• Ireland J9 - De Fenit à Dingle

    August 17 in Ireland ⋅ ☁️ 18 °C

    Bridie, qui nous a reçu dans sa petite maison, avec ses quatre chats était une hôte un peu hors norme. Je crois qu’à la différence de bon nombres de R B’n B, elle le fait pour les rencontres. Le partage prend le pas sur le mercantile. Aussi, il n’y a pas de minuteurs de douche, comme on a pu le voir chez d’autres. Aussi m’a t-elle offert un cidre quand je suis arrivé hier soir. Aussi avons nous papoté de tout et de rien devant les championnats d’Europe de natation et d’athlétisme. Aussi nous a-t-elle servi un petit déjeûner ce matin.
    Elle nous a également proposé de nous déposer en voiture, hier, au café de Fénit.

    En discutant, je lui explique qu’en France, et surtout dans les régions frontalières, il existe un antigermanisme latent, consécutif à trois guerres et je lui demande si les Irlandais, eux, après des siècles d’une domination britannique assez sévère, détestent les anglais autant, voire plus, que nous les doryph.., euh, les schleu… nos voisins teutons. Elle me confie que sa génération exècre les anglais. Si ici, dans une Irlande libéré du joug britannique depuis 1922, ce sentiment persiste, je n’ose imaginer à quel point il doit être fort chez les catholiques d’Irlande du Nord. Sacrée histoire que celle de ces deux pays !

    Sur ses conseils, nous empruntons la Greenway, la voie verte, qui relie Fénit à Tarlee, ville assez importante sur la route de Dingle. On y trouvera sûrement un bike shop. La veille au soir, en arrivant chez Bridie, j’ai constaté que mon pneu arrière était usé jusqu’à la corde. Inutile de prendre le risque de rouler avec un pneu dans cet état. Arrêt au stand donc, mais qui dure plus que les 3 secondes nécessaires à Mc Laren pour changer les pneumatiques de sa formule 1.

    Nous repartons vite, avec ce nouveau souci matériel, et ce temps perdu, car l’étape d’aujourd’hui est assez costaud. Devant nous se dressent les montagnes de Dingle, comme une menace, comme une promesse, comme une promesse de menace, et nous savons pertinemment qu’il va falloir tôt ou tard nous y confronter pour rejoindre Dingle.
    La grimpette n’est pas aussi dure qu’on le prévoyait. Par contre, elle est très longue. Et le vent est de la partie. Ses rafales nous ralentissent, même dans la très longue descente. Ce qui nous laisse finalement le temps d’admirer le paysage. La péninsule de Dingle est ceinte par des montagnes. L’enchaînement de ces reliefs est assez joli, même si le plafond semble baisser rapidement. Il fait froid et je suggère à Hélène de remettre ses manchons, surtout pour la descente. Arrivé à Dingle, le plafond est quasiment à la cave et il se met à pleuvoir carrément. On n’y voit rien et il nous reste 12 kilomètres pour arriver à destination. Nous bravons les éléments et arrivons finalement à bon port, mais trempés et exténués.

    Une sérieuse remise en question est en cours et des changements sont à prévoir pour qu’à l’avenir, nous voyagions plus légers, donc plus rapides et plus faciles. Par contre, pour la météo, nous ne pouvons rien y faire.
    Pour l’heure, nous nous demandons si nous changeons notre fusil d’épaule pour la fin du séjour. De la pluie est encore prévue et nous ne voyons pas bien l’intérêt de continuer dans ces conditions. Surtout si nous ne parvenons pas à sécher nos vêtements détrempés. Mais comme nous n’aimons rien lâcher, l’une comme l’autre, nous devons encore y réfléchir.

    Kilomètres du jour : 75,72
    Kilomètres cumulés : 580
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