heureusement qu’on n’est pas partis en descente !
La trace repasse au dessus de la vieille ville. Les reflets émeraude de la mer, le ciel bleu azur et les tuiles roses (dont certaines viennent de Toulouse) se marient à merveille. C’est beau et ça donne envie de traîner, de faire des photos, de prendre son temps. Et ça tombe bien, on est dimanche !
Je quitte la rue principale pour une petite route en surplomb peuplée de chats et de promeneurs du dimanche. Elle affiche à un moment des panneaux « circulation interdite - interdit aux piétons ». Je continue tout de même après avoir vérifié ma trace et en espérant qu’elle ne débouchera pas sur un précipice 🤞.
Un jogger au maillot « Dubrovnik Triathlon » me double et m’encourage dans la côte au passage. Je le rejoins sur le plat et on discute. Goran est natif d’ici et fait des aller retours sur cette portion de route sans voitures, parallèle à la D8. Il me conseille de rester à l’extérieur du parapet au bout de la route. Quand je vois que de ce côté des barrières il y a le vide, je préfère passer Charlie sur la départementale et continuer sur la route, même avec les voitures. Comme on est dimanche, j’évite les camions et tout le trafic de la semaine. C’est déjà ça.
Je ne reste pas longtemps sur cette grande route et rattrape un itinéraire cyclable à côté de l’aéroport qui serpente entre les frontières de la Croatie, de la Bosnie et du Monténégro. La route est en bon état, pas trop de dénivelé (je trouve) et pas du tout fréquentée.
J’y croise le petit train touristique des vignes et, à son retour, je me colle derrière pour profiter de son aspiration.
De temps à autre de petites cabanes de pierre jalonnent la route. Je ne sais pas à quoi elles servent, peut être de cabanes de vignes ou d’abris pour les bergers.
On s’arrête sur un banc pour déjeuner. En fait de banc il cachait une station-vélo avec outillage et tables de pique-nique que je ne verrai qu’en partant.
Les paysages sont assez austères mais contrastés au niveau des teintes. Les vignes claires, les forêts de chênes intermédiaires et les cyprès qui rayent verticalement ce décor de leur vert sombre.
Dans un petit village, le resto s’est installé sous un pont. Et à en croire Tripadvisor, c’est une bonne adresse (je peux vous la donner si vous cherchez un resto original).
J’approche de la frontière alors j’ai envie d’épuiser le forfait de data que j’avais pris pour la Croatie. J’avais l’idée de faire une visio avec ma famille, mais quand je m’arrête il n’y a aucun réseau. Et j’ai eu beau grimper 50 m de plus, rien à faire : zone blanche. Tant pis !
Tiens, ma trace quitte la route principale ? Peut être pour me faire découvrir ce petit « oratoire fleuri » qui jouxte une petite mare. Ou peut-être que ce lieu a servi de décor pour un vin d’honneur vu les gobelets qui jonchent le sol. Très joli et parfumé en tous cas.
J’arrive au poste frontière croate. Une longue file d’attente s’est formée et je suis juste derrière un groupe de 12 motards allemands. Je discute avec le dernier qui connaît Angers puisqu’il travaille dans le végétal. Le groupe d’amis de Thomas fait un tour de moto dans les Balkans d’une dizaine de jours. Ils rentrent par Bari en Italie. C’est bien la première fois que je sympathise avec des motards (d’habitude ils roulent trop vite) et le temps passe bien vite. On passe la douane sans encombre.
Je dois avouer que ça me fait un petit pincement de me dire que je sors de la communauté européenne puisque le Monténégro n’en fait pas partie.
Ce pays annonce la couleur puisque le premier kilomètre est en fait une longue côte toute droite. J’y rencontre deux jeunes alsaciens en panne de voiture qui étaient en route pour l’Albanie, leur pays d’origine. L’assistance va arriver. Pour eux, tout va bien, malgré cette péripétie.
Arrive le poste frontière monténégrin où je retrouve les motards allemands. Je leur passe devant vu que deux d’entre eux semblent retenus au contrôle.
Je suis au Monténégro. J’ai du mal à réaliser que je suis arrivé ici par la force de mes jambes.
Une longue descente vers les bouches de Kotor s’amorce. Je m’arrête au premier café venu pour boire une bière et utiliser le wifi. Tiens, bizarre, c’est Ottawan qui passe à la radio. Je demande à mes voisines de table si elles ne connaîtraient pas des chambres à louer dans le coin. Très sympas, Nina et sa mère passent deux, trois coups de fil mais rien. Je tâche de me trouver un auto kamp. Rien. Je me rabats sur une auberge à 7 kilomètres d’ici. Denis m’y accueille très chaleureusement dans sa maison qu’il a aménagée pour recevoir. Il me propose un verre de vin après que j’ai eu pris ma douche.
Julie, une anglaise d’Oxford séjourne aussi au Woodpecker. On dîne ensemble (et pour la première fois j’ai cuisiné des légumes rissolés, ça me manquait).
Son fils et elle ont vécu en voyage pendant une petite année en Asie alors qu’il avait 8 ans. Elle fait un voyage entre la Bosnie, le Monténégro et l’Albanie. Elle rentre également par l’Italie.
J’adore retrouver ces échanges et ces partages avec d’autres. Dommage que Denis, un peu malade, ne soit pas resté plus longtemps avec nous.
Il est déjà 22h. Demain je vais à Kotor. Je pense y rester deux jours pour me reposer avant une grande ascension. Je prends congé de Julie et profite du wifi de l’auberge pour pingouinner un peu, chercher une auberge pour les prochains jours et tenter de régler ma carte SIM.
Bilan du jour :
🚴 64 km
↗️ 801 m (ah oui quand même)
↘️ 831 mRead more



























Traveler
Si tu restes au milieu à lire les inscriptions, ça peut devenir dangereux!!
TravelerAh ah oui. Surtout si tu ne connais pas la langue
Traveler
Qu’est-ce qu’il a comme cabanes ce Pierre !
Traveler🤣