• Yvan Weitzel Macchia
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Ireland

A 17-day adventure by Yvan Read more
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    🇮🇪 Emlagh ED, Irlande

    Ireland J11 Castlemaine > Waterville

    10 minutes ago in Ireland ⋅ 🌬 14 °C

    L’univers est soit-disant composé des 4 éléments que sont la terre, le feu, l’air et l’eau.
    On a, à propos de l’Irlande, l’image d’un pays ancestral, fort de son histoire, de ses traditions gaéliques, mais aux vues des éléments du jour, je ne suis pas loin de penser que l’Irlande a été créée en dernier lieu, qu’on devait assumer un déficit certain de la terre et du feu et que, comme le dit si bien Jeff Goldblum dans Jurassic Park, la vie trouve toujours sa place, ce manque a été comblé par les deux éléments qui restaient, à savoir l’air et l’eau. Ce qui, au final, a pour conséquence un petit déséquilibre.

    Hier au soir, déjà, une puce me sautait à l’oreille. Soit nous mangions un paquet de riz qui traîne dans nos sacoches, accompagné de quelques sardines en boîte directement ramenées de Troussey, soit nous parcourions, après l’étape, les deux et quelques kilomètres qui nous séparaient du pub le plus proche. Résultat des courses, nous enfourchâmes à nouveau nos bicyclettes pour aller nous sustenter dignement malgré une grosse averse. Une fois le roasted Chicken d’Hélène et mon Roasted Turkey and Ham avalés, nous avons fait le chemin en sens inverse, toujours sous la pluie.
    Dans la nuit, réveillé par une vessie toujours plus capricieuse alors que mon âge avance, j’ai pu voir que c’était un déluge qui s’abattait sur Castlemaine. Que d’eau, que d’eau !

    Au petit matin, la pluie s’était arrêtée, mais la campagne, humide au possible, dévoilait que les intémpéries étaient tombées drues.
    Déjà l’heure de prendre congé de notre hôte qui nous annonce une matinée « dry », c’est à dire sèche. Si l’autochtone le dit, c’est que ça doit être vrai, me dis-je, cherchant à me persuader tel le docteur Coué.

    Nous prenons la route sans plus tarder : l’étape est longue ! Rapidement, alors que le premier élément, l’eau, semble marquer une pause, le deuxième entre en jeu. Un vent à décorner un taureau dont la vache aurait été infidèle nous frappe de plein fouet, nous déséquilibre par violentes rafales. Nous sommes en bordure de mer et le zéphyrin rentre dans les terres sans rencontrer de résistance, tel l’allemand moyen envahissant la Belgique un soir de 1940.
    Je ronchonne, je peste contre les éléments qui ne nous sont, de toute évidence, pas très favorables.
    D’ailleurs, la pluie se remet à tomber. Nous nous arrêtons pour nous équiper, mais 3 minutes après, le soleil est de retour et il fait trop chaud sous nos vêtements pour affronter les petits dénivelés qui jalonnent le parcours. Nouvel arrêt pour retirer les couches superflues. Mais quelques minutes plus tard, ça recommence, il pleut à nouveau. Le temps pour Hélène d’enfiler ses guêtres pour garder les pieds secs et voici que le soleil revient. Du coup, nouvel arrêt, toujours pour retirer les vêtements de pluie. Évidemment, que pensez-vous qu’il se passe ? La pluie tombe à nouveau, cette fois très fort, alors que nous traversons la petite bourgade de Glenbeigh. Nous décidons donc de nous arrêter pour déjeûner, histoire que ça se calme. Une fois rentrés chez Emilie’s, petit resto branché, nous constatons que la pluie s’est arrêtée. Elle ne reprend qu’au moment où on sort du restaurant. Du coup, nous nous équipons, mais quelques minutes plus tard, le soleil tape à nouveau et nous devons faire une nouvelle halte pour nous habiller, une fois de plus, en conséquence.
    J’oubliais de dire que le vent est bel et bien toujours présent et nous balance ses rafales dans les gencives.
    Les diverses évolutions des conditions météorologiques ne nous font cependant pas oublier l’essentiel : la péninsule d’Iveragh, comme sa petite sœur de Dingle, la veille, est superbe. Un tantinet moins sauvage, peut-être, mais des reliefs plus variés.
    Et malgré la pluie, malgré les rafales de vent, malgré un passage de vitesses altéré qui me vaut un nouvel arrêt chez un réparateur de bicyclette (décidément !), c’est sous le soleil que nous arrivons à Waterville, la bien nommée. Ouf !

    Nous avons roulé 77,77 km, occupons la chambre 7 de la Old Câble Historique House et nous sommes assis à la table 7 du restaurant. Ne me demandez pas ce que ça veut bien pouvoir dire, je n’en sais fichtrement rien.
    Pour l’heure, après une bonne douche, il faut se reposer. L’ultime étape se profile déjà et devrait nous réserver son lot de patates (copyright : Roland Tanguy).

    Kilomètres du jour : 77,77
    Kilomètres cumulés : 708,3
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  • Ireland J10 - De Dingle à Castelmaine

    August 18 in Ireland ⋅ ☁️ 17 °C

    En rentrant en France, j’irai consulter un ophtalmo. Cela me paraît totalement indispensable désormais. En effet, depuis plusieurs jours, je rencontre le même problème : je vois la route plate. Hormis les grosses montées ou les grosses descentes, qui généralement, mais ce n’est pas toujours le cas, vont de pair, la route me semble systématiquement plate.
    Alors, je sens bien qu’il y a des différences dans la platitude de la route. Il y a le plat normal, celui où on roule aux alentours de 19-20 km/h. Il y a le plat fatigué, celui où on roule aux alentours des 11 km/h. Visuellement, la route me semble plate, mais du coup, j’ai l’impression que c’est moi qui vais mal, ou ma machine. Du coup, je vérifie que le pneu arrière n’est pas plat, lui aussi. Mais non ! C’est juste que ça monte. Et puis il y a le plat facile, celui où on dépasse les 21 km/h. C’est que ça descend. Ça fait bien rire Hélène, mais psychologiquement, ça me pose de vrais problèmes et notamment me donne l’impression que je ne suis pas à la hauteur.
    Au final, au regard des étapes, on a quand même fait pas mal de dénivelé, là où notre expérience meusienne en la matière restait très limitée.

    Ce matin, au réveil, de la pluie. Les appli météo sont quand même relativement fiables parce qu’elles annonçaient une accalmie vers 10h et lorsque nous partons, effectivement, le ciel est clément. Comme les nuages ne sont pas aussi bas que la veille, on en profite pour admirer le paysage qui est franchement beau. Mais rapidement, on se heurte au mur de la réalité et voilà que s’annonce une bonne grosse pente. Encore. Ça grimpe, ça grimpe, on passe très vite les vitesses pour aider à l’ascension. Pour le coup, la pente ne me paraît pas plate du tout. C’est même le contraire puisqu’après quelques minutes d’efforts intenses et déjà d’une bonne grosse suée, la pente s’accentue encore. Je pose pied à terre, une nouvelle fois. Hélène, joueuse, tente bien le coup, mais après quelques mètres, il faut se rendre à l’évidence, c’est totalement impossible.
    Ah ça, c’est toujours facile de préparer ses trajets, dans son canapé, une musique douce en fond, un petit verre à la main. Mais quand on est dans la réalité du terrain, c’est tout autre chose.
    Nous poussons nos lourds vélos, nos très lourds vélos dans cette pente. Ma jambe droite heurte la sacoche gauche à chaque pas, je sue à grosse goutte. Soudain, l’inclinaison de la pente se fait moindre et nous renfourchons nos montures pour terminer l’ascension. À ce stade, c’était presque de l’escalade. Mais non ! Je n’exagère pas.
    Franchement, je ne suis pas sûr que j’aurais réussi avec un vélo de route. Alors avec un Gravel, ses armatures, ses sacoches et mon plus que quintal, c’était mission impossible, même si nous sommes clairement plus faciles qu’au début du séjour, nous le sentons.

    Cette première difficulté passée, nous descendons à brides abattues vers la ville de Dingle. À la recherche d’un cuissard un peu plus long pour Hélène qui avait vu les choses de manière trop optimiste. Si dans la foulée, je peux trouver un vêtement technique, je suis preneur. Le seul que j’ai pris était trempé depuis la veille et une nuit n’aura pas suffi à sécher nos vêtements. Hélène étend même ses affaires, solidement arrimées, sur ses sacoches arrières.
    Mais Dingle reste une petite ville et nous ne trouvons, ni l’un, ni l’autre, notre bonheur.

    Nous ne nous attardons pas trop car la météo prévoit de la pluie à Castlemaine pour 16h. L’étape du jour est assez facile puisqu’il y a beaucoup de descente. Nous filons comme le vent, en longeant, une fois de plus la mer. Sur notre gauche, les montagnes de la péninsule, sur notre droite, l’océan et derrière, les montagnes d’une autre péninsule. C’est grandiose ! Petite pause pique-nique sur Inch Beach, histoire de constater qu’à l’instar des Danois, les Irlandais vont aussi sur la plage avec leurs voitures.
    Le coin est sublime. Je nourris trois corbeaux querelleurs qui se disputent les quelques flocons d’avoine que je leur ai jetés. Un gros nuage noir et menaçant montre le bout de son nez : c’est le moment de ne pas traîner.
    Nous arrivons avant 16h dans la pension où nous logeons cette nuit. Ça fait bizarre d’arriver si tôt, mais aujourd’hui, nous n’avons pas rencontré de problème technique, sommes passés entre les gouttes et la seule rare fois où il y a eu du vent, ça a duré quelques minutes, il a soufflé, c’était bien agréable, dans notre dos.
    La pension est un Bed, mais sans Breakfast, tenu par une vieille dame à la peau très blanche, très apprêtée. Un peu surprise, elle se marre quand même quand je l’enjoins à monter mes bagages, avec un petit air pincé propre à la société bien pensante.

    Nous avons donc le temps de nous poser et de faire le point sur la fin du séjour. Finalement, nous continuerons notre programme . Certes, rester dans une ville et la visiter nous intéresse mais nous aurions un sentiment d’inachevé qui ne nous convient pas du tout. Nous respecterons donc ce que nous avions prévu !

    Kilomètres du jour : 50,53
    Kilomètres cumulés : 630,53
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  • Ireland J9 - De Fenit à Dingle

    August 17 in Ireland ⋅ ☁️ 18 °C

    Bridie, qui nous a reçu dans sa petite maison, avec ses quatre chats était une hôte un peu hors norme. Je crois qu’à la différence de bon nombres de R B’n B, elle le fait pour les rencontres. Le partage prend le pas sur le mercantile. Aussi, il n’y a pas de minuteurs de douche, comme on a pu le voir chez d’autres. Aussi m’a t-elle offert un cidre quand je suis arrivé hier soir. Aussi avons nous papoté de tout et de rien devant les championnats d’Europe de natation et d’athlétisme. Aussi nous a-t-elle servi un petit déjeûner ce matin.
    Elle nous a également proposé de nous déposer en voiture, hier, au café de Fénit.

    En discutant, je lui explique qu’en France, et surtout dans les régions frontalières, il existe un antigermanisme latent, consécutif à trois guerres et je lui demande si les Irlandais, eux, après des siècles d’une domination britannique assez sévère, détestent les anglais autant, voire plus, que nous les doryph.., euh, les schleu… nos voisins teutons. Elle me confie que sa génération exècre les anglais. Si ici, dans une Irlande libéré du joug britannique depuis 1922, ce sentiment persiste, je n’ose imaginer à quel point il doit être fort chez les catholiques d’Irlande du Nord. Sacrée histoire que celle de ces deux pays !

    Sur ses conseils, nous empruntons la Greenway, la voie verte, qui relie Fénit à Tarlee, ville assez importante sur la route de Dingle. On y trouvera sûrement un bike shop. La veille au soir, en arrivant chez Bridie, j’ai constaté que mon pneu arrière était usé jusqu’à la corde. Inutile de prendre le risque de rouler avec un pneu dans cet état. Arrêt au stand donc, mais qui dure plus que les 3 secondes nécessaires à Mc Laren pour changer les pneumatiques de sa formule 1.

    Nous repartons vite, avec ce nouveau souci matériel, et ce temps perdu, car l’étape d’aujourd’hui est assez costaud. Devant nous se dressent les montagnes de Dingle, comme une menace, comme une promesse, comme une promesse de menace, et nous savons pertinemment qu’il va falloir tôt ou tard nous y confronter pour rejoindre Dingle.
    La grimpette n’est pas aussi dure qu’on le prévoyait. Par contre, elle est très longue. Et le vent est de la partie. Ses rafales nous ralentissent, même dans la très longue descente. Ce qui nous laisse finalement le temps d’admirer le paysage. La péninsule de Dingle est ceinte par des montagnes. L’enchaînement de ces reliefs est assez joli, même si le plafond semble baisser rapidement. Il fait froid et je suggère à Hélène de remettre ses manchons, surtout pour la descente. Arrivé à Dingle, le plafond est quasiment à la cave et il se met à pleuvoir carrément. On n’y voit rien et il nous reste 12 kilomètres pour arriver à destination. Nous bravons les éléments et arrivons finalement à bon port, mais trempés et exténués.

    Une sérieuse remise en question est en cours et des changements sont à prévoir pour qu’à l’avenir, nous voyagions plus légers, donc plus rapides et plus faciles. Par contre, pour la météo, nous ne pouvons rien y faire.
    Pour l’heure, nous nous demandons si nous changeons notre fusil d’épaule pour la fin du séjour. De la pluie est encore prévue et nous ne voyons pas bien l’intérêt de continuer dans ces conditions. Surtout si nous ne parvenons pas à sécher nos vêtements détrempés. Mais comme nous n’aimons rien lâcher, l’une comme l’autre, nous devons encore y réfléchir.

    Kilomètres du jour : 75,72
    Kilomètres cumulés : 580
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  • Ireland J8 - De Ballylongford à Fenit

    August 16 in Ireland ⋅ ☁️ 17 °C

    De la relativité de toute chose… Nous avons donc dormi dans un charmant Bed And Breakfast, avec vue sur un château, sur une petite île. Un endroit magnifique, comme je vous le disais. Au réveil, après une nuit agitée où, pendant deux heures, j’ai modifié, affiné, amélioré les trajets restants, j’ouvre les rideaux et comme chaque matin depuis 9 jours, le ciel est gris. Rien d’anormal, donc. Il fait peut être un peu frisquet. J’en profite donc pour enfiler mon cuissard long, histoire de dire que je ne l’ai pas charrier depuis plus d’une semaine pour rien.
    Nous prenons notre petit-déjeûner puis descendons nos sacoches dans la cour. Là, un léger crachin vient rafraîchir nos joues. Le temps de redescendre les dernières sacoches et le crachin s’est fait plus vigoureux. Nous décidons donc d’enfiler nos vêtements de pluie, qui ne nous quitterons pratiquement plus de la journée.
    Hélas, il va pleuvoir quasiment durant toute cette étape.
    Dans ces conditions, pas grand chose à voir, à se mettre sous la dent. Là, devant nous, un immense mur gris semble avaler les champs et forêts. Comme le vent se mêle aux festivités, une petite pluie dense vient s’insinuer dans chaque interstice disponible. Nous sommes trempés. Et comme ma prise au vent est assez conséquente, je m’épuise assez vite à pédaler face aux rafales.
    Pourtant, la pluie s’arrête pour la pause de midi. Nous mangeons une salade avant de reprendre la route mais la pluie revient au moment où nous libérons la table. Petite halte au supermché où j’en profite pour changer de chaussettes. Il fait carrément froid. Je peste contre ces conditions.
    C’est là que la relativité rentre en ligne de compte. À ce moment précis, je me rappelle que je préfère être là plutôt que subir les températures lorraines. Il est plus facile de se réchauffer que de se rafraîchir.
    Il n’empêche, c’est assez harassant. À voir comment Hélène souffle lors de nos courtes pauses, je ne suis pas le seul à accuser le coup. Mais à une dizaine de kilomètres de Fenit, notre objectif du jour, la pluie s’arrête enfin. Nous pouvons quitter nos vêtements de pluie qui me donnaient l’impression de pédaler dans une bulle, comme si j’étais prisonnier, contraint, empêché.
    Nous pouvons enfin profiter des paysages comme le Ferry County Council ou cette très belle vue lorsque nous arrivons sur Fenit.
    Birdie, notre hôte, est charmante. Elle et ses quatre chats nous accueillent dans leur petite maison. Nous allons manger sur le port avec vue sur les montagnes de Dingle, noyées dans les nuages. Demain, il va falloir se mesurer à elles.

    Kilomètres du jour : 57,55
    Kilomètres cumulés : 504, 35
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  • Ireland J7 - De Kilkee à Ballylongford

    August 15 in Ireland ⋅ ☁️ 15 °C

    Petite leçon de géographie irlandaise, attention, accrochez-vous ! Il y a deux jours, nous quittions la région du Connacht, qui n’est pas une insulte lancé par un allemand, pour passer dans celle du Munster, qui n’est pas un fromage produit par un alsacien, peut-être cousin de l’allemand du Connacht.
    Le Connemara, dans le Connacht est à cheval entre le comté de Mayo et celui de Galway. Ça va ? Vous suivez toujours ?
    Aujourd’hui, nous avons quitté le comté de Clare pour passer dans celui du Kerry. Désormais, quelque soit le comté, nous serons dans le munster. Pas de quoi en faire un fromage, finalement.
    Ce matin, nous quittons le douillet Bed and Breakfast où nous logions, après un nouveau petit déjeûner irlandais, cette fois, sans frite. Petite surprise pour Hélène qui en avait vaguement émis le désir là veille avant d’abandonner parce que pas sur notre itinéraire, et peut-être parce que finalement nous aimons ça, nous attaquons une bonne grimpette pour aller voir les falaises de Kilkee. Puis, nous reprenons notre route, à travers la campagne irlandaise, tentant d’éviter la nationale surchargée et bruyante pour nous engager dans des routes défoncées. L’Irlande n’est pas la Suisse, l’état des routes le démontre bien. Mais qu’importe, nous sommes en Gravel et pouvons passer partout. C’est cependant un peu tape-cul et nos fondements s’en ressentent.
    Nous filons vers Killimer où nous devons prendre un ferry pour le Kerry. Ça sonne comme un titre de film…
    Il fait bien frisquet et nous nous arrêtons pour adapter nos tenues. Les tours de cou et les manchons sont de rigueur. J’ai offert une paire des miens, les roses, à Hélène, qui les trouve bien pratiques. Associés au jaune fluo de son gilet, elle fait penser à un bonbon acidulé.

    Il y a toujours quelque chose de magique à prendre un ferry pour traverser un bras de mer. C’était déjà le cas au Danemark et l’impression est toujours la même.

    Arrivés dans le Kerry, nous continuons notre route. Il reste une bonne dizaine de kilomètres pour atteindre notre étape du jour. Et nous tombons nez à nez avec Donatien et Marine, cyclotouristes avec qui nous avions fait la queue pour embarquer en Irlande et qu’Hélène appelait, dans son récit Virgile et Daphné. Marine avait peur de ne pas réussir. Là, elle est ravie et tous deux nous annoncent de futurs paysages extraordinaires, tout aussi extraordinaires que les dénivelés à venir. Nous les laissons non sans les inviter s’ils passent dans les coins de Troussey. Comme Donatien, parisien, aimerait visiter Strasbourg, c’est dans le domaine du possible.
    Dix minutes après, nous tombons sur Julien et Marion, autres cyclotouristes, eux aussi rencontrés sur le bateau. Cette étape doit être le milieu du parcours, fut-il pris par le nord ou par le sud. Là aussi, après avoir taillé une petite bavette, nous les laissons car nous sommes presque arrivés et avons envie de poser notre paquetage. Le nouveau Bed and Breakfast est un peu éloigné de Ballylongford et nous savons d’ores et déjà que nous ne referons pas la route pour revenir en ville. Nous nous arrêtons donc au supermarché où Hélène, pour changer, achète des pâtes. Il faut dire que nous en avons un peu marre des sandwichs ou des wraps.
    Le Bed and Breakfast, que nous pensions être un R B’n B, est sur une petite île avec vue sur une ruine de château. C’est encore une fois magnifique.
    Le hic, c’est qu’il n’y a pas de cuisine. Tout juste un micro-ondes. Va faire cuire des pâtes dans un micro-ondes, toi ! Qu’à cela ne tienne, il me faut cinq centièmes de seconde pour revêtir mon uniforme de… Joe Camping ! Je me retrouve donc, dans la minuscule salle de bains, assis sur les toilettes, avec mon réchaud en équilibre précaire sur le bord du petit lavabo à tenter d’obtenir une ébullition. C’est assez fastidieux, mais en doublant le temps de cuisson, on obtient quelque chose de mangeable. Comme Hélène avait ramené sel poivre, huile et sauce soja, elle opte pour une version d’obédience asiatique. Personnellement, plus classique, j’avais anticipé et acheté au supermarché une petite conserve de purée de tomates, qui fait, ma foi, parfaitement bien l’affaire. Un festin !

    Kilomètres du jour : 59,5
    Kilomètres cumulés : 446,8
    Crevaisons : 2
    Fish and chips : 1
    Toujours pas de Irish Stew
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  • Ireland J6 - De Lahinch à Kilkee

    August 14 in Ireland ⋅ ⛅ 22 °C

    Et bien voilà, il fallait bien que ça nous arrive. On sait que cela peut se produire, lors d’un périple à vélo, qu’on n’est pas à l’abri. Et bien pour nous, c’était aujourd’hui : une étape qui s’est déroulée comme prévu, sans encombre. Incroyable ! Pas de crevaison, pas de garde-boue défectueux, pas d’erreur de trajet, rien ! Tout s’est passé comme sur des roues. Parce que des roulettes, ça fait une paie que ni moi ni Hélène n’en avons plus besoin.

    Nous quittons notre hôte du jour, dans la banlieue de Lahinch, non sans lui demander conseil sur l’endroit où petit-déjeuner. En effet, sa cuisine n’est pas commune et pique-niquer sur une serviette Décath’, de surcroît des sardines (c’est tout ce qu’il nous reste et je ne suis pas Noah), très peu pour nous.
    Nous prenons donc place chez Danny Mac’s où nous devons choisir entre le Legendary Breakfast, le Surfer Breakfast (Lahinch est un spot de surf) ou le Vegetarian Breakfast. Les deux premiers comportent des saucisses pour accompagner les traditionnels beans et œufs, soit brouillés, soit au plat, mais également des frites. Mais qui mange des frites au petit-déjeûner ? Nous optons donc tous deux pour le Vegeterian. Tant pis pour les saucisses et vivent les champignons !
    La serveuse nous apporte notre commande… avec des frites qui baignent un tantinet dans la sauce tomate des beans. Tout un programme.
    Nous ne touchons pas aux frites et je finis les beans d’une Hélène, traumatisée depuis des décennies par cette spécialité d’Outre-Manche. Je la laisserai vous raconter elle-même cette anecdote, explicative du trauma, que je qualifierais de sensass’ et tant pis pour ceux qui n’ont pas la référence.

    Puis nous entamons notre étape vers Kilkee qui débouche très rapidement, alors que nous n’avons pas eu le temps de digérer, sur un énorme raidillon bien pentu. Comme la veille, et comme tous les autres jours finalement, ça grimpe sévère. Nous sommes vite en sueur, les jambes, déjà lourdes des efforts passés tirent, mais il est hors de question de lâcher. Question d’orgueil.
    Ma digestion n’étant pas arrêtée et vues les réactions de mon corps, je suis finalement heureux de ne pas avoir pris de saucisses. On appelle ça la jurisprudence du kebab.

    Les grosses côtes sont toujours pour moi l’occasion d’une introspection profonde où, entre deux râles, je fais l’inventaire des mes sacoches pour y déceler l’élément superflu, celui sans lequel vous pédaleriez de toute évidence, mieux. Le poids est un de nos soucis majeurs et nous nous délestons du moindre petit détail afin de faciliter nos efforts. Là, un opercule en plastique, ici l’emballage d’une barre protéinée que nous n’avons évidemment pas balancée dans la nature.
    J’en profite pour dire que les bas-côtés irlandais ne sont pas très propres et que j’ai été choqué de trouver des gobelets ou autres paquets de cigarettes écrasés en plein Connemara en me demandant qui pouvait n’en avoir rien à carrer de la beauté d’un tel site et y balancer ses ordures. Un mystère !
    J’ai vu récemment une vidéo d’un cycliste professionnel se plaindre de l’état des bords de route. Et lui de remarquer que les déchets retrouvés, emballages de Mac Do, paquets de cigarettes, etc… démontraient combien ceux qui n’en avaient rien à faire de leur santé n’en avaient non plus rien à faire de celle de la planète. C’est peut-être une lapalissade, mais j’ai trouvé ça très juste. Mais je digresse…

    Me voilà donc à répertorier mes sacoches, traquant l’intrus en me remémorant les remarques de plusieurs cyclotouristes qui comparent leur matériel comme des masculinistes comparent leurs attributs : « ah bah dîtes-donc, vous êtes bien chargés ! »
    J’ai déjà réduit mon paquetage au maximum et ne vois pas sur quoi je pourrais encore raboter.
    Je ne me suis certes jamais servi de mes gants chauds mais ils sont indispensables. Il suffit d’une fois et ne pas les avoir pourrait devenir pénalisant.
    J’ai bien mon pantalon du soir qui s’est coincé dans ma chaîne le premier jour et dont la jambe droite, arrachée est désormais inutilisable. D’ailleurs, Nadyne, prépare ta machine à coudre, il va falloir faire des miracles pour le récupérer, à notre retour.
    Le reste me semble totalement indispensable. J’admire les gens qui réussissent à partir avec deux petits sacs fermement arrimés à leur bicyclette, mais je les soupçonne de puer plus que moi, ce qui, au bout d’une semaine et malgré des douches quotidiennes, n’est pas peu dire.

    Arrivés donc sans encombre à Kilkee, nous posons nos bagages dans notre Bed And Breakfast (saucisses au menu demain matin, malgré une petite côte initiale, que voulez-vous, j’aime jouer), nous faisons un petit tour sur la plage avant de nous restaurer. Là, j’hésite longtemps avant de choisir entre un risotto aux champignons et un fish and chips. Le risotto pense l’avoir emporté et sa victoire est même annoncée au serveur, mais une ultime volte-face fait chavirer le résultat et c’est bien un fish and chips qui atterrit sur ma table. Mais le chowder pris en « starter » m’a déjà bien calé et je ne touche presque pas à mes frites, devenue décidément l’ennemi plublic numéro 1.

    Kilomètres du jour : 49,6
    Kilomètres cumulés : 387,3
    Crevaisons : 2
    Fish and chips : 1 fish et quelques chips
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  • Ireland J5 - De Oranemore à Lahinch

    August 13 in Ireland ⋅ ☁️ 20 °C

    Bon… j’ai un aveu à vous faire. Depuis toujours, les choses minutieuses, qui demandent de l’organisation, de la patience, ça n’est pas vraiment mon credo. Enfant, je n’ai pas eu de circuit automobile, pas de train électrique avec des milliers de détails, pas de maquette. Mon pote Lionel Patte en faisait de très jolies, des jeeps américaines, mais l’activité n’était pas pour moi. Elle demandait trop de rigueur. Alors que je suis plutôt un sanguin, un qui marche à l’instinct.
    Mon grand-père maternel, grand mécano devant l’Éternel, a bien tenté de m’intéresser aux joies de la mécanique en me demandant, pour débuter, d’ouvrir un réveil pour comprendre comment il fonctionnait. Mais la première vis fut récalcitrante et c’est à coups de marteau que j’ai ouvert le ventre de la bête, provoquant ainsi l’ire de mon grand-père et une certaine résignation.
    Ma mère m’a bien offert des cours de guitare, mais, de rage, après avoir buté pour la troisième fois sur un passage difficile, j’en suis arrivé à mordre l’instrument.
    Donc la rigueur, le rangement, tout ça, ça n’est pas trop pour moi.
    Mais pour partir en vacances en vélo, je prépare au préalable tous les trajets pendant qu’Hélène organise, tâche ô combien chronophage, les hébergements.
    Pour l’Irlande, un petit malentendu entre nous deux a fait que j’ai préparé deux itinéraires par étape. Le premier suivait scrupuleusement l’Eurovélo 1 et s’est vite avéré trop long, trop haut, trop dur. Le deuxième reprenait le parcours de deux bloggeuses et était un peu plus facile. J’avais donc, méthodiquement, tout enregistré dans Strava, l’application dont je me sers pour le voyage.
    L’étape du jour était une étape que je qualifierais de tranquille. Un peu plus de 50 kilomètres et un dénivelé acceptable, compris dans la fourchette basse de ceux du séjour.
    Et nous voilà partis. On avale un petit déjeuner à Oranemore, je me débarrasse de mon garde-boue avant que je pensais avoir réparé mais qui continuait à frotter sur la roue et nous voilà qui enchaînons les kilomètres.
    Le paysage a changé. Au revoir le Connemara, nous roulons, hélas encore, sur une nationale, avec pas mal de circulation et de voitures qui nous frôlent. Il faut dire qu’en Irlande, une nationale, c’est la largeur de deux voitures et pas de bas-côté. Bref, c’est ténu (voir photo). Des champs verts, beaucoup de murets de pierre dont je ne saisis pas ce qu’ils délimitent et à l’horizon, des collines, assez minérales.
    Petite halte pour admirer le Dunguaine Castle où nous entendons encore parler français, avant d’entamer une ascension que je sais être compliquée. En regardant la carte sur mon application, je constate qu’en allongeant un peu le chemin, nous pouvons contourner la colline plutôt que de l’affronter. C’est un peu plus long, mais ce détour va nous offrir une énorme descente assez jouissive.
    La pluie du matin a disparu, juste pour nous le temps de nous équiper, et il fait désormais assez chaud. Je vous rassure, à l’heure où j’écris ces lignes, la pluie est bel et bien revenue et nous sommes contents de n’être pas sortis ce soir.
    Assoiffés, après 40 kilomètres d’un bon train, nous nous arrêtons pour boire, qui un cidre, qui une eau pétillante. Je vérifie notre parcours, histoire d’anticiper un peu les côtes qu’il nous reste à grimper et un détail me saute aux yeux : sur la carte, il reste beaucoup de chemin à parcourir, alors que dans mon esprit, il ne nous reste que 16 kilomètres. Je regarde d’un peu plus près et oh stupeur, je me rends compte que j’ai utilisé le mauvais trajet, le trajet initial, plus long, plus dur. Mon manque de rigueur me joue encore des tours. Revenir en arrière pour récupérer le deuxième trajet s’avérerait trop long. Continuer sur ce trajet également. J’avise donc une troisième option, d’une trentaine de kilomètres mais qui coupe à travers une haute colline.
    Nous entamons alors son ascension. Rapidement, mes cuisses tétanisent. Je fais une première halte devant un panneau m’annonçant un prochain kilomètre à 12%. La Bibi, elle, toujours combative, part seule devant. Je reprends mon souffle et repart. Mais mes cuisses tétanisent à nouveau. J’ai l’impression que quelqu’un tire sur ma roue arrière, j’ai chaud, la sueur me coule sur les yeux. Je repose pied à terre. Et tente de repartir. Mais au bout de quelques mètres, j’ai compris et j’abdique : je finirai l’ascension en poussant mon vélo.
    La Bibi, exceptionnelle, n’a pas posé pied à terre. Elle m’attend à ce qu’elle croit être le sommet de la colline. Je l’imaginais déjà s’élancer dans la descente, magnifique récompense après son effort fourni, mais non… en fait, ça monte encore.
    Nous arrivons à Lahinch assez rapidement même si le parcours nous réserve encore quelques belles patates, comme dirait l’ami Roland. Nous sommes à 1,5 kilomètres du centre-ville, exténués et pas motivés à l’idée de reprendre nos bicyclettes pour aller manger en ville. Grand bien nous fasse puisque le ciel se couvre et qu’il pleut. Un peu isolés, nous mangeons dans notre chambre, avec ma serviette décathlon en guise de nappe et pour dîner, finissons les sandwichs de la veille. Et comme la maison ne refuse aucun sacrifice, une barre protéinée pour tout dessert.
    La soirée promet d’être calme. Une fois que j’aurai terminé de faire le ménage dans les trajets ultérieurs pour qu’une telle erreur ne se reproduise plus. On apprend toujours de ses erreurs et j’ai l’impression d’être encore à l’école primaire.

    Kilomètres du jour : 73,58 (au lieu des 56 annoncés)
    Kilomètres cumulés : 337,7
    Crevaisons : toujours 2
    Fish and chips, toujours 0 mais deux wrap cheddar-poulet
    Splendor Duel : Yvan 2 - Hélène 0
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  • Ireland J4 - De Carraroe à Oranemore

    August 12 in Ireland ⋅ ☁️ 24 °C

    Eaux et gaz à tous les étages !
    J’avais cité le vieux Sardou, je ne pouvais pas rester sur une telle référence (vous l’aurez compris, le chanteur de la maladie d’amour n’est pas ma tasse de (Irish) thé). J’en viens donc à citer Serge Gainsbourg que les années 2020 ne consacreraient plus comme un génie mais peut-être comme un vieux pervers et réactionnaire. À le voir insulter Catherine Ringer sur le plateau de Denisot dans les années 80, et sa toxicité assumée sur Jane Birkin ou Bambou, ou son jeu équivoque avec sa fille, on est à même de se poser la question, mais je m’égare…
    Sur un de ses albums, il y avait donc cette chanson très courte, pas forcément de bon goût, mais qui me faisait hurler de rire quand jétais gamin. Eau et gaz à tous les étages…

    C’était un peu la thématique du jour. Car nous devions rejoindre Oranemore, dans la banlieue de Galway, en longeant sa baie. L’Océan Atlantique a été, tout au long de la journée à notre droite. Pour un peu, on aurait pu humer les effluves marines. Et bien non ! Car pour rallier Oranemore, l’eurovélo 1 emprunte une nationale, aussi fréquentée par les voitures et les camions qui nous frôlent dans un vacarme assourdissant (vous avez remarqué ? Un vacarme est souvent assourdissant !) que Galway est fréquentée par les touristes. Et donc, les odeurs, c’était plutôt les gaz d’échappement. Dont ceux de quelques vieux diesels qui accélèrent un bon coup pour vous dépasser, un peu lassés d’avoir attendu l’opportunité de vous doubler et qui vous envoient un bon nuage de particules fines dans les naseaux.
    L’eau ne provenait pas que de l’océan. Le temps a été très changeant puisqu’après les rafales de vent matinales, nous avons subi deux trois averses dont la dernière nous a bien rafraîchi alors qu’il faisait bien chaud. Pour l’instant, on croise les doigts mais nous avons eu énormément de chance, niveau météo.

    Pour Hélène, c’est la journée des fringales. Après une succession de faux plats (encore !), nous devons faire une pause et remettre une pièce dans la machine. Une banane fera l’affaire. Dans la petite bourgade de An Spidéal, nouvel arrêt chez Runda. Hélène se prend un bon café, moi un chaï latte digne de ceux bus à Aarhus avec Vincent et Jules et nous dégustons un délicieux sandwich poulet mayo. Le lieu a l’air prisé puisqu’une longue queue s’est constituée, fort heureusement juste après nous. Requinqués, nous repartons.

    Nous arrivons assez vite à Galway pour une nouvelle pause et en profitons pour visiter, vélos à la main, le centre-ville très animé de la cité balnéaire. Les maisons sont bariolées et vu le nombre de boutiques de souvenirs, la ville est abondamment visitée par les touristes. Les rues sont bondées et nous avons du mal à nous y frayer un chemin.

    Il ne nous reste plus qu’une petite dizaine de kilomètres avant Oranemore que nous avalons en partie dans les bouchons. Encore des gaz ! Heureusement, en Irlande, les vélos peuvent partager les trottoirs avec les piétons ; nous réussissons rapidement à nous extraire de ce piège nauséabond.
    Nous arrivons juste à temps dans notre chambre pour constater qu’en Irlande, l’éclipse solaire n’est pas très spectaculaire.

    Dans les choses bizarres qui nous ont été données de voir aujourd’hui, j’ai failli renverser un petit vieux tout recroquevillé qui ne m’avait pas vu arriver et qui se dirigeaient dangereusement vers la nationale engorgée. Son sexe dépassait de son pantalon de pyjama ( « ma petite quéquette sort de ma braguette », chantait Gainsbourg dans « Eau et gaz à tous les étages » - je vous avais prévenu que ce n’était pas forcément de bon goût-) et il avait une banane à la main. Hélène m’a raconté qu’il avait jeté la banane de l’autre côté de la route en gardant la peau.
    Et sinon, en roulant, nous sommes passés devant une maison assez moderne avec un petit espace vert devant sa porte. Et sur cet espace vert, des vaches. Le portail était grand ouvert sur la nationale. Mais qui met des vaches dans son jardin ?

    Kilomètres du jour : 54,33
    Kilomètres cumulés : 264,12
    Crevaisons : 2
    Fish and chips : 0 (quelle détermination !)
    Splendor duel : Yvan 2 - Hélène 0
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  • Ireland J3 - De Letterfrack à Carraroe

    August 11 in Ireland ⋅ ☁️ 19 °C

    Au programme aujourd’hui se présentait une grosse journée. Nous avions commencé tout doucement notre voyage avec des petites étapes et quelques côtes et ce matin, nous allions passer dans une autre dimension. 75 kilomètres et un dénivelé un peu plus important que celui de la veille, avec 3 belles grimpettes, à aborder, pour ma part, d’une meilleure façon que celle de la veille. Un homme averti en vaut deux.
    Entendons-nous bien, comme ça, sur le papier, 75 kilomètres et pas loin de 600 mètres de dénivelé positif, ça n’a rien d’extraordinaire et ce sont des choses que nous avons déjà faites. Mais souvenez-vous d’un facteur déterminant : les bagages. Même si j’estime en avoir moins que les années précédentes (je n’ai notamment pas pris mon lourd appareil photo et ses deux objectifs, ce qui fait que je pourrais avoir de la place pour un piano à queue), il n’en demeure pas moins qu’il y, a au bas mot, une bonne vingtaine de kilos à charrier. Et ça change pas mal de choses.

    Traumatisé par le coup de chaud de la veille, j’ai étudié le parcours et sais où situer les 3 grosses côtes. La première, et la plus dure, pensais-je, arrive après 6 kilomètres et effectivement, ça grimpe. Mais nous l’abordons finalement plutôt pas mal et descendons assez rapidement sur Clifden, une jolie petite ville bariolée où nous pourrons racheter des chambres à air et peut-être réparer mon garde-boue, abîmé au premier jour, durant son séjour dans la soute du bus. En expliquant que les deux chambres à air ont toutes les deux été sciées à la base de la valve, le réparateur décide de réparer la roue et de changer la bande de tissu censée protéger la dite chambre à air. Nous avons donc quelques minutes à tuer et allons boire un coup dans un pub. J’y laisse Hélène, un peu transie par le grain essuyé quelques minutes plus tôt et en profite pour aller m’acheter un tour de cou. Bonne pioche, depuis le matin, il pleut, ça caille et il y a pas mal de vent. On reparlera du vent ultérieurement…
    Je retrouve ensuite Hélène qui, profitant de ce que j’avais le dos tourné, était en train de… manger, bien évidemment ! Bon… une soupe, ça reste raisonnable. En Irlande, beaucoup de pubs servent de la soupe.

    Sans traîner nous reprenons notre route. Nous avons encore perdu de précieuses minutes et l’étape est assez longue.
    Nous longeons pendant de longs kilomètres le bord de mer puis entamons une longue montée qui nous amène sur une sorte de plateau, balayé par le vent. C’est toujours aussi beau, mais ça souffle et ça grimpe !
    Nous avions choisi de faire ce tour en commençant par Galway en direction de Cork parce que nous avions lu que le vent était plus favorable dans ce sens. Les autres cyclotouristes ont l’habitude de la faire en sens inverse. Bingo ! On a le vent en pleine tronche.

    Ça grimpe, ça grimpe, tant est si bien que je n’arrive plus à discerner si ça fait partie des 3 grosses côtes mentionnées plus tôt. En fait, il s’agit d’une succession de faux plats, rythmée par des toutes petites descentes, qui nous cassent les jambes. Le soleil est revenu et nous peinons dans une ènième montée. Cependant, nous avalons les kilomètres (et moi, toute mon eau) pour arriver à 10 kilomètres de notre destination. Les 10 kilomètres les plus longs de l’histoire du vélo. La route est défoncée, les faux-plats continuent de s’enchaîner, les jambes tétanisent et il n’y a bientôt plus d’essence dans le moteur. J’ai l’impression de faire du sur-place. Le vent me rend fou. Une barre protéinés plus tard et nous finissons sur les rotules un parcours dans lequel nos organismes, aujourd’hui, ont été mis à rude épreuve. Paradoxalement, et même si les dix derniers kilomètres m’ont paru interminables, j’ai pris un plaisir fou.

    Demain, si mon étude du parcours est bonne - ce qui n’est vraiment pas une certitude, c’est presque une récréation, comparé à aujourd’hui.
    Une bonne nuit de sommeil à Carraroe, petite ville avec une vue incroyable, devrait aider à recharger les batteries.

    Kilomètres du jour : 73,12
    Kilomètres cumulés : 209,79
    Crevaisons : 2
    Fish and chips : 0
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  • Ireland J2 - De Cong à Letterfrack

    August 10 in Ireland ⋅ ☁️ 15 °C

    Je ne sais pas si c’est l’influence de Michel Sardou, mais pour notre première journée dans le Connemara, on a plus entendu parler français qu’anglais ou gaélique. À chaque pause, et même sur la route, on entendait des Français.
    Bordel de merde, si Sardou avait autant d’influence, on aurait encore la peine de mort en France, les femmes des années 80 le seraient jusqu’au bout des seins et on ferait la java à Broadway tous les samedis soir.
    Pourquoi autant de frenchies, dont nous, dans le secteur ?
    Bon, de toutes façons, il faut bien le reconnaître, le Connemara, c’est très surfait. Trois cailloux un peu hauts, deux flaques par ci par là et des crottes de mouton partout, pas de quoi en faire une chanson…
    Je déconne ! Un fois sorti de Cong, un panneau nous indique que nous rentrons dans le parc du Connemara. On aperçoit du relief et rapidement, on commence à traverser des paysages absolument magnifiques.
    On en avait déjà eu un aperçu, il y a 8 ans lorsqu’on était venu, avec Albert, Nestor et Noah mais les trois gaillards avait beuglé la chanson du vieux Sardou à tue-tête et m’avaient un peu gâché mon moment.
    Là, des monts, parsemés de taches blanches, des petits moutons à tête noire, les lacs… mais qu’est ce que c’est beau !
    Pourtant, la journée avait mal commencé. En voulant regonfler mon pneu remplacé la veille, je me rends compte que lui aussi est crevé, au même endroit que l’autre, à savoir à la base de la valve. Si ça se trouve, c’est un défaut de la roue et l’hypothèse qu’elle se mette à scier toutes les chambres à air assombrit pas mal mon début de journée. On perd une bonne heure à remplacer puis à regonfler correctement notre dernière chambre à air. Il ne faudrait pas crever à nouveau, parce que les magasins de vélo, dans le Connemara, ça ne court pas les rues. Même si le pneu me paraît un peu sous-gonflé malgré d’innombrables coups de pompe, ça a l’air de tenir et nous pouvons partir.
    Un coup de pompe, j’en ai un gros dans la première grosse montée. Ça grimpe sec et les 9 degrés frisquets du matin ont laissé place à un beau soleil. Je sue à grosses gouttes et arrivé en haut, un débriefing personnel me fait jeter le bébé avec l’eau du bain : je suis trop vieux, trop gros, et ce voyage est inadapté pour moi. J’en viens même à oublier les paysages sublimes que je traverse. Une petite pause pour retrouver ses esprits et nous repartons. Ça monte encore beaucoup, de manière un peu fourbe. J’ai l’impression que c’est un faux plat alors que ça grimpe encore bien. Nous sommes récompensés par une belle grosse descente qui permet de récupérer.
    Mais ça monte encore, on dépasse des moutons, disciplinés, qui eux, ont bien compris qu’il fallait rouler à gauche. Et nous arrivons finalement, en sentant bien nos jambes, dans une petite pension de Letterfrack. Il s’agit d’une toute petite ville où nous allons faire quelques courses avant d’aller dans un restaurant de fruits de mer. L’océan est tout près.
    Pendant qu’on mange, j’avise un grand mec qui descend des pintes, au bar, avec son pote, un petit bonnet sur la tête. Le grand mec a un T-shirt « je suis Charlie » et je me dis que décidément, c’est peut-être l’influence, encore, de Michel Sardou. Il me vient même à l’idée d’aller le voir pour tenter de lui expliquer que Charlie a bien changé sous la direction de Riss et que c’est devenu un torchon islamophobe. Mais mon vocabulaire me semble trop limité.
    De toutes façons, les deux buveurs de pinte retrouvent deux autres copains et vont s’assoir à une table, chacun avec un instrument à la main. Qui une basse, qui une guitare, qui un banjo. Et les quatres compères se mettent à jouer. Et là, je suis rassuré, aucune influence du vieux Sardou perceptible. Ça reprend des standards du rock, mais en version irlandaise, c’est chaud, c’est harmonieux, c’est convivial. On sent vraiment que c’est l’amour de la musique qui les réunit et c’est franchement très très beau. J’en suis ému aux larmes et je me mords la joue pour ne pas pleurer. Notamment une reprise de With Or Without You, qui, sous la voix incroyable du mec au bonnet évolue et devient un autre morceau. Les gens commencent à danser et moi, sorti de mon état d’hébétude, commence à me renseigner sur les prix de l’immobilier du coin.
    J’ai déjà été saisi deux fois de la sorte, où je n’avais pu retenir mes larmes. Une fois devant un Picasso alors que j’accompagnais mon père qui ne comprenait pas ce qui m’arrivait - un homme, ça ne pleure pas-, et la deuxième devant un tableau de Basquiat dont la folle énergie m’avait touché. Là, dans un pub à Letterfrack, j’ai les yeux humides et je regarde le plafond pour que personne ne puisse percevoir mon émoi.
    Heureusement que je ne suis pas Irlandais. Je serais tous les soirs dans les pubs et très certainement alcoolique.

    Kilomètres du jour : 57,35
    Kilomètres cumulés : 136,67
    Crevaisons : 2
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  • Ireland J1 De Galway à Cong

    August 9 in Ireland ⋅ ☀️ 15 °C

    Ce matin, nous laissons donc le petit Air B’n B de Déborah sous un ciel menaçant. Cette dernière, autochtone expérimentée nous l’assure : « il va pleuvoir un peu, mais pas beaucoup ». En effet, nous quittons Galway sous un petit crachin. Mes manchons ne sont pas de trop et nous nous éloignons de la ville, direction Cong où nous récupérerons l’Eurovélo 1, qui traverse le Connemara et qui nous redescendra vers Cork.
    Bon… les 30 premiers kilomètres se font sur une nationale assez fréquentée. On respire quelques gaz d’échappement pendant un bon moment et comme en Irlande, il n’y a pas de bas-côtés, les routes sont très étroites et les voitures, même si elles sont très respectueuses, passent vraiment pas loin. On ne peut pas trop se déporter à gauche car les feuilles de roseaux nous fouettent les bras. Mes sphincters travaillent à chaque véhicule qui nous effleure.
    D’ailleurs, il faut être assez vigilants, car après chaque pause, nous avons le réflexe de partir du côté droit de la route. Dans deux trois jours, il n’y paraîtra plus.
    Nous roulons quand même pas mal. Il faut dire que la route est droite et plate.
    Heureusement, au bout de 30 bornes, nous quittons la nationale pour nous engager dans la campagne irlandaise. C’est un peu plus escarpé, plus sinueux, donc moins monotone, et surtout beaucoup plus joli. La campagne est verte, les champs sont bordés soit par des haies, les mêmes qui ont tendance à disparaître en France, pourtant refuge d’une importante biodiversité, ou par des petits murs de pierres.
    Comme il y a des petites montées, je trouve que je peine pas mal, alors que quelques minutes auparavant, je me paraissais plutôt en bonne forme. J’en avise Hélène qui comme chacun sait, enfin surtout ceux qui ont suivi nos aventures passées en vélo, est un ogre lorsqu’elle pédale. Elle ne te mange pas le petit poucet, ses six frères, elle te bouffe les frères, les sœurs, les cousins germains, issus de germain et tutti quanti. Sa crainte donc, c’est que j’aie une fringale. Moi, comme je ne sens pas si affamé que ça, je scrute ma roue arrière : totalement à plat. Tu métonnes que je galère ! Nous voilà donc sur le bord d’une petite route de campagne à démonter ma roue et à en changer la chambre à air. À peine fini, mon téléphone sonne et Noah m’annonce que ma voiture, que je lui ai prêtée pour son emménagement parisien a un pneu totalement à plat. Caramba ! Le mauvais œil est sur les Weitzel ! Mathis, prend garde à toi.
    Nous repartons, non sans avoir englouti les petits sandwichs au pain pita préparés le matin. Cela sera notre seul déjeûner.
    5 kilomètres avant Cong, alors qu’Hélène venait de se débarasser de son blouson, de son manchon et de retirer ses protège-chaussures un peu superflus, nous essuyons une grosse averse. Nous nous arrêtons dans un pub, heureusement ouvert mais vide, où nous sirotons deux bières, sans alcool. Puis, l’averse passée, nous repartons pour Cong où nous arrivons comme des rois.
    Depuis des kilomètres, nous voyons, devant les maisons, sur les voitures, des drapeaux et fanions verts et rouges. Après renseignements, il s’agit de l’équipe de football gaélique du coin qui n’avait plus remporté le championnat depuis 75 ans. Les supporters sont hyper fiers !
    Je ne sais pas si vous connaissez le football gaélique, mais ça resssemble à du foot, mixé à du rugby mais sans placage. Les buts sont un parfait mélange des deux sports. On peut également y dribbler comme au basket, avec un ballon qui ressemble à celui du volley, mais en beaucoup plus lourd. Ça, c’était pour la minute culturelle.
    Nous nous posons à l’auberge de jeunesse, où malgré notre âge, nous passerons la nuit, puis partons pour visiter ce village, certes petit mais assez touristique. Pas moins de deux châteaux y attirent quelques visiteurs dont pas mal de français. Dans le resto conseillé par le gérant du Spar, la bouffe est plutôt bonne. Morts de faim, nous engouffrons nos mets et rentrons à l’auberge. Ça n’est finalement que le premier jour mais la fatigue se fait déjà ressentir. Demain, le kilométrage est quasiment le même, le dénivelé sera double. Une bonne nuit réparatrice s’impose et Hélène est déjà dans les bras de Morphée.

    Kilomètres du jours : 50
    Kilomètres cumulés : 79
    1 crevaison
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  • J0 arrivée à Galway

    August 8 in Ireland ⋅ 🌧 17 °C

    Deux premières constations dont la deuxième m’a été confirmée par les protagonistes de la première.
    1- les Irlandais sont très sympas (mais on va y revenir).
    2- les transports irlandais ne sont pas fiables à 100%.

    Ce devait être une journée un peu longue qui devait nous emmener à Galway, début de notre escapade.
    Après une nuit, chacun dans sa cabine, sur le Pont Aven, énorme bateau, nous avons pris un solide petit déjeûner. Même si notre journée se passait essentiellement en train, nous devions tout de même rouler de Ringaskiddy, endroit où le ferry a débarqué, jusqu’à la gare de Cork. Une petite vingtaine de kilomètres au compteur et pour nous aider dans cette tâche - enfin pour m’aider, moi, puisque certaine s’est dégonflée - les célèbres beans à la sauce tomate. En effet, nous avons opté pour un « english breakfast », mais version végétarien : le bacon et les saucisses étaient végétariens (mais aussi dégueulasses, il fait bien le souligner).
    Le temps d’admirer la côte irlandaise et nous récupérons fissa nos montures pour rejoindre Cork. De là, nous sommes obligés de prendre le train jusque Dublin puis jusque Galway. Là, Hélène a réservé un bon resto, récompense de cette journée passée dans les trains.
    Autre constatation, l’Irlande, ça n’est pas plat. Une bonne grosse montée avant de redescendre sur Cork nous met dans le rouge. La conduite à gauche est très déconcertante, encore plus qu’en voiture. Et tourner à droite devient vite périlleux.
    À Cork, nous prenons notre train jusqu’à ce qu’une annonce nous apprenne que le train s’arrête avant Dublin et que nous allons continuer le trajet en bus. « Pas de problème pour les vélos, le bus peut les contenir », nous rassure un préposé de Irish Rail. En fait, on couche les vélos dans la soute, un peu comme on peut. Et nous voilà à rouler. Je regarde ma montre quand je vois passer un panneau « Dublin 158 km ». Il est 16h15, notre correspondance à Dublin est à 17h25, arriver à l’heure me paraît carrément irréalisable. L’as, le bus s’arrête à une nouvelle gare et nous devons descendre, reprendre un autre train pour Dublin. Il faut préciser qu’ici, certains parlent gaélique et que l’accent irlandais n’est pas celui qu’on entend dans les salles de classe françaises. Ni pendant les matchs NBA. Donc nous n’avions rien compris : le bus nous déposait dans une autre gare. Ce que nous avions bien compris, par contre, c’est que nous serions en retard.
    Arrivés à 18h à Dublin, nous filons exposer notre problème à un autre préposé qui nous écoute patiemment puis qui nous demande de le suivre, vite ! « On va essayer mais je ne suis pas sûr que ça marche », me dit-il dans un anglais que je comprends, cette fois. Il nous emmène sur un quai, glisse deux mots à une collègue et hop ! on monte dans le train, vélos attachés, jusque Galway. Un grand merci à ce monsieur. Il a trouvé une solution en deux minutes.
    Arrivés à Galway, nous avons 5 petits kilomètres de pédalage pour rejoindre le Air B’n B. Il se met à pleuvoir et ce sont les premières gouttes, pour nous, depuis des semaines. Les Irlandais, eux, me paraissent plus blasés. Nous avons quitté une Bretagne à l’herbe jaunie par la sécheresse, ici, tout est bien vert.
    Nous sommes accueillis par notre hôte et ses deux petits chiens. Trop sympa, elle téléphone au resto que nous avions réservé qui lui confirme qu’il est trop tard pour nous servir. Et comme le supermarché va fermer dans les vingt minutes qui suivent, elle emmène Hélène en voiture pour que nous puissions dîner. Elles reviennent toutes les deux hilares, comme de vieilles copines. Ça change quand même du conducteur du Range Rober qui nous a dépassé, un peu avant Cork en nous faisant nonchalamment un doigt.

    Première journée de transition bien éprouvante mais nous pourrons vraiment commencer à rouler demain matin, un peu rongés par l’appréhension de ce qui nous attend dans les jours à venir. Surtout si la pluie s’en mêle.
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  • Irlande J-1

    August 7 in France ⋅ ☁️ 18 °C

    Et voilà ! C’est reparti pour un tour. Un tour irlandais. Un tour qu’on espère pas mauvais. Après une petite semaine bretonne, à visiter les remparts de Saint-Malo, à flâner dans Rennes ou à naviguer dans le golfe du Morbihan, nous avons abandonné, toujours à contre-cœur, nos amis pour rejoindre Saint Pol de Léon et son cimetière dont le parking est gratuit. Nous avons ré-enfilé nos super-costumes de cyclotouristes et avons parcouru les 6 kilomètres qui nous séparaient de la gare maritime de Roscoff. Je vous écris d’ailleurs depuis le restaurant du ferry, non sans m’être fait ponctionner une bonne trentaine d’euros pour deux salades et deux yaourts (ne prononcez pas le « t », tel le Tanguy moyen).
    Une traversée de 12h pour arriver à Cork.
    Petite surprise, les cabines sont individuelles et nous ferons donc chambre à part.
    Le petit parcours entre Saint Pol de Léon et Roscoff nous a bien cassé les pattes. Ça n’était pourtant que 6 petits kilomètres mais nous devons nous réhabituer au poids des bagages. Il y a intérêt : les étapes qui nous attendent nous promettent de sacrés dénivelés.
    J’ai pourtant fait encore quelques sacrifices par rapport aux années précédentes et emporté le strict nécessaire.
    Demain, nous rallierons Galway, via Dublin en train. Le périple débute réellement dimanche. Deux jours pour tenter de me débarasser d’une toux tenace qui plombe ma respiration dans les montées. Ça tombe bien, il y en a pléthore au programme.
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    Trip start
    August 7, 2026