J211, Requin et épave de pirate
Mar 21–23 in British Virgin Islands ⋅ 🌙 26 °C
Le lendemain, nous larguons les amarres de Little Harbour, magnifique baie, pour mettre le cap au sud de l’île. Nous voulons plonger sur un site à son extrémité : Shark Point. Nous mouillons le bateau sur une langue de sable, puis nous nous installons dans l’annexe avec tout le matériel (cette vieille annexe tient comme elle peut, mais il faut écoper à bon rythme pour ne pas couler !).
Nous nous amarrons à une bouée, Malo s’immerge et s’exclame aussitôt : « whaou, c’est magnifique ! ». Nous sommes entourés de centaines de varangues et d’agoutis, des bancs entiers virevoltent autour de nous. Je m’empresse de le rejoindre, et c’est parti pour une heure de magie.
À la pointe sud de l’île, la roche dessinée en surface se reflète dans les reliefs sous-marins, où se cachent poissons et crustacés. L’eau claire nous offre une visibilité d’une vingtaine de mètres. Nous observons des varangues plume, des carangues gros yeux, des bourses qui jouent devant l’objectif, et deux beaux requins des Caraïbes qui nous observent de loin. Un spectacle : on se croirait dans un aquarium.
Nous tombons sur un casier dans lequel un malheureux requin dormeur s’est retrouvé piégé. Le pêcheur, ne l’ayant pas relevé assez tôt, a laissé mourir le bel animal, désormais impropre à la consommation… Ça fait mal au cœur. Plus loin, un second casier retient deux belles langoustes, sans doute du même pêcheur. L’une d’elles est pleine d’œufs : il n’en faut pas plus pour convaincre Malo de les relâcher. Il ouvre le casier, se débat un peu avec les deux crustacés, mais parvient à les libérer. Elles repartent se cacher dans les cailles environnantes : la B.A. de la journée !
Nous terminons cette plongée émerveillés, remontons à bord de Noam, et grignotons un sandwich avec du pain maison (un régal !) avant de lever à nouveau l’ancre pour aller mouiller un peu plus au nord, à Key Bay.
À notre arrivée, des navigateurs font un beau feu sur la plage. Deux catamarans sont amarrés près de nous, ainsi qu’un gros yacht de luxe : le paysage typique de ces îles. Nous nous préparons pour une plongée de nuit !
Nous allons plonger sur l’épave du Willy T Wreck, un bateau coulé volontairement par l’association Beyond the Reef, qui crée des récifs artificiels. Ce navire avait été gravement endommagé lors du passage de l’ouragan Irma en 2017, qui a dévasté les îles Vierges britanniques, détruisant une grande partie des infrastructures et marquant durablement l’archipel. Il a ensuite été dépollué, redécoré en épave pirate, puis immergé. Nous avons hâte de découvrir cela.
Je râle un peu à l’idée de me mettre à l’eau — je deviens vraiment frileuse ! — mais une fois dedans, la magie opère. La nuit nous entoure et le faisceau de nos lampes nous guide. Nous nous amarrons à une bouée du site et tombons rapidement sur un premier squelette métallique, déjà colonisé par la vie.
L’épave a été pensée pour accueillir poissons, éponges, gorgones et autres espèces. Les éponges rouges et orange, les poissons-perroquets aux couleurs arc-en-ciel dorment dans les cages thoraciques des pirates… Un décor hors du commun ! On s’amuse à se promener entre le capitaine, l’homme de ménage, le pirate endormi dans son hamac…
Nous terminons la plongée en observant le récif voisin. Lors de notre palier de décompression, accrochés au bout de la bouée, le zooplancton fourmille dans la lumière de nos lampes, attirant de gros tarpons aux écailles argentées. Soudain, je tourne la tête : une énorme raie léopard nage majestueusement à quelques mètres de nous. Nous la suivons un instant… magique.
Nous remontons à bord, ravis, prêts à dormir.
Le lendemain, je profite de la plage accessible en paddle pour une séance de yoga. Après un café avalé, nous levons l’ancre pour rejoindre l’île de Tortola, à Road Town, la capitale des îles Vierges britanniques, petit centre administratif et portuaire animé, point d’entrée principal de l’archipel.
Nous devons faire les pleins : essence, gaz, eau. Toutes voiles dehors, nous avançons sous un ciel nuageux mais avec un vent favorable. Le plan d’eau est un véritable terrain de jeu entre les îles. De nombreux voiliers tirent des bords : le paysage est superbe.
Nous atteignons le port en longeant deux immenses paquebots de croisière, impressionnants. Alors que je suis à la proue, j’aperçois un aileron : « un dauphin ! ». En fait, c’est une femelle et son petit, à peine âgé de quelques semaines. Ils jouent le long du bateau, spectacle incroyable.
Après cette belle rencontre, nous nous amarrons au ponton à essence et attendons qu’un énorme catamaran (80 pieds) termine de remplir ses cuves (plus de 4 000 litres de diesel tout de même !). Une fois les pleins faits (6,30 $/gallon de diesel, 0,25 $/gallon d’eau), nous repartons mouiller non loin de là.
Le ciel finit par tenir sa promesse : la pluie s’abat sur nous ! On se réfugie à l’intérieur. Nous assistons à une réunion pour un appel à projet intéressant pour développer les actions de Vag’abond. Cela pourrait nous permettre d’obtenir un bon budget pour créer une exposition valorisant la biodiversité sous-marine des Caraïbes. Réponse dans moins de quinze jours : il ne va pas falloir chômer !
Une fois terminé, nous partons à terre pour remplir les bouteilles de gaz et faire quelques courses. Nous retrouvons la ville : voitures rapides, enfants en uniforme scolaire, policiers au képi brillant. Le supermarché est grand, bien achalandé, comme en Europe… et les prix aussi ! On essaie de rester raisonnables, surtout fruits et légumes.
Nous cherchons aussi une annexe à vendre — une petite comme la nôtre, ça ne court pas les rues. Il faudra continuer les recherches.
De retour à bord, nous rangeons rapidement les courses et levons l’ancre. Cap sur Salt Island, à quelques milles. Nous naviguons au près, dans un vent confortable, toutes voiles dehors : c’est magnifique.
Nous sortons de l’anse en même temps qu’un paquebot de croisière — impressionnant. Malo décide de pêcher. À mi-chemin, la canne plie : après quelques efforts, il remonte un magnifique thazard ! Trop contents (même pas le temps de prendre une photo dans l’excitation !).
Nous atteignons le mouillage, où se trouve un seul bateau : nos amis du Blue Moana. Malo appelle Olivier : « on a ramené le dîner ! Barbecue ! ».
Une fois ancrés, Malo prépare le poisson, moi les légumes. Nous dégustons ce festin à bord de nos voisins préférés. Wanda a préparé une soupe de courge : parfait. Un repas délicieux !Read more





























