J232, Charmante Saba
April 15 in the Netherlands ⋅ ☀️ 27 °C
En arrivant à Fort bay, nous nous amarrons à l’une des bouées jaunes barrées d’une bande bleue, réservées aux bateaux de tourisme, devant le petit port de l’île. C’est assez rouleur, mais nous n’y restons que quelques heures, le temps de faire nos démarches administratives.
Nous mettons l’annexe à l’eau et partons vers le port. Plusieurs nageurs et plongeurs barbotent dans l’eau. Quelques bâtiments bordent la jetée ; nous nous rendons aux bureaux des customs et de l’immigration. Nous sommes superbement bien accueillis, ce qui est loin d’être le cas partout. Un grand sourire, et nous voilà enregistrés. Nous devons payer 20 $ pour l’entrée.
Nous sommes contents de ne pas nous être enregistrés officiellement à Saint-Barth : ici, personne ne nous demande d’où nous venons. L’agent des douanes nous indique qu’il faut ensuite nous enregistrer auprès du parc, la “Saba Conservation Foundation”, et payer une taxe. Il est déjà 16 h passées, les bureaux sont fermés, mais nous pouvons remplir le formulaire nous-mêmes.
Nous nous dirigeons vers leurs locaux, à quelques pas de là. Une porte ouverte, des documents en libre accès pour découvrir les zones de plongée, les randonnées, l’histoire de l’île… On fait le plein d’informations ! Nous trouvons une boîte avec des formulaires pour s’enregistrer et payer la contribution au parc. On trouve ça génial : tout repose sur la bonne foi de chacun, sans contrôle. Nous remplissons le nécessaire : 12 $ pour 3 nuits.
Saba est une petite île volcanique appartenant au royaume des Pays-Bas. Elle ne mesure qu’environ 13 km² et compte à peine 2 000 habitants. Sauvage, escarpée et préservée, elle est réputée pour ses fonds marins exceptionnels et son engagement fort dans la protection de l’environnement.
Avant de repartir à bord, nous allons boire un verre dans un petit restaurant et goûter une bière brassée localement. La gérante, très sympa, nous explique qu’elle vient de Trinidad. Elle vit ici depuis cinq ans. De formation en conservation marine, elle a ouvert son établissement car ce secteur ne paye pas suffisamment. Ses clients sont des touristes arrivant par ferry, mais aussi des ouvriers travaillant sur la construction du nouveau port.
Nous repartons à bord et quittons la bouée pour rejoindre la zone de mouillage au nord, à environ 2 milles. Ici, l’ancrage est interdit : seules les bouées sont autorisées. Nous trouvons la nôtre juste avant la tombée de la nuit. Le décor est spectaculaire : falaises abruptes, seulement trois voiliers, et des fonds qui plongent à pic à plusieurs centaines de mètres. Le soleil disparaît lentement. Nous nous endormons bercés par un roulis finalement assez doux.
Le lendemain, réveil à 6 h. Nous partons plonger à l’aube — un petit côté pirate, car ici il est obligatoire de plonger avec un opérateur. Difficile pour nous de s’y contraindre avec tout notre équipement à bord…
Nous nous immergeons dans les eaux bleues de “Babylon”, un spot de Ladder Bay. Cette zone tient son nom des escaliers abrupts visibles sur la côte : autrefois, avant le port, les habitants y montaient les marchandises à dos d’homme jusqu’au village de The Bottom.
Sous l’eau, la visibilité est excellente. D’anciennes coulées de lave structurent le paysage. Balistes noires, poissons-coffres, éponges, gorgones… Et rapidement, deux requins dormeurs nous accompagnent. Ils nous suivent, passent sous nos palmes, comme des chiens curieux. L’ambiance est étonnante. Puis un requin gris de récif passe dans le bleu. Toujours impressionnant.
Nous remontons ravis et rentrons prendre un petit-déjeuner bien mérité. Un voisin de mouillage vient nous saluer : Antoine, qui vit sur son voilier avec Emilia. Ils naviguent depuis un an. Il nous parle d’un programme local : des plongeurs nourrissent les poissons avec des poissons-lions pour tenter d’instaurer une prédation naturelle. Voilà peut-être pourquoi nos amis requins semblaient si intéressés !
Il nous conseille de faire l’ascension du Mont Scenery, point culminant de l’île à 880 m. Nous l’invitons à dîner le soir avec un ceviche de notre thon fraîchement pêché 🥰
Nous partons à terre pour la randonnée. L’accès est sportif : une petite crique de galets noirs avec de la houle. Heureusement, tout se passe bien. Puis nous empruntons les célèbres escaliers en pierre qui mènent au village de The Bottom. Impressionnant : on imagine la force des habitants qui transportaient les marchandises ici !
Le village est charmant : maisons blanches, volets verts, toits rouges… On se croirait dans un conte. Nous attaquons ensuite le sentier vers le sommet. La montée se fait dans une forêt humide, luxuriante, avec de belles vues sur la mer : la forêt elfique. Au sommet du Mont Scenery, la tête dans les nuages, la vue est bouchée, mais l’ambiance reste magique !
Nous redescendons vers Windwardside, un autre village plus grand mais charmant. Les habitants sont souriants, accueillants. Saba étant néerlandaise, on ne peut s’empêcher de remarquer la qualité des infrastructures, comparée à certaines îles voisines…
Affamés, nous nous arrêtons pour un smoothie bien frais. Puis stop pour rentrer : en deux minutes, nous sommes pris à l’arrière d’un camion. La route qui serpente offre des vues incroyables.
De retour au bateau, la journée continue : deuxième plongée autour du “Diamant”, un énorme rocher isolé. La vie y est foisonnante… jusqu’à ce que des filaments de méduses nous brûlent. Après quelques minutes, la douleur passe et nous profitons du spectacle : éponges colorées, poissons multicolores… La réputation de Saba n’est pas usurpée.
Le soir, nous partageons notre ceviche avec Antoine et Emilia chez eux. Une très belle soirée. À minuit passé, nous rentrons et tombons de fatigue.
Demain, vendredi, encore quelques plongées avant de mettre le cap sur Montserrat samedi (environ 24h de navigation au près ⛵️).Read more
J231, Saint Barthélémy
Apr 10–15 in Saint Barthélemy ⋅ 🌬 26 °C
Cela fait une semaine que nous sommes arrivés sur ce beau caillou. Après quelques jours à Colombier, nous sommes revenus au mouillage de Gustavia. La houle s’est calmée, rendant les lieux plus agréables. Malo a installé une ancre flottante sur le bateau, contrebalançant la gîte et rendant ainsi la vie à bord plus confortable.
Notre camp de base pour ces derniers jours : Gustavia. Globalement, nous avons travaillé le matin sur nos écrans : moi sur l’association, Malo sur ses photos. N’ayant plus de réseau, notre point de repli est une petite boulangerie : du café à prix raisonnable et un bon wifi !
Vendredi, après avoir passé un peu de temps à tapoter sur nos écrans, il est temps de se dégourdir. Nous repassons à bord pour attraper nos planches de surf, et c’est parti. J’ai le paddle sur le dos, Malo la planche de surf, et nous partons en direction de la plage de Lorient. Sous le soleil, nous empruntons la route qui monte pour quitter la petite ville pavée de Gustavia. En haut de la côte, on tente le stop : un pick-up s’arrête. Le monsieur n’a qu’une place ; Malo grimpe avec les planches dans la benne et je continue à pied.
Je trouve très vite une autre voiture pour m’emmener directement jusqu’à la plage. C’est une fille et son père qui me prennent. Ils me font bien rire, ils ont une sacrée énergie. Lui habite ici, elle lui rend visite pour une saison de travail. Elle est gestionnaire de villas et me raconte les coulisses de Saint-Barth : les lieux VIP, les plages privées, les soirées… Elle est souvent invitée chez ses clients à New York, Paris… Comme elle dit : « Moi, je suis ici pour me faire de l’argent, car il y en a. » Les gens dépensent en alcool, en drogue et en plaisirs en tout genre. Elle me lance même : « Un métier bien payé ici ? Dealer de drogue ! » Ça donne le ton.
Je retrouve Malo sur la plage pour notre session de surf. Les vagues sont petites, mais on s’amuse bien dans un cadre magnifique. À la tombée de la nuit, il est temps de rentrer : nous avons encore quelques kilomètres à faire. Les planches sous le bras, assez lourdes, c’est reparti.
On finit par trouver François, biologiste marin de formation, qui a finalement fait carrière au Club Med avant de s’installer ici il y a dix ans. Il a monté son entreprise de sushi et de plats à emporter, qu’il distribue dans les supermarchés. Il nous prend en stop, super sympa. Il nous parle de l’île, de la biodiversité locale et de l’ambiance. Oui, il y a du luxe et des excès, mais selon lui, la majorité des villas sont louées par des clients en quête de tranquillité et de simplicité. La préservation de la nature est aussi liée à cette clientèle fortunée, qui souhaite préserver ce cocon. Lui, qui n’est pas amateur de soirées, aime sa vie ici : plongée, nage, qualité de vie… Ça donne presque envie !
Malo commence à avoir des idées : il n’y a pas d’entreprises d’entretien de bassins et d’aquariums ici… ça pourrait fonctionner dans les villas. François nous apprend que la plus grande villa de l’île se loue 900 000 € par semaine, avec un minimum de deux semaines. Le calcul donne le tournis.
Avant d’arriver à Gustavia, François s’arrête au Monoprix pour vérifier sa marchandise. On l’attend, et il revient avec une boîte de sushis et un sandwich de sa fabrication. Offert par la maison !
De retour à bord, nous dégustons nos sushis pour le dîner, sous un temps un peu capricieux. Nous nous motivons tout de même pour aller à un concert de jazz organisé sur la plage publique dans le cadre d’un festival. Nous y retrouvons Alban, Mathilda et Loïc. Malgré le crachin, c’est un très bon moment, les musiciens sont talentueux.
Les copains nous expliquent qu’il y a pas mal de petits événements culturels sur l’île. Alban, un ami guadeloupéen, tient avec son père une base technique navale en Guadeloupe. Ici, il est là depuis deux saisons et a progressivement réussi à acheter cinq bateaux qu’il loue aux saisonniers. Avec les loyers exorbitants de Saint-Barth, cette solution fonctionne très bien. Des idées de business, il y en a plein ici.
Le lendemain, nous partons plonger avec Alban et son cousin. Nous profitons de sa grande annexe pour faire deux plongées consécutives : une sur une épave, l’autre sur les récifs autour de pics rocheux. De belles observations, mais aussi énormément de poissons-lions qui envahissent l’écosystème.
Dimanche, sous un ciel encore gris, nous partons en annexe avec le paddle pour une session de snorkeling et de chasse. Nous dépassons l’anse des Cayes et la réserve. Le paysage est superbe : côte rocheuse, pentes arides, lumière rasante… Malo dans l’annexe, moi tracté sur le paddle, c’est assez drôle. Nous faisons une belle session d’apnée : une raie léopard, des tortues, un rémora, de nombreux poissons. Pas de langoustes, au grand désespoir de Malo, mais nous attrapons plusieurs poissons-lions pour le dîner.
Le soir, nous sommes invités sur le bateau d’Alban et Lucie avec Loïc et Mathilda. Au menu : dhal de lentilles, gratin de courge spaghetti, riz pilaf… et la pêche du jour. La joie des repas partagés !
J’en profite pour discuter avec Loïc et Alban de notre projet associatif autour des éco-gestes pour les plaisanciers. Ils évoquent la complexité du sujet en Guadeloupe, notamment avec la création de zones de bouées rendant l’ancrage interdit et payant. Selon eux, il y a une volonté de limiter la présence des plaisanciers à l’année. Ils trouvent le projet intéressant, mais soulignent les défis politiques. Pour ma part, je garde ma naïveté : peut-être que de belles images et un discours neutre permettront de créer du dialogue.
Le lendemain matin, dernière ligne droite : je finalise le projet et dépose enfin l’appel auprès de l’Office français de la biodiversité. Malo, lui, soumet ses photos à un concours de l’UNESCO. On croise les doigts.
Depuis la veille, Malo souffre d’un torticolis. Alban nous trouve un rendez-vous chez un ostéo, ce qui le soulage un peu. On espère qu’il ira mieux demain, car nous prévoyons de partir pour Saba.
L’après-midi, Lucie nous prête son quad pour faire le tour de l’île. On découvre le Grand Cul-de-Sac, les salines, les paysages arides parsemés de cactus et les nombreuses plages. Pas forcément adepte du quad, mais pour une demi-journée, c’était très sympa.
Le soir, la météo annonce des orages. On décide d’attendre. Sans surprise, le lendemain matin est pluvieux. On reste un jour de plus et on prépare le bateau. Malo fait la vidange de Noam.
En fin d’après-midi, on se balade dans les ruelles de Gustavia, découvre les vitrines de luxe — Dior, Chanel, LV, Cartier… — puis on termine avec un bon sorbet. On croise le garde maritime rencontré à l’île Fourchue, qui nous parle biodiversité et projets. Il nous encourage à présenter notre projet. Les opportunités semblent nombreuses.
En soirée, dernier verre avec les copains. Un vrai plaisir.
Mercredi, enfin : ciel bleu, bateau prêt, Malo presque remis. Nous levons les voiles vers Saba, à une trentaine de milles nautiques. Le vent est faible, nous avançons au génois. Malo met la ligne à l’eau : un superbe thon jaune mord rapidement.
Après 7 heures de navigation, nous atteignons Saba. Impressionnant : une montagne surgissant de l’eau, des pentes abruptes, une roche volcanique sombre et une végétation battue par le vent. Saba est encore un volcan actif, sans éruption depuis des siècles.
Nous avons hâte de découvrir cette île !Read more
J225, Colombier
Apr 8–9 in Saint Barthélemy ⋅ 🌬 27 °C
Nous nous réveillons dans ce beau mouillage, prêts pour aller plonger. Les blocs sont gréés, installés dans l’annexe, et c’est parti. Nous nous amarrons à l’une des bouées de plongée sur le tombant de Colombier. L’immersion est magnifique : requins gris, balistes, poissons-perroquets, tortues… Le courant est fort, nous devons palmer avec énergie pour avancer, comme les poissons ! Le retour est plus agréable : légers dans l’eau, on a l’impression de voler avec le courant.
De retour à bord, je prends le temps de lire, tandis que Malo travaille sur ses photos. Il va candidater à un concours de l’ONU pour la Journée des océans. Une fois le soleil plus bas, nous partons découvrir la terre. Nous beachons avec l’annexe sur la plage, où quelques touristes se prélassent, avant d’emprunter le sentier sec qui nous mène sur les crêtes de la falaise.
Nous marchons le long de la côte : c’est magnifique. La terre est ocre, la falaise abrupte, et de nombreuses sternes volent et nichent dans les roches volcaniques poreuses. Nous observons une baie remplie de sargasses : c’est toujours impressionnant, cette couche marron qui étouffe la surface et épaissit la houle. En chemin, nous rencontrons des tortues terrestres, tout sauf peureuses. En effet, elles sont habituées à l’homme, car nombreux sont ceux qui viennent leur offrir leurs restes de légumes. C’est assez drôle : elles s’approchent toutes, telles de petits chiens.
Nous atteignons la route dans un quartier résidentiel et faisons demi-tour tranquillement pour rejoindre Noam. Nous faisons quelques parties de jeux et ne tardons pas à nous endormir devant un film.
Le lendemain, j’ai du mal à sortir du lit, je dois avouer que je ne dors pas toujours très bien à bord : le roulis et le manque de place ne sont pas toujours confortables. Un vrai lit et une bonne douche chaude seront appréciés ! Mais Malo est d’attaque : il nous prépare un bon petit-déjeuner et c’est parti pour une plongée. Cette fois-ci, nous visons le sec Colombier, une mini-montagne sous-marine. Une fois dans l’eau, nous découvrons de beaux récifs, mais des sargasses viennent réduire la visibilité. Nous enchaînons avec une seconde plongée, plus à l’abri du courant et des sargasses ; cette fois, la visibilité et les couleurs sont un peu meilleures.
De retour à bord, on bricole, on écrit, on lit… Nous repartons dans la journée à Gustavia pour retrouver des copains, profiter un peu d’internet pour travailler et faire un point météo afin de planifier notre itinéraire pour les semaines à venir. En effet, même si les navigations vers les prochaines îles sont plus courtes que celles que nous avons connues jusqu’à présent, il n’est pas toujours simple de trouver le bon créneau météo. Nous souhaitons être le 21 avril à Antigua, ce qui nous oblige à caper à l’est, alors que les îles de Saba et Saint-Eustache sont à l’ouest. Il va falloir faire des choix stratégiques ! Le temps commence à être compté et nous allons sûrement devoir renoncer à certaines destinations envisagées.Read more
J224, Gustavia
Apr 6–8 in Saint Barthélemy ⋅ 🌬 26 °C
Nous avons passé nos derniers jours à explorer Saint-Barthélemy et, on doit bien l’avouer, cette île a de quoi séduire : de superbes plages aux eaux turquoise, des reliefs préservés, des récifs riches, du surf… Bien sûr, il y a aussi l’autre face de la médaille : de larges parties de l’île sont privées, de nombreuses voitures sillonnent les routes et le luxe est en première vitrine. Mais voilà quatre jours que nous y sommes et nous ne sommes pas encore lassés du caillou.
Nous avons profité d’être au mouillage à Gustavia pour aller plonger avec Mathilda et Loïc, deux copains qui travaillent ici. Depuis le mouillage, plusieurs spots de plongée sont accessibles ; nous nous sommes rendus sur celui de Petit îlet. Une plongée de plus d’une heure, entourés de bancs de dizaines de tarpons, de tortues et d’autres poissons. Malheureusement, les superyachts mouillant dans la baie émettent une pollution sonore sous-marine énorme. Le bruit des moteurs, des générateurs et des chaînes est assourdissant. J’ai été gênée tout au long de la plongée, d’autant plus que nous avions écouté récemment un podcast sur l’acoustique marine (Le chant de l'extinction, Arte radio, je recommande !).
Après la plongée, nous sommes montés à bord du bateau de Mathilda et Loïc pour découvrir leur navire en alu, acheté récemment en Guadeloupe. Ils l’ont retapé, car celui-ci avait pris feu avec son ancien propriétaire : un sacré chantier ! Le mouillage de Gustavia est tout sauf confortable ces derniers jours : la houle secoue le bateau et le vent peut souffler fort. Nous avons donc profité de la terre.
Mardi, nous rejoignons les quais de Gustavia. Nous amarrons notre annexe sur le ponton dédié, juste à côté des yachts amarrés dans le petit port prisé de la ville. Les quais sont toujours bien animés, notamment en fin de journée : les gens s’y baladent pour le coucher du soleil, profitent des bars, restaurants et nombreuses boutiques. J’avoue avoir fait du lèche-vitrine devant les vêtements et autres merveilles exposées : c’est chic et joli, mais les prix sont incroyablement élevés (un porte-clés tortue à 90 € !!). Nous avons trouvé notre petit bar, Le Select, qui nous sert des limonades pas trop chères et nous permet de profiter du Wi-Fi. C’est le spot des navigateurs : leur terrasse en est remplie !
Ce mardi, nous partons donc à pied depuis le petit centre-ville. Nous souhaitons nous rendre à Lorient, l’un des autres villages de l’île, pour découvrir un peu plus l’intérieur des terres. Le soleil est bien chaud, nous longeons la route sur laquelle circulent de nombreuses voitures de travail : plombiers, jardiniers, piscinistes, restaurateurs… De quoi satisfaire les clients fortunés et entretenir les belles maisons qui se dessinent sur les pentes de l’île. Nous nous baladons avec notre diable et le petit bidon d’essence que nous devons remplir. Il y a une station-service pour les bateaux ; cependant, lorsqu’on souhaite faire le plein, ils prélèvent une caution de 1 400 € en amont du remplissage pour s’assurer que le client est en mesure de payer. En effet, ici, il n’est pas rare de voir des pleins de superyachts s’élever à plusieurs milliers d’euros : ils ne prennent donc aucun risque de faire un plein à un client qui ne serait pas solvable. De notre côté, nos 10 L d’essence seront remplis à la station-service de Lorient (1,70 €/L).
L’aéroport ne désemplit pas : le trafic aérien est impressionnant. Nous nous arrêtons sur la côte, en face de l’aéroport ; ici, les avions passent à quelques mètres au-dessus de la tête des passants, c’est impressionnant ! Nous continuons notre balade entourés de paysages de carte postale. Et bien que nous longions la route, la promenade est agréable. On se croirait un peu en Méditerranée ou sur la Côte d’Azur. Nous atteignons le village de Lorient et nous passons, tels de grands fans, faire une photo sur la tombe de Johnny Hallyday !
S’ensuit un pique-nique sur la plage, où quelques surfeurs s’amusent dans de petites vagues. Nous aurions aimé avoir nos planches avec nous ; on espère pouvoir profiter de la houle avant notre départ de l’île.
De retour à Gustavia, je travaille de nouveau sur l’asso avant de repartir à bord. Nous changeons de mouillage aujourd’hui : nous partons à 2 milles de là, à Colombier. Cela fait partie du parc naturel, de nombreuses bouées sont à disposition, et le cadre est paradisiaque. Une jolie plage et des paysages arides et isolés. La baie est protégée : on bouge à peine. Après ces quelques jours dans la baie agitée de Gustavia, cela fait du bien. Les tortues sont nombreuses à venir respirer en surface dans l’eau bleue ; le soleil du soir tombe dans l’eau, se confondant avec l’horizon.
Malo nous prépare un apéro flottant : on s’installe dans l’annexe et sur une bouée pour trinquer et profiter du coucher de soleil.
La nuit est dégagée, on cuisine un bon risotto puis on se prépare un lit extérieur pour une nuit à la belle étoile. Dans le carré extérieur du bateau, on regroupe les mousses et les matelas, et nous voilà avec un queen size ! Le grand luxe d’avoir plus de 1,30 m pour dormir à deux.Read more
J222, Île Fourchue
Apr 3–6 in Saint Barthélemy ⋅ ☁️ 26 °C
Ce matin, nous partons pour une plongée à l’ouest de l’île. Le long de la roche, c’est sublime : un récif riche de vie et de couleurs.
Juste après, nous sommes approchés par le bateau du parc naturel, qui vient s’amarrer à nos côtés. Nous échangeons longuement avec les deux gardes sur la biodiversité de la zone. Depuis la mise en place des éco-mouillages (un système d’amarrage avec deux bouées permettant de limiter le ragage des chaînes sur les fonds), les herbiers regagnent du terrain et les tortues recolonisent progressivement le milieu.
Ils nous conseillent de privilégier l’ouest de l’île pour plonger : les autres zones restent belles, mais depuis le passage de Ouragan Irma, les écosystèmes peinent encore à se remettre. L’île est privée, mais il est possible de s’y promener. Nous discutons des différentes mesures de protection ; ils nous remettent de la documentation — leur approche est vraiment intéressante.
Nous pensions faire fonctionner le compresseur pour gonfler nos blocs, mais ils nous indiquent que des sternes nichent non loin et qu’il vaut mieux éviter les nuisances sonores. Message reçu.
Nous prenons ensuite le temps de faire un bon ménage du bateau — il en avait bien besoin. Ce n’est pas toujours facile de se motiver : les mouillages sont souvent un peu agités. Faire la poussière et nettoyer les fonds de cale avec la tête ballottée n’est pas des plus agréables 😅
En fin de journée, nous décidons de gravir le sommet de l’île. Nous déposons l’annexe sur une petite plage de galets où une famille de campeurs profite des lieux. La montée débute au milieu des fameux cactus « tête d’Anglais », reconnaissables à leur sommet rouge, et des agaves aux longues hampes fleuries.
La vue est magnifique. L’ascension est courte mais la fin est abrupte, presque de l’escalade — c’est ludique ! Nous progressons sur la roche poreuse et avons la chance d’observer un bébé sterne encore couvert de son doux duvet blanc et noir. Il nous regarde sans crainte, superbe.
Nous atteignons le sommet : une vue à 360° s’offre à nous, sur Saint-Barthélemy, Saint-Martin et le mouillage.
Saint Barthélémy fait environ 25 km² et compte près de 10 000 habitants. Ancienne colonie française, elle a été cédée à la Suède au XVIIIᵉ siècle avant de redevenir française en 1878. Aujourd’hui, c’est une collectivité d’outre-mer réputée pour son tourisme de luxe, ses paysages et le port de Gustavia.
Nous redescendons puis regagnons notre maison flottante. J’enfourne un pain que j’ai préparé tout au long de la journée pour qu’il lève correctement. Résultat : un succès, une belle miche ! Il m’a fallu du temps pour trouver la bonne recette, mais celle-ci semble parfaite.
Nous profitons de tartines du fameux pain et d'une compotée de chou rouge pour le diner, devant un film.
Le lendemain, dimanche, nous mettons le cap sur Saint-Barthélemy. Avant cela, nous profitons d’un dernier snorkeling. Malo part d’un côté, moi de l’autre. J’observe des requins des Caraïbes et des requins nourrices, d’énormes barracudas, de jolies tortues et une forêt de coraux corne d’élan en bonne santé (ça fait plaisir à voir).
Le retour est sportif : la houle et le courant se sont levés. Je suis bien contente d’avoir mes palmes ! De retour à bord, nous larguons la bouée pour parcourir les 5 milles qui nous séparent de notre destination.
Nous hissons la grand-voile avec deux ris et un peu de génois : le vent est bien établi et les moutons se dessinent à l’horizon. La navigation se déroule sans encombre et nous atteignons la baie de Gustavia. L’arrivée, sous le vent, au milieu des méga-yachts de luxe, est impressionnante — je n’aurais jamais imaginé mettre les pieds ici un jour.
Nous descendons à terre pour découvrir les lieux. Comme nous sommes dimanche, le bureau des formalités est fermé jusqu’à mardi ; nous ferons notre déclaration à ce moment-là.
Les ruelles sont très propres, bordées de maisons aux toits rouges accrochées aux collines. Le front de mer est une véritable vitrine, où sont amarrés d’impressionnants yachts. Nous nous arrêtons dans un petit bar pour profiter du wifi et boire un verre. Ils ont de tout — bière pression et boissons variées — ça faisait longtemps !
De retour à bord, nous retrouvons une baie agitée : vent et houle rendent le mouillage assez remuant. Mais c’est dimanche de Pâques, alors nous organisons une chasse aux œufs à bord ! Les cachettes ne manquent pas sur un bateau.
Alors que nous nous apprêtons à dîner, une annexe s’approche. Surprise : ce sont Mathilda et Loïc, des connaissances de Guadeloupe. Ils sont installés ici depuis quelques mois et travaillent comme jardiniers (environ 4 000 € par mois — il y a pire !).
Ils nous proposent de les rejoindre en ville pour boire un verre. Une fois le dîner terminé, nous les retrouvons dans les petites ruelles pavées. Il y a plus de monde que l’après-midi, principalement des Américains.
Nous sommes ravis de les revoir. Nous discutons de l’ambiance, de la vie sur l’île et de nos projets de voyage. Eux aussi envisagent de partir naviguer une fois leurs économies faites et leur bateau prêt. Nous décidons de planifier une plongée ensemble pour le lendemain !Read more
J220, Île Tintamarre
Apr 2–3 in France ⋅ ⛅ 26 °C
Une fois amarrés sur l’île de Tintamarre, nous découvrons les lieux qui nous entourent.
Nous nous préparons pour une plongée de fin de journée, à l’arrière de l’île, non loin des récifs. Une belle houle nous accompagne ; le mouillage bouge un peu, mais le roulis reste acceptable.
Nous partons pour une heure sous l’eau et avançons au milieu de jolis reliefs sous-marins. Il y a moins de gorgones et de couleurs qu’aux îles Vierges, mais nous restons admiratifs devant les bancs de carangues, gorettes et balistes océaniques. En remontant, nous manquons l’annexe, ce qui nous contraint à une bonne nage de nuit en surface, face au courant et à la houle. Nous arrivons à bord, prêts à dormir 😅
Le lendemain, nous nous réveillons sur une eau turquoise, où de nombreuses tortues viennent respirer tout près de nous. Nous rejoignons l’île à la nage. C’est encore calme ; nous partons explorer ce bout de terre. Le terrain est plat, la végétation sèche. Nous atteignons la plage de coquillages de l’autre côté, qui nous offre une vue sur Saint-Barthélemy ; à droite, les reliefs encore bien visibles de Saint-Martin.
Nous continuons à vagabonder et tombons sur des ruines : un vieil alambic, des abreuvoirs et des murets en pierre corallienne qui délimitent d’anciennes parcelles.
Les vestiges témoignent de l’histoire agricole de Tintamarre. L’île a été exploitée au XIXᵉ siècle pour l’élevage et la culture (notamment le coton). Plus tard, dans les années 1930-1940, Tintamarre a même accueilli une petite piste d’aviation !
Nous sommes seuls sur ces sentiers sauvages. Nous retrouvons ensuite la plage du mouillage, où nous rencontrons des campeurs. Il est possible de venir camper ici, à condition d’avoir fait une demande préalable auprès du parc. Ce week-end, c’est Pâques, et aux Antilles, c’est une grande tradition : on campe sur la plage en famille ou entre amis.
Nous interrogeons les campeurs sur une épave d’avion dont nous avons entendu parler. Elle se situerait non loin de l’ancienne habitation. Nous y retournons et, sous le soleil ardent, nous découvrons la carcasse d’un petit avion, bien abîmée.
Lorsque nous revenons à la plage du mouillage, elle s’est bien remplie ! De nombreux bateaux de touristes viennent passer la journée sur l’île. Nous avons de la chance de pouvoir profiter des lieux presque seuls au monde le soir et tôt le matin (seulement trois bateaux au mouillage).
De retour à bord, nous partons pour une dernière plongée autour de Tintamarre. Nous restons dans notre ambiance « épaves » et descendons à 15 mètres de profondeur, où repose un remorqueur. De grosses langoustes peuplent le fond ; des carangues, des barracudas, et même une tortue passent près de l’hélice de l’épave.
Une fois séchés, et après avoir dégusté une bonne salade fraîche à l’avocat, nous larguons les amarres. Direction Île Fourchue, à 11 milles de là appartenant à ls collectivité de Saint Barthélémy. Nous sommes au près, bien confortables ; le bateau est parfaitement réglé, toutes voiles dehors. Nous atteignons notre destination sous les lumières de fin de journée.
Nous arrivons dans une baie où quelques bouées d’amarrage sont en place. L’ancrage est autorisé pour les bateaux de moins de 10 mètres dans la zone centrale. Nous avons de la chance : une bouée se libère in extremis. Ici, une bouée libre ne le reste jamais bien longtemps !
Nous ne sommes qu’une dizaine de bateaux dans cette belle baie, entourée de reliefs rocheux. À notre gauche se trouve une zone de nidification des fous bruns ; nous entendons leurs cris et observons leur vol élégant lorsqu’ils plongent pour attraper les poissons tant convoités. Les pentes des montagnes sont sèches, parsemées de cactus et d’agaves en fleur.
Nous sommes bercés par le roulis ; le vent forcit, mais nous apprécions notre amarrage. Le cadre est vraiment magnifique et paisible.Read more
J219, Requin marteau à Grand Case
Apr 1–2 in France ⋅ ☀️ 27 °C
Après un dernier café partagé à bord avec nos amis Christophe et Léo, nous quittons la baie de Marigot.
Finalement, nous mettons le cap au nord de Saint-Martin, direction Grand Case. Après réflexion et consultation des amis du coin, nous serons mieux orientés pour nous rendre à Saint-Barthélemy en prenant la route du nord. Notre itinéraire des prochains jours : Grand Case, l’île de Tintamarre (Saint-Martin), l’île de la Fourche (Saint-Barth) et Saint-Barthélemy.
Nous hissons la grand-voile et déroulons le génois ; nous n’avons que quelques milles à parcourir. Nous atteignons dans l’après-midi le Rocher Créole. Cette caye est située à l’entrée de la baie de Grand Case. Elle fait partie de la réserve naturelle de Saint-Martin ; des bouées sont à disposition pour amarrer le bateau et y faire du snorkeling.
Une fois amarrés, nous nous équipons pour une plongée. Nous nageons en surface vers la caye, puis nous descendons. La visibilité est très faible car une houle de nord agite la mer depuis quelques jours. On distingue à peine à deux mètres devant nous. Cela crée une ambiance particulière.
Tout à coup, nous entendons les cliquetis si reconnaissables des dauphins. Il doit y en avoir un tout proche. Nous observons en essayant d’habituer nos yeux à la turbidité. Et là, une grande masse apparaît devant nous : un grand dauphin ! C’est impressionnant. Il se faufile devant nous, nous regarde de ses yeux intelligents puis disparaît. Il nous fait deux apparitions, quelque chose de presque mystique dans cette eau trouble.
Des barracudas passent à côté de nous et quelques poissons se cachent dans les roches. Nous suivons un banc de carangues quand je distingue une grosse queue caractéristique d’un requin. Je regarde Malo, qui me fait de grands yeux en me faisant le signe du « requin marteau » ! Je n’ai pas réussi à distinguer sa tête, je ne peux donc pas confirmer ; difficile d’en être certain, le mystère restera entier… Qui sait, nous avons peut-être croisé la route rare d’un marteau.
En rentrant au bateau, une raie léopard et un requin dormeur nous font le privilège de passer à nos côtés.
De retour à bord, nous sommes un peu perplexes face à cette plongée : nous avons vu de gros animaux, mais quelle ambiance de nager dans ces eaux troubles ! C’est toujours une surprise de découvrir ce qui se cache sous nos pieds.
Nous larguons la bouée afin d’ancrer à quelques mètres de là, dans la baie de Grand Case. La baie est plus petite et moins remplie que sa voisine. Les reliefs de l’île sont magnifiques avec la lumière tombante et les couleurs chatoyantes du soleil.
Nous trouvons notre place et partons à terre. Un ponton à annexes nous accueille directement sur la rue longeant la mer, remplie de bars, de restaurants et de boutiques, principale activité de l’île. De nombreux touristes déambulent, marins et visiteurs venus par les airs. Depuis notre arrivée ici, je suis impressionnée par le trafic aérien : des avions passent sans cesse entre les îles — Anguilla, Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Avions, hélicoptères, jets…
En nous baladant, nous observons des villas, mais aussi des cases plus modestes. La population est très hétéroclite ici, entre les habitants fortunés et les travailleurs moins aisés venus de plusieurs îles des Caraïbes voisines.
Nous prenons un verre dans un bar qui donne sur le mouillage. L’ambiance est sympa !
Le lendemain, nous retournons à terre pour espérer trouver de quoi faire un peu d’eau. Quelques petites averses nous surprennent de temps à autre, mais elles sont de courte durée, pas suffisantes pour remplir le récupérateur d’eau de pluie. Nous prenons donc nos bidons pour demander un accès à l’eau.
Ce n’est pas si simple ici : il n’y a pas d’eau sur l’île, elle provient d’une usine de dessalinisation et n’est donc pas en libre accès. En marchant, je vois un jardinier ; je lui demande, il nous montre l’accès à son robinet : « servez-vous ». Il vient de Dominique. Il travaille dans un restaurant, mais sur ses moments off, c’est lui qui s’occupe des fleurs du coin : bougainvilliers, frangipaniers, manguiers, papayers… Il nous en parle avec amour ; ça lui fait du bien, cela lui rappelle la luxuriance de son île natale, nous dit-il.
Nous le remercions et partons à la recherche d’un spot Wi-Fi : nous devons travailler un peu sur le projet de l’association avant de lever l’ancre.
Après plusieurs tentatives, nous nous installons en bord de quai où une serveuse nous partage sa connexion. Elle est marrante, dans l’ambiance de Saint-Martin : la fête et la détente !
De retour à bord, nous levons les voiles pour prendre le cap de l’île Tintamarre. Elle fait aussi partie de la réserve ; nous avons donc dû faire une demande au parc pour y passer la nuit.
C’est agréable : nous naviguons entre les îles, toujours à vue. Je suis à la barre ; nous sommes au bon plein, le bateau file. C’est agréable de le sentir naviguer en restant concentrée sur mon objectif de destination. Des dauphins nous accompagnent quelques minutes.
Nous approchons de l’île toutes voiles dehors. Une île plate et rocheuse se dessine. Trois bateaux sont à la bouée. Nous nous préparons pour attraper la bouée à la voile, sans moteur. Malo prend la barre, je vais à la proue du bateau avec la gaffe. Concentrée… ça y est, j’attrape l’anneau de la bouée et, au plus vite, je passe l’amarre.
Ça y est, nous y sommes arrivés ! Une belle arrivée à la voile.Read more
J218, Sur le sommet de Saint Martin
March 31 in Saint Martin ⋅ 🌬 25 °C
Ce matin, nous partons pour gravir le point le plus haut de l’île, le Pic Paradis. Baskets aux pieds, nous montons dans l’annexe : la houle s’est bien levée aujourd’hui. Nous passons sous le pont-levis qui sépare la mer du lagon intérieur. Il y a deux ponts : un côté français, un côté hollandais.
Plusieurs bateaux mouillent dans le lagon, plus protégés que sur la mer. De beaux bateaux, mais aussi certains proches de l’épave : il y a une vraie communauté de marins ici. Il y a plein de pontons à annexes dans toute la zone, c’est agréable.
Le lagon de Saint-Martin ressemble presque comme une petite mer intérieure. L’ambiance est marine : des stations services en bord de rive, une épicerie ou les marins boivent un café (ou une bière), un magasin d'outillage ...
Nous laissons notre annexe dans le centre de la marina, juste à côté de la boulangerie où nous achetons un pain au chocolat — ça fait longtemps !
Nous débutons notre marche : nous devons parcourir quelques kilomètres avant l’entrée d’un sentier. Ce n’est pas une île pensée pour les piétons, on le sent très vite avec les embouteillages du matin et du soir qui encombrent les routes. La cohue de la ville ne m’avait pas manqué ! Mais ça fait partie de la découverte des lieux : on découvre les rues commerçantes, la vie quotidienne, les plaques d’immatriculation françaises et hollandaises, les enseignes anglaises, françaises et créoles…
Finalement, après une bonne heure à marcher le long de la route dans les pots d’échappement, nous parvenons au début du sentier… mais malheureusement il est privé, barricadé avec un gros portail. Notre application de randonnée n’est pas toujours au point !
Heureusement, une voiture sort d’une maison environnante : c’est une jeune infirmière qui fait sa tournée à domicile. On lui demande quelques infos : elle sait qu’il y a une route qui mène au sommet du Pic Paradis, mais c’est plus loin. On la remercie, elle repart… mais deux minutes après, elle fait demi-tour et nous propose de nous y amener : c’est sur sa route ! Trop sympa, on accepte. Elle nous dépose donc au point de départ.
C’est une grande route : soit il y a un sentier qui ramène au restaurant situé en contrebas (où il faut payer 10 €), soit on monte directement par la route. On choisit la route… et ça monte très fort ! 400 mètres de dénivelé sur une route bétonnée sous le soleil, ça chauffe. Mais le paysage est beau : nous avons une vue sur la mer et les reliefs de l’île.
Nous terminons la montée par un sentier où l’on rencontre un Guadeloupéen très sympa, cordiste, qui repeint l’antenne située au sommet. Perchés en haut, on aperçoit les îles environnantes : Tintamarre, Fourchue, Saint-Barthélemy, Saba, Saint-Kitts… Nos prochaines destinations !
Nous décidons de redescendre par le sentier du restaurant. Ni vu ni connu, un peu en mode pirates, nous arrivons en bas gratuitement. C’est un beau lieu où restaurant, piscine et parc de loisirs s’entrecroisent. On essaie d’aller à la piscine, mais il faut obligatoirement une chaise longue (et il n’y en a plus de disponibles). Sinon, la dame nous propose une petite cabane à 90 € l’entrée… on refuse de payer si cher pour un bain !
À la place, nous nous faisons plaisir au restaurant. On se régale après nos 10 km, et il faut bien l’avouer : le lieu est très sympa.
Pour le retour, nous ne sommes pas trop motivés à marcher le long de la route, alors on fait du stop. Nous sommes pris très rapidement par un monsieur qui habite non loin de là.
Sur le chemin du retour, nous faisons quelques courses au supermarché (il y a un Super U !) et nous partons en quête d’un barbier. Malo est confronté aux prix du marché : 28 € la coupe… ça change de Cuba ! Il va attendre encore un peu 😅
De retour à bord de Noam, Malo s’attaque à une énième réparation de l’annexe. Pendant ce temps, je travaille sur le projet de l’association : nous avons eu des retours positifs de l’Office français de la biodiversité, il n’y a plus qu’à monter un dossier solide.
Le soir, place au mont d’or : nous continuons sur notre journée “montagne” après avoir gravi les sommets ! On se régale de fromage sur nos pommes de terre, un vrai plaisir.
Demain, nous levons le camp pour partir vers le nord de Saint-Martin. Nous avons décidé d’aller découvrir quelques mouillages pour plonger autour de l’île, avant de rejoindre Saint-Barthélemy puis Saba.Read more
J217, Saint Martin
March 30 in Saint Martin ⋅ 🌬 25 °C
Nous contournons Anegada afin d’atteindre le bon angle pour caper en un seul bord vers Saint-Martin. Nous avons un peu plus de 90 milles à parcourir. Si tout se passe bien, nous devrions arriver dans la nuit. Nous hissons la grand-voile et déroulons le génois : la mer est calme et plate. C’est agréable, nous naviguons au près serré / petit travers. Nous choisissons de caper légèrement plus au nord afin de conserver une marge à l’arrivée et pouvoir abattre si nécessaire.
Les îles Vierges britanniques s’éloignent progressivement. L’eau, d’un bleu profond, nous sert sa dose de sargasses. Malgré sa volonté de pêcher, Malo fait chou blanc : les algues s’enroulent autour du leurre. Progressivement, nous réduisons la toile : un ris, installation du foc, deux ris, puis on affale le foc, on remet le génois et on prend un ris dans celui-ci. Nous espérons ainsi anticiper le coup de vent prévu vers 20h.
Nous continuons notre route. Je regarde le filet de légumes se balancer au-dessus de nous, au rythme de la houle de travers qui monte. Une aubergine commence à fatiguer : ce sera l’occasion de la cuisiner. Je me motive — aubergine, oignon, un peu de sauce tomate et du parmesan en couches, et hop au four ! Une demi-heure plus tard, le plat sort fumant, parfait pour nous rassasier.
Nous restons sur une allure de près confortable. L’écume blanche suit le sillage du bateau qui siffle dans le vent. Nous avançons à 4,5 nœuds de moyenne. La nuit s’organise : Malo prend le quart de 22h à 00h, moi de 00h à 2h, puis lui de 2h à 4h, et nous terminons ensemble pour une arrivée prévue vers 5h. Les quarts se passent tranquillement, avec quelques réglages de voiles. La lune croissante, haute dans le ciel, nous éclaire.
Ça y est : au loin, nous distinguons les lumières de la terre : Antigua sur bâbord, Saint-Martin sur tribord.
À 4h30, nous entrons dans la baie de Marigot, vaste plan d’eau où nous allons mouiller. Nous sommes accueillis par des centaines de lumières indiquant les nombreux bateaux présents. L’île est elle aussi très éclairée : la pollution lumineuse est bien présente ! Mais nous sommes surtout heureux d’arriver. Nous nous faufilons entre les bateaux et ancrons sur une bonne zone de sable. Nous rangeons les bouts et les voiles, puis partons dormir.
Au petit jour, nous découvrons le mouillage : il y a du monde dans cette grande baie, de nombreux bateaux sont à l’ancre autour de nous. Nous rangeons le foc et le bateau.
La houle est bien présente dans la baie comme le prévoyais la météo. Nous partons malgré tout en annexe vers la terre — et arrivons quelque peu trempés sur un ponton à annexes bien rempli !
Affamés, nous décidons de nous offrir un bon restaurant français. Quoi de mieux qu’une crêperie ? Nous trouvons Ti Breizh, parfaitement adaptée à l’occasion. C’est très étrange d’entendre et de parler à nouveau français avec les commerçants, presque irréel après ces semaines en milieu anglophone.on se régale d'une galette et d'une bolée de cidre 🥰
Nous nous baladons dans les ruelles commerçantes et montons jusqu’au Fort Louis, qui surplombe la baie.
De là-haut, nous observons le lagon qui occupe une bonne moitié de l’île. Nous distinguons aussi la partie hollandaise, avec le célèbre aéroport, où les avions passent au ras de la plage. Les ruelles sont animés, de jolis boutiques mais aussi plusieurs locaux vetustes et abandonnés. Les gens parlent français, anglais mais nous retrouvons aussi le créole.
Saint-Martin est une île particulière : elle est partagée entre deux nations depuis le XVIIᵉ siècle. En 1648, après le départ des Espagnols, Français et Néerlandais se répartissent pacifiquement l’île lors du traité du Mont Concordia. Aujourd’hui encore, cette frontière est l’une des plus petites au monde séparant deux États. La partie nord, française, constitue une collectivité d’outre-mer, tandis que la partie sud, Sint Maarten, est un pays constitutif du royaume des Pays-Bas. L’île compte environ 75 000 habitants au total, avec une population très cosmopolite, mêlant influences européennes, caribéennes et internationales.
Nous allons ensuite effectuer nos démarches d’entrée auprès des autorités portuaires, où nous payons une trentaine d’euros (nous apprendrons plus tard que ce n’était pas nécessaire…). Nous poursuivons notre exploration, retrouvant avec plaisir certains incontournables français : boutiques de fromages et caves à vin ! On doit bien l'avouer ça nous a un peu manqué.
En rentrant à bord, nous croisons nos amis rencontrés en République dominicaine, Christophe et Léo, présents ici depuis une semaine. Ils vont dîner chez des voisins de mouillage sur leur catamaran. Nous nous disons que nous nous verrons le lendemain, mais en passant, Bruno et Véronique — le couple français chez qui ils sont invités — nous interpellent : « Pas de problème, venez aussi ! »
Nous avions prévu une soirée tranquille, fromage fondu et vin blanc, mais nous nous adaptons : allons dîner chez ces voisins encore inconnus ! La soirée est belle, faite de discussions sur les voyages, les projets, la plongée et la photographie. Nous partageons du fromage sur une baguette et un bon verre de rouge, un délice qu'on avait prpesque oublié. La spontanéité qu’offre la vie en bateau est précieuse.Read more
J216, Cap sur Saint Martin
Mar 28–29 in British Virgin Islands ⋅ ⛅ 25 °C
Ce matin, Malo va chercher Wanda pour partir plonger. C’est sa première plongée !
Je reste à bord pour commencer tranquillement à préparer le bateau pour la navigation des jours à venir. On a le privilège de pouvoir faire une machine à laver chez nos voisins de mouillage — un luxe !
Après une heure, Malo revient à bord. Tout s’est bien passé, Wanda a adoré son immersion ✨️🪸 Ça ne m’étonne pas, elle a dû être émerveillée. C’est un privilège de pouvoir rester longtemps admirer ces couleurs et cette vie sous-marine.
À mon tour de rejoindre Yasmine pour l’amener sous l’eau. On part sur le même spot, à la pointe de l’île. C’est sa deuxième plongée, elle se débrouille super bien. On barbotte pendant une petite heure, on observe même une tortue.
Tout le monde est content de son moment aquatique ! Les îles Vierges auront été pour nous une belle révélation sous-marine. Nous n’aurons finalement pas tant que ça exploré la terre, mais nous étions si bien sur l’eau… et de toute façon, le standing des vacances terrestres des BVI ne semble pas être dans notre budget 😅
Nous rinçons le matériel de plongée et préparons le bateau. Les Blue Moana arrivent pour nous dire au revoir et nous remercier de ces moments partagés. On espère réussir à se retrouver le 21 avril pour un concert à Antigua ! En espérant que les étoiles soient alignées. De nouveaux au revoir, mais à présent nous sommes certains de nous revoir ici ou ailleurs : les liens sont créés. Nous sommes reconnaissants de les avoir croisés sur notre chemin !
Eux partent pour l’aéroport, où de la famille vient les rejoindre pour passer encore quelques temps ici. Nous, nous levons les voiles pour le nord. Cap sur Anegada, dernière île des îles Vierges.
Nous partons sous un ciel gris. Nous hissons la grand-voile et mettons un appui moteur. Nous parcourons les 15 milles nautiques qui nous séparent de l’île. Nous jetons l’ancre dans un cadre paradisiaque : l’eau est un peu moins turquoise, mais le sable blanc et les épineux bordent la plage. Ça nous fait penser à la plage de Cayo Largo, à Cuba.
Nous allons profiter du coucher de soleil à terre. L’île est parsemée de chemins de sable. On nous a dit que la tendance ici était de barouder sur ces sentiers en quad… Le cadre est joli, calme. Nous profitons d’un dernier cocktail dans un petit bar cosy et nous nous offrons même le luxe d’une petite langouste panée en apéritif. Les langoustes sont nombreuses ici, et pourtant nous sommes restés raisonnables cette fois-ci : Malo n’en a pas pêché une seule !
De retour à bord, Malo nous cuisine un bon dîner : pommes de terre sautées et poisson frais. Nous préparons le bateau pour la navigation du lendemain. Nous serons au près, le vent nous viendra sur bâbord. On remonte l’annexe, cale les différents éléments… Nous ne tardons pas à aller dormir.
À 7h, le réveil sonne sur un mouillage super calme. Nous prenons le dernier point météo. Le vent est nord-est. Le fait d’être remontés à Anegada nous permet d’avoir un bon cap pour faire route directe vers Saint-Martin, à l’anse Martigot. Nous avons un vent moyen prévu à 16 nœuds, avec un pic à 20 nœuds vers 20h. Nous avons préparé le foc pour s’assurer d’être bien gréés en cas de coup de vent. La houle est de 1,5 m, pas de grains prévus. On va bien pencher, mais ça devrait aller.
Fin prêts, nous hissons la grand-voile au mouillage, levons l’ancre et c’est parti !
Dimanche 29 mars, 8h30, top départ ✨️⛵️Read more
J215, Cabottage et plongées
Mar 24–27 in British Virgin Islands ⋅ ⛅ 26 °C
Nos derniers jours se sont rythmés au gré de la houle, entre plongées et navigations dans ces îles aux reliefs et aux pierres imposantes.
Mercredi, après une première nuit à Salt Island, le soleil éclaire un ciel d’un bleu éclatant.
Nous passons une partie de la matinée à travailler sur le projet que nous souhaitons mener avec l’association : la conception d’une exposition photo ainsi qu’un guide de bonnes pratiques à destination des plaisanciers. Un gros chantier. On fera au mieux selon nos moyens ! Nous prévoyons une réunion avec Élise et Léa jeudi pour discuter de tout ça.
Les Blue Moana, non loin de nous, partent en snorkeling matinal. J’adore cette vie de voisinage 🥰
L’après-midi, nous nous préparons pour aller plonger sur l’épave du RMS Rhone. Ce bateau en acier, long de 100 m, s’est échoué lors d’un ouragan en 1967. C’était un navire très moderne pour l’époque, à vapeur et équipé de deux grands mâts. Lors de la tempête, il s’est rompu en deux : une première partie repose à presque 30 mètres, l’autre est moins profonde.
Wanda et Joanne nous suivent de près avec leur annexe pour observer les restes du géant d’acier en apnée. Ça y est, nous y sommes : plusieurs bouées sont disposées autour de l’épave. Une annexe venant d’un gros trimaran est à côté de nous. Le barreur nous indique la bouée idéale pour nous immerger.
Allez, c’est parti ! On met les blocs à l’eau, sac sur le dos. On se regarde, pouce vers le bas : « on descend ! »
Nous découvrons rapidement le squelette du bateau, construit en Angleterre il y a plus d’un siècle. C’est incroyable : on distingue encore l’hélice, les hublots, la coque… La vie s’est installée dans chaque recoin — la nature nous survivra. Des éponges rouges et orange tapissent les parois. Un colas me suit toute la plongée, comme un guide. Gorgones et coraux noirs dansent doucement.
Plusieurs thazards filent au-dessus de nos têtes, comme pressés. Le crépitement du récif me fait toujours du bien : la vie suit son cours. Les arches et reliefs rythment notre exploration. Au-dessus de nous, Joanne et Wanda évoluent en surface. Joanne, en apnée, descend à notre niveau pour observer les fonds.
Un diodon (poisson-globe) nage avec ses grands yeux globuleux — l’innocence incarnée.
En remontant à l’annexe, nous nous agrippons au bout d’amarrage pour effectuer nos 3 minutes de palier à 5 mètres. À ce moment-là, un majestueux banc de carangues franches nous entoure. Malo se retrouve enveloppé par ces centaines de poissons évoluant dans une synchronisation parfaite… c’est magique.
Ravis, nous retrouvons les filles en surface, elles aussi enchantées.
« Olivier est aux fourneaux, ce soir c’est soirée pizza ! Ça vous dit ? »
Bien sûr !!
Avant ça, nous profitons d’une balade au coucher du soleil sur les hauteurs de l’île. La végétation est aride et les pentes abruptes. Une lagune dessine le centre de l’île. Une maison en ruine repose sur la plage, sûrement encore marquée par Irma. On s’étonne qu’il n’y ait eu aucune reconstruction.
Nous arrivons pour le dîner à bord du Blue Moana. Miam, on se régale ! Olivier a pétri la pâte et garni les pizzas. La table ne désemplit pas, c’est délicieux. Repus, nous rentrons à bord. Demain, nous partons pour Cooper Island. Les Blue, eux, montent plus au nord. On se donne rendez-vous vendredi à Virgin Gorda. À très vite !
Nous levons l’ancre pour Cooper Island et prenons une bouée. Malo s’affaire à gonfler les blocs : il gère cette étape, c’est une préparation. Au pied de mât : vérifier les niveaux, brancher les bouteilles, lancer la machine, surveiller les pressions…
Une fois prêts, nous choisissons un spot sur la pointe sud de l’île. Après un trajet en annexe — Guy tient encore le coup malgré son état — nous arrivons à la bouée.
« Tu as ton ordinateur de plongée ? »
Oups… demi-tour. La sécurité !
Nous repartons ensuite et plongeons sur un joli récif. Rapidement, la vie apparaît : poissons-papillons, carangues, puis deux barracudas s’approchent… impressionnants avec leurs dents visibles. Ils finissent par repartir.
Plus loin, deux requins gris de récif viennent nous observer, curieux, suivis d’une raie majestueuse. Ils savent que nous sommes là, bruyants avec nos bulles, mais restent intrigués. Nous sommes chanceux.
Après plusieurs plongées, une de nuit notamment, nous explorons aussi "l’allée des épaves = wreck alley" : quatre épaves reposant sur un fond sableux à 30 mètres. Encore une plongée magnifique.
En fin de journée, nous mettons le cap sur Ginger Island. Voiles dehors, nous longeons les falaises — impressionnant. Malo pêche : un barracuda (relâché), puis un thazard qui parvient à s'échapper … et enfin un beau thazard franc !
La nuit au mouillage est sportive : ça tangue, ça gîte… ça va être difficile de dormir. Une dernière plongée nocturne nous offre un spectacle incroyable : éponges colorées, langoustes, bancs de tarpons… Malo attrape un mal de mer cumulé a la fatigue des plongée accumulées, vite le lit !
Le lendemain, Malo est remis sur pied. Direction Virgin Gorda.
En arrivant nous découvrons les Baths : d’immenses granits arrondis, entassés les uns sur les autres, comme si un géant les avait déposés là. Ça me fait penser à des rochers bretons… mais plongés dans un décor tropical.
Nous mangeons à bord puis allons à terre pour effectuer les formalités de sortie. Une belle fenêtre météo s’ouvre pour rejoindre Saint-Martin dimanche.
Après un peu d’attente (et toujours peu d’amabilité côté immigration), nous obtenons enfin notre sortie.
Nous rejoignons Long Bay, près des Blue Moana. Ce soir : dîner de poisson frais ! Malo fait mariner le thazard, grillé au barbecue. Je prépare un gratin de légumes, Joanne un riz coco, et les filles une mousse au chocolat. Meilleur qu’au restaurant !
Le lendemain, nous prévoyons de faire plonger Yasmine et Wanda avant de partir pour Anegada et pour Saint Martin dimanche matin.Read more
J211, Requin et épave de pirate
Mar 21–23 in British Virgin Islands ⋅ 🌙 26 °C
Le lendemain, nous larguons les amarres de Little Harbour, magnifique baie, pour mettre le cap au sud de l’île. Nous voulons plonger sur un site à son extrémité : Shark Point. Nous mouillons le bateau sur une langue de sable, puis nous nous installons dans l’annexe avec tout le matériel (cette vieille annexe tient comme elle peut, mais il faut écoper à bon rythme pour ne pas couler !).
Nous nous amarrons à une bouée, Malo s’immerge et s’exclame aussitôt : « whaou, c’est magnifique ! ». Nous sommes entourés de centaines de varangues et d’agoutis, des bancs entiers virevoltent autour de nous. Je m’empresse de le rejoindre, et c’est parti pour une heure de magie.
À la pointe sud de l’île, la roche dessinée en surface se reflète dans les reliefs sous-marins, où se cachent poissons et crustacés. L’eau claire nous offre une visibilité d’une vingtaine de mètres. Nous observons des varangues plume, des carangues gros yeux, des bourses qui jouent devant l’objectif, et deux beaux requins des Caraïbes qui nous observent de loin. Un spectacle : on se croirait dans un aquarium.
Nous tombons sur un casier dans lequel un malheureux requin dormeur s’est retrouvé piégé. Le pêcheur, ne l’ayant pas relevé assez tôt, a laissé mourir le bel animal, désormais impropre à la consommation… Ça fait mal au cœur. Plus loin, un second casier retient deux belles langoustes, sans doute du même pêcheur. L’une d’elles est pleine d’œufs : il n’en faut pas plus pour convaincre Malo de les relâcher. Il ouvre le casier, se débat un peu avec les deux crustacés, mais parvient à les libérer. Elles repartent se cacher dans les cailles environnantes : la B.A. de la journée !
Nous terminons cette plongée émerveillés, remontons à bord de Noam, et grignotons un sandwich avec du pain maison (un régal !) avant de lever à nouveau l’ancre pour aller mouiller un peu plus au nord, à Key Bay.
À notre arrivée, des navigateurs font un beau feu sur la plage. Deux catamarans sont amarrés près de nous, ainsi qu’un gros yacht de luxe : le paysage typique de ces îles. Nous nous préparons pour une plongée de nuit !
Nous allons plonger sur l’épave du Willy T Wreck, un bateau coulé volontairement par l’association Beyond the Reef, qui crée des récifs artificiels. Ce navire avait été gravement endommagé lors du passage de l’ouragan Irma en 2017, qui a dévasté les îles Vierges britanniques, détruisant une grande partie des infrastructures et marquant durablement l’archipel. Il a ensuite été dépollué, redécoré en épave pirate, puis immergé. Nous avons hâte de découvrir cela.
Je râle un peu à l’idée de me mettre à l’eau — je deviens vraiment frileuse ! — mais une fois dedans, la magie opère. La nuit nous entoure et le faisceau de nos lampes nous guide. Nous nous amarrons à une bouée du site et tombons rapidement sur un premier squelette métallique, déjà colonisé par la vie.
L’épave a été pensée pour accueillir poissons, éponges, gorgones et autres espèces. Les éponges rouges et orange, les poissons-perroquets aux couleurs arc-en-ciel dorment dans les cages thoraciques des pirates… Un décor hors du commun ! On s’amuse à se promener entre le capitaine, l’homme de ménage, le pirate endormi dans son hamac…
Nous terminons la plongée en observant le récif voisin. Lors de notre palier de décompression, accrochés au bout de la bouée, le zooplancton fourmille dans la lumière de nos lampes, attirant de gros tarpons aux écailles argentées. Soudain, je tourne la tête : une énorme raie léopard nage majestueusement à quelques mètres de nous. Nous la suivons un instant… magique.
Nous remontons à bord, ravis, prêts à dormir.
Le lendemain, je profite de la plage accessible en paddle pour une séance de yoga. Après un café avalé, nous levons l’ancre pour rejoindre l’île de Tortola, à Road Town, la capitale des îles Vierges britanniques, petit centre administratif et portuaire animé, point d’entrée principal de l’archipel.
Nous devons faire les pleins : essence, gaz, eau. Toutes voiles dehors, nous avançons sous un ciel nuageux mais avec un vent favorable. Le plan d’eau est un véritable terrain de jeu entre les îles. De nombreux voiliers tirent des bords : le paysage est superbe.
Nous atteignons le port en longeant deux immenses paquebots de croisière, impressionnants. Alors que je suis à la proue, j’aperçois un aileron : « un dauphin ! ». En fait, c’est une femelle et son petit, à peine âgé de quelques semaines. Ils jouent le long du bateau, spectacle incroyable.
Après cette belle rencontre, nous nous amarrons au ponton à essence et attendons qu’un énorme catamaran (80 pieds) termine de remplir ses cuves (plus de 4 000 litres de diesel tout de même !). Une fois les pleins faits (6,30 $/gallon de diesel, 0,25 $/gallon d’eau), nous repartons mouiller non loin de là.
Le ciel finit par tenir sa promesse : la pluie s’abat sur nous ! On se réfugie à l’intérieur. Nous assistons à une réunion pour un appel à projet intéressant pour développer les actions de Vag’abond. Cela pourrait nous permettre d’obtenir un bon budget pour créer une exposition valorisant la biodiversité sous-marine des Caraïbes. Réponse dans moins de quinze jours : il ne va pas falloir chômer !
Une fois terminé, nous partons à terre pour remplir les bouteilles de gaz et faire quelques courses. Nous retrouvons la ville : voitures rapides, enfants en uniforme scolaire, policiers au képi brillant. Le supermarché est grand, bien achalandé, comme en Europe… et les prix aussi ! On essaie de rester raisonnables, surtout fruits et légumes.
Nous cherchons aussi une annexe à vendre — une petite comme la nôtre, ça ne court pas les rues. Il faudra continuer les recherches.
De retour à bord, nous rangeons rapidement les courses et levons l’ancre. Cap sur Salt Island, à quelques milles. Nous naviguons au près, dans un vent confortable, toutes voiles dehors : c’est magnifique.
Nous sortons de l’anse en même temps qu’un paquebot de croisière — impressionnant. Malo décide de pêcher. À mi-chemin, la canne plie : après quelques efforts, il remonte un magnifique thazard ! Trop contents (même pas le temps de prendre une photo dans l’excitation !).
Nous atteignons le mouillage, où se trouve un seul bateau : nos amis du Blue Moana. Malo appelle Olivier : « on a ramené le dîner ! Barbecue ! ».
Une fois ancrés, Malo prépare le poisson, moi les légumes. Nous dégustons ce festin à bord de nos voisins préférés. Wanda a préparé une soupe de courge : parfait. Un repas délicieux !Read more
J209, 30 printemps !
Mar 20–21 in British Virgin Islands ⋅ 🌙 25 °C
Ce matin, à la sortie du bateau, j’ai la surprise de voir des banderoles « Happy Birthday » installées de part et d’autre sur les bateaux voisins. Ça me touche : les voisins de mouillage ont eu une jolie pensée !
De plus, à mon réveil, j’ai eu la joie de regarder plein de vidéos des copains et de la famille que Malo a recueillies pour l’occasion. Je suis émue. Ce n’est pas toujours facile d’être loin, alors voir des visages familiers et remplis d’amour, ça réchauffe le cœur. Merci ! 🩵
Malo m’embarque pour un snorkeling en sautant du bateau. L’eau claire nous ravit avec ses nombreuses tortues auxquelles s’accrochent des rémoras. Ils utilisent la tortue comme un taxi ! Les tortues ne sont pas du tout sauvages ; elles sont baguées, sûrement par le parc des îles Vierges britanniques. Des poissons-coffres trifouillent le sable et quelques pagres passent non loin de nous.
De retour à bord, je reçois quelques appels de copains, jusqu’à ce que Malo me fasse signe : nous sommes attendus chez les Blue Moana. Nous montons dans l’annexe et sommes accueillis chez les copains. Ils m’ont organisé un super brunch d’anniversaire, c’est magnifique. Je suis gâtée : une sublime carte faite par leurs soins, de jolis chouchous et un bandeau pour les cheveux. Malo m’offre des boucles d’oreilles et un pantalon, je suis gâtée !
L’après-midi, tous les copains de mouillage partent pour une belle chasse, avec pour objectif de ramener de quoi préparer le dîner d’anniversaire pour un barbecue sur la plage. Je décide de rester un peu tranquille au bateau. Je prends le temps de répondre aux appels et d’écrire aux différentes personnes qui m’ont envoyé des pensées. J’ai du mal à me rendre compte de ces années qui passent. Je suis chanceuse d’être ici, sur l’eau, dans un cadre idyllique. Bien sûr, cette nouvelle dizaine a quelque chose d’assez vertigineux : 30 ans ! Je ne me rends pas compte, j’ai l’impression que ça ne m’arriverait jamais, ahah… mais finalement, rien ne change : ce n’est qu’un jour de plus, non ?
Je profite d’un tour en paddle dans l’après-midi, puis d’un snorkeling : les fonds sont très beaux. Il faut quand même rester vigilant, car il y a du monde sur le plan d’eau, entre les catamarans, les foils et les bateaux électriques…
De retour à bord, j’observe les annexes des chasseurs revenir de leur escapade. Malo et Joanne ont attrapé trois belles langoustes ! Malo m’explique qu’il a loupé un tazard, un peu déçu, mais des langoustes d’anniversaire, c’est parfait.
Nous commençons à préparer le nécessaire pour faire un beau barbecue. Les trois bateaux voisins font de même, tous conviés à la fête. En début de soirée, nous atteignons la plage. Olivier et Malo se chargent de lancer un beau feu : la végétation sèche et aride est parfaite pour cela. Petit à petit, tout le monde arrive. C’est beau : une belle table couverte de mets ramenés par chacun, un beau feu (qui nous enfume un peu !!), des langoustes sur le grill…
J’ai droit à de jolies attentions de tout le monde : trois jolis galets peints de la part des trois petites filles de Séverin et Erell, un livre de la part de Christophe et Léo. On écoute de la musique, on discute, on mange les langoustes grillées au feu de bois. Malo sabre le champagne pour l’occasion, avant que je souffle mes bougies sur un magnifique tiramisu. Il n’en est que meilleur, car nous nous sommes couchés à une heure la veille pour le préparer : à battre les blancs en neige à la main !
La soirée se termine en dansant sur la Compagnie Créole, de la bachata et de la musique bretonne. Nous rentrons, le sourire aux lèvres, chacun à bord de nos bateaux.
Le lendemain, on ouvre les yeux (un peu fatigués, on doit bien l’avouer !). Les deux bateaux voisins sont partis, il ne reste que les Blue Moana. On émerge tranquillement. Je me lance dans la fabrication d’un pain maison avant de me rendre à bord des Blue Moana. J’avais offert à Wanda, pour son anniversaire, un atelier pour faire une suspension en macramé : c’est le moment ! Atelier créatif cet après-midi.
Malo s’arme de son appareil photo pour photographier tortues et rémoras. Demain, nous changeons de mouillage, cap sur le sud de l’île !Read more
J208, Sous l'eau des BVI
Mar 18–19 in British Virgin Islands ⋅ 🌬 27 °C
Le lendemain, nous émergeons de nos rêves… pour mieux nous ré-immerger dans l’eau ! Nous sommes juste à côté d’un spot de plongée référencé. Nous allons donc amarrer l’annexe à une bouée spécialement installée pour la plongée, et c’est parti.
Nous descendons à une quinzaine de mètres : c’est magnifique. L’eau est claire, des reliefs sous-marins se dessinent devant nous. De nombreuses gorgones et des éponges violettes dansent, et nous apercevons une tortue verte remonter à la surface dans le reflet des rayons du soleil du matin.
Au bout d’une heure sous l’eau, il est temps de remonter. Nous hissons l’équipement à bord et savourons un bon brunch. Les Blue Moana sont partis mouiller à Peter Island, plus à l’est. Nous les retrouverons ce soir.
Mais avant cela, nous nous rendons à un mille de là, sur le site de plongée The Indians. Très réputé pour le snorkeling et la plongée, cet ensemble de gros rochers abrite une belle diversité marine. Nous réussissons à trouver une bouée, par chance, car elles sont très convoitées.
Nous nous équipons et partons pour notre deuxième plongée de la journée, directement depuis la jupe arrière du bateau : le bonheur. Là encore, nous sommes comblés. De superbes couleurs se déploient sous nos yeux. Nous observons même un corail cierge, malheureusement disparu en Guadeloupe. Nous retrouvons aussi des monnaies caraïbes, ces petits mollusques finement dessinés que nous n’avions presque plus vus depuis Bonaire. Une langouste, en garde, les pinces en avant nous observe, des poissons ange danse autour des barbarins et un barracuda nous regarde avec un hameçon malheureusement accroché à sa bouche.
Des étoiles plein les yeux, nous remontons à bord et larguons les amarres. Nous mettons le cap sur Little Harbour, une baie de Peter Island. Olivier nous confirme à la VHF qu’il y a une place pour nous.
En effet, la particularité de cette baie est qu’il faut mouiller par l’arrière : on jette l’ancre à l’avant et on accroche une longue amarre à la roche, à l’arrière, côté plage. Les places sont donc limitées. Nous découvrons ce coin de paradis, toujours baigné de splendides teintes de bleu.
De nombreux bateaux occupent la baie, en majorité des catamarans, mais l’ambiance est détendue. Ce sont des vacances dans les vacances : des paddles et des foils circulent entre les bateaux, les gens se prélassent à bord ou explorent les fonds en palmes et masque.
Après quelques ajustements pour peaufiner la manœuvre et trouver le bon montage, ça y est : nous sommes amarrés à côté des Blue Moana. Ainsi attachés, nous ne bougeons plus : c’est royal !
En observant les deux bateaux côte à côte, Malo ne tarde pas à avoir des idées, vite rejoint par son acolyte de jeux, Joanne. Tous les deux commencent à imaginer un système de balançoire entre les bateaux grâce aux drisses de spi. Peu à peu, Olivier, Christophe, Yasmine et Léo se prennent aussi au jeu : une réflexion collective s’engage pour créer un véritable parc d’attractions aquatique.
Avec Wanda, nous décidons de partir explorer l’île. Nous empruntons un sentier qui nous mène sur la crête. La végétation est aride, sèche et piquante. Nous apercevons quelques cabris sauvages dévaler les pentes, parfaitement à l’aise dans leur environnement.
Au fil de notre marche, nous croisons plusieurs ruines de maisons. On imagine qu’elles ont été détruites par un ouragan ou une tempête : les constructions ne semblent pas si anciennes, mais les toits ont disparu.
Nous rentrons au bateau avec une vue plongeante sur nos embarcations dans l’eau turquoise. Le parc d’attractions a pris forme : les paddles sont gonflés et un pare-battage est suspendu entre Blue Moana et Noam pour servir de balançoire. L’annexe de Christophe est utilisée pour tracter la planche de kite de Joanne, transformée en wakeboard.
Nous demandons à tester la balançoire aérienne avec Wanda entre les deux bateaux : très amusant !
Le soir, nous sommes invités pour l’apéritif chez Christophe, qui convie également un bateau voisin. Ce sont aussi des Français : un couple de Normands avec leurs trois petites filles, à bord d’un Bénéteau de 40 pieds.
Les quatre annexes sont amarrées à l’arrière, tout le monde est installé autour de la table, de quoi grignoter et partager un verre. Pour l’occasion, Christophe a même sorti des pics à olives, chacun décoré d’un drapeau breton : le chauvinisme, quand tu nous tiens !
Demain, j’invite tout le monde pour fêter mon anniversaire : barbecue sur la plage.
Aaah, je vais avoir 30 ans…Read more
J207, Sous spi à Norman Island !
Mar 17–18 in British Virgin Islands ⋅ 🌬 26 °C
Nous levons l’ancre de Jost Van Dyke en direction de Tortola, l’île principale des îles Vierges britanniques. Le vent d’est souffle toujours ; nous mettons deux ris dans la grand-voile et déroulons un peu de génois afin de parcourir les cinq milles nautiques qui nous séparent de l’île.
Nous empruntons le chenal pour accéder à la baie en même temps qu’un superbe voilier de luxe de plus de 30 mètres. C’est un spectacle : il tire des bords serrés juste devant nous. C’est sublime, avec les îles vallonnées en arrière-plan.
Nous découvrons une baie assez chargée, avec des bouées d’amarrage : les rouges sont réservées en ligne (50 $/jour) et les blanches peuvent être prises gratuitement pour la journée. Nous nous amarrons près des Blue Moana, arrivés à Tortola la veille, car ils avaient rendez-vous avec le broker pour la vente de leur bateau.
Nous allons rapidement à terre afin de nous ravitailler en produits frais. La petite marina accueille de superbes bateaux sur ses pontons. C’est un mini centre-ville en bord de mer, avec des quais le long desquels s’installent quelques boutiques et un supermarché. Les prix sont plus élevés : on retrouve un niveau de vie européen, mais les étals sont bien achalandés.
Une fois nos stocks de fruits et légumes faits, nous quittons les bâtisses colorées pour repartir à bord. Nous nous arrêtons dire bonjour aux Blue Moana : ils ont eu un bon échange avec le broker, et il y aurait des possibilités de vendre le bateau ici ; le commercial était optimiste. Cela fait du bien au moral d’entendre ça, car la vente d’un bateau est toujours un moment un peu stressant !
Une fois les courses rangées, nous nous coordonnons avec nos amis et larguons les bouées, cap sur Norman Island, petite île au sud de Tortola. Nous hissons la grand-voile et visons la pointe de Tortola afin de pouvoir tirer un bord jusqu’à Norman. Les Blue Moana nous passent vite devant : on ne joue pas dans la même cour ! Puis nous mettons le cap sur l’île.
Il n’est pas simple de parcourir ces quelques milles, car plusieurs grains viennent perturber le vent. Nous finissons par affaler et terminons les dernières minutes au moteur.
Nous arrivons dans une jolie baie aux eaux claires. De nombreux bateaux sont à la bouée, et nos amis sont ancrés à l’arrière du mouillage. Nous allons mouiller près d’eux dans une belle tache de sable. Olivier, Joanne et Yasmine sont déjà à l’eau : ils s’émerveillent de la clarté de l’eau. Des raies et de nombreux poissons nagent sous les bateaux.
C’est déjà la fin de journée : le soleil se couche. Malo les rejoint pour observer la vie sous-marine ; il aperçoit deux magnifiques raies léopard.
Le lendemain, à peine les yeux ouverts, nous enfilons masques et tubas pour explorer les fonds. L’eau est transparente. Nous observons de nombreux poissons-perroquets, des bancs de barracudas à l’air toujours grincheux, de gros pagres, des chirurgiens… Les poissons se laissent observer sans nous craindre.
De retour à bord, nous mangeons un morceau et repartons dans l’eau peu de temps après. Non loin de nous se trouve le catamaran de Christophe et de son fils Léo. Les Blue Moana les ont rencontrés en République dominicaine, et ils ont fait route ensemble vers les BVI. Christophe vient se présenter à nous : breton lui aussi, très sympathique. Le courant passe rapidement.
Dans l’après-midi, Christophe s’amuse à tirer les enfants dans les airs grâce à l’annexe et à un bout amarré à l’arrière de leur bateau. Cela donne des idées à Malo… Nous avions vu il y a quelque temps une vidéo de ce type de balançoire aérienne : c’est le moment d’essayer !
Le principe ? Hisser le spi (la grande voile d’avant), sans les écoutes, fixer un bout sur les deux points d’écoute, le laisser long, et laisser le spi se gonfler tout en s’y accrochant pour s’envoler !
Allez, c’est parti ! Nous mettons le bateau vent arrière en pivotant sur notre ancre, hissons le spi… et décollons ! Cela nous amuse beaucoup. Joanne fait des vols impressionnants ; il ne fallait pas plus de vent, sinon nous aurions vraiment pris de la hauteur.
On s’amuse bien et on offre un joli spectacle. Au coucher du soleil, avec la voile bleue et verte qui se gonfle comme une bulle dans le ciel, c’est magique. Un vrai parc d’attractions !
Le soir, nous invitons tout le monde à prendre l’apéritif à bord. Christophe vient avec les photos qu’il a prises au drone pendant l’activité de l’après-midi : elles sont superbes. Nous passons un bon moment à discuter de nos périples et de nos passions.
Nous sommes heureux de retrouver cette petite vie communautaire de marins : partager et naviguer à plusieurs.Read more
J204, Jost Van Dick
Mar 15–16 in British Virgin Islands ⋅ 🌬 26 °C
Nous ouvrons les yeux après une bonne nuit bien méritée. Malo sort le premier et je l’entends s’exclamer : « Les Blue Moana sont là ! » Je le rejoins et je vois en effet le bateau des copains juste à côté de nous, toute la famille à bord 🩵
Ils sont arrivés cette nuit à 3 h du matin. Ils terminent de mettre l’ancre et nous proposent de venir à leur bord pour partager leur traditionnel pancake d’arrivée de navigation. Avec plaisir, bien sûr ! Nous les rejoignons donc après avoir préparé une pâte à tartiner avec le cacao 100 % République dominicaine et coupé un ananas bien frais.
On est trop contents de les retrouver. On se serre dans les bras avec toujours la même facilité : on a vraiment trouvé notre famille de voyage. On partage une belle ventrée de pancakes en se racontant nos navigations et nos derniers mois de vadrouille. Eux sont restés plus longtemps à Cuba avant de naviguer jusqu’en Jamaïque, puis en République dominicaine, jusqu’ici.
Le temps file à discuter, puis nous partons faire la procédure d’entrée dans le pays. Nous sommes sur l’une des trois îles principales des îles Vierges britanniques : Jost Van Dyke. Nous nous amarrons au quai devant le service d’immigration. Nous ne sommes pas forcément chaleureusement accueillis : ça y est, nous repassons sur les îles anglo-saxonnes, l’anglais est de nouveau de mise !
Les îles Vierges forment aujourd’hui un archipel un peu particulier, partagé entre deux territoires : les îles Vierges britanniques (40 000hab) et les îles Vierges américaines (100 000 hab). Quelques milles nautiques seulement les séparent. Côté britannique, les îles sont restées un territoire d’outre-mer du Royaume-Uni : petites communautés insulaires, mouillages organisés et une forte culture de la voile qui attire de la plaisance. L’économie repose beaucoup sur le nautisme. Les îles voisines, elles, appartiennent aux États-Unis depuis que le Danemark les a vendues en 1917. On y retrouve une influence américaine plus marquée : villes un peu plus animées, croisiéristes, infrastructures touristiques et le dollar comme monnaie.
Nous passons de bureau en bureau. Nous devons payer une taxe pour le parc naturel de 10 $ par personne, puis les autorités portuaires (1 $ par pied du bateau), et enfin 20 $ pour l’immigration. Les Blue Moana enchaînent après nous. On rencontre un Français avec son fils qui, eux, quittent le territoire. Ils nous partagent des informations précieuses pour notre exploration des îles Vierges dans les prochains jours.
Formalités terminées, nous allons découvrir les ruelles environnantes. Nous amarrons nos deux dinghys à l’un des pontons en bois présents sur la plage qui donne sur le mouillage. De nombreuses bouées sont présentes dans la baie : pour la plupart, elles sont occupées, essentiellement par des catamarans de charter. Les monocoques sont très minoritaires !
L’eau est turquoise mais l’horizon moutonne : le vent annoncé s’est en effet levé. La ruelle de sable qui borde la plage donne sur quelques bars et boutiques de souvenirs. On s’y arrête et nous sommes comme des enfants : une boutique pensée pour les navigateurs, avec des vêtements, gadgets et outils de pêche… Difficile de ne pas craquer !
Les Blue Moana partent se reposer, encore bien fatigués de leur navigation et de leur arrivée nocturne. Nous continuons de marcher un peu avant de rentrer au bateau. Nous nous concoctons un bon petit dîner avant de ne pas tarder à sombrer : nous avons encore quelques heures de sommeil à rattraper.
Le matin, nous émergeons sur un mouillage toujours bien venté. Le vent devrait se calmer à partir de mardi matin. Je pars sur la plage pour un petit yoga. Je suis un peu fouettée par le sable, mais ça fait du bien de se décontracter après une navigation, dont nous sortons toujours un peu courbaturés.
Les Blue Moana quittent le mouillage pour aller sur Tortola, où ils espèrent être un peu plus protégés pour faire quelques courses et rencontrer le broker qui doit les aider dans la vente prochaine de leur bateau. Nous espérons les rejoindre demain pour continuer à naviguer ensemble.
De notre côté, nous restons pour explorer encore un peu l’île. Nous partons à midi, nos bobs vissés sur la tête, pour arpenter cette première île. Nous visitons une boutique, encore une fois très sympa, accolée à un bar typique de navigateurs. Les lieux sont agréables mais nous n’avons pas encore d’accroche particulière avec les locaux qui tiennent les commerces ; peut-être que cela viendra sur d’autres îles.
Cela ne nous empêche pas d’admirer les lieux. Nous tombons sur deux chevaux qui paissent tranquillement au bord de la plage. Ce ne sont pas des criollos : ils ressemblent à des chevaux européens. Pas farouches, ils demandent des caresses ; on est ravis.
Nous débutons notre marche. L’île, comme ses voisines, est bien vallonnée. Depuis le mouillage, nous avons repéré un bel arbre qui domine : notre objectif. Nous grimpons la route qui chemine jusqu’au sommet — ça grimpe ! La vue est magnifique : une vision à 360°, l’eau turquoise et les nombreux voiliers sur les flots.
Une fois redescendus, nous prenons un rafraîchissement dans le bar en bas et faisons une petite mise à jour internet. Nous en profitons pour étudier les spots de plongée : il y en a à foison ! On espère bien pouvoir plonger quotidiennement.
D’ailleurs, c’est l’heure. Au vu du vent (et de l’état de notre annexe), nous ne pouvons pas aller bien loin. Malo prépare le matériel, nous chargeons les blocs dans notre bon Guy et nous allons nous amarrer à la bouée de chenal non loin du mouillage. Nous descendons le long de l’amarre.
L’eau est trouble, brassée par la météo. Mais nous passons une petite heure à explorer : de nombreux poissons-anges gris, de gros bernard-l’ermite qui s’affairent à fouiller le sable, des bancs de carangues, de belles langoustes et… des dizaines de poissons-lions ! Il va falloir venir chasser ici : leur invasion est bien présente sur les récifs.
Nous remontons — quelque peu frigorifiés ! — à bord de l’annexe. Nous rinçons le matériel, prenons une petite douche et nous nous mettons au sec : ça fait du bien.
Demain, nous partons pour l’île de Tortola, sûrement retrouver les copains. Puis nous aimerions rapidement nous diriger vers les petites îles au sud de Tortola. Nous en avons entendu beaucoup de bien : abritées et riches en spots de plongée et de snorkeling !Read more
J202, Cap vers les BVI's : un mirage ?
Mar 11–15 in British Virgin Islands ⋅ 🌬 25 °C
Ça y est, après plus de 4 heures à gérer les démarches de sortie (et même les bakchichs quémandés par les douaniers lors de la visite du bateau !), nous levons l’ancre de La Romana.
Nous sortons de l’entrée de la rivière qui débouche sur la mer. Tout de suite, le ton est donné : le vent et les vagues sont contre nous. On déroule le génois et on hisse la grand-voile avec un ris. Mais… au moment de hisser la grand-voile, crac ! On entend quelque chose se déchirer. C’est la deuxième latte qui s’est décousue et, avec la force du vent, elle s’est complètement arrachée puis envolée sans qu’on puisse la récupérer…
On regarde : ça ne semble pas trop handicaper la voile. On va pouvoir continuer comme ça, on fera une réparation en arrivant. Sympa pour un début de navigation !
On éteint les moteurs, on avance, mais pas bien vite : 3 nœuds.
Nous allons tirer des bords dès le début. Nous pensions avoir un vent un peu plus favorable au départ, mais ça ne semble pas être le cas. Nous allons donc faire des bords pour avancer contre ce vent d’est. Les bords ont toujours quelque chose d’un peu frustrant : aller vers un point C alors qu’on vise un point A ! Sur notre premier bord, on vise presque Trinidad, c’est pour dire l’angle !
Les choses finissent par se caler. On installe le foc sur l’étai largable. La voile s’aplatit mieux que le génois et fait un peu moins gîter le bateau. Bon, on reste quand même très penchés : impossible de se tenir debout, on se cale d’un bord ou de l’autre.
On profite quand même. Ça fait partie de nos dernières grosses navigations avant les Petites Antilles. Le premier coucher de soleil est superbe. Les nuages semblent aplatis, de beaux cirrus. Le ciel se couvre d’un dégradé bleu, violet, rose et rouge.
La nuit tombe et nous continuons à tirer des bords : 1, 2, 3… Le bateau gîte bien, le foc nous permet de mieux remonter au vent. On alterne les siestes jusqu’au lever du soleil. On a malgré tout réussi à dormir, fatigués par nos derniers jours.
On met le moteur une heure lors d’un bord pour nous faire gagner quelques nœuds et un peu de cap. Ça fait du bien au moral, car on avance lentement pour le moment ! Le vent reprend, on déroule le génois.
Pour notre deuxième nuit, vers 23 h, nous commençons à longer Porto Rico. Le vent tombe, on remet du moteur. On avance pendant la nuit pour gagner quelques milles vers l’est.
Pour notre troisième jour de mer, nos nerfs vont être mis à rude épreuve. On passe la journée à tirer des bords. On enroule le génois, on hisse le foc, on tente diverses stratégies pour avancer au mieux et optimiser notre trajectoire. Mais ce n’est pas simple, car nous avons toujours le vent et la houle de face.
On arrive quand même, petit à petit, à avancer. Je sens que Malo commence à s’impatienter. Un peu de stress et de frustration montent. On espère atteindre un abri avant le coup de vent de dimanche. Il y a toujours le stress d’une casse sur le bateau à quelques mois de le vendre.
On discute de plusieurs options au cas où nous n’y arriverions pas. Notre objectif premier est de sécuriser le bateau (et nous, bien entendu). Si on sent que la houle et le vent montent vraiment trop fort, on s’abritera, même si c’est sur le territoire américain (on compte sur leur compréhension si c’est le cas !).
On regarde la carte, on calcule les milles, les angles… Allez, on lâche prise. On discute, on écoute des podcasts et on essaie de ne plus trop se concentrer sur les bords. Je dévore le livre de Jean-Louis Étienne, célèbre explorateur français (notamment des pôles). C’est un homme fascinant et très inspirant. (Je vous invite à découvrir son livre Explorateur d’océans.)
En longeant la côte, deux avions de chasse nous survolent — ça faisait longtemps… Puis des fous viennent jouer dans les voiles. On préfère ça ! Ils frôlent l’eau à toute vitesse, reviennent en s’approchant des haubans… et tout à coup, des dauphins viennent s’ajouter au tableau. On dirait qu’ils chassent : ils sont furtifs et glissent dans les vagues.
Le stress retombe avec la nuit qui arrive. On relativise. Les étoiles brillent bien ce soir. Quand on regarde la carte, nous sommes à la pointe est de Porto Rico : on a fait les trois quarts du trajet !
Pour notre troisième nuit, on met le moteur pour le premier bord de la nuit, avec un ris dans la grand-voile et le foc bien étarqué. Puis on éteint le moteur pour les prochains bords et le reste de la nuit.
On enlève le pilote automatique. Malo se met à la barre.
« Parée à virer ? »
« Parée ! »
Je suis aux écoutes de foc. Quand Malo tire la barre, les voiles changent de bord. Je libère l’écoute bâbord et la récupère sur le winch à tribord. Nous avançons entre 3 et 4 nœuds. Nous sommes lents, d’autant plus quand la houle augmente !
À 3 h, après un plus long bord au sud, on effectue un nouveau virement pour se diriger vers le nord. On espère atteindre la première île des îles Vierges américaines sur ce bord. Au même moment, la lune se lève : un fin croissant orangé se reflète sur l’eau.
La nuit est assez agitée, mais on entame le virage pour remonter vers le nord et atteindre les premières îles de l’archipel américain. Malo a peu dormi. À son habitude, il reste la nuit dehors, allongé sur les banquettes, toujours prêt. De mon côté, j’ai besoin de descendre pour grappiller quelques heures de sommeil, toujours bien penchée et accompagnée des grincements du bateau.
Le soleil se lève et nous continuons méthodiquement à tirer des bords, en mettant de temps à autre un appui moteur. On reprend espoir. Malo est un peu moins frustré : on s’approche petit à petit ! On se souviendra de cette navigation.
J’essaie de nous préparer un petit truc à grignoter (pas toujours simple avec 20° d’inclinaison 😅). Mais j’arrive à nous faire un sandwich tomates et mozzarella fraîche — ça faisait très longtemps ! Ça nous redonne du baume au cœur.
L’eau est d’un bleu profond. On aperçoit de plus en plus de bateaux autour de nous : voiliers (de charter ?) et bateaux de pêche. Les îles Vierges sont très réputées pour la croisière et la plaisance : on ne sera pas seuls au mouillage !
Ça y est : nous naviguons à la voile entre les îles Vierges. C’est beau. Les îles vallonnées, avec une végétation rase verte et brune, parsèment la mer.
Malo se repose à l’intérieur. J’en profite pour un petit plaisir : la douche 🥰
Toujours un peu acrobatique. Sur la jupe arrière, je lance un seau pour le remplir d’eau de mer et me le verse dessus : le bonheur sous cette chaleur. Je le fais à plusieurs reprises. Ça me rappelle des souvenirs d’enfance, les batailles d’eau dans le jardin, les grands seaux sur la tête.
Puis je me rince et me savonne à l’eau douce, tout en gardant mon équilibre pour éviter la chute ! Ça fait un bien fou. Je mets une musique de Norah Jones pour accompagner ce moment. On est pas mal ✨
Malo se réveille. On rigole en regardant l’état à l’intérieur du bateau : il est sans dessus dessous. À force de tirer des bords à gauche et à droite, tout finit par tomber. Un bon rangement s’imposera à terre…
Pour nos dernières heures de navigation, toujours au près serré, on est suivis par six fous bruns qui volent au-dessus de nous. Tels des fusées, ils s’élèvent, glissent dans le vent et plongent pour tenter d’attraper un poisson. Quel spectacle !
Bon, ils sont si proches qu’ils finissent par se délester sur le bateau… on doit faire attention à nos têtes !
Nous assistons au coucher de soleil rituel. Cette fois-ci, un parfait dégradé passant du bleu et du violet jusqu’au jaune sur les collines de Saint-Thomas (US). Les îles semblent bien habitées : on distingue de nombreux bâtiments sur les pentes qui se dessinent dans la pénombre naissante.
Nous sommes excités. Ça y est, nous arrivons. Finalement, tout s’est bien passé : un exercice de patience et de persévérance. C’est ça, la navigation.
On met l’ancre à 22 h 30. On mange un bout. On a hâte de découvrir les lieux demain au soleil. On espère que Dan, notre voisin de mouillage de Bayahibe, est bien arrivé, comme nos amis de Blue Moana. On verra demain !Read more
J199, Sur le depart !
Mar 9–11 in Dominican Republic ⋅ ☀️ 23 °C
En ce début de semaine, les préparatifs du départ commencent !
Agatha a bien avancé dans ses recherches de bateau. Elle a peut-être trouvé un voilier qui part directement en Colombie depuis la République dominicaine. C’est grâce à notre voisin de mouillage, Dan, un Anglais qui voyage lui aussi sur un voilier de 31 pieds comme Noam. En allant discuter à son bord, il nous explique qu’il connaît un Colombien qui prépare justement son départ pour la Colombie. Échange de numéros… et voilà qu’Agatha part le rencontrer mardi. C’est fou comme les choses peuvent avancer vite !
De notre côté, nous prévoyons de lever les voiles mercredi depuis Bayahibe. Nous devons d’abord nous rendre à La Romana, à l’ouest, pour effectuer les démarches d’immigration et de sortie de territoire. Ensuite, nous mettrons le cap sur Saona avant de filer vers Tortola, aux îles Vierges britanniques.
Le vent devrait être de face, mais nous espérons pouvoir faire du près serré en longeant les côtes de Porto Rico. Peut-être profiterons-nous des brises de terre le matin ? Et si cela s’avère trop difficile, nous tirerons simplement de longs bords !
Nous continuons aussi d’échanger avec nos copains du Blue Moana. Et bonne nouvelle : il y a de grandes chances que nous nous retrouvions aux BVI (British Virgin Islands). Ils profitent de la même fenêtre météo pour partir, mais en passant par le nord de Porto Rico. On a vraiment hâte de les retrouver !
Les préparatifs s’enchaînent. Nous partons avec nos gros sacs de linge pour trouver une laverie. Nous en repérons une… mais les prix sont exorbitants ! On sent bien que l’on est dans une zone touristique. En continuant notre prospection, nous passons devant la friperie de Paolo, un Italien installé à Bayahibe depuis 23 ans. Depuis notre arrivée, nous discutons souvent avec lui ; il est vraiment très sympa. On en profite pour faire quelques petits achats de vêtements (ça faisait longtemps !) et je trouve même ma robe pour les mariages auxquels nous assisterons à notre retour en France.
Paolo, fidèle à lui-même, prend la situation en main. Il nous trouve quelqu’un en moto pour aller remplir notre bidon d’essence et nous emmène chez sa voisine qui peut laver notre linge.
Nous arrivons ainsi chez Mayolaine, une Haïtienne au rire communicatif et au grand sourire. Elle nous fait beaucoup rire. Pour moitié moins cher que la laverie, elle s’occupe de notre linge… et il sent divinement bon !
Il y a d’ailleurs beaucoup d’Haïtiens à Bayahibe, travaillant dans tous les domaines. On entend souvent parler créole, et parfois même quelques mots de français.
Nous remercions chaleureusement Paolo avant de rentrer au bateau. Malo s’active à faire les pleins d’eau, bidon par bidon, pendant que nous rangeons et préparons le bateau. Avec Agatha, nous partons ensuite faire une petite balade pendant que Malo reste faire la sieste à bord.
Nous empruntons un sentier à l’ouest de la ville qui longe la côte jusqu’à la plage de Dominicus. Le chemin est joli, bordé par la mer. Nous arrivons ensuite dans un petit village rempli de boutiques pour touristes et entouré de resorts. Nous faisons quelques magasins et trouvons enfin la fameuse chemise à palmiers de la République dominicaine : ça y est, nous en avons tous une ! En revanche, toute la côte est malheureusement privatisée par les hôtels.
Nous reprenons ensuite tranquillement le chemin du retour, profitant de nos derniers moments entre copines.
Le soir, nous retrouvons Malo et partons en ville boire un verre pour notre dernière soirée ensemble. Nous enfilons nos belles chemises à fleurs et passons une soirée très joyeuse : beaucoup de discussions, mais surtout de la danse sur de la bachata. Dans un petit bar animé, locaux et touristes se déhanchent dans une ambiance chaleureuse. On se souviendra longtemps de la musique dominicaine, souvent un peu trop forte à notre goût… mais il faut bien l’avouer : elle réchauffe les cœurs et donne irrésistiblement envie de danser.
Mardi, c’est déjà l’heure du départ pour Agatha. Nous empaquetons ses sacs et partons en ville. Elle prend un guagua — les bus locaux — pour rejoindre La Romana puis Boca Chica, là où est amarré le bateau qui pourrait l’emmener en Colombie.
On se serre longuement dans les bras. C’était tellement chouette de l’avoir à bord tout ce temps. Un moment vraiment privilégié 🩵
Avec Malo, nous poursuivons nos activités et nous rendons à Fundemar. Nous avons échangé avec la fondation pour réaliser quelques images afin de mettre en valeur leur travail, notamment sur la restauration corallienne et le programme de réintroduction des lamantins.
Lorsque nous arrivons dans leurs locaux, les travaux battent leur plein. Cette semaine, l’équipe de AIMS est sur place pour installer les bacs de ponte des coraux ainsi que les nombreux aquariums nécessaires à leur réintroduction en milieu naturel. Ils parviennent même à congeler les spermatozoïdes de coraux afin d’augmenter les chances de fécondation.
Nous rencontrons Rachelle, coordinatrice du projet de réintroduction du lamantin à Fundemar. C’est passionnant.
Malheureusement, nous ne pourrons pas assister à la libération du lamantin demain. L’événement est très officiel, avec la présence de ministres et de représentants. Nous reviendrons toutefois cet après-midi pour interviewer Michael, le coordinateur pédagogique.
Nous quittons ensuite Fundemar pour aller chercher de quoi manger : riz, salade et poulet, achetés pour 400 pesos à emporter avec les travailleurs. Parfait ! Nous déjeunons tranquillement en regardant l’une des nombreuses cénotes présentes dans la ville.
Puis il est temps de se motiver pour les derniers préparatifs : courses et pleins de diesel. Grâce à notre ami Paolo, nous trouvons un motoconcho qui emmène Malo et nos trois bidons à la station-service. C’est assez folklorique ! Mais mission accomplie : les pleins sont faits.
De retour au bateau, nous commençons à ranger avant de repartir à Fundemar pour l’interview de Michael. Nous apprenons énormément de choses. Nous essayerons d’organiser à notre retour en Guadeloupe un échange en visio avec des écoles pour parler du lamantin et de la République dominicaine.
En rentrant à bord, nous terminons de ranger, préparons un peu à manger, puis allons nous coucher. Demain, réveil aux aurores pour partir à La Romana. Nous espérons pouvoir mettre le cap vers les BVI dès demain, car un coup de vent semble arriver dimanche.
Mercredi, 6 heures. Nous sommes déjà sur le pont. Malo part à l’armada récupérer le despacho pour La Romana pendant que je prépare le bateau pour le départ.
Peu après, Malo revient et nous hissons la grand-voile. Il y a peu de vent, mais la distance jusqu’à La Romana est courte.
En une heure à peine, nous atteignons le río Salado, l’entrée de La Romana, là où arrivent les énormes cargos de croisière — une des principales activités économiques du pays. Le mouillage n’est pas particulièrement accueillant, mais nous espérons ne rester que la matinée.
Nous débarquons à l’armada… et s’ensuivent quatre heures d’attente et de paperasse ! Immigration : 100 dollars parce que nous avons passé plus d’un mois sur le territoire (personne ne nous avait prévenus, on est un peu dégoûtés !), puis la douane : 1200 pesos, puis les autorités portuaires : 1500 pesos… Nous avons un peu de mal à comprendre toutes ces taxes, mais on nous avait dit que les formalités ici étaient souvent compliquées.
J’écris ces dernières lignes assise sur les bancs de l’armada, en attendant patiemment.
Le bateau, lui, est prêt. Cette navigation ne nous enthousiasme pas particulièrement avec le vent dans le nez… Dommage aussi de ne pas pouvoir s’arrêter à Porto Rico, mais les démarches de visa sont complexes et coûteuses.
Allez, dans quatre jours, nous devrions atteindre une nouvelle destination ✨️⛵️Read more
J196, Plongée en grotte et épave
Mar 7–9 in Dominican Republic ⋅ ☁️ 27 °C
Samedi, c’est le jour de la grande exploration ! Nous avons préparé tout notre équipement de plongée afin de nous rendre à la grotte de Padre Nuestro pour y plonger. Les blocs ont été gonflés, les stabs gréées sur les bouteilles, le diable embarqué dans l’annexe pour faciliter le transport, les appareils photos chargés, et nous avons étudié le profil de la grotte en amont. Nous voilà fin prêts : nous embarquons le tout dans l’annexe et c’est parti. Agatha reste tranquillement à bord.
Une fois à terre, nous chargeons les blocs sur le diable, les sacs sur le dos, et nous voilà partis pour une heure de marche afin de rejoindre l’entrée de la grotte. Il fait chaud et le matériel est bien lourd ! Au premier carrefour du village, nos regards croisent celui d’un monsieur souriant, tranquillement installé dans sa voiture :
« Je vous embarque ?! »
« Avec plaisir ! Ça va nous éviter quelques efforts ! »
Ce monsieur est en fait un pasteur. Il est adorable et nous amène jusqu’à l’entrée du parc. Nous nous préparons à descendre lorsque la gérante de l’accueil nous explique que nous devons obligatoirement plonger avec un instructeur certifié en plongée souterraine. Nous sommes surpris : deux jours auparavant, nous avions demandé si nous pouvions venir seuls et un autre employé du parc nous l’avait confirmé. Mais la dame nous explique qu’elle est nouvelle et qu’elle n’était pas au courant…
Nous nous regardons, nous tentons de négocier, mais rien n’y fait ! Nous sommes vraiment déçus… Heureusement, notre pasteur nous ramène dans le centre-ville de Bayahibe. Au moins, nous n’aurons pas eu à trimballer tout notre matériel à pied.
De retour en ville, nous nous arrêtons dans un centre de plongée pour demander des informations sur les instructeurs. Nous tombons sur un moniteur adorable qui nous donne les coordonnées d’un contact :
« Dites-lui que vous venez de ma part ! »
Il nous conseille également d’autres sites de plongée à proximité, accessibles avec notre annexe (maintenant réparée !). Les bras ballants, nous rembarquons tout notre matériel pour retourner à bord de Noam.
Nous recevons finalement la réponse de l’instructeur : le prix minimum qu’il peut nous faire est de 120 dollars par personne pour 30 minutes de plongée. Aïe ! Après une courte hésitation, nous déclinons. Nous essaierons de trouver une autre solution…
En attendant, nous sommes bien décidés à plonger. Après avoir déjeuné avec Agatha, nous sautons dans l’annexe pour aller explorer l’épave du Saint Georges. Il y a un peu de vent et de vagues, mais notre fidèle Guy résiste bien.
Après avoir pris quelques informations auprès des bateaux de plongée présents sur la zone, nous atteignons finalement le site, assez éloigné de la côte. Il nous faut près de 30 minutes d’annexe pour y arriver : Malo au pilotage, et moi à l’écope. Nous ne nous sommes même pas encore immergés que nous sommes déjà trempés !
Une bouée verticale signale le site. Nous nous y amarrons et hop, c’est parti.
Après la matinée rocambolesque, nous retrouvons enfin le monde silencieux et bleu, rythmé par le souffle de nos bulles et les cliquetis du récif. Nous descendons le long du bout de la bouée et ne tardons pas à apercevoir la structure métallique de l’épave.
Le Saint Georges est un ancien cargo volontairement coulé afin de créer un récif artificiel et un site de plongée. Avec le temps, l’épave est devenue un véritable refuge pour la vie marine : éponges, coraux et bancs de poissons ont colonisé la structure, transformant le navire en un petit écosystème.
L’épave est impressionnante et repose à 43 mètres de fond. Nous explorons autour d’une profondeur moyenne de 30 mètres. Des bancs de carangues nagent autour de nous, tandis que des poissons-anges aux couleurs chatoyantes se cachent dans les éponges qui ont colonisé les restes du navire… C’est une très belle épave.
Après 25 minutes d’exploration, nous remontons afin d’éviter d’entrer dans les paliers de décompression. Un peu frustrant de devoir remonter si vite, mais nous ne sommes pas encore des poissons !
Sur le chemin du retour, le long de la côte, nous rentrons en même temps que l’armada des bateaux de charter de l’île de Saona. Le spectacle est magnifique : les voiliers ont sorti leurs voiles et on dirait une arrivée de régate.
De retour à bord, place au repos. Nous regardons nos photos et partageons un bon repas devant un film avec Agatha.
Frustrés par l’interdiction de plonger dans la grotte, nous élaborons une stratégie… un peu pirate !
Nous avons à bord une petite bouteille de plongée de 6 litres, que nous utilisons habituellement pour la sécurité ou pour caréner le bateau. Elle tient dans un sac de randonnée : parfait. L’objectif est simple — faire passer la bouteille et le minimum d’équipement afin de pouvoir faire une petite incursion dans la grotte, ni vu ni connu !
Le plan semble parfait. L’exploration de grotte sous-marine serait une nouveauté pour nous.
Agatha, un peu fatiguée, reste à bord tandis que nous partons avec tout notre bazar dans l’annexe, deux gros sacs à dos sur le dos. Nous quittons les petites ruelles déjà bien animées de Bayahíbe pour rejoindre le sentier du parc qui mène aux grottes. À l’accueil, nous sommes bien reçus. Ni vu, ni connu !
Lorsque nous descendons dans la grotte, deux jeunes couples sont déjà là, tranquillement installés. Dans l’obscurité, nous nous équipons : appareils photos, petit bloc, détendeur… et c’est parti.
Une petite appréhension, bien sûr : l’ambiance est sombre et cavernicole. Nous nous prenons bras dessus, bras dessous, chacun avec un octopus en bouche, et nous nous immergeons.
L’eau est fraîche mais pas glaciale. C’est supportable. Elle est d’une transparence incroyable. Nous descendons progressivement, entourés de formations blanches : stalactites et stalagmites semblables à des bougies de cire fondues.
En descendant, nous arrivons devant un panneau :
« STOP – Sans formation spécifique en plongée souterraine, si vous dépassez ce point vous allez probablement mourir. »
Il n’en faut pas plus pour me faire paniquer. Je regarde Malo :
« On remonte. »
Lui est beaucoup plus tranquille, comme à son habitude. Nous remontons quand même en surface pour que je reprenne mon souffle. Finalement, il décide de repartir. Je l’observe en apnée pour vérifier que tout va bien. Il revient me rejoindre et nous replongeons ensemble. Peu à peu, je me calme. L’ambiance est incroyable.
Après une trentaine de minutes dans l’eau, le froid finit par nous faire sortir. Nous prenons encore quelques photos en apnée, puis remontons nous sécher et ranger nos affaires.
Whaou. Le décor est incroyable.
Nous repartons, nos gros sacs sur le dos, tandis que le soleil nous réchauffe doucement la peau. En arrivant au village, nous nous offrons une glace pour reprendre un peu d’énergie.
Agatha nous a préparé de quoi grignoter à bord : un plaisir.
Dans l’après-midi, nous partons toutes les deux nous balader pour récolter quelques plantes en vue de futurs cyanotypes. Nous avions aperçu un sentier sur la carte, mais malheureusement, comme souvent en bord de mer, l’accès est privé. Nous nous contentons de ce que nous trouvons et découvrons malgré tout de jolies merveilles au bord de la route.
Le soir, Agatha nous invite au restaurant pour nous remercier de l’accueil — elle quitte le bateau mardi. Cela faisait longtemps que nous n’étions pas sortis dîner : un vrai régal.
Avant de rentrer, nous nous installons sur les quais du centre-ville, au bord de la mer. L’ambiance est douce et animée : les habitants se promènent, discutent, dansent la bachata en buvant une Presidente.
Nous scrutons l’eau dans l’espoir d’apercevoir un lamantin des Caraïbes. On nous a dit qu’un individu venait régulièrement se promener sous le regard des touristes.
Pas pour ce soir… peut-être un autre jour !
Il est temps de rentrer se reposer ✨️Read more
J193, Bayahibe
Mar 1–5 in Dominican Republic ⋅ ☀️ 29 °C
Après un dernier petit déjeuner face aux plages de Saona, nous levons les voiles. Un bon vent nous arrive au grand largue ; nous prenons deux ris dans la grand-voile et déroulons le génois. C’est un vrai plaisir : le vent nous porte tranquillement et la mer est douce. Nous mettons la canne à pêche à l’eau — on continue d’y croire ! On discute, on dessine, et on se laisse simplement porter par le vent.
En deux heures à peine, nous apercevons l’entrée de la baie de Bayahibe. C’est amusant : nous découvrons l’autre face des bateaux de touristes que nous croisions tous les jours à Samaná. C’est d’ici qu’ils partent chaque matin et qu’ils reviennent chaque soir après leurs excursions vers Saona ou Catalina.
Nous sommes surpris par l’eau turquoise et limpide de la baie, malgré les nombreux bateaux de charter qui mouillent dans la zone. Après avoir jeté l’ancre, nous partons à terre découvrir la petite ville et chercher des informations pour qu’Anne-Sophie puisse rejoindre l’aéroport de Punta Cana le lendemain.
La première impression est très positive. Les ruelles pavées sont relativement propres — ce qui est assez rare ici — et bordées de petites boutiques et de restaurants face à la mer. Bayahibe est clairement une ville très touristique, rythmée par les allers-retours constants des bateaux vers les îles de Catalina et Saona. C’est aussi un véritable hot spot de plongée : la zone compte de nombreux sites réputés, accessibles rapidement en bateau. Nous allons avoir de quoi nous amuser.
Nous profitons d’un verre en bord de mer avant de rentrer tranquillement nous poser sur Noam.
Le lendemain, nous embarquons les affaires d’Anne-Sophie dans l’annexe et l’accompagnons pour qu’elle prenne son taxi. Ce n’était pas si simple de trouver une solution économique dans cet endroit très touristique, mais ça y est : la voilà partie, en route pour la Colombie ! Merci pour ces beaux moments partagés ❤️
Nous passons ensuite la journée à faire le plein d’eau douce : les cuves sont totalement vides. Cette fois-ci, nous n’avons pas le luxe d’être à la marina. Nous faisons donc des allers-retours avec nos bidons de 20 litres, que nous remplissons grâce à un petit robinet fixé à un palmier près de la zone d’entretien des bateaux à moteur. Le mouillage est assez roulant — surtout quand les bateaux d’excursion rentrent en fin de journée — mais nous finissons par y arriver.
Avec Malo, nous partons ensuite à terre discuter avec les clubs de plongée pour nous renseigner sur les spots du coin. La nouvelle est excellente : plusieurs sites sont accessibles directement depuis le bateau, dont deux épaves.
Nous en profitons aussi pour passer voir Fundemar, une fondation que nous avions repérée la veille et qui œuvre pour la conservation de l’océan en République dominicaine. Nous sommes très bien accueillis dans leurs locaux tout neufs. Aux murs sont accrochées de superbes photographies sous-marines.
Diego nous explique que la fondation a été créée pour protéger les écosystèmes marins de la région et, à l’origine, pour lutter contre la capture de dauphins sauvages destinés aux parcs marins. Aujourd’hui, la pêche de ces animaux est interdite. Fundemar mène désormais plusieurs programmes de conservation : restauration des récifs coralliens, protection des herbiers marins et suivi de la biodiversité côtière.
Ils participent aussi à la conservation des lamantins des Caraïbes, ces paisibles mammifères marins souvent surnommés “vaches de mer”. En République dominicaine, la population est extrêmement fragile : il ne resterait qu’une centaine d’individus environ dans les eaux du pays. Les principales menaces sont les collisions avec les bateaux, la dégradation des herbiers marins dont ils se nourrissent et la pression humaine sur les zones côtières.
Nous leur expliquons que nous aimerions beaucoup donner un coup de main en volontariat et réaliser quelques photos et vidéos dans le cadre de notre association Vag’abond Expéditions. Diego nous donne un contact mail pour écrire directement aux responsables. On croise les doigts !
En quittant les locaux, des étoiles plein les yeux, nous sommes rattrapés par Thomas, un jeune Français en stage dans la structure. Il nous a entendus discuter. Il travaille sur un programme de restauration corallienne, notamment sur la mise en place de bassins de reproduction et de pépinières de coraux qui devraient être installées dans les prochaines semaines, en partenariat avec l’AIMS (Australian Institute of Marine Science), l’un des centres de recherche les plus reconnus dans ce domaine.
Très curieux du voilier, il accepte notre invitation à venir boire un verre à bord. Nous retrouvons Agatha, restée sur Noam, et passons un bon moment à discuter tous les quatre. On espère se recroiser dans les prochains jours.
L’équipage commence à fatiguer : la soirée se termine tranquillement devant un dessin animé projeté dans le bateau.
Le lendemain, mission gaz… et ce n’est pas une mince affaire. Impossible de trouver un endroit pour remplir nos bouteilles de camping-gaz.
Heureusement, avant même de descendre à terre, nous nous arrêtons discuter à bord du catamaran de Marc. Nous ne sommes que trois bateaux de plaisanciers dans la baie, perdus parmi les dizaines de bateaux d’excursion : deux Français et un Belge.
Nous espérions qu’il puisse embarquer Agatha vers la Colombie, mais son projet serait plutôt de partir vers Cuba ou la Jamaïque. À son bord, il nous partage ses interrogations concernant son escale prévue à Cuba. La situation sur l’île s’est fortement dégradée ces derniers mois : la crise énergétique et les difficultés d’approvisionnement en carburant paralysent une grande partie du pays.
Marc rêvait de cette escale depuis longtemps, mais le voilà désormais hésitant : est-ce raisonnable d’y aller malgré le contexte ? Difficile de savoir. Nous ressentons tous une certaine tristesse face aux réalités politiques qui pèsent sur les populations. En mer, nous mesurons la chance que nous avons : celle d’être libres de naviguer.
Marc nous explique aussi que la seule solution qu’il a trouvée pour le gaz a été d’acheter une bouteille locale et de la remplir directement dans une station de GPL. Nous décidons donc de faire la même chose.
Nous partons à la recherche d’une ferretería (quincaillerie) et trouvons rapidement notre trésor : une belle bouteille orange, que nous pouvons remplir directement à la station-service, car ici beaucoup de véhicules roulent au gaz. Mission accomplie !
Nous nous arrêtons ensuite manger dans un comedor, un petit restaurant local. Pour 10 euros à trois, nous avons un repas simple mais copieux : du riz moro (riz aux haricots rouges), du poulet et des œufs. Impossible de finir les assiettes.
En fin de journée, de retour à bord, nous décidons d’aller plonger. Nous chargeons le matériel dans l’annexe et partons explorer l’épave de l’Atlantic Princess.
C’est toujours impressionnant de descendre sur une épave : un géant d’acier posé sur le sable où la vie marine reprend peu à peu ses droits. Un immense banc de sergents-majors nous entoure — des centaines de petits poissons rayés qui tournoient autour de nous. Un barracuda nous observe d’un œil calme et un petit poisson nettoyeur semble tomber amoureux de Malo, le suivant partout.
Nous trouvons cependant les récifs un peu gris, avec moins de vie que ce que nous imaginions. Comme beaucoup nous l’ont expliqué ici, les ressources sont surexploitées : la pression de pêche est forte et les sites de plongée souffrent aussi du passage fréquent et parfois rapide des bateaux à moteur.
Nous remontons à la tombée du soleil, contents de notre plongée.
À peine avons-nous le temps de remonter à bord que le bateau de l’Armada dominicaine arrive pour contrôler nos papiers. L’approche est un peu… cowboy. Leur coque vient taper contre Noam pendant qu’ils manœuvrent. Ils sont sympathiques, mais la finesse de navigation n’est pas leur point fort.
Nous avions fait notre despacho pour La Romana, mais nous nous sommes finalement arrêtés à Bayahibe. Nous leur promettons de passer les voir le lendemain pour régulariser la situation.
Les démarches administratives dominicaines… on s’en souviendra !
Le lendemain matin, à peine le café servi, le bateau de l’Armada revient — toujours aussi rapidement — et heurte encore légèrement notre coque malgré nos pare-battages. Nous leur faisons remarquer notre mécontentement.
Un agent monte à bord pendant que leur bateau s’écarte un peu pour éviter toute nouvelle collision. Il procède à un contrôle complet des papiers et inspecte rapidement l’intérieur du bateau, ouvrant quelques placards. Il nous explique qu’il s’agit de contrôles de routine pour lutter contre le narcotrafic.
Tout est en règle. Avant notre sortie du pays à La Romana, nous devrons simplement repasser dans leurs bureaux pour faire le despacho. Nous sommes tranquilles pour quelques jours.
Libérés de ces formalités, nous enfilons nos chaussures de randonnée pour explorer les environs.
Nous partons découvrir la grotte Chicho et Padre Nuestro, situées dans le parc national Cotubanamá. En une vingtaine de minutes de marche, nous atteignons l’entrée du parc. Après avoir payé 200 pesos, nous empruntons un sentier ombragé au milieu d’une belle végétation tropicale.
Sous nos pieds, le sol est littéralement du gruyère : toute cette région repose sur un plateau calcaire karstique formé par d’anciens récifs coralliens soulevés. L’eau de pluie, légèrement acide, a lentement dissous la roche pendant des milliers d’années, créant un vaste réseau de grottes, de rivières souterraines et de cénotes — ces puits naturels remplis d’eau cristalline.
Nous découvrons une magnifique grotte où l’on peut descendre sous terre pour se baigner dans une eau incroyablement transparente. Nous avions emporté nos masques : sous l’eau, la visibilité est telle qu’on a presque l’impression d’être dans l’air. C’est magique.
Nous nous essayons tous les trois aux plongeons dans la grotte et apprenons qu’il est même possible d’y plonger avec des bouteilles. Nous sommes ravis : il faudra absolument programmer une plongée spéléo dans les prochains jours.
Nous jetons aussi un œil à la météo. Une petite fenêtre semble se dessiner autour du 13 mars, grâce à un front froid qui devrait descendre au nord de la région. Nous allons donc rester encore quelques jours ici pour profiter.
Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons manger dans un restaurant argentin puis faisons un tour dans les boutiques de souvenirs. Nous en ressortons avec de belles chemises aux couleurs de la République dominicaine.
En revenant vers la plage, surprise !
Notre annexe (ce bon Guy!), laissée sur le sable, a un boudin complètement explosé. Avec le soleil et le sable brûlant, l’air s’est dilaté à l’intérieur… et le boudin a cédé.
Nous voilà bien !
Malo reste confiant. Nous nous installons tous les trois sur un seul boudin et rentrons tant bien que mal jusqu’à Noam sous le regard amusé de quelques touristes — ce qui, il faut bien l’avouer, est assez compréhensible.
Nous remontons l’annexe sur le pont. Place à la énième réparation. On sent que sa fin de vie approche, mais on espère la faire tenir encore jusqu’à la fin du voyage. Elle doit bien avoir pris deux kilos avec tous les tubes de silicone que nous lui avons déjà appliqués !
Malo s’applique sur le collage. On croise les doigts pour que ça tienne.
Le soir, nous terminons la journée en dégustant le délicieux poisson qu’il nous restait de nos amis de Saona. Un vrai régal !
N.B : En Guadeloupe, Elise, Léa et Shaulane ont réalisé une journée d'atelier dans une école de Saint François. Un super moment partagé avec les élèves 🩵Read more
J188, Coq au ti punch & bachata
February 28 in Dominican Republic ⋅ ⛅ 27 °C
Ce matin, nous nous réveillons sur le petit mouillage. À 8h30, avec Agatha et Malo, nous sommes dans l’annexe pour nous rendre sur la plage. Une petite crique de quelques mètres où sont amarrées des barques de pêcheurs, souvent colorées de blanc et de bleu. Une rangée d’une dizaine de maisons en bois, deux canards bien dodus qui se dandinent, des cocotiers et quelques papayers bien garnis.
Rapidement, nous sommes accueillis par France, un jeune chasseur apnéiste, Juan Carlos et son associé, El Flaquito, tous les deux pêcheurs. Ils reviennent de leur pêche nocturne ; tout sourires, ils nous invitent à les suivre pour nous montrer leur poisson. Ils pêchent la nuit essentiellement le « colas batard », des poissons aux couleurs rouges. Ils nous offrent le café. Avec du sucre ? Non merci ! Vous avez raison, c’est meilleur pour la santé !
Ils vident les poissons dans la bonne humeur. Flaquito (« le maigrichon »), grand gringalet à la cigarette au coin de la bouche et au large sourire, et Juan Carlos discutent de leur pêche pendant que nous faisons connaissance. Ils nous proposent de revenir déjeuner avec eux à midi pour partager le poisson. Nous leur achetons trois beaux poissons pour une trentaine d’euros : nous allons nous régaler.
De retour à bord de Noam, nous nous concertons avec Anne-Sophie. Charmés par l’ambiance du lieu et de ses occupants, nous décidons de rester une nuit de plus ici ; nous partirons plus tôt demain. C’est aussi ça, la liberté du voyage : ne pas laisser passer ces moments de partage.
Nous préparons du riz et une bouteille de vin blanc à leur apporter. Nous pensions amener le poisson que nous leur avions acheté le matin, mais Juan Carlos vient nous voir à bord de son bateau pour nous dire : « Gardez votre poisson, on en prépare déjà pour vous ! »
Nous allons être accueillis comme des reines.
À l’heure de midi, nous rejoignons les quelques cases en bois sur la plage : ça sent bon ! Flaquito nous prépare un superbe repas : poisson frit dans sa panure, riz aux légumes… c’est délicieux. En fait, il a été chef cuisinier pendant trente ans — et ça se voit ! Mais il nous explique qu’il était esclave de son travail, travaillant comme un fou pour un salaire de misère (à peine 500 euros par mois). Maintenant, il est ici : il pêche, il est son propre patron. Il travaille beaucoup, mais il est libre. Il est sur la mer, avec son associé, et sur l’île ils sont tranquilles.
La majorité des pêcheurs viennent de La Romana ou de Bayahibe. Ils passent ici quelques semaines ou quelques mois pour pêcher, puis rentrent auprès de leur famille. Tous ont des histoires de vie différentes. Ici, ils semblent bien entre eux, petite communauté bienveillante seulement embêtée par quelques « yen-yen », ces petites mouches piquantes contre lesquelles ils luttent avec du feu de bois de noix de coco !
Une table de dominos trône en place centrale ; rapidement, nous nous installons pour une partie. Puis Juan Carlos arrive avec le rhum, le coca et l’eau de coco. « Un poco de ron ? Hehe, los dominicanos son locos ! »
(Un peu de rhum ? Les Dominicains sont un peu fous !)
Comment refuser !
Nous passons trois heures à discuter, à partager quelques verres, un super repas et bien sûr à écouter de la musique et à danser (langue universelle !).
Ici, les musiques reines sont la bachata et le merengue. Juan Carlos invite Anne-Sophie ; nous suivons le mouvement avec Malo puis Agatha, et nous foulons le sable en nous déhanchant sur les rythmes latins, avec les palmiers et les eaux turquoises en arrière-plan. Ils nous demandent la danse française : nous mettons alors de la musique bretonne ! Malo mène la danse et enseigne les pas du Kost ar C’hoat, en se tenant par les petits doigts. Tout le monde rigole ; ils nous regardent, mais c’est trop sportif votre danse !
En fin de journée, ils nous expliquent qu’il y a un combat de coqs à côté : c’est la fête. Bien sûr, nous sommes conviés ! Pourquoi pas ? Nous repassons d’abord au bateau nous poser un peu.
Finalement, le bateau qui devait venir nous chercher pour nous déposer à la fête part pêcher car le vent s’est calmé. Nous restons donc tranquillement à bord ce soir-là. Nous remercions chaleureusement nos amis du jour ; peut-être nous recroiserons-nous, qui sait ?
Cela ne tombe pas si mal que nous restions à bord : le frigo est plein de poissons frais ! Mais au moment de commencer à cuisiner, voilà que nous entendons un bruit de moteur. Ce sont Juan Carlos et Flaquito qui accostent à bord d’une barque. Ils ont réussi à trouver un bateau approprié pour venir nous chercher et nous faire découvrir les combats de coqs ! Ils se sont donné du mal : changement de plan donc 😅
Nous embarquons pour quinze minutes à longer la côte dans la nuit, sous le ciel étoilé et la lune qui se remplit de jour en jour. On sourit : où allons-nous arriver ?
Nous nous arrêtons sur une plage. Nous suivons nos acolytes et découvrons le lieu des festivités. Plusieurs motos sont garées devant et on entend des cris : les paris battent leur plein. Une petite arène entourée de parieurs en folie, des pauvres coqs attendant l’heure du combat, des tables de dominos, de nombreuses bières commandées à la buvette, et de la bachata qui résonne dans les enceintes. On est dans l’ambiance !
Malgré le fait que nous soyons les seuls touristes du coin, personne ne nous dévisage. Tout le monde est concentré sur ses loisirs. L’ambiance est assez folle.
Nous arrivons juste à temps pour le combat du coq de France, notre ami rencontré au village. Les paris sont faits, le combat commence. Je ne peux pas regarder ce moment qui, malgré son caractère traditionnel, ne correspond pas à mes valeurs — mais ce n’est pas grave. Je regarde ailleurs : il y a de quoi s’occuper, entre la danse et les dominos. Bien sûr, Flaquito et Juan Carlos nous offrent des bières.
Nous essayons de comprendre les modalités du combat. Certains ne rigolent pas — et on comprend vite pourquoi : certains grands combats peuvent rapporter plusieurs milliers d’euros !
Le coq de France est vainqueur en moins de cinq minutes ! Il est ravi : il vient de remporter 200 $. Le principe ? Deux coqs auxquels sont attachées de grandes griffes en plastique rigide au niveau des pattes. En moins de dix minutes, ils doivent se battre jusqu’à ce que l’un meure ou soit hors d’état de combattre. Un coup suffit. France récupère son coq sanguinolent, mais vivant et vainqueur. Je détourne le regard…
Les coqs vainqueurs, ou ceux qui attendent encore leur combat, sont placés dans des sacs pour les « relaxer » dans le noir. Ici, il n’y a donc pas de porte-manteau, mais des porte-sacs à coqs 😅
La soirée reste très sympa. Nous sommes baignés dans la culture. On rigole bien, comme une grande bande de copains. Ils nous apprennent à nous déhancher sur du merengue tout en nous expliquant les règles du combat.
Finalement, nous pensions rester une petite heure, mais nous allons jusqu’au bout de la soirée. Nous rentrons à bord de Noam, déposés par notre carrosse, tout en rigolant.
Et finalement, nous invitons tous nos amis à bord : France, Flaquito, Alexis et Juan Carlos. Malo se lance à 22 h dans la préparation de deux superbes poissons (des colas, « colo rubia »). On distribue les assiettes et, à la bonne franquette, on mange et on trinque ensemble ! Quelle belle équipe !
La nuit déjà bien avancée, ils repartent à terre et nous au lit : de la bachata dans les oreilles et les images de la soirée en tête.
Demain, nous partons pour Bayahibe. Anne-So a son avion pour la Colombie lundi : il est temps de rentrer à terre !Read more
J187, Isla Saona
Feb 22–26 in Dominican Republic ⋅ ☀️ 27 °C
Sable blanc, cocotiers, eaux turquoise, plongée, île, piña colada et… un flux incroyable de bateaux de touristes : bienvenue à l’île de Saona !
Nous avons passé cinq jours à profiter de cette jolie île.
Lundi, nous ouvrons les yeux et découvrons le sable blanc devant nous. Avec Agatha, nous décidons d’aller nager jusqu’à la plage pour profiter d’une petite marche. Malo et Anne-So dorment encore, malgré un mouillage un peu roulant. En arrivant sur la rive, nous découvrons les lieux : le soleil commence déjà à bien chauffer et un vent léger fait chanter les palmes des arbres. Puis, petit à petit, les bateaux arrivent et déversent les touristes sur la plage. Catamarans, bateaux à moteur, voiliers… La douce mélodie des moteurs qui rugissent pour venir beacher sur le sable. Cela ne nous empêche pas de profiter de notre excursion matinale.
Mais au moment de rentrer au bateau, c’est une autre histoire : nous sommes venues à la nage, sans palmes, et les bateaux arrivent de part et d’autre à toute vitesse. Nous ne sommes vraiment pas rassurées. Nous tentons plusieurs fois de traverser, mais manquons de peu de nous faire foncer dessus. Nous revenons sur la plage et faisons de grands signes en espérant que Malo ou Anne-So nous aperçoivent. Ouf ! On voit du mouvement : ils montent dans l’annexe et viennent nous secourir. De retour à bord, tout va mieux.
Avec Malo, nous nous équipons pour plonger dans les eaux dominicaines. Les filles, elles, partent à pied en direction du petit village de pêcheurs situé à une quarantaine de minutes de marche.
Nous découvrons de jolis fonds : gorgones, éponges et de nombreux poissons nous accompagnent sous l’eau.
Le lendemain, nous nous préparons pour une session d’apnée et de chasse sous-marine ! Nous grimpons dans l’annexe et c’est parti. Nous avons un bon courant de face, c’est sportif ! Malgré notre motivation, nous ne trouvons pas de poissons. Peut-être que les eaux sont surexploitées ? Il y a beaucoup de pêcheurs ici. L’île de Saona est initialement une île de pêcheurs qui s’est progressivement transformée en attraction touristique. Mais il reste des pêcheurs, et nous allons les découvrir au fil des jours.
L’après-midi, nous allons à Mano Juan, le village principal de l’île. En route, nous longeons l’une des lagunes présentes sur l’île : l’eau est rosée et contraste avec le bleu de la mer.
Après 40 minutes de marche, de petites maisons colorées nous accueillent. Il est 16h et le village s’est vidé des touristes, qui ont leurs horaires (environ 10h30–15h30). Nous nous baladons tranquillement. Des habitants sont installés autour de grandes tablées en bord de plage ; nous discutons avec le sourire. Nous aimerions acheter les fameuses chemises à fleurs et demandons où en trouver. Les échoppes sont fermées à cette heure-ci, mais ils finissent par trouver la gérante d’une petite boutique qui nous ouvre spécialement ! Un succès : nous repartons avec de belles chemises colorées. Nous sommes ravis.
Les soirées à bord se passent bien : bons repas, tournois de belote. À quatre à bord, ce n’est pas grand, mais les filles se sont parfaitement adaptées. Des mousses parfaites ! Je suis très heureuse de pouvoir partager tous ces moments avec elles. Nous fêtons même mon pré-anniversaire, car elles ne seront pas à mes côtés pour le jour J : nous sabrons le champagne et lançons un feu d’artifice ✨️
Anne-Sophie va finalement prendre un avion pour rejoindre la Colombie. Elle nous quitte le 2 mars. Agatha cherche encore la perle rare pour rejoindre la Colombie à la voile ; on y croit !
Le jour suivant, nous changeons de mouillage. C’est encore un décor paradisiaque. Nous ne pouvons pas nous empêcher, chaque matin, de commenter les allers-retours des bateaux et leur musique… mais cela nous fait rire. Et nous sommes privilégiés de pouvoir profiter de l’île quand elle se vide, tôt le matin et en belle soirée.
Sur la plage, nous descendons avec le paddle surf pour prendre les petites vagues qui déroulent au bord du rivage. Et, en guise de réconfort, nous dégustons une piña colada fraîchement préparée dans un ananas, tout en jouant à la belote.
Cette fois, ce sont Anne-Sophie et Malo qui se préparent pour aller plonger. Ils partent pour une plongée de nuit et reviennent tout sourires de leur immersion. Nous nous plongeons ensuite dans les livres pour identifier les poissons avant de continuer la saga Pirates des Caraïbes !
Vendredi, avant l’arrivée des touristes, nous prenons le paddle avec Anne-Sophie et Agatha pour aller nous défouler sur la plage : yoga et surf. De retour à bord, Malo va à son tour surfer. Nous préparons ensuite le traditionnel brunch avec des arepas maison. Nous nous donnons à fond en cuisine !
Puis nous changeons de nouveau de mouillage pour nous diriger vers l’armada afin d’effectuer notre despacho de sortie pour notre départ vers Bayahibe, sur l’île principale, le lendemain. Nous tirons quelques bords plus au large pour profiter du vent et surtout pour essayer de pêcher un beau poisson. Pour l’instant, nous faisons chou blanc ! Toujours sans succès, mais nous débarquons et, sans problème, les démarches sont faites.
Nous déplaçons ensuite le bateau de quelques mètres pour nous installer en face d’un petit village de pêcheurs. À notre arrivée, nous trouvons les lieux plus authentiques : quelques petites cases en bois, des poules et des canards, et des barges qui attendent le soir pour partir pêcher toute la nuit. Nous espérons acheter du poisson, mais un couple de pêcheurs nous dit que c’est trop tard et de revenir demain matin. Ils doivent avoir près de 70 ans et partent tous les deux pour pêcher toute la nuit à bord de leur petite embarcation. Nous espérons les recroiser demain pour acheter leur pêche.
Nous profitons d’un superbe coucher de soleil sur l’île. Le soleil se couche sur la mer ; nous pensons même avoir aperçu le rayon vert (qui s’apparentait plus à un point, à vrai dire). Les couleurs du ciel, une fois le disque doré tombé, sont tout aussi belles : rose, bleu ciel, violet… C’est superbe.
Demain, samedi, nous retrouvons le « continent ». Nous ne sommes pas bien loin : une dizaine de milles nous séparent de Bayahibe ⛵️Read more
J181, Punta cana
Feb 19–22 in Dominican Republic ⋅ ☀️ 28 °C
Nous arrivons à Punta Cana après une belle nuit de navigation. Nous empruntons un étroit chenal, bordé de bâtiments dignes d’un décor de cinéma américain. Peu à peu apparaît une marina élégante, entourée de villas de luxe impeccablement alignées.
Nous sommes à Cap Cana, au sud de Punta Cana, sur la côte est de la République dominicaine. À l’origine, cette région n’était qu’une vaste zone sauvage couverte de cocotiers. À partir de la fin des années 1960 et surtout dans les années 1970, des investisseurs étrangers ont commencé à acquérir des terrains pour développer un projet touristique. Punta Cana est ainsi devenue l’un des symboles du tourisme balnéaire dominicain. Cap Cana, plus récent, a été pensé comme une enclave privée et ultra exclusive : marina, golfs, hôtels haut de gamme et résidences sécurisées composent aujourd’hui ce microcosme pour clientèle fortunée.
Nous sommes très bien reçus par le personnel de la marina. Amarrés près d’un autre voilier appartenant à un Italien, nous faisons rapidement connaissance. Il nous accueille avec un grand sourire :
« Vous prendrez bien un bon café italien ? »
À peine le pied posé à terre que nous dégustons un espresso bien serré, à l’italienne !
Une fois les formalités d’arrivée effectuées, nous découvrons tranquillement les lieux et profitons d’un peu de repos après notre nuit en mer. En nous baladant, nous longeons des canaux qui donnent un petit air de Venise. Il y a peu de voiliers, mais énormément de bateaux de pêche de loisir. Impressionnants, très hauts sur l’eau, parfaitement lustrés, ils sont équipés de dizaines de porte-cannes, avec souvent un siège central trônant au milieu du cockpit pour le maître pêcheur.
Le soir, les filles nous initient à la belote — il va falloir s’entraîner ! Nous restons ici pour le week-end et prévoyons de repartir dimanche pour Isla Saona.
Le samedi, j’offre à Malo un petit déjeuner dans l’un des restaurants qui bordent une plage de Cap Cana. Nous passons un bon moment à flâner, profiter de la mer et des très nombreuses piscines du front de mer. Je n’avais encore jamais payé un petit déjeuner aussi cher (60 $ pour deux !). Nous goûtons au luxe… heureusement que nous ne restons que quelques jours.
Nous retrouvons ensuite les filles pour partager un verre. Le soir, elles nous réservent une surprise pour mon pré-anniversaire : un escape game. Notre mission ? Nous sommes des pirates et nous avons 60 minutes pour nous échapper. Nous sommes à fond ! Nous réussissons à sortir deux minutes avant la fin — c’était intense. Nous avons résolu les énigmes, ouvert les coffres et trouvé le trésor !
Le lendemain, c’est jour de carnaval ! Nous prenons notre temps le matin. Agatha, Anne-Sophie et moi allons courir et nous baigner avant de retrouver Malo à bord pour nous préparer au défilé.
Nous nous parons de paillettes pour profiter pleinement des festivités. Un taxi vient nous chercher — ici, comme vous l’imaginez, il n’y a pas de bus — et nous conduit vers le centre des célébrations. Le chauffeur nous parle du carnaval en République dominicaine : le plus célèbre est celui de La Vega, qui rassemble chaque année des milliers de personnes venues de tout le pays. À Cap Cana, c’est plus petit, mais nous n’allons pas être déçus.
À notre arrivée, nous voyons les groupes descendre des bus venus des quatre coins du pays. Fleurs, paillettes et couleurs éclatantes ornent les costumes : c’est impressionnant ! Participer à un carnaval dans les Antilles a toujours quelque chose de particulier. C’est un événement annuel qui unit une grande partie de la population pour célébrer ensemble. Mais c’est aussi des mois de préparation en amont et une énergie collective qui se dégage puissamment le jour venu.
Nous nous faufilons pour trouver une bonne place tout en observant la ville de Cap Cana. Comme sa voisine Punta Cana, tout semble presque artificiel : buildings modernes, commerces impeccables, rues d’un blanc éclatant… On se croirait à Beverly Hills !
Le défilé commence. Les musiques résonnent, les groupes s’avancent sous un soleil haut dans le ciel. L’énergie est communicative. C’est différent du carnaval guadeloupéen : un peu moins revendicatif, un peu plus commercial peut-être, mais les costumes sont splendides et les sourires tout aussi lumineux.
En fin de soirée, notre taxi vient nous chercher. Le chauffeur, adorable et très curieux de notre mode de vie sur un bateau, nous pose mille questions. Nous passons un chouette moment.
Le lendemain, nous préparons le bateau, effectuons les démarches, puis levons l’ancre pour Isla Saona. Plus de 40 milles nous attendent. Nous longeons la côte est dominicaine, non loin du Passage de la Mona, qui sépare la République dominicaine de Porto Rico.
La navigation se passe bien, mais nous n’avons pas le vent prévu. Nous n’avançons pas très vite et finissons par mettre le moteur pour les dernières heures. À 22 h, nous jetons l’ancre. Le mouillage roule un peu, mais nous ne tardons pas à nous endormir.
Demain matin, nous ouvrirons les yeux sur ce nouveau mouillage réputé pour ses eaux turquoise… et nous avons hâte.Read more
J178, A la recherche des baleines !
Feb 13–18 in Dominican Republic ⋅ ⛅ 22 °C
Nous avons découvert à nouveau un superbe endroit dans les Haïtises, l’un des derniers mouillages du parc : la baie de San Lorenzo. Non loin de notre précédente attache, quand nous arrivons, nous apercevons Le Rebelle, bateau copain ! Ils ne semblent pas à bord, nous les verrons plus tard.
Le soir, en effet, Lionel vient nous saluer. Il nous dit qu’ils sont avec les propriétaires de l’éco-lodge installé à terre et nous vante les lieux. Nous prenons note : nous nous y rendrons le lendemain.
Le lendemain, après une belle pluie qui nous a ravis pour remplir nos cuves, nous partons à la découverte des lieux. Nous embarquons dans l’annexe et traversons les mangroves avant d’atteindre un ponton où nous nous amarrons. En dix minutes à pied, nous atteignons le fameux éco-lodge. Nous payons 1 400 pesos l’entrée afin de bénéficier d’un buffet et de l’accès aux piscines naturelles.
Les lieux sont magnifiques : les bassins ont été façonnés sur le lit de la rivière. Tout est pavé et joliment construit. Après un buffet bien copieux, nous allons nous baigner. L’eau est fraîche ! C’est la rivière, ça nous saisit. On se prélasse sur les transats, puis nous allons jouer aux cartes dans le bar qui domine les lieux. Lionel, notre ami du Rebelle, est là aussi. Il nous fait rire : il vient nous voir, verre de gin à la main — « Ce n’est pas possible, ils ne font que boire ici ! On n’a pas le temps de dire ouf ! »
Ils nous proposent de nous ramener au ponton de l’annexe avec la voiture des propriétaires. On ne refuse pas : nous voilà embarqués dans une superbe voiture… le luxe !
En arrivant à bord, nous nous installons pour une belle soirée cinéma. Nous nous replongeons dans nos rêves d’enfant en regardant L’Île aux trésors, en mangeant popcorn et gâteaux !
Le lendemain, il est l’heure pour nous de lever l’ancre des Haïtises. Progressivement, nous quittons ces mogotes, grandes roches verdoyantes, pour retrouver la civilisation.
Nous partons sous un soleil au zénith, au moteur. Pour sortir de la baie, le vent ne sera pas avec nous, ni le courant ! Nous visons Miches, un petit village à la sortie de la baie. Mais finalement, la houle de face et l’angle du vent nous font changer de décision : nous partons pour Levantado. Nous reprendrons la mer demain pour Miches.
Nous jetons l’ancre à la tombée du jour. Malo et Agatha sautent dans l’annexe pour installer une ancre arrière afin d’éviter un roulis trop fort. Ça fonctionne à merveille ! Le ciel se couvre de couleurs rouges, roses et violettes. Et nous ne tardons pas à rejoindre Morphée. Demain, on se lève aux aurores : nous souhaitons profiter du lever de soleil pour aller observer les baleines.
À 6 h, le réveil sonne. Les yeux encore un peu bouffis, l’équipage se réveille. Anne-So, avec son énergie et son sourire inépuisables, s’attelle à nous préparer le café. Agatha, encore dans ses rêves, vient m’aider à remonter l’ancre. C’est parti : on met le cap vers Miches, mais avant, on va divaguer un peu à l’entrée de la baie pour essayer d’apercevoir les superbes baleines à bosse qui viennent mettre bas dans les eaux protégées de Samaná.
La mer est d’huile : pas un souffle de vent, pas une ride sur l’eau. Doucement, le soleil se lève et ses couleurs nous ravivent. Malo est à la barre. Je m’installe à l’avant du bateau, assise sur le bloc du compresseur. Agatha à tribord, Anne-Sophie à bâbord, aux aguets, fixant l’horizon.
S’ensuivent deux heures à observer des souffles, des nageoires… et nous apercevons même l’une de ces géantes bleues sortir sa tête de l’eau. Nous sommes privilégiés, encore seuls sur l’eau. Nous en profitons car dès 9 h, de nombreux bateaux à moteur amènent les touristes pour voir les baleines.
Les cétacés sont assez timides et sondent vite en nous apercevant, mais leur observation, même assez lointaine, nous enchante. C’est magique.
La mer est si plate que nous coupons les moteurs. Nous laissons Noam à la dérive et sautons dans le grand bleu. En mettant la tête sous l’eau, nous entendons le chant des baleines. Elles nous semblent si proches. Des grincements, des sons si caractéristiques… c’est incroyable !
Nous reprenons le cap sur Miches. Nous slalomons entre les cayes et jetons l’ancre dans une petite baie du village.
Nous embarquons nos poubelles et deux bidons de carburant pour aller respectivement les vider et les remplir. Nous beachons l’annexe sur la plage. En arrivant, nous demandons à deux hommes installés dans un hangar en bord de plage — la station-service. Tout de suite, ils nous sourient : « On vous amène, montez ! » Deux minutes après, nous voilà à l’arrière d’un pick-up pour aller chercher de l’essence. Ils sont pêcheurs. On fait les pleins en observant la vie chaleureuse de ce petit village. Les deux messieurs nous ramènent et gardent nos bidons de diesel le temps de notre promenade. Adorables !
Notre objectif du jour : grignoter des empanadas et faire le plein de courses ! Sous un soleil de plomb, on trouve des empanadas fraîchement cuisinées qui nous nourrissent comme il faut 😅
Ensuite, place aux courses ! On est bien chargés, mais on arrive sans souci au mouillage. L’ambiance est sympa ici : un peu de musique, mais ça reste agréable, bien moins capharnaüm qu’à Samaná. Les petites maisons, avec leurs fameux barreaux aux fenêtres, sont simples mais relativement bien entretenues. Les gens semblent vivre paisiblement.
Lors de nos courses, nous refusons les sacs plastiques. On rigole de la réaction des gens : ils ont du mal à comprendre, les sacs plastiques sont une religion ici !
En arrivant sur la plage, nous récupérons nos bidons en remerciant nos bienfaiteurs. Entre-temps, les lieux se sont remplis : ça s’agite autour de la fameuse table à dominos. Une institution dans les Caraïbes !
De retour à bord, on est tous un peu fatigués par le soleil. On range les courses, une bonne baignade, puis un repos mérité. En fin de journée, l’armada passe nous voir. On stresse un peu car notre despacho (autorisation locale de sortie) date de plus de dix jours. Mais ils ne nous embêtent pas : on leur explique qu’on s’est arrêtés pour se reposer. Pas de souci : si vous descendez à terre, il vous faudra simplement refaire un despacho ! On ne leur dit donc pas qu’on a déjà été à terre… mieux vaut rester discret parfois. Ils nous remercient avec un sourire et repartent.
Le lendemain, on profite du bord. Le temps file : on bouquine, on travaille sur nos projets respectifs, on papote et on se prépare un bon brunch avec les nouveaux fruits et légumes frais de la veille.
Puis on prépare le bateau. Anne-Sophie cuisine un peu pour la navigation et nous préparons tous Noam comme il faut.
Nous partons finalement pour Punta Cana, à la marina, car il n’y a pas de mouillage. Nous avons choisi cette option afin de profiter du carnaval dominicain, réputé dans cette ville côtière ! Nous y passerons le week-end avant de continuer vers l’île de Saona.
Nous avons un peu plus de 60 milles à parcourir, avec un vent au près d’une quinzaine de nœuds.
À 16 h, nous levons l’ancre. Nous allons naviguer de nuit. Nous tirons quatre bords pour sortir de la baie, puis c’est parti : nous débutons la nuit en descendant vers notre destination. La nuit est étoilée, le bateau gîte toutes voiles dehors sur une belle mer, la lune nous sourit d’un sourire fin. Nous devrions arriver demain matin à bon port !
Nous nous organisons par équipes de deux pour les quarts de nuit : il y a toujours Malo ou moi avec l’une des filles. Une veille, un en quart, deux au lit — et ça tourne toutes les deux heures. C’est parti !Read more
J173, Los Haitises
Feb 10–13 in Dominican Republic ⋅ ⛅ 21 °C
Nous nous réveillons à bord après une nuit bien agitée ! Le mouillage n’est pas protégé, ce qui provoque un bon roulis du bateau. L’équipage se lève malgré tout de bonne humeur : la vue sur cette jolie île, bordée d’une belle plage soigneusement entretenue pour l’unique hôtel des lieux, nous fait vite oublier la nuit mouvementée.
Nous nous préparons pour aller plonger ! Anne-Sophie est une plongeuse aguerrie ; Agatha, elle, est novice et appréhende un peu. Nous montons tous les quatre dans l’annexe avec les blocs de plongée. Agatha et moi grimpons dans le kayak (qui, malheureusement, est encore percé !). Nous arrivons sur un spot qui nous semble adéquat. Anne-So se met sur le détendeur de secours de Malo, et moi je suis avec Agatha. Malo et Anne-So s’immergent.
Avec Agatha, nous prenons notre temps. Je lui explique le détendeur étape par étape, puis, le long de la chaîne de l’annexe, nous nous enfonçons : 1 m, 2 m, 3 m… pause, ses oreilles coincent ; on attend, on respire, ça passe. Nous poursuivons la descente jusqu’à 9 m. Tranquillement, nous observons les gorgones violettes qui dansent au rythme de la houle, deux calamars qui glissent sous notre nez, un poisson-trompette parfaitement camouflé dans les éponges. Nous remontons ; C’était un très joli moment ✨️ Anne-So et Malo nous retrouvent, eux aussi ravis de leur immersion malgré une visibilité un peu faible. Ça faisait trop longtemps que l'on avait pas profité des fonds !
De retour à bord, on mange un bout. Avec Agatha, nous partons nous promener sur la plage. Au coucher du soleil, à l’entrée de la baie, au loin… trois baleines sautent à la verticale. Elles sont loin de nous mais on les imagine si grandes et majestueuses.
La soirée file tranquillement au rythme du roulis. Je suis très heureuse d’avoir mes copines à bord 🫶
Le lendemain, le réveil sonne à 7 h. Nous sommes un peu fatigués après une nuit encore secouée, mais motivés : nous partons vers le Parc national Los Haitises. Avant de nous y diriger, nous naviguons vers la sortie de la baie pour tenter d’apercevoir des baleines. Nous déroulons les voiles et scrutons l’horizon à la recherche de ces grandes créatures bleues. Nous en voyons plusieurs, mais jamais assez près pour les photographier ; nous les gardons précieusement en mémoire.
Nous changeons ensuite de cap vers le fond de cette immense baie où se niche le parc. Peu à peu, le paysage devient spectaculaire. D’étonnantes formations calcaires recouvertes d’une végétation luxuriante semblent flotter sur l’eau. Ces pains de sucre, façonnés par l’érosion, émergent au milieu d’une forêt tropicale humide et de vastes mangroves. Le parc est l’un des trésors naturels de la République dominicaine : il abrite une biodiversité remarquable, des colonies d’oiseaux marins, et des grottes ornées de pétroglyphes laissés par les Taïnos.
Nous avons l’impression d’entrer dans un décor de Jurassic Park. Nous sommes seuls, entourés de frégates, de rapaces, de pélicans qui tournoient au-dessus de nous. Nous jetons l’ancre après une belle navigation au portant. Cette fois, le mouillage est parfaitement abrité. Pas un roulis. Quel bonheur.
Aujourd’hui, vendredi, cela fait trois jours que nous profitons du parc. Nous avons randonné sur les hauteurs, exploré en annexe et en paddle les grottes creusées dans la roche calcaire, découvert des mangroves si profondes que les palétuviers semblent toucher le ciel.
Nous avons même eu la chance de croiser un serpent, blotti à l’abri d’un arbre. L’eau n’est malheureusement pas transparente, mais nous nous baignons quand même. Le temps est calme ; on se plaît à dessiner, jouer, lire et discuter. La nuit, lorsque le ciel s’assombrit derrière le bateau, l’eau devient phosphorescente grâce au plancton. C’est magique, je n’en avais jamais vu autant. On se croirait dans Avatar.
Nous avons changé de mouillage aujourd’hui (Cayos de los pajaros). Demain, nous mettrons de nouveau l’ancre plus près de la sortie de la baie pour nous diriger tranquillement vers le sud du pays, vers l’île de Samoa. Prochaine destination plongée !
Les filles, elles, restent encore plusieurs jours à bord, observant les bateaux en partance pour la Colombie qui accepteraient peut-être de les embarquer. Elles ont pour projet d’aller rendre visite à notre copine Ellyn d’ici quelques semaines. Mais le bateau-stop est une histoire de chance et de patience… on croise les doigts.Read more


































































































































































































































































































































































































































































































































































































































