• J145, Cayo Orihuela et Granada

    18.–21. jan., Cuba ⋅ ☀️ 27 °C

    Nous sommes à Cayo Chocolat. Nous nous apprêtons à passer notre seconde nuit ici, avec un départ aux aurores le lendemain pour Cayo Granada. Mais à la fin du dîner, le vent et la houle se lèvent. Ce mouillage n’est pas très protégé, et nous allons vite nous en rendre compte. On a l’impression d’être en navigation : la houle soulève la proue du bateau. L’alarme de mouillage se déclenche sur mon téléphone… on dérape !

    Pas de panique : nous n’avons pas de cailloux derrière nous. Malo allume le moteur pendant que je vais à l’avant pour remonter la chaîne. Je lui indique l’orientation à prendre afin qu’il m’aide avec un appui moteur. Le vent souffle fort, mais je parviens à remonter l’ancre, qui revient couverte de vase. Les mouillages des Jardins de la Reine sont souvent très vaseux à cause des mangroves, et avec la houle, cette vase ne permet pas un bon maintien de l’ancre. Nous tentons de la remettre, mais nous dérapons à nouveau… On se consulte : allez, on part en navigation. De toute façon, ici nous ne sommes pas abrités ; autant passer la nuit en mer plutôt que de continuer à déraper.

    Dans la pénombre, nous préparons le bateau. Notre rituel est bien rodé et nous permet de partir rapidement. Cap sur Cayo Granada. Nous sommes prévoyants : trois ris dans la grand-voile, un peu de génois, et c’est parti. Le bateau file bien, vent de travers. Je ne tiens pas longtemps et m’endors rapidement sous un magnifique ciel étoilé pendant que Malo assure la veille. Finalement, à 2 h 30, nous décidons de nous arrêter avant Cayo Granada : le vent est retombé. Nous mouillons à Cayo Orihuela. Ce n’est pas simple de se repérer dans l’obscurité, mais nous y arrivons. Cette fois, le bateau est bien à l’abri et solidement ancré. Il est temps de dormir !

    Le lendemain, nous émergeons tranquillement et découvrons une nouvelle mangrove. Nous ne tardons pas à lever l’ancre pour reprendre le cap sur Cayo Granada. Nous atteignons rapidement ce nouveau mouillage, bien abrité, protégé par un récif. Nous nous équipons pour une session snorkeling : une épave est signalée sur le mouillage. La visibilité est vraiment mauvaise, mais nous faisons tout de même le tour de l’épave, qui abrite une jolie biodiversité. Puis nous repartons explorer la mangrove — ça devient notre spécialité ! Les racines brunes des palétuviers teintent l’eau d’une belle couleur bordeaux. Le coucher du soleil amène son lot de moustiques : nous rentrons nous abriter à bord. Ce soir-là, on ne fait pas long feu, un peu éprouvés par la nuit précédente.

    Le lendemain, nous prenons notre temps. Malo pose de nouveaux rivets pour renforcer l’attache de la bôme, qui commençait à montrer des signes de faiblesse. Nous lisons tranquillement sur un mouillage rien que pour nous : c’est royal.

    En début d’après-midi, nous préparons le bateau. Direction la côte de Cuba, à Pilón. Nous avons 80 milles à parcourir. Au large, nous observons des moutons sur l’eau : il va y avoir du vent !

    Nous partons à 14 h 30 avec le génois plein. Le vent soutenu nous oblige rapidement à le rouler et à prendre deux ris dans la grand-voile. La houle nous fait surfer et nous maintient à 7 nœuds — on a l’impression de voler ! Nous écoutons un podcast, Écologie et résistance, sur l’agriculture et son évolution. Des podcasts, on en aura écouté pendant ce voyage…

    Nous pensions que le vent allait s’atténuer, mais il continue de bien souffler. Nous n’avons pas d’anémomètre, mais nous estimons au moins 35 nœuds. Nous décidons de prendre un troisième ris. Malo se hisse sur la bôme pour passer le bout du ris 1 sur le troisième ris : toujours un peu périlleux, mais tout se déroule bien, juste au coucher du soleil. Nous sommes au grand largue, avec un vent toujours soutenu. La houle nous secoue et nous arrose généreusement. Dans la nuit, nous observons l’écume blanche des vagues derrière le bateau. À minuit, nous hésitons à nous arrêter à Cabo de la Cruz. Ce cap, situé sur la côte, nous permettrait de nous abriter du vent pour la nuit.

    Finalement, nous décidons de continuer. La houle retombe un peu à l’approche de la côte et nous voulons profiter du vent pour avancer vers l’est et gagner du terrain. Cette zone est souvent déventée, autant tirer parti de ces conditions pour arriver à bon port.

    Le ciel est majestueux : les étoiles sont parfaitement visibles. Nous sommes presque à la nouvelle lune, il ne reste qu’un fin sourire doré. Nous devons arriver au petit matin à Pilón.

    La nuit se passe bien et vers 6 h, nous apercevons Pilón. Finalement, nous décidons de pousser jusqu’à Marea del Portillo, un mouillage situé à 6 milles de là, qui nous semble plus joli. Une belle plage et des montagnes aux strates colorées nous accueillent. Nous mouillons dans un endroit magnifique ! Nous retrouvons le catamaran des Canadiens rencontrés à Cayo Cuervo. Il est temps d’aller se reposer : la navigation a été un peu sportive !
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