• Rotterdam R8 - de Roermond à Geijsteren

    August 8, 2025 in the Netherlands

    Au réveil,
    Pas mal au pied,
    Pas mal aux genoux,
    Pas mal au poignet,
    Pas mal au coude,
    Pas mal aux fesses…

    Le sommeil a été réparateur. Il faut dire qu’hier soir, j’étais écrasé par la fatigue. Je me suis endormi à peine allongé, sans même avoir eu le temps de procéder à mon rituel quotidien : un peu de biofreeze sur le genou gauche, un peu d’homéplasmine vous imaginez où, un peu de baume du tigre sur les cuisses et sur le pied.

    La seule douleur, c’est à la tente que nous l’avons ressentie. Une des armatures était fendue et elle n’a pas supporté la tension. Au petit matin, un craquement et l’armature sort de son logement, et crève le double toit. Nous tentons de la réparer tant bien que mal avec du ruban adhésif mais j’ai bien peur que ça ne soit pas suffisant : nous verrons bien.
    Ça a quand même le don de me mettre les nerfs en pelote, cette histoire. Globalement, tout les problèmes de logistique m’énervent au plus haut point. Au judo, c’est simple, le matériel : un kimono, une ceinture. Tu apprends à faire correctement ton nœud et normalement, ça ne bouge plus, même si un gros bœuf vous tire sur les vêtements. Quand vous voyez un judoka, dans une compétition, qui se rhabille, c’est juste qu’il est à bout de souffle et qu’il a discrètement desséré son nœud : le temps qu’il la refasse, il aura gagné de précieuses secondes de récupération. Pareil, à la piscaille, tu as ton slip de bain et basta. Sauf si l’élastique casse, il ne peut pas arriver grand chose. Au vélo, tu as la chaîne, les pneus, la selle, si vous avez tout bien suivi depuis le début, les cales (très important !), les sacoches, j’en passe et des meilleures. Au camping, il faut aussi gérer tout le matériel : toile, sac de couchage, tapis de sol, matériel de cuisine : autant de temps que j’estime perdu.

    Mais on gère, parfois en bougonnant, mais on gère.

    Nous quittons donc l’affreux camping assez tard, non sans avoir remarqué que la langue première y est l’allemand. Tous les écriteaux sont d’abord en allemand, puis en néerlandais. Pas d’anglais, alors, en français, pensez donc ! Il faut dire que nous longeons la frontière qui est étrangement parallèle au lit de la « Mass », la Meuse. Comme si on avait collé une bande de terre de quelques centaines de mètres pour y faire figurer la limite.

    Même la langue est très proche. Ce qui me plonge dans une petite problématique. En allemand, merci, c’est « danke ». En néerlandais, c’est « Dank u » (prononcez bien u et non ou). Ce qui fait que lorsque vous remerciez quelqu’un, vous n’êtes pas loin de lui balancer « dans l’cul ». Je suis allé récemment voir une pièce de théâtre dans laquelle mon fils jouait, une purge de près de trois heures dont le ressort comique reposait en partie sur le nom des deux personnages principaux : sulky et sulku. Ça ne m’avait pas fait rire du tout. Là, je suis gêné et je lance plutôt des « Thanks » anglais, plus universels et pour moi, moins dérangeants. Mais mon désarroi amuse beaucoup Hélène qui remercie en néerlandais de manière assez sonore. C’est très puéril, je vous le concède, mais ça nous fait beaucoup rire.

    Et sinon, côté vélo, cette journée à été une journée de pur plaisir. Affranchis des douleurs (je mets un « s » parce qu’Hélène les a subies aussi, à sa manière), nous avons bien roulé dans ce qui s’avèrera être du vrai Gravel : chemins de graviers, chemins forestiers, montées, descentes… Nous avons parfois abandonné la Meuse, jamais très loin d’ailleurs, pour tourner autour de ses bras, assez sauvages, habités par quantités d’oiseaux, oies, hérons, canards et même une cigogne. Quand nous la retrouvions, c’était pour la traverser, notamment à l’aide de bacs (1,30 euro par personne). Nous avons traversé la campagne néerlandaise, longé de nombreuses et immenses serres pour finir par arriver à un autre camping, celui-ci bien différent du précédent : un naturencampen, un petit camping charmant, très boisé, tout en bord de Meuse, assez cosy et très accueillant. Nous ne sommes pas relégués à l’autre bout de la terre, nous ne devons pas payer pour les douches et les gens sont très gentils. Si jamais vous passez dans les parages, on vous garde l’adresse.

    Bref, c’était une super journée !

    Jours sans chute : 2
    Kilomètres du jour : 73,88
    Kilomètres cumulés : 598
    Read more