J232, Charmante Saba
April 15 in the Netherlands ⋅ ☀️ 27 °C
En arrivant à Fort bay, nous nous amarrons à l’une des bouées jaunes barrées d’une bande bleue, réservées aux bateaux de tourisme, devant le petit port de l’île. C’est assez rouleur, mais nous n’y restons que quelques heures, le temps de faire nos démarches administratives.
Nous mettons l’annexe à l’eau et partons vers le port. Plusieurs nageurs et plongeurs barbotent dans l’eau. Quelques bâtiments bordent la jetée ; nous nous rendons aux bureaux des customs et de l’immigration. Nous sommes superbement bien accueillis, ce qui est loin d’être le cas partout. Un grand sourire, et nous voilà enregistrés. Nous devons payer 20 $ pour l’entrée.
Nous sommes contents de ne pas nous être enregistrés officiellement à Saint-Barth : ici, personne ne nous demande d’où nous venons. L’agent des douanes nous indique qu’il faut ensuite nous enregistrer auprès du parc, la “Saba Conservation Foundation”, et payer une taxe. Il est déjà 16 h passées, les bureaux sont fermés, mais nous pouvons remplir le formulaire nous-mêmes.
Nous nous dirigeons vers leurs locaux, à quelques pas de là. Une porte ouverte, des documents en libre accès pour découvrir les zones de plongée, les randonnées, l’histoire de l’île… On fait le plein d’informations ! Nous trouvons une boîte avec des formulaires pour s’enregistrer et payer la contribution au parc. On trouve ça génial : tout repose sur la bonne foi de chacun, sans contrôle. Nous remplissons le nécessaire : 12 $ pour 3 nuits.
Saba est une petite île volcanique appartenant au royaume des Pays-Bas. Elle ne mesure qu’environ 13 km² et compte à peine 2 000 habitants. Sauvage, escarpée et préservée, elle est réputée pour ses fonds marins exceptionnels et son engagement fort dans la protection de l’environnement.
Avant de repartir à bord, nous allons boire un verre dans un petit restaurant et goûter une bière brassée localement. La gérante, très sympa, nous explique qu’elle vient de Trinidad. Elle vit ici depuis cinq ans. De formation en conservation marine, elle a ouvert son établissement car ce secteur ne paye pas suffisamment. Ses clients sont des touristes arrivant par ferry, mais aussi des ouvriers travaillant sur la construction du nouveau port.
Nous repartons à bord et quittons la bouée pour rejoindre la zone de mouillage au nord, à environ 2 milles. Ici, l’ancrage est interdit : seules les bouées sont autorisées. Nous trouvons la nôtre juste avant la tombée de la nuit. Le décor est spectaculaire : falaises abruptes, seulement trois voiliers, et des fonds qui plongent à pic à plusieurs centaines de mètres. Le soleil disparaît lentement. Nous nous endormons bercés par un roulis finalement assez doux.
Le lendemain, réveil à 6 h. Nous partons plonger à l’aube — un petit côté pirate, car ici il est obligatoire de plonger avec un opérateur. Difficile pour nous de s’y contraindre avec tout notre équipement à bord…
Nous nous immergeons dans les eaux bleues de “Babylon”, un spot de Ladder Bay. Cette zone tient son nom des escaliers abrupts visibles sur la côte : autrefois, avant le port, les habitants y montaient les marchandises à dos d’homme jusqu’au village de The Bottom.
Sous l’eau, la visibilité est excellente. D’anciennes coulées de lave structurent le paysage. Balistes noires, poissons-coffres, éponges, gorgones… Et rapidement, deux requins dormeurs nous accompagnent. Ils nous suivent, passent sous nos palmes, comme des chiens curieux. L’ambiance est étonnante. Puis un requin gris de récif passe dans le bleu. Toujours impressionnant.
Nous remontons ravis et rentrons prendre un petit-déjeuner bien mérité. Un voisin de mouillage vient nous saluer : Antoine, qui vit sur son voilier avec Emilia. Ils naviguent depuis un an. Il nous parle d’un programme local : des plongeurs nourrissent les poissons avec des poissons-lions pour tenter d’instaurer une prédation naturelle. Voilà peut-être pourquoi nos amis requins semblaient si intéressés !
Il nous conseille de faire l’ascension du Mont Scenery, point culminant de l’île à 880 m. Nous l’invitons à dîner le soir avec un ceviche de notre thon fraîchement pêché 🥰
Nous partons à terre pour la randonnée. L’accès est sportif : une petite crique de galets noirs avec de la houle. Heureusement, tout se passe bien. Puis nous empruntons les célèbres escaliers en pierre qui mènent au village de The Bottom. Impressionnant : on imagine la force des habitants qui transportaient les marchandises ici !
Le village est charmant : maisons blanches, volets verts, toits rouges… On se croirait dans un conte. Nous attaquons ensuite le sentier vers le sommet. La montée se fait dans une forêt humide, luxuriante, avec de belles vues sur la mer : la forêt elfique. Au sommet du Mont Scenery, la tête dans les nuages, la vue est bouchée, mais l’ambiance reste magique !
Nous redescendons vers Windwardside, un autre village plus grand mais charmant. Les habitants sont souriants, accueillants. Saba étant néerlandaise, on ne peut s’empêcher de remarquer la qualité des infrastructures, comparée à certaines îles voisines…
Affamés, nous nous arrêtons pour un smoothie bien frais. Puis stop pour rentrer : en deux minutes, nous sommes pris à l’arrière d’un camion. La route qui serpente offre des vues incroyables.
De retour au bateau, la journée continue : deuxième plongée autour du “Diamant”, un énorme rocher isolé. La vie y est foisonnante… jusqu’à ce que des filaments de méduses nous brûlent. Après quelques minutes, la douleur passe et nous profitons du spectacle : éponges colorées, poissons multicolores… La réputation de Saba n’est pas usurpée.
Le soir, nous partageons notre ceviche avec Antoine et Emilia chez eux. Une très belle soirée. À minuit passé, nous rentrons et tombons de fatigue.
Demain, vendredi, encore quelques plongées avant de mettre le cap sur Montserrat samedi (environ 24h de navigation au près ⛵️).Read more


































