Nous partons à l’aventure en Nouvelle-Zélande pour marcher le Te Araroa: un trek de 3’000 km du Nord au Sud du pays.
  • Day114

    J114, km 2’345 Potts River

    February 5 in New Zealand ⋅ ⛅ 16 °C

    Au lendemain de notre jour de repos à Methven,
    nous partirons en navette/minibus pour atteindre le début du trail à Glenrock station. Cette section est divisée en deux parties: 3 jours pour atteindre la large rivière Rangitata, puis 4 jours pour atteindre Lake Tekapo. Entre ces deux parties, se trouve donc la rivière en tresses susnommée dont les bras séparent les deux côtés de la vallée sur une largeur d’environ 10 km.
    Les jours avant d’entamer cette section auront été ponctués de nombreuses recherches et discussions entre nous deux et avec les autres marcheurs pour répondre à une question simple: va-t-on tenter ou non la traversée à pied de cette vaste et sauvage rivière. Les notes officielles du TA indiquent que le trail s’arrête sur la première rive, et reprend de l’autre côté. Il s’agit donc à nouveau, comme pour la rivière Raikaia qu’on a contourné en minibus en passant par Methven, d’un obstacle considéré comme « natural hazard zone » (zone de danger naturel). Sauf que cette fois le détour est de 140 km, et que les notes précisent également que des personnes adultes et expérimentées peuvent, lors de conditions favorables (basses eaux), effectuer le passage à gué des bras successifs de cette rivière.
    Nous avons croisé plusieurs « NOBO » (« North bounders », des personnes qui marchent le TA du Sud au Nord) récemment qui nous ont indiqué avoir pu faire cette traversée sans soucis majeurs. On prévoit ainsi, au départ de Methven, de le faire si les conditions météo et hydrologiques le permettent. A cette fin on s’organise avec Daniel et Katharina, un couple d’allemands qu’on vient de retrouver par hasard alors qu’on avait sympathisé sur l’île du Nord, partagé quelques restos et parcouru de nombreuses sections ensemble. Le plan est qu’ils se fassent transmettre sur leur appareil GPS (on n’aura pas de réseau) les dernières informations nous permettant de décider de traverser ou non: le débit de la rivière, publié en ligne automatiquement chaque heure, et la météo en amont du bassin versant (pleut-il ou non).

    Juste avant notre départ de Methven, on apprend par Instagram une nouvelle qui nous incitera pour le moins à être prudent: une fille que l’on connaît pour avoir notamment descendu avec elle la Whanganui River en canoë, a dû être secourue par hélicoptère le jour précédent, alors qu’elle tentait justement la traversée de la Rangitata. Elle a pu franchir sans encombre les 15 premiers bras de rivière, mais comme de forts orages se déroulaient en amont, le niveau est rapidement monté, et lors de sa tentative de passer le dernier bras de rivière, elle a chuté et s’est fait emporter. Heureusement, elle arrivera à flotter sur son sac et regagner le bord. Elle perdra au passage sa tente, ses bâtons, et sa bouteille de filtration d’eau. En voulant faire machine arrière et revenir sur la rive de départ, elle fera le constat que le niveau d’eau est déjà trop haut. Elle se retrouvera ainsi coincée sur un îlot de gravier sans autre choix que d’appeler les secours par son PLB (« personal locator beacon », appareil d’urgence GPS/satellite). Un hélicoptère viendra la sauver 45 minutes plus tard.
    Cette histoire sera riche en enseignements pour la communauté: ne pas franchir de telles zones seul, se renseigner sur la météo en amont lorsque le franchissement dure 3 heures, et avoir sur soi un PLB (ce que nous avons, merci Guillaume pour le prêt!). Même si ça devrait être une évidence. A la décharge de cette pauvre randonneuse qui en est ressortie choquée, le débit de la rivière est passé de 55 à 150 m3/s en seulement deux heures, et son père lui avait envoyé les dernières données de débit par satellite! Ce débit montera encore à plus de 300 m3/s le lendemain, puis excédera encore les 400 m3/s les jours suivants. Pour comparaison, le débit moyen du Rhône à Genève est de 250 m3/s…

    Mais revenons au début de notre section. Après 1h15 de minibus, on partira en fin de matinée dans un massif sauvage, aride, couvert d’éboulis et de végétation basse : bush, herbes hautes / tussock, et gorse / divers types de plantes épineuses qui nous lacèrent fréquemment les jambes. Le deuxième jour on remontera la Hakatere River sur plusieurs kilomètres en marchant sur ses berges et dans son lit. On la franchira pas moins de 68 fois en quelques heures!

    Les paysages sont grandioses, sans forêt à l’horizon, juste des montagnes, souvent pelées, et de larges vallées. On se croirait dans le Rohan du Seigneur des Anneaux, ou carrément dans un western. Le temps est magnifique avec de la chaleur et un grand soleil.

    Après une nuit agitée avec des vents violents qui nous réveilleront en sursaut à plusieurs reprises, nous repartons dans des vallées d’herbes brunes et hautes, toujours accompagnés d’un vent soutenu.
    La pluie, que nous aurons vu les trois jours au loin dans le bassin versant de la Rangitata, finira par nous arroser en fin de la troisième journée. Nous recevrons en parallèle par satellite les nouvelles que nous attendions: les pluies battent leur plein en amont de la Rangitata (72 mm/j!), et le débit reste très élevé. Au moins cela facilite notre choix. Ou plutôt il s’agit alors d’un non-choix: impossible de traverser la rivière, et nous ne savons pas combien de jours nous devrions attendre pour pouvoir le faire. Toujours par satellite, Daniel organise ainsi une navette / un minibus pour nous permettre de faire le détour par la route, comme prévu « officiellement » par le trail. On verra encore avant de partir le Mt Sunday, qui a été filmé dans le Seigneur des Anneaux ; il s’agit de la cité d’Edoras, la capitale du Rohan! Nous sommes donc allés dans la ville de Geraldine, hors-trail, pour la nuit, et sommes remontés le lendemain sur l’autre rive de la Rangitata pour reprendre le sentier.

    Voici les étapes réalisées depuis Lake Coleridge :
    - km 2’292 Comyns Hut
    - km 2’313 Manuka Hut
    - km 2’345 Potts River
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    Traveler

    Musique: Long Tall Jefferson, Yonder is a Mountain

     
  • Day111

    J111, km 2’275 Lake Coleridge

    February 2 in New Zealand

    Nous aurons donc passé un « zero day » à Boyle Village le 24.01, soit le jour de l’anniversaire de Marc. Autant dire qu’avec des nouilles instantanées au soir, le côté festif est resté…limité. Il n’y a effectivement rien à faire à cet endroit, où on est cependant restés pour nous reposer et planifier les prochains jours.

    Au départ de ce village, on longera une rivière dans une large vallée, on retrouvera ponctuellement de la boue - évidemment, pour baptiser nos chaussures neuves…! Et on finira par rester dans une hut où arriveront…21 autres hikers! A nouveau, par choix, on préférera dormir sous tente, et ce après avoir mangé et sociabilisé dans la cabane de Hope Kiwi Lodge.

    Le lendemain, après avoir croisé plusieurs petites rivières et longé la vallée Hurunui, on arrivera près d’une « hot pool », une source thermale naturelle. On choisira de ne pas s’y baigner car, pour une raison inconnue, j’étais nauséeux à ce moment, car l’endroit était infesté de sandflies, car il était difficile de se rincer après, et car un gros panneau indiquait (traduction) « Avertissement, la méningoencéphalite amibienne est mortelle et causée pas une entrée d’eau dans les narines, ne pas immerger la tête ». Bref, les bains thermaux seront pour une autre fois.

    Le lendemain, nous marcherons une bonne partie de la matinée avec Tom, celui qui ambitionne de faire le tour du monde à pied (cette fois-ci son site web est fonctionnel: https://www.iwalkaroundtheworld.com), avec qui on échangera sur le TA et sur ses projets futurs. Nous longerons la vallée de la Taramakau river, toujours sublime, et camperons en sauvage à proximité d’un bras de la rivière. L’occasion de faire un peu de lessive et de se laver un peu, le tout sans savon évidemment.

    Le jour suivant, nous remonterons presque toute la journée l’Otira puis la Deception River, en marchant principalement dans leurs lits ou sur leurs berges. La navigation se fait souvent sans marquage, on suit ainsi le chemin qui nous paraît le moins accidenté. Nous traverserons ce jour 38x ces rivières et leurs affluents avec au moins les pieds et chevilles immergés. Nous sommes chanceux car assez fréquemment, après de fortes pluies, ces rivières ne peuvent être franchies et les hikers doivent ainsi patienter jusqu’à ce que le niveau baisse. La marche était magique, puisque nous passerons dans des milieux très sauvages, d’abord le long de rivières en tresse, puis le long d’un torrent jonché d’énormes blocs. Il nous faudra même faire un peu d’escalade pour passer certains obstacles! Bonus du jour: on surprendra une famille de « Blue Ducks », des canards « de montagne » très rares.
    Nous aurons également vu ce jour de nombreux Trail runners qui s’entraînent pour une course, la « Coast to Coast », qui se tiendra dans deux semaines et passera notamment par ici.
    Une fois n’est pas coutume, nous ne serons que trois TA hikers dans la cabane, les 7 autres personnes y résidant étant des randonneurs locaux partis pour le week-end. A nouveau ce fut l’occasion d’échanges sympathiques.

    Ensuite nous rejoindrons Arthur’s Pass, un petit village alpin touristique en bord de route, mais à quelques kilomètres du trail. On fera donc de l’auto-stop pour y aller et en revenir le lendemain. On y récupérera notre dernier colis de nourriture pour les jours suivants, et on profitera d’aller manger dans un café et dans un restaurant. Dans ces deux établissements, le manque de personnel est criant: affiches avec annonces de recherche d’employés, horaires d’ouverture écourtés, menus simplifiés, et personnel surchargé…! Ce sont ici les conséquences du Covid et des fortes limitations d’activité durant la crise : le personnel a ainsi depuis trouvé d’autres emplois, et à cause de l’ouverture tardive des frontières et du délai requis pour les visas de travail, pas assez d’étrangers n’ont encore pu venir renforcer les effectifs.

    Au départ d’Arthur’s Pass, on longera de nouvelles rivières - c’est bien le thème du trail ces derniers temps - et on montera à la très charmante Hamilton hut. On dormira à l’intérieur, ce qui nous évitera de vivre sous tente un fort épisode de pluie.
    Après encore une petite journée à descendre la Harper River, puis une autre à marcher 28 km sur une route en gravier, nous avons rejoint Lake Coleridge, au bord du lac homonyme. On y sera accueillis par la propriétaire d’un lodge qui nous offrira gratuitement fruits, boissons, et biscuits maison!
    A cet endroit le trail s’arrête devant la rivière Rakaia, trop large et dangereuse pour être traversée à pied. Faute de pont, il nous faut ainsi la contourner sur 60 km pour retrouver l’autre rive, c’est ce qui est prévu « officiellement » par le trail. Depuis le village nous avons donc pris une navette qui nous a mené, hors trail, dans la ville de Methven, où nous prenons un jour de repos, et où nous nous ravitaillons enfin en produits frais. Marc profitera aussi de s’acheter un nouveau t-shirt et de nouvelles chaussettes, usure oblige. Demain nous reprendrons une navette pour retrouver le tracé.

    En terme de météo, alors qu’Auckland a subi récemment de terribles inondations, ici seules quelques bruines nous amèneront les premières gouttes de pluie depuis longtemps, et quelques franches ondées passeront, mais uniquement la nuit. On est donc toujours bien chanceux avec le temps!

    Concernant les sandflies, nous en aurons vus quotidiennement - pour ne pas dire en permanence - ces derniers jours, mais en quantité qu’on qualifiera de raisonnable. La brise fréquente, ainsi que notre consommation irraisonnée de Marmite (sorte de Cenovis) qui contient des vitamines B2 supposées les repousser, semblent nous aider à être moins assaillis. Sinon il nous restera toujours la possibilité de continuer notre périple accompagnés d’un pingouin. On a effectivement appris qu’il s’agissait des cibles préférées des sandflies, qui préféreront ainsi toujours s’attaquer à eux plutôt qu’à nous.

    Depuis le début de notre marche sur l’île du Sud, à de rares exceptions près, nous n’aurons mangé que notre nourriture envoyée à l’avance par colis. C’est-à-dire uniquement des aliments non périssables. Donc pas de légumes et peu de variété. Ce dernier mois, « aidés » par les dénivelés souvent importants et les chemins exigeants, nous aurons donc perdu un peu de poids. Comme notre ami Guillaume - qui a traversé récemment les États-Unis (PCT) - l’a vécu, on commence à rêver de nourriture. Dans mes derniers songes, je me trouvais à un buffet familial, où des tartes étaient disposées sur les tables. J’attrapais de mes mains et avalais sans manière tout ce qui était à ma portée, sous le regard désapprobateur de ma famille… On se réjouit donc de faire le plein de produits frais, et on profite en ville de manger plus varié et plus sainement!

    Anecdote géologique : à nouveau, on n’aura pas ressenti deux tremblements de terre de magnitude 4.3 dont l’épicentre n’était chaque fois qu’à quelques kilomètres de notre emplacement. Ceux-ci font suite à un autre, il y a quelques mois vers le lac Taupo, d’une magnitude de 5.7, que nous n’avions pas ressenti alors que tout le monde dans notre motel s’était réveillé en sursaut… Nous étions à 100 km de l’épicentre et des signalements dans tout le pays avaient été communiqués. Je reste donc un géologue qui n’aura jamais éprouvé un tel phénomène…

    Pour terminer, mentionnons que même si nous rencontrons passablement de gens que nous avions déjà croisés plus ou moins récemment sur le trail, nous voyons également de nouvelles têtes. Comme déjà mentionné il s’agit souvent de randonneurs qui ont décidé de ne parcourir « que » l’île du Sud. Mais cela ne cause pour autant pas de surpopulation sur le trail. Effectivement, en parallèle nous commençons à voir quelques abandons, et surtout en entendons parler par d’autres: que ce soit pour des causes externes (problèmes familiaux, emploi, date limite de retour, autres projets, etc.), de santé (blessure, maladie), ou simplement car ils ont perdu la motivation, ou estiment avoir trouvé ce qu’ils étaient venus chercher. De notre côté, pour la première fois, on commence à se réjouir de voir le bout de ce long chemin. Ou plutôt disons qu’on est contents de voir qu’on avance : dans 100 km on sera à la moitié de l’île du Sud! Mais soyons clairs, on est toujours autant épanouis et ravis d’être ici et, chaque jour, enfiler nos chaussures et marcher.

    Voici les étapes réalisées depuis Boyle village:
    - km 2’114 Hope Kiwi Lodge
    - km 2’142 Hurunui #3
    - km 2’172 Taramakau River
    - km 2’192 Goat Pass Hut
    - km 2’203 Arthur’s Pass
    - km 2’227 Hamilton Hut
    - km 2’247 Harper Campsite
    - km 2’275 Lake Coleridge
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    Musique: Gustavo Santaolalla, The Last of Us

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    Merci les garçons pour cette nouvelle empreinte. Quel plaisir de vous suivre mais quel défi aussi. Trop beau ! Admiratif. C’est magnifique. Plein de force pour la suite !

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    Ouille, ça fait peur!

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  • Day102

    J102, km 2’087, Boyle village

    January 24 in New Zealand ⋅ ⛅ 21 °C

    Ces derniers jours, nous avons traversé le parc national de Nelson Lakes, dans un décor alpin, entouré de hauts sommets tapissés ça et là de quelques restes de névés.

    Nous avons passé le cap symbolique des 2’000 km près du magnifique col de Travers Saddle, où une vue époustouflante nous a accueillis. « Plus que » 1’000 km à parcourir!
    On a également passé le cap du 100ème jour sur le trail (jours de repos compris).

    Le premier jour de marche au départ de St Arnaud (ou plutôt « Sanano », tel que prononcé par les locaux…), on longera le lac Rotoiti, puis on remontera une vallée pour atteindre Upper Travers hut. Après une nuit de sommeil, on aura la chance de nous réveiller au son des chants des kéas, d’adorables perroquets alpins rares et réintroduits à ce titre en divers endroits sur l’île du Sud. Ces oiseaux sont réputés pour leur curiosité: ils n’ont pas peur des humains, et passent leur temps à démonter tout ce qu’ils peuvent avec leur bec. Une de leur passion, dans certains parkings en altitude, est d’arracher les joints des portes de voitures! On passera donc un moment à les observer. L’observation va apparemment dans les deux sens: aux toilettes, l’un d’entre eux s’amusera à m’espionner depuis un trou qu’il a réalisé dans le toit!

    On aura séjourné dans cette cabane avec quelques autres randonneurs. On apprendra plus tard que l’un d’entre eux se sera fracturé la cheville dans une méchante pente, quelques kilomètres derrière nous. Il sera hélitreuillé jusqu’à l’hôpital de Nelson.

    On rejoindra ensuite le Blue Lake, où le terme « eau limpide » prendra tout son sens : il s’agit du lac scientifiquement le plus transparent du monde, avec une visibilité sous l’eau de…75 à 80 m!
    A la hut homonyme, le gardien (quelques rares cabanes sont gardées) nous indiquera que les prévisions météo qu’il reçoit par radio pour le lendemain annoncent « light rain » (légère pluie). On est quelque peu déçus, puisque nous savons que cette journée nous mènera en altitude avec de potentielles vues grandioses. Au réveil, le ciel est sans nuage, hormis quelques brumes matinales. Il fera grand beau toute la journée, on se sent bénis!
    Nous monterons donc pour rejoindre le « Lake Constance », dans un milieu sauvage et entouré de montagnes défiantes, et attaquerons l’ultime et très raide chemin nous menant au fameux col « Waiau Pass ». La vue sera tout du long digne de nos Alpes (soyons un peu chauvins), mais avec un côté « isolé de tout » et sauvage en sus. La descente suivant le col sera similaire à la montée : très raide. On la descendra en faisant parfois un peu de grimpe pour sortir de zones rocheuses. Le concept de chemin en zig-zag ou lacet n’est pas parvenu jusqu’ici, et c’est une vérité qu’on a déjà eu l’occasion d’observer moult fois jusqu’à présent. Nos genoux apprécient assez peu cette topographie des sentiers… Mais rien de grave puisque les douleurs ne persistent pas.
    Le cadre sera enchanteur jusqu’au bout. Nous terminerons cette journée exceptionnelle en longeant la Waiau River, à travers d’énormes éboulis, puis en forêt et le long d’une plaine alluviale où on serpente entre les tresses de la rivière. On plantera notre tente assez tôt, en sauvage, seuls et entourés des montagnes. Le bonheur brut.

    Le lendemain, la vallée s’élargira de plus en plus, laissant encore davantage de place à la rivière et aux herbes hautes prenant possession des terrasses graveleuses. On finira par des chemins assez faciles le long de vallées jusqu’à atteindre Boyle Village où nous sommes actuellement. Nous repartirons demain pour une nouvelle section de 5 à 6 jours de marche, en entrant dans la grande région de Canterbury, avec en ligne de mire Arthur’s Pass.

    Dans le série des anecdotes, nous changeons ici de chaussures et enfilons donc notre troisième paire, puisque nous nous les étions envoyées - avec également de la nourriture - dans un carton en poste restante. Il était temps pour moi: mes chaussures ont nécessité plusieurs réparations successives ces derniers jours, toujours au fil dentaire et à la colle, pour éviter qu’elles ne s’ouvrent comme des boites de conserve!

    Voici les étapes réalisées depuis St Arnaud :
    - km 1’999 Upper Travers hut
    - km 2’015 Blue Lake hut
    - km 2’027 Waiau River
    - km 2’057 Anne hut
    - km 2’087 Boyle village
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    Musique: Howard Shore, Refuge at Helm’s Deep

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    Musique: Andrew Bird, Logan’s Loop

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    💪🏻 Trop forts🥰

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  • Day96

    J96, km 1’968, St Arnaud

    January 18 in New Zealand ⋅ ⛅ 23 °C

    Les derniers jours nous ont vus traverser la magnifique région montagneuse des Richmond Ranges. Après avoir parcouru une île du Nord somme toute avec peu de relief, pour les suisses que nous sommes, on a enfin pu nous lancer dans un parcours en altitude, rocheux et sauvage, qui se rapproche des randonnées que l’on chérit tant dans nos « propres Alpes ». Pour notre plus grand bonheur!

    Nous avons donc quitté Pelorus Bridge le sac lourd de 8 jours de nourriture. L’approche de ces Richmond ranges, une des sections les plus difficiles de réputation de tout le TA, s’est faite en longeant la magnifique Pelorus River, une rivière vert-émeraude sauvage, et en marchant dans une belle forêt. Notre première nuit se fera sous tente à côté d’une hut (cabane) pleine. Le paradis que représente la rivière, dans laquelle on se lavera très brièvement, cachera un vrai enfer. On nous avait averti à plusieurs reprises sur l’île du Nord que les « sandflies » - ces moucherons qui piquent - étaient largement plus nombreux sur l’île du Sud. Comme, par endroit sur l’île du Nord, il y en avait déjà passablement, on s’était dit qu’ils exagéraient. Ils n’exagéraient pas.
    Des milliers de ces bêtes nous harcèleront en permanence, rendant toute activité hors de la hut ou de la tente impossible. Tout au plus on aura un léger répit près du feu en faisant volontairement de la fumée et en s’y immergeant en prenant notre souper. Toute zone de peau non couverte est sinon prise d’assaut. Nous aurons de même aussi eu beau entrer le plus rapidement dans la tente, 100-200 sandflies nous suivront. On passera 30 minutes à les exterminer à la main. Des milliers se colleront à la moustiquaire de la tente. Cet épisode peut paraître presque drôle, mais il nous a mis un petit coup au moral. La frustration est d’autant plus grande que les autres hikers semblent largement plus épargnés. Les quelques kiwis qu’on verra sont en short et t-shirt sans être autrement dérangés. On ignore si uniquement l’odeur de notre peau nous a condamné… On espère vraiment avoir vu le pire. Les jours suivants seront moins problématiques à ce niveau - moins de sandflies - mais ça reste un facteur à considérer dans le choix de nos emplacements pour la nuit : par exemple, si on peut, on évite les bords de rivières. Il y a bien quelques produits qui permettent d’éviter la plupart des piqûres, mais les plus efficaces sont si forts qu’ils dissolvent les matières plastiques - on risquerait en outre d’abîmer notre matériel technique… Le meilleur moyen est donc de se couvrir d’habits, et de rester en mouvement.
    La légende maori raconte que la côte du Fjordland (Ouest de l’île du Sud, réputée pour être la plus envahie de sandflies), créée par le dieu Tu-te-raki-whanoa, était tellement magnifique, que les habitants en restaient béats, et ne travaillaient plus. La déesse Hinenuitepo, énervée, créa ainsi les sandflies pour les obliger à rester en mouvement et à se mettre à l’ouvrage…

    Pour compenser on s’arrêtera dans de magnifiques huts en altitude. On y rencontrera en outre une famille allemande très sympathique, composée de 2 parents et leurs 3 fils adultes, dont 2 avec leurs copines. Ils font le Te Araroa tous ensemble, un joli projet commun!

    On profite, lors des multiples traversées de rivière que l’on effectue, de nous baigner / laver (sans savon!), ou simplement de nous rafraîchir, et de faire le plein d’eau. Le tout plutôt rapidement!

    Les 8 jours que nous aurons pris pour traverser les Richmond Ranges, auront été marqués par :
    - Les premiers vrais terrains alpins, en altitude, avec enfin (!) du rocher et des pierriers, et notamment de magnifiques roches de serpentinite et d’autres roches ultramafiques. De l’amiante était notamment exploitée dans le secteur.
    - Des chemins accidentés, où la progression est lente. On passera des journées fatigantes de pourtant seulement 20 km par jour en moyenne.
    - L’ascension de plusieurs sommets, notamment le Mt Rintoul, lors de journées où on fera jusqu’à 1’800 m de dénivelé positif- avec un sac encore assez lourd.
    - De belles forêts, paraissant désormais moins tropicales, transitant rapidement vers une sorte de garrigue aride remplie de manukas dans le secteur de Red Hills. Le côté aride / avec peu de végétation est dû à la charge importante en métaux lourds d’origine naturelle (lié au substrat rocheux) rendant le sol toxique pour la plupart des plantes.
    - Des rivières sauvages et limpides, s’écoulant dans des lits de gros rochers emportés lors de précédentes laves torrentielles, qu’on traversera à de multiples reprises. Je (Vincent) ferai notamment une belle glissade qui me fera plonger intégralement dans l’eau, en me contusionnant le genou au passage, et en manquant de peu de perdre un de mes bâtons emporté par le courant sur une quinzaine de mètres.
    - Une météo sans pluie, d’abord un peu nuageuse, puis ensoleillée et chaude.
    - Une forme physique au top pour nous deux, et une faim grandissante ; on aura perdu quelques kilos sur cette section!

    De manière générale, cette section aura également été marquée par un isolement total: les seules infrastructures humaines qu’on aura aperçues durant 8 jours sont les cabanes rudimentaires. Entre deux, rien, pas même une ligne électrique ni même de vue de bâtiments au loin. C’est ce qui a notamment rendu les 140 km de ce parcours si spéciaux et grandioses!

    Mise à part une nuit, lors de laquelle nous avons dormi dans la cabane, nous avons toujours dormi en dehors de celles-ci, c’est-à-dire dans notre tente. Sur un sol pas toujours optimal. Ce choix de dormir dans la tente est principalement motivé par notre préférence pour le calme (pas de ronflement) et pour éviter les odeurs des hikers et des chaussettes qui pendent partout (8 jours sans douche pour tout le monde…). Mais de toute façon, sur cette section, nous ne trouverons presque que des cabanes avec 4-8 lits, alors qu’en moyenne le nombre de randonneurs (y.c. hors TA) varie entre 10 et 20.
    Nous prenons cependant toujours la peine d’aller inscrire nos noms dans le livre des cabanes, qui permet de garder une trace de chacun en cas d’accident ou si quelqu’un devait se perdre. On apprendra après coup que trois hikers distincts ont récemment dû être évacués en hélicoptère depuis les Richmond, dont deux suite à une chute.
    Les cabanes ont également parfois des revues. On y apprendra dans un très sérieux manuel expliquant comment traiter les personnes atteintes d’hypothermie à différents degrés, qu’il ne faut pas pratiquer de massage cardiaque sur… « une personne décapitée », dont « le torse a été coupé en deux », ou « en cours de décomposition »!! Drôles de cas d’hypothermie…

    Nous sommes à présent à St Arnaud, un petit village touristique au bord d’un joli lac, où on passe un jour de repos. C’est également ici que nous avons récupéré un de nos colis envoyé depuis Wellington et rempli de provision pour les 6 prochains jours de marche.

    Voici les étapes réalisées depuis Pelorus Bridge :
    - km 1’849 Captain Creek hut
    - km 1’858 Rocks hut
    - km 1’878 Starveall hut
    - km 1’897 Mt Rintoul hut
    - km 1’912 Mid Wairoa hut
    - km 1’929 Hunters hut
    - km 1’947 Red Hills hut
    - km 1’968 St Arnaud
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    Traveler

    Musique: Radiohead, Decks Dark

    Traveler

    Comme d’habitude, la musique est très bien choisie! Les paysages sont vraiment féeriques. Ce Tahr est d’une pure beauté, on le dirait tout droit sorti d’un film fantastique. J’ai lu que c’est un animal très chassé, c’est très triste et vous avez donc eu de la chance de le voir.

    Traveler

    Merci! ☺️ En fait je pense que c'est une chèvre et pas un tahr. Ils sont chassés ici comme tous les mammifères ici, car ils ont été importés et perturbent l'écosystème originel. 😘😘

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  • Day87

    J88, km 1’827, Pelorus Bridge

    January 9 in New Zealand ⋅ ☀️ 19 °C

    Après les quelques jours de repos et de ravitaillement à Wellington, nous avons donc pris le ferry le 05.01 pour atteindre, 3h30 plus tard, les Marlborough Sounds dans l’île du Sud. Le ferry était du même type que ceux qui nous permettent, plus près de chez nous, de rejoindre la Corse. Prendre ce type de bateau s’apparente ici davantage à un aéroport, puisque nous avons dû enregistrer nos sacs qui sont partis « en soute »!
    La traversée était très belle, surtout en arrivant vers l’île du Sud, puisque nous avons emprunté plusieurs canaux, baies et parties de criques avant d’atteindre notre destination, Picton. Ça a également été l’occasion pour nous de voir des dauphins!

    Nous ne passerons qu’une heure à Picton avant de reprendre une petite embarcation avec 20 autres personnes en direction de Ship Cove. Ce trajet constitue en fait une mini-croisière de découverte de la faune sauvage peuplant la baie. On profitera donc des explications intéressantes de Nikki et d’observer des phoques, des dauphins, des pingouins bleus, et de nombreux oiseaux avant de nous faire déposer au départ du trail.

    Après le départ du bateau, repartant avec les autres touristes, on se retrouvera avec 2 autres TA hikers, prêts à entamer cette deuxième partie de voyage. On découvrira d’abord la stèle à la mémoire du capitaine James Cook, qui fit 5 escales ici même. Ensuite, et sans attendre, nous serons accueillis par les « locaux » : des sandflies (mouches des sables dont les piqûres vous démangent une semaine et auxquelles on a déjà eu affaire sur l’île du Nord), des cigales assourdissantes ressemblant à celles du Sud de la France, et les fameux Weka. Ces derniers sont des oiseaux sans ailes - et qui donc comme le rare kiwi ne volent pas - à mi-chemin entre le canard et la poule, avec une touche de…Velociraptor! Ces oiseaux sont très peu peureux et extrêmement curieux. Ils sont complètement cleptomanes et ont donc tendance à voler tous ce qu’ils peuvent emporter avec leur bec. Hors de question de passer la nuit en ne laissant ne serait-ce qu’une paire de tongs hors de la tente!

    On traversera ainsi sur quelques jours le sentier nommé Queen Charlotte Track qui longe, dans une forêt sub-tropicale, une crête montagneuse bordée par l’océan. Le chemin était facile, ce qui fût apprécié après le classique « coup de mou » qu’on éprouve juste après avoir enchaîné plusieurs jours de repos.
    Malgré un temps pluvieux puis couvert, le cadre était enchanteur, avec parfois même des airs de Caraïbes : eaux vert-turquoise parsemées ça et là de voiliers, forêts sauvages, baies et criques à foison, le tout cerné de petites montagnes - ou grandes collines - qui plongent dans l’eau.
    Il faut dire que toute la grande zone des Marlborough a une particularité géologique : elle est en subsidence, en d’autres termes elle s’enfonce. Effectivement, la grande faille alpine qui affecte toute l’île du Sud a une composante de chevauchement qui fait « couler » le secteur depuis des millions d’années. Le résultat est un réseau d’anciennes vallées désormais immergées. Imaginez par comparaison que le Valais soit enfoncé et que l’océan le submerge jusqu’au niveau de Savièse. Érodez un peu les montagnes et mettez y une forêt subtropicale et voilà à quoi ressemble notre paysage!

    On a dormi dans des camps peu aménagés avec quelques touristes qui ne font « que » quelques jours de marches ou des balades, ou sont déposés de site en site en bateau. Nous avons également rencontré des randonneurs qui commencent le Te Araroa - ils ont choisi de parcourir « uniquement » les 1’300 km de l’île du Sud. On passe ainsi pour des vétérans, ce qui est assez drôle. On regarde de même leurs trop gros sacs - comme la plupart des hikers ils se sépareront du matériel en surplus après avoir constaté que leur sac était trop lourd - et on serre un peu les dents lorsqu’ils font encore du bruit à 21:30. Fatigue aidant, ils se coucheront bientôt vers 20:00, comme tout le monde!

    Nous sommes à présent sortis du Queen Charlotte Track, et avons fait nos au-revoir à l’océan, que l’on ne reverra que quelques kilomètres avant la fin de notre périple, dans plus de 1’000 km. On s’est consolé en nous baignant dans la magnifique Pelorus River!

    Les prochains jours nous attaquerons enfin de vraies montagnes, les Richmond Ranges. Il s’agit d’une section de 6 à 11 jours, selon le rythme et les aléas météorologiques, qui ne présente pas ou très peu de réseau téléphonique, pas d’électricité, et évidemment pas de possibilité de ravitaillement. Nous partirons donc avec 7+1 (réserve) jours de nourriture sur le dos. On se réjouit!

    Voici les étapes réalisées depuis Wellington :
    - km 1’721 Schoolhouse Bay
    - km 1’743 Camp Bay
    - km 1’774 Mistletoe Bay
    - km 1’806 Havelock
    - km 1’827 Pelorus Bridge
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    Traveler

    Musique : Other Lives, Landforms

    1/9/23Reply
    Traveler

    Espérons que la pluie cesse. Tout de bon pour vous et je ne le dirai jamais assez: Soyez prudents!!!!

    1/9/23Reply
    Traveler

    Magnifique photo… et modèle 😉

    1/9/23Reply
    6 more comments
     
  • Day78

    J78, km 1’715, Wellington

    December 31, 2022 in New Zealand ⋅ ☀️ 17 °C

    Ça y est, après 2 mois et demi de marche depuis Cape Reinga, nous avons terminé la traversée de l’île du Nord le 31.12.2022! Tout un symbole, et de quoi bien fêter le passage à la nouvelle année synonyme pour nous de nouvelle île, la sauvage île du Sud!

    Mais avant cela, retour sur nos derniers jours.

    Après les éprouvantes Tararua ranges, nous aurons soudainement basculé dans l’été austral. Au départ de Waikanae, nous rejoindrons l’océan par un sentier le long d’une rivière, puis nous longerons une plage jusqu’à atteindre Paekākāriki où on prendra un jour de repos. On aura tôt fait de découvrir que les vacances d’été battent désormais leur plein. On croisera des centaines de touristes (en très grande majorité des kiwis), le long du chemin et surtout sur la plage. Ce sera à nouveau l’occasion de nous faire interpeller : notre accoutrement tranche clairement avec leurs habits de vacanciers. La plupart nous demanderont si “on fait le trail”. Un jeune papa nous proposera également, après 30 secondes de discussions, de nous héberger lorsque nous passerons près de chez lui sur l’île du Sud!
    Après nous être faufilés entre les linges de bain, nous arriverons au holiday park. On prendra la dernier emplacement disponible dans ce grand camping. Notre tente fera pâle figure face aux équipements des autres résidents qui doivent parfois venir à deux voitures par famille pour tout emporter: tentes géantes “3 pièces”, frigos, barbecues de luxe, étagères,… et évidemment les vélos, que des centaines d’enfants chevauchent vaillamment à travers tout le camping! L’ambiance, quoique forcément bien différente de ce que l’on a connu, est bon enfant. Malgré la foule, le respect et la gentillesse des kiwis est toujours au rendez-vous. Après 22h on entendrait une mouche voler! Autre attention incroyable: alors qu’on passait un peu de temps sur notre emplacement à lire, écrire et planifier, coincés sous un arbuste à la recherche d’ombre, un voisin nous proposera d’installer sur notre place sa “tente pare-soleil” flambant neuve de 3x3 m pour nous abriter! On profitera encore de cette parenthèse estivale pour aller nous baigner plusieurs fois dans l’océan et nous prélasser sur la plage de sable.

    Après notre “zéro” balnéaire, on empruntera un sentier nommé “Escarpment track”, qui longe l’océan sur un flanc de montagne…escarpé. On croisera passablement de touristes sur ce joli parcours.

    La suite de notre marche nous fera arriver à Porirua, une ville côtière sans charme, où on dormira dans un camp chrétien méthodiste dénoué de tout attrait… Malgré un accueil chaleureux, on se verra offrir pour emplacement une zone en pente herbeuse utilisée comme parking ou, notre choix, une petite place “moins en pente” coincée entre deux bâtiments. Celle-ci étant également bordée par un parking en dur, un responsable du camp nous dira de mettre des cônes oranges devant notre tente pour “éviter que quelqu’un ne la prenne pour une place de parc”. On rigolera à sa remarque, lui pas. On mettra donc les cônes oranges bien en vue.
    On découvrira ensuite que deux énormes spots se situent de part et d’autre de notre tente, offrant durant toute la nuit suffisamment de lumière pour lire un livre... Cerise sur le gâteau, je (Vincent) découvrirai cette nuit-là que mon matelas est troué, m’obligeant à passer la majorité de la nuit directement sur le sol.

    Le lendemain, nous remonterons sur des collines couvertes de pâturages et de forêts qui nous mèneront jusqu’au cœur de Wellington! Au fur et à mesure de notre avancée, le vent forcira jusqu’à nous empêcher par moment d’avancer. Nous avons rarement senti un vent si puissant! Un habitant du coin rabattra notre enthousiasme en nous disant que cela n’a rien d’exceptionnel ici. Wellington est effectivement réputée pour ses vents fréquents et violents provenant du détroit de Cook. Après avoir traversé le joli jardin botanique, nous prendrons nos quartiers dans un appart-hôtel pour quelques jours.

    Après une nuit de repos, le 31.12, nous parcourrons finalement les 13 derniers kilomètres nous séparant de la fin du trail sur l’île du Nord, dans une banlieue sud (Island Bay) de Wellington nichée au bord du détroit. Même si ce n’est au final qu’une étape, c’est avec une certaine émotion que nous avons vécu ce moment. Nous terminerons cette journée par quelques bières au soleil sur le quai de Wellington, par un excellent repas (merci Déborah!), puis par le feu d’artifice concluant pour tout le monde cette année 2022, et pour nous une étape notoire de notre périple.

    On en profite bien entendu pour vous souhaiter à toutes et tous une excellente année 2023. On vous remercie encore pour tous vos messages qui nous sont parvenus sur les différents canaux.

    Le bilan de cette île du Nord est pour nous excellent. Tant de découvertes naturelles et humaines ont parsemé notre chemin. Tant de rencontres riches avec les autres randonneurs et avec les locaux qui nous auront ouvert le cœur et l’esprit. Nous avons également profité, volontairement ou non, de laisser nos pensées vagabonder, vers des réflexions tantôt personnelles, et tantôt plus générales. Parmi d’autres, un thème évident est revenu à nous: la migration. Car oui, nous avons migré, du Nord au Sud, et continuerons de le faire. Cependant, il s’agit une migration de loisir, par choix, et dans un pays accueillant et sûr, où notre démarche amène la sympathie et la bienveillance des locaux. Nous avons pu utiliser notre argent mis de côté pour nous acheter du matériel de qualité et léger, et nous nourrir sans nous poser de question. Et malgré cela, notre voyage n’a pas été de tout repos. Alors on ne peut que humblement nous mettre à la place de celles et ceux qui, de gré ou de force, quittent leur pays et se retrouvent sur les routes, et sont si souvent rejetés comme des pestiférés, captés par divers réseaux d’exploitation, et vus de travers par la plupart des gens. On ne peut s’empêcher de penser aux parcours dangereux que tant d’entre elles et eux ont dû affronter. Ces parcours qui ne nous sont que rarement contés. La vraie bravoure est bien plus présente dans leur histoire que dans notre petite aventure. Une petite phrase revient souvent dans la bouche des hikers: nous sommes des privilégiés. C’est si vrai, et c’est une bonne chose de s’en rendre compte.

    ———

    Sans transition, et de manière plus légère, au programme de nos quelques jours à Wellington :
    - Lessives, nettoyage de matériel, ré-imperméabilisation, etc.
    - Achat de matériel (p.ex. nos 3èmes paires de chaussure qu’on enverra sur l’île du Sud, bouteille de gaz, caleçon, etc.)
    - Réparation de matelas (2 bonnes heures, ne serait-ce que pour trouver ce fichu trou!)
    - Coiffeur / barbier
    - Ré-abonnement de téléphone (…)
    - Et surtout: planification et achat de nourriture (et petit matériel) pour 4 sections de l’île du Sud où nous ne pourrons pas nous ravitailler (pas de magasin digne de ce nom), mais où des campings ou auberges acceptent de recevoir, en avance, un carton qu’on doit donc préparer et envoyer préalablement par poste. Nous les récupérerons donc en arrivant sur place. Nous avons donc acheté de la nourriture non périssable - et donc pas très saine… - pour 7 jours, 2x6 jours et 3 jours, soit un total de 22 jours de nourriture dans 4 cartons. Cela a donc demandé beaucoup de temps de préparation, d’achat et d’emballage. Nous sommes, au moment où nous écrivons ces lignes, occupés par un problème logistique à ce sujet: nous n’avions pas anticipé que la poste principale serait fermée jusqu’au 09.01 (!) et que ses filiales gérées par des kiosks et autres magasins seraient en grande partie fermées (ou en incapacité de faire des envois…) pour plusieurs jours à cause des vacances et fériés. Nous avons donc dû reporter notre départ pour l’île du Sud d’un jour (04–>05.01) pour nous assurer de pouvoir envoyer nos colis à temps. Evidemment il faut oublier de trouver des informations fiables en ligne ou un numéro de téléphone qui réponde... Et dire que nous sommes dans la capitale…parfois on oublie à quel point nos services en Suisse sont si performants, clairs et simples d’utilisation. En espérant que la gestion des services postaux par des tiers sous-payés et mal formés ne devienne pas non plus une généralité chez nous!

    Voici les étapes réalisées depuis Waikanae :
    - km 1’643 Paekākāriki
    - km 1’671 Porirua
    - km 1’703 Wellington
    - km 1’715 Wellington (Island Bay)
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    Traveler

    Magnifique! Mais quel vent… incroyable. J’espère que vos colis arriveront à bon port 🤞🏻. Quelle sacré aventure et organisation. Vous êtes top! On pense toujours fort à vous😘

    1/3/23Reply
    Traveler

    Merci pour vos magnifiques lignes sur la migration. C’est mon souhait le plus cher pour 2023: qu’elle devienne un peu moins obligatoire pour ces personnes qui n’aspirent pas à être déracinées. Mais pour vous, que ce statu choisi continue à vous enrichir, de même que les belles personnes que vous croisez! Happy 2023

    1/3/23Reply
    Traveler

    Place au soleil et à la douceur! Bonne continuation!

    1/6/23Reply
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  • Day73

    J73, km 1’623, Waikanae

    December 26, 2022 in New Zealand ⋅ ☀️ 20 °C

    Après Palmerston North, les derniers jours nous auront vu affronter les fameuses et parfois redoutées Tararua Ranges, qui constituent de réputation une des sections les plus ardues du Te Araroa. Il s’agit d’une chaîne montagneuse dont l’altitude maximale, relativement faible pour les suisses que nous sommes (on sera monté au plus haut à 1’462 msm), ne doit pas nous tromper : il s’agit d’un milieu hostile et quasi-alpin. Les difficultés que l’on peut y rencontrer tiennent à une météo qui peut changer très rapidement, et en particulier aux vents forts et aux fréquentes précipitations. Une bonne partie du chemin se faisant sur une crête tres exposée et parfois vertigineuse, les conditions auront fait rebrousser chemin à plusieurs de nos amis hikers partis les jours précédents.
    Nous aurons donc, à nouveau, été très chanceux puisque nous avons pu effectuer tout le parcours prévu. Le temps était certes souvent brumeux mais, notamment dans des forêts d’arbres recouverts de mousse, cela nous aura offert une ambiance magique. Ajoutez par moment la bande originale du Seigneur des Anneaux dans les oreilles, et le voyage devient fantastique!

    Nous aurons donc pu goûter aux difficultés du chemin et pouvons comprendre sa réputation : en permanence nous monterons ou descendrons (jusqu’à +1’600 m de dénivelé total par jour), parfois sur des pentes importantes, un tracé souvent boueux, avec de nombreuses racines glissantes, de la végétation dense (bush) recouvrant un étroit chemin creusé, des pierres instables, etc. Marc aura notamment fait une belle chute occasionnant plus de peur que de mal. Il en gardera un gros hématome sur la hanche et de belles éraflures. Une des conséquences de ces conditions: les distances parcourues par jour auront été parmi nos plus courtes, et pourtant nous arriverons fréquemment éreintés aux cabanes en fin de journées!

    Une autre difficulté était la nécessité de porter un stock de 8 jours de nourriture au départ de Palmerston North (7 + 1 jour de réserve). Autant vous dire que le poids de nos sacs était, en tout cas au début, vraiment pénible. Il faut dire que notre obsession à emporter du fromage, des sauces, des pommes, du pesto et du miel, n’a pas amélioré la situation! Au moins nous aurons pu profiter d’un peu de diversité dans nos plats.

    Comme il était impossible de planter la tente une fois les hauteurs atteintes (pas d’emplacement plat ou sans végétation), nous passerons nos nuits au sein même des Tararua dans de petites cabanes sommaires: pas d’électricité ni de gaz évidemment, un peu d’eau provenant de la récupération d’eau de pluie en toiture (trop peu pour nettoyer nos chaussures et nos jambes boueuses), et de simples “bunk beds”. Nous passerons par exemple la veille de Noël à la Nichols hut, prévue pour accueillir 6 personnes. Au final nous y serons 12! On se tassera sur les deux étages de lits. Deux personnes dormiront au sol. On aura bien ri et l’ambiance aura été extraordinaire! En bonus on passera une nuit excellente! En tout cas bien meilleure que la nuit précédente dans une cabane pourtant plus spacieuse, où un randonneur pas très malin et gigotant toute la nuit dormira sur son matelas gonflable extrêmement bruyant….(alors que des matelas étaient déjà en place).

    En sortant des Tararua, en plus d’être accueillis par un temps radieux, on campera au bord d’une magnifique rivière qui nous permettra de nous baigner et de dissoudre une partie de notre sueur. Le lendemain, après une ultime petite ascension, nous verrons pour la première fois, au loin, l’île du Sud!!

    Nous conclurons en réalisant des appels vidéos à nos familles lors de leurs repas de Noël. Que d’émotion et de contraste, alors qu’ici l’été s’est clairement installé! Ces appels nous auront permis de partager un peu de l’esprit de Noël.

    Au retour dans la civilisation, on atterrira finalement dans un motel comme on en a déjà fréquenté plusieurs: il s’agit d’archétypes comme on en voit dans les films américains, avec la place de parc en face de chaque chambre.

    Ces derniers jours, on aura passé passablement de temps avec d’autres hikers, parfois même la journée en marchant. On aura fait mieux connaissance avec notamment Jo, une kiwi extravertie, ouverte, et fondamentalement sympathique, qui nous en apprendra plus sur l’histoire du pays et les liens avec les maoris. On croisera aussi beaucoup de marcheurs qu’on avait déjà vu précédemment, et d’autres avec qui on fera connaissance. On parle dans ces longues randonnées de “Tramily” pour “trail family” (la famille du trail). Il s’agit des personnes que l’on côtoie durant notre marche. Certains se rencontrent et ne se quittent plus durant tout le trail, mais la plupart, comme nous, rencontrent et marchent en parallèle de plusieurs personnes qu’ils croisent et recroisent au hasard des étapes que chacune et chacun choisira de faire. C’est souvent avec émotion qu’on revoit certaines personnes que l’on n’a pas revues parfois depuis des semaines. L’aventure humaine est centrale dans une randonnée de longue distance comme le Te Araroa. Et il est possible que l’on se remémore, à futur, davantage des gens que des paysages.

    En résumé, par leur beauté brute, leur accès compliqué et les chemins étriqués, nous avons adoré traverser les Tararua. Le côté sauvage et isolé de ces montagnes, et les dénivelés, nous ont permis d’avoir un aperçu de ce que sera l’île du Sud, que l’on se réjouit d’atteindre!

    Mentionnons encore que l’entrée des Tararua aura été l’occasion de franchir le cap symbolique des 1’500 km, soit la moitié du trail! Le temps et les distances passent si vite!

    Les prochains jours nous marcherons le long de la côte pour atteindre, enfin, Wellington. Notre plan initial devrait se concrétiser: nous marcherons le dernier jour de l’an sur les derniers kilomètres de l’île du Nord.

    Voici les étapes réalisées depuis Palmerston North :
    - km 1’515 Moturimu whare
    - km 1’529 Tokomaru shelter
    - km 1’547 Makahika outdoor centre
    - km 1’566 Te Matawai hut
    - km 1’579 Nichols hut
    - km 1’597 Ōtaki Forks
    - km 1’623 Waikanae
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    Traveler

    Merci pour encore un beau récit les amis et Joyeux Noël! Salutation d'Afrique du Sud ou l'accent est similaire au kiwi! Des becs

    12/27/22Reply
    Traveler

    Merci pour ton message et joyeux noël à vous aussi! Profitez bien de l’Afrique du Sud 😀 becs

    12/28/22Reply
    Traveler

    Merveilleux paysages, surtout la forêt!

    12/28/22Reply
    23 more comments
     
  • Day66

    J66, km 1’484, Palmerston North

    December 19, 2022 in New Zealand ⋅ 🌧 19 °C

    La section de marche entre Whanganui et Palmerston North, où nous nous trouvons actuellement, aura surtout été marquée par nos retrouvailles avec la mer de Tasmanie, le long d’une plage sublime de sable noir jonchée de troncs. Les courants marins y font s’échouer de nombreux arbres morts et fragments de bois rejetés par la rivière Whanganui. Le décor était sublime, avec un ciel nuageux, les embruns de l’océan, le sable noir et les morceaux de bois flottés, donnant une atmosphère sombre mais grandiose. La vidéo produite a d’ailleurs volontairement une ambiance un peu dramatique - pour ne pas dire sinistre - qui, on vous rassure, correspond au décor mais ne traduit pas notre état d’esprit! 😄
    Sur cette plage on aura bien pensé à Alice : tu aurais pu venir ici avec un semi-remorque faire un stock de bois flotté pour tes trombines!

    En dehors de la plage, nous aurons surtout marché sur ce bon vieux revêtement bitumineux, avec au moins un traffic peu dense la plupart du temps. Pour vous donner une idée, sur les derniers 115 km parcourus, seuls 30 se sont faits hors route… Heureusement, de telles portions de route devraient devenir rares sur le solde de l’île du Nord, puis surtout sur l’île du Sud.
    Les deux grosses sections de marche sur route en zone rurale auront été marquées par un certain contraste météorologique: le premier jour, le bitume, chauffé sous le violent soleil néo-zélandais, fondra et viendra se coller sous nos semelles, alors que le deuxième jour, la pluie constante nous détrempera jusque sous nous couches étanches…

    Deux belles rencontres viendront rompre la monotonie du bitume : une dame âgée nous offrira de magnifiques et délicieux avocats fraîchement cueillis dans son jardin (oui ici les avocats poussent facilement!), et Shane et sa famille maori nous accueilleront spontanément chez eux pour un café/thé/fruits lors d’une averse abondante. En plus de discussions passionnantes sur la culture maori, on se fera proposer une douche! Difficile chez nous d’imaginer se faire accueillir pareillement, nous deux parfaits inconnus détrempés et…odorants, et se faire proposer un accueil si royal! Ici, on l’aura compris, c’est chose commune.

    On aura encore appris sur cette section à se méfier de l’extrême prudence que peuvent comporter certains témoignages concernant le trail : selon plusieurs sources, nous allions devoir traverser une rivière avec un fort courant (surtout après les pluies des derniers jours), juste à l’embouchure avec l’océan, et qui donc ne pouvait être franchie qu’à l’heure de la marée basse. Pour une question de timing on arrivera près de 3h avant cette marée basse, prêts à attendre, mais on constatera rapidement que le ruisseau n’a qu’un courant très modéré et que le niveau nous arrive au maximum à mi-cuisses…

    Les prochains jours nous nous attaquerons au Tararua Range, dont la crête est fréquemment balayée par des vents si forts qu’ils vous obligent à rebrousser chemin. On croise donc les doigts pour que le temps, toujours annoncé comme médiocre, s’améliore. On passera donc noël dans les montagnes, ce qui n’est pas pour nous déplaire.
    On vous embrasse fort on vous souhaite un joyeux Noël!

    Voici les étapes réalisées depuis Whanganui :
    - km 1’407 Koitiata
    - km 1’440 Bulls
    - km 1’475 Palmerston North
    - km 1’484 Palmerston North
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    Traveler

    Musique: Ramin Djawadi, Winterfell

    12/18/22Reply
    Traveler

    Toujours aussi passionnant de vous lire! J’adore le Fitzherbert Castle motel, quel luxe inouï, et cette architecture! Quel peuple talentueux ces kiwis!😂 profitez bien de la douche et des restos!🤗

    12/19/22Reply
    Traveler

    Que el mejor paisaje les acompañe y deslumbre, será una navidad inolvidable. un abrazo inmenso y feliz navidad M y V.

    12/19/22Reply
    Traveler

    Un abrazo fuerte y esperamos que pasaste unas lindas fiestas de Navidad!

    12/28/22Reply
    12 more comments
     
  • Day61

    J61, Whanganui, km 1’373

    December 14, 2022 in New Zealand ⋅ ☁️ 21 °C

    Nous aurons transité depuis le parc national du Tongariro en passant sur des chemins assez faciles et agréables, et en nous arrêtant notamment pour planter notre tente dans le grand jardin de Sharon et Roger, avec une quinzaine d’autres hikers. Sharon est une trail angel d’une générosité et d’un amour sans limite pour « ses hikers ». Les premières filles à arriver au camp auront été réquisitionnées pour regarder avec elle un film de Noël dans le salon familial. On aura ensuite pu participer à la confection du repas (surtout Marc!) et boire du blanc! Le tout dans un appartement complètement surchargé de décorations de Noël kitsch à souhait. La soirée et le déjeuner auront été emplis de discussions et de bienveillance. On recevra finalement un gros câlin de sa part au départ. Merci Sharon, de prendre si soin de tes poussins marcheurs!

    Après une petite journée de marche, nous arriverons enfin à Whakahoro, point de départ de notre aventure en canoë. Une petite parenthèse de 170 km! La météo a été suffisamment bonne les jours précédents pour que le niveau de la rivière reste sous le seuil d’alerte, ce qui nous permettra de partir comme prévu le lendemain. Comme les départs avec la principale compagnie de location se font tous les deux jours, le nombre de TA hikers est assez élevé (plus d’une vingtaine), avec de surcroît des « non-randonneurs » qui réalisent cette descente indépendamment. Ceci n’enlèvera en rien la bonne humeur et la super ambiance, et ne nous empêchera pas de parcourir certains segments de rivière en étant seuls au monde pendant plusieurs heures.

    La rivière Whanganui prend sa source près du mythique volcan Tongariro, que nous avons parcouru récemment. Elle a la particularité d’être dotée par le gouvernement néo-zélandais d’une personnalité juridique, et peut être défendue par des avocats en tant que tel. Sa reconnaissance étatique en tant « qu’être vivant unique » est liée à l’importance qu’elle revêt pour les Maori, que ce soit en termes spirituels, historiques, ou culturels.
    Durant notre descente, nous aurons pu profiter de ses rives sauvages, de falaises couvertes de végétation donnant sur la forêt subtropicale la bordant. La plupart du temps un léger courant nous aidera à avancer, et quelques rapides parfois sportifs nous auront permis d’apprendre à dompter notre embarcation! On aura pu mettre en application la règle à la fois si simple et si importante pour les novices que nous sommes: « follow the V », soit « suivez le V » que la surface de la rivière forme à l’approche de rapides.
    Dans d’autres sections, notamment en arrivant près de l’océan, nous auront dû pagayer assez fort, en outre pour compenser un vent de face.

    Les nuitées se feront sous tente dans des camps avec aménagement minimal, avec chaque fois tout de même un petit couvert et des toilettes sèches. Le mythique camp de Flying Fox, relié à la civilisation par une tyrolienne par dessus la rivière, nous offrira même une douche bienvenue. Comme le canoë porte à la place de notre dos le poids de notre chargement, bien au sec dans des barils étanches, on aura également pu profiter de manger mieux, dont des légumes, et de boire un peu de vin qu’on aura transporté.

    Le rythme des journées aura été différent, nos jambes se seront bien reposées, et on aura adoré du début à la fin ce voyage dans le voyage, au fil de l’eau, sans réseau et sans autre sollicitation que les discussions avec nos amis marcheurs, et le champ des nombreux oiseaux.

    On aura eu l’occasion de rencontrer, parmi d’autres randonneurs, Tom Boerman, un hollandais qui a comme projet fou d’être le premier humain (connu) à traverser à pied tous les continents! A ce jour il a déjà parcouru en partie l’Europe, les États-Unis, l’Australie, etc., et a été interviewé par plusieurs TV dont ABC. Tom avait déjà marché l’entier du Te Araroa, mais a décidé de le refaire, puisque la première fois cela ne faisait pas encore partie de son projet…!! Voici son site internet (qui ne marche pas au moment de notre publication…) : http://www.iwalkaroundtheworld.com.

    On aura finalement parcouru le fleuve en 4 jours au lieu de 5, en doublant les deux courtes dernières étapes en une seule de 53 km. Ceci principalement pour des questions de timing avec la marée descendante à l’approche de Whanganui. A noter que les kilomètres officiels du TA sont calés sur une partie de section comprenant de la marche, fermée actuellement. On aura in fine effectué 173 km de canoë.

    La météo nous aura été vraiment bénéfique, avec des pluies surtout la nuit, qui se sont presque systématiquement arrêtées lors de notre réveil et nous épargneront sur presque l’entier du trajet!

    A notre arrivée à Whanganui, on dormira au Holiday Park (camping) où on se fera harceler par un gang de canards dont l’addiction aux chips leur fera nous pincer les pieds pour obtenir leur dose.

    Nous passons actuellement un jour de repos en ville dans un très joli et vieux Bed & Breakfast. Le climat est à présent clairement estival - au contraire de la Suisse selon les informations qu’on reçoit! - avec des températures en journée de 24-27 degrés, et des orages éclatant par moment.

    On se sent toujours autant ravis, heureux et privilégiés de pouvoir profiter d’un tel voyage. On pense fort à vous toutes et tous en cette période de fête qui approche. Ici, les sapins en plastiques couverts de fausse neige peinent à nous mettre dans l’ambiance.

    Les jours prochains, nous renfilerons nos chaussures, désormais équipées de semelles spéciales pour amoindrir quelques douleurs plantaires qui, pour nous deux, commençaient à devenir gênantes. Nous reprendrons donc notre marche en direction du Sud, avec en ligne de mire Palmerston North, les montagnes Tararua range (réputées difficiles), puis enfin Wellington, à l’extrémité Sud de l’île de Nord. Selon notre estimation nous devrions y parvenir le 30 ou le 31.12. Finir l’île du Nord en même temps que l’année 2022, tout un symbole!

    On vous embrasse fort, portez-vous bien.

    Voici les étapes réalisées depuis National Park:
    - km 1’191 Kaitieke war memorial
    - km 1’216 Whakahoro
    - km 1’245 John Coull (canoë)
    - km 1’275 Ngaporo (canoë)
    - km 1’314 Flying Fox (canoë)
    - km 1’368 Whanganui holiday park (canoë)
    - km 1’373 Whanganui
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    Traveler

    Musique: Leon Bridges, River

    12/13/22Reply
    Traveler

    Mais cette barbe! 🤣🤣🤣, c’était le moment de la couper 😉😂

    12/14/22Reply
    Traveler

    Ah ah! La pose de Vincent dans le canoë est mythique! Profitez bien du chaud pour nous. Vous êtes incroyables!🤩 j avais vu des vidéos de la tyrolienne de flying fox. Avez vous soufflé dans la corne de brume?😜

    12/15/22Reply
    10 more comments
     
  • Day53

    J53, km 1’164, National Park

    December 6, 2022 in New Zealand ⋅ ☁️ 18 °C

    Au départ du village de Taumarunui, nous n’aurons marché que quelques kilomètres afin d’atteindre le camp de base de la compagnie de location de canoës. Nous effectuerons préalablement des achats…massifs et « compliqués » au supermarché pour notre ravitaillement : 5 jours de marche + 6 jours de canoës. Heureusement on pourra laisser nos achats « pour la descente en canoë », qui se fera dès le 09.12, à la société de location. Le jour suivant nous marcherons jusqu’à Owhango puis devrons, faute d’alternative raisonnable au chemin de la « 42 traverse » (fermé pour cause de multiples glissements de terrain), prendre un bus puis faire de l’auto-stop pour atteindre le parc national du Tongariro. C’est la première fois que l’on passe une section (~40 km) du TA sans marcher. Nous nous rattraperons les jours suivants avec des excursions supplémentaires dans le parc du Tongariro.

    On vous évite les détails des différents trajets empruntés, on peut cependant résumer en précisant qu’on aura réalisé tout le parcours du Te Araroa dans le parc, et effectué deux excursions « hors TA » (Tama Lakes et Silica rapids).

    Nos journées de marche dans ce parc volcanique ont été simplement sublimes. Ce parc très connu - et touristique - abrite deux volcans actifs, le Ruapehu et le Tongariro. Ce dernier est un complexe de différents cratères, dont certains contiennent désormais des lacs de couleur émeraude, et du cône volcanique « Ngauruhoe ». Celui-ci est le fameux « Mt Doom » dans la trilogie de films du Seigneur des Anneaux. Les volcans auront été les lieux de tournage de plusieurs scènes. On visitera notamment la « Gollum’s pool » durant notre séjour.

    Le clou du spectacle aura été sans aucun doute la fameuse traversée « Tongariro crossing », qui offre les meilleures vues sur les cratères du Tongariro, passe sur le flanc du Ngauruhoe et près de fumerolles sulfureuses. Après un réveil sous tente à 4h30 par ~3 degrés (on a dormi à plus de 1’000 m d’altitude), on marchera quelques heures pour rejoindre, avec émotion et un immense plaisir, notre amie Anna qui effectuera la traversée avec nous! Cerise sur le gâteau, la journée aura été la plus ensoleillée que nous aurons vue depuis longtemps! Après cette sublime traversée on passera encore la soirée avec Anna au Skotel, l’hôtel à « l’altitude la plus élevée » de Nouvelle-Zélande, comme nous l’apprendra le réceptionniste. A 1 ‘150 msm, il n’a cependant pas de quoi rendre jaloux certains établissements valaisans!

    On aura donc passé de magnifiques moments en compagnie d’Anna qui nous déposera sur le trail le lendemain, non sans nous avoir donné préalablement les cartons de ravitaillement qu’on lui avait laissé. On aura ainsi pu, enfin, changer nos chaussures usées et déformées (après un total de 1’200 km selon la montre Garmin de Marc). L’occasion également de prendre nos nouvelles chaussettes ; merci encore Guillaume pour les fameuses Darn Tough!
    Donc un très grand merci à Anna pour sa présence et son soutien!

    Les deux jours prochains nous marcherons en direction de Whakahoro, où on démarrera le vendredi 09.12 une partie dont on se réjouit particulièrement: les 5-6 jours de descente sur rivière en canoë jusqu’à Whanganui.

    Voici les étapes réalisées depuis Taumarunui:
    - km 1’047 Taumarunui « canoe camp »
    - km 1’070 Owhango
    - km 1’109 Tongariro holiday park
    - km 1’134 Mangatepopo
    - km 1’143 Whakapapa
    - km 1’164 National Park village
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    Traveler

    Musique : Howard Shore, Gollum’s song

    12/6/22Reply
    Traveler

    Mais c’est tellement beau, entre la musique et ces belles images une larme coule!

    12/6/22Reply
    Traveler

    ☺️☺️☺️

    12/6/22Reply
    17 more comments
     

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