• Rotterdam R4 - Nouzonville > Givet

    August 4, 2025 in France ⋅ ☁️ 21 °C

    Il paraît que les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Arrivé exténué la veille, meurtri dans ma chair, et constatant que nous continuerons à suivre le lit de la Meuse, j’avais peur que cette journée soit le sosie de la précédente. Inquiet, j’ai mal dormi, malgré une fatigue harassante. Et je me retrouve à 3h du matin à visionner des vidéos YouTube sur les remèdes aux maux des cyclistes. J’y retiens quelques conseils, à mon sens, précieux.

    Au réveil, il pleut. Un petit crachin et un ciel gris très bas. Mais, mais… ce n’est pas ce que nous avait annoncé mon appli météo.
    Faisant fi du temps maussade et frisquet, nous quittons Nouzonville, les 5 premiers kilomètres me servant à modifier des réglages pour trouver la bonne position. Selle plus en arrière, plus haute, trop haute. Mais au final, je m’y retrouve pas mal. Hélène attend patiemment que je finisse mais nous roulons bon train, dans un relatif confort.
    Nous longeons la Meuse, très large et qui commence à pas mal sinuer. Les paysages sont très jolis. L’ensemble est assez désert, très encaissé, et de temps à autre apparaît un village dont les maisons, en bord de fleuve donnent une impression de sérénité.
    Nous roulons bien, le soleil pointe le bout de ses rayons, et nous avalons assez facilement les 30 premiers kilomètres. C’est à partir de cet instant que ma femme, à l’instar d’un Mickael Jackson se métamorphosant en loup-garou, se transforme, elle, en ogre affamé. Une pause s’impose et la quiche prévue pour la pause de midi est ingurgitée aussi sec. Un des wrap passe lui aussi à la trappe, suivi d’une barre vitaminée. Je retire vite ma main de peur de me faire mordre. Pour ma part, je me contente d’une barre bio dont l’aspect me fait carrément penser à autre chose et qui pourrait contribuer à couper l’appétit. Mais l’ogre Hélène, que dis-je, le ventre, l’abysse, le trou noir, n’est pas dégoûtée, m’en croque un morceau et valide le produit.
    Je prévois notre pause de midi à Fumay, mais l’arrivée dans cette petite ville nous semble interminable, d’autant qu’Hélène a faim et réclame. La ville est blottie dans un des nombreux méandres de la Meuse et nous devons contourner les reliefs pour y arriver, sous un grand soleil qui tape. Je promets à Hélène un café, si, si, c’est sûr, j’ai vu un bar sur la carte. Las, l’Escale est fermé mais nous squattons sa terrasse pour une très longue pause où… je vous le donne en mille, nous nous sustentons. Nous partons ensuite vers le centre-ville à la recherche d’un café mais tout les magasins sont fermés, la ville est vide, triste, désertée.

    Retour sur la voie verte où la Meuse, qui était auparavant bien sage, parfois canalisée, s’engaillardit, devient plus sauvage. C’est très beau, me dis-je. Nous approchons de Givet, et là, à la sortie d’un virage boisé, nous tombons sur une horreur (voir photo). Le choc. Je me disais bien que le nom de Givet me disait quelque chose…
    Petites montagnes russes dans les bois, s’il n’y avait ces deux foutues cheminées, tout serait presque parfait.
    Nous terminons notre étape vers Givet et Hélène scrute son appli warmshower. Nos hôtes habitent à 3km de Givet mais doivent nous donner leur adresse. Ils ne nous la donneront jamais. Adieu l’auberge espagnole pourtant réclamée.
    Nous avisons donc le camping de Givet. La tente montée, la douche prise, nous filons au centre-ville à la recherche d’un resto. Attachés aux coutumes locales, nous optons pour un restau indien où la serveuse belge toute pleine de cette spontanéité d’outre Quiévrain finit par me montrer ses cuisses tatouées, derrière le bar et fort heureusement dans le resto vidé de ses derniers clients, après que je lui ai dit que c’était mon métier.
    Une fois cet émoi passé, nous retournons sous notre tente. Hélène, qui a saucé les plats, est repue, je peux tenter de dormir malgré le côté exigu de notre abri sans risquer grand chose.

    Demain, nous basculons en Belgique pour une étape aussi longue que celle d’hier. Avec toutefois une différence toujours plus croissante : le dénivelé positif fond comme neige au soleil ou comme quiche dans la gorge d’Hélène.
    Read more