Rotterdam R3 Laneuville > Nouzonville
August 3, 2025 in France ⋅ ☁️ 18 °C
Le chaud et le froid, ça serait une bonne synthèse de la journée. Nous quittons, ce matin, Martine et Christian, non sans leur proposer une nouvelle fois, de les héberger s’ils viennent de par chez nous. Je vois dans les yeux de Christian qu’il n’y croit guère ; je parie avec Hélène que nous le les reverrons pas, elle me soutient le contraire. Affaire à suivre, même si Hélène part avec un avantage : nos hôtes connaissent Chantal et Christian, Chantal pour son livre sur les arbres remarquables et son action dans les jardins partagés de Verdun et Christian pour son rôle dans l’AMATRAMI, qui aide les familles étrangères en difficulté. À priori, trois sujets auxquels Martine et Christian sont assez sensibles.
Bref, nous partons et passons, sous un beau soleil, assez rapidement dans le département des Ardennes. Et qui dit Ardennes dit montées. Et dans les 25 premiers kilomètres s’enchaînent quelques belles patates, comme dirait l’ami Roland, notamment juste avant Yonk où trois petits murs assez vicieux se succèdent.
Notre problème du jour : le ravitaillement. Nous sommes vraiment dans une zone très rurale, nous sommes dimanche et les endroits où acheter notre pitance ne sont pas légion. « Il y a une boulangerie à Sedan, à 25 kilomètres », nous avait dit Christian. « Mais elle ferme à 13h »
« Facile ». En partant avant 10h et même en roulant aux alentours de 15km/h, rejoindre Sedan et sa civilisation nous paraissait facilement réalisable. Sauf que Christian parlait de kilomètres voiture, pas ceux de la voie verte que nous empruntons. À midi et des brouettes, Sedan était encore bien loin.
Fort heureusement, à Mouzon, charmante petite bourgade pittoresque, nous tombons sur une boulangerie ouverte, qui propose, entre autres, des tartes au sucre et aux guêpes. Pas convaincus, Hélène choisit une salade Cæsar avec beaucoup, mais beaucoup de salade verte (et assez peu de poulet) et moi, j’opte pour un wrap kebab. Parce que je suis joueur. Et parce que lorsque la boulangère m’a également proposé un wrap poulet andalouse, j’ai vu le flacon noir de sauce andalouse, dans le frigo, vestige des derniers barbecues organisés par Noah. Du coup, j’ai choisi Kebab. Et bien le wrap kebab, c’est comme un vrai kebab, il vient et revient vous rendre visite régulièrement tout au long de la journée. Surtout en plein effort.
Nous reprenons notre belle voie verte et parcourons désormais des paysages assez sympa, très ouverts. Et surtout, les dénivelés sont derrière nous. Nous roulons plutôt bon train dans la pampa ardennaise mais la fatigue commence à se faire sentir. Les reliefs matinaux ont laissé des traces. D’autant que cette fois, nous roulons sur du plat. Et le plat, offre le désavantage, en plus d’être assez monotone, de n’offrir aucune plage de repos. On pédale tout le temps.
Nous traversons Sedan et faisons, un peu fatigués, une pause à Glaire, sur laquelle je ne crache pas.
Pour info, nous regardons où nous sommes hébergés pour la nuit. Une copine d’Hélène, partie en vacances, nous prête sa maison pour la nuit. On regarde sur la carte : damned, c’est à 11 km de Charleville Mézières, notre destination première. Et comme cette étape était déjà assez longue, mon moral en prend un coup. Nous repartons et là, patatras, une chute d’énergie terrible pour moi, comme il en arrive parfois au vélo. Je n’avance plus, mes jambes sont lourdes (elles l’étaient déjà avant), les pieds me font mal, je ne trouve plus de position favorables pour mes mains et il reste désormais, nouveau comptage, 25 kilomètres.
C’est le moment que Hélène choisit pour m’offrir un Perrier dans un endroit incroyable : la familly’s friterie, sorte de terrain de jeux pour enfants, avec des frites. On semble évoluer dans un film des frères Dardenne.
Tant bien que mal, nous parvenons à Charleville et faisons une pause devant une aberration architecturale. Une barre de HLM dégueulasse à été construite devant une porte de citadelle. C’est affreux et j’imagine que le concepteur a dû s’enfuir dans un pays d’Amérique du Sud qui ne pratique pas l’extradition.
Repartant pour Nouzonville, la voie verte se termine d’un coup pour enchaîner sur un mur très dru. Je déraille en voulant passer sur le petit plateau et pédale dans le vide. Je vous rappelle que j’ai des cales aux pieds et qu’ils sont donc bloqués. Je me ramasse alors sur le macadam, cette fois, côté droit. Mais à part l’amour-propre, rien de cassé. J’ai peur pour mon appareil photo, mais lui non plus n’a rien. Ouf !
Nous arrivons, et pour ma part, un peu vacciné par cette fin de journée, à Nouzonville et recherchons la maison de la copine d’Hélène. Elle est en haut d’une très grosse côte et nous devons mettre pied à terre et pousser les vélos (et les sacoches). Totalement essouflés, nous arrivons dans un petit paradis, avec une très jolie vue. Tu m’étonnes, avec ce qu’on vient de monter, elle peut-être belle la vue !
L’endroit est génial, et même familier puisque je découvre une de mes gravures encadrée au mur. Après une longue douche chaude, un petit repas frugal, il va être temps pour moi, de recharger les batteries. La journée de demain était une des plus longues. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut y retrancher la distance entre Charleville et Nouzonville (puisque Nouzonville est sur notre itinéraire). Ce qui fait qu’au final, nous roulerons moins qu’aujourd’hui. Ça tombe bien, mon genou se rappelle à mon bon souvenir. Rejoint par un endroit où il y a des frottements lorsqu’on fait du vélo. La nuit s’annonce réparatrice.Read more









TravelerJ’ai regardé paisiblement la dernière étape du tour de France femmes je confirme le vélo c’est très dur ! Chapeau les paysages des Alpes sont magnifiques probablement plus bucolique que les Ardennes françaises 🤣🤣🤣🤣
TravelerPas si sûr !!! Et j’ai de beaux mollets dont un tatoué !
TravelerYvan reprend tes anciennes pédales, tu vas finir par te faire mal, écoute ta maman