Ireland J10 - De Dingle à Castelmaine
18 agosto, Irlanda ⋅ ☁️ 17 °C
En rentrant en France, j’irai consulter un ophtalmo. Cela me paraît totalement indispensable désormais. En effet, depuis plusieurs jours, je rencontre le même problème : je vois la route plate. Hormis les grosses montées ou les grosses descentes, qui généralement, mais ce n’est pas toujours le cas, vont de pair, la route me semble systématiquement plate.
Alors, je sens bien qu’il y a des différences dans la platitude de la route. Il y a le plat normal, celui où on roule aux alentours de 19-20 km/h. Il y a le plat fatigué, celui où on roule aux alentours des 11 km/h. Visuellement, la route me semble plate, mais du coup, j’ai l’impression que c’est moi qui vais mal, ou ma machine. Du coup, je vérifie que le pneu arrière n’est pas plat, lui aussi. Mais non ! C’est juste que ça monte. Et puis il y a le plat facile, celui où on dépasse les 21 km/h. C’est que ça descend. Ça fait bien rire Hélène, mais psychologiquement, ça me pose de vrais problèmes et notamment me donne l’impression que je ne suis pas à la hauteur.
Au final, au regard des étapes, on a quand même fait pas mal de dénivelé, là où notre expérience meusienne en la matière restait très limitée.
Ce matin, au réveil, de la pluie. Les appli météo sont quand même relativement fiables parce qu’elles annonçaient une accalmie vers 10h et lorsque nous partons, effectivement, le ciel est clément. Comme les nuages ne sont pas aussi bas que la veille, on en profite pour admirer le paysage qui est franchement beau. Mais rapidement, on se heurte au mur de la réalité et voilà que s’annonce une bonne grosse pente. Encore. Ça grimpe, ça grimpe, on passe très vite les vitesses pour aider à l’ascension. Pour le coup, la pente ne me paraît pas plate du tout. C’est même le contraire puisqu’après quelques minutes d’efforts intenses et déjà d’une bonne grosse suée, la pente s’accentue encore. Je pose pied à terre, une nouvelle fois. Hélène, joueuse, tente bien le coup, mais après quelques mètres, il faut se rendre à l’évidence, c’est totalement impossible.
Ah ça, c’est toujours facile de préparer ses trajets, dans son canapé, une musique douce en fond, un petit verre à la main. Mais quand on est dans la réalité du terrain, c’est tout autre chose.
Nous poussons nos lourds vélos, nos très lourds vélos dans cette pente. Ma jambe droite heurte la sacoche gauche à chaque pas, je sue à grosse goutte. Soudain, l’inclinaison de la pente se fait moindre et nous renfourchons nos montures pour terminer l’ascension. À ce stade, c’était presque de l’escalade. Mais non ! Je n’exagère pas.
Franchement, je ne suis pas sûr que j’aurais réussi avec un vélo de route. Alors avec un Gravel, ses armatures, ses sacoches et mon plus que quintal, c’était mission impossible, même si nous sommes clairement plus faciles qu’au début du séjour, nous le sentons.
Cette première difficulté passée, nous descendons à brides abattues vers la ville de Dingle. À la recherche d’un cuissard un peu plus long pour Hélène qui avait vu les choses de manière trop optimiste. Si dans la foulée, je peux trouver un vêtement technique, je suis preneur. Le seul que j’ai pris était trempé depuis la veille et une nuit n’aura pas suffi à sécher nos vêtements. Hélène étend même ses affaires, solidement arrimées, sur ses sacoches arrières.
Mais Dingle reste une petite ville et nous ne trouvons, ni l’un, ni l’autre, notre bonheur.
Nous ne nous attardons pas trop car la météo prévoit de la pluie à Castlemaine pour 16h. L’étape du jour est assez facile puisqu’il y a beaucoup de descente. Nous filons comme le vent, en longeant, une fois de plus la mer. Sur notre gauche, les montagnes de la péninsule, sur notre droite, l’océan et derrière, les montagnes d’une autre péninsule. C’est grandiose ! Petite pause pique-nique sur Inch Beach, histoire de constater qu’à l’instar des Danois, les Irlandais vont aussi sur la plage avec leurs voitures.
Le coin est sublime. Je nourris trois corbeaux querelleurs qui se disputent les quelques flocons d’avoine que je leur ai jetés. Un gros nuage noir et menaçant montre le bout de son nez : c’est le moment de ne pas traîner.
Nous arrivons avant 16h dans la pension où nous logeons cette nuit. Ça fait bizarre d’arriver si tôt, mais aujourd’hui, nous n’avons pas rencontré de problème technique, sommes passés entre les gouttes et la seule rare fois où il y a eu du vent, ça a duré quelques minutes, il a soufflé, c’était bien agréable, dans notre dos.
La pension est un Bed, mais sans Breakfast, tenu par une vieille dame à la peau très blanche, très apprêtée. Un peu surprise, elle se marre quand même quand je l’enjoins à monter mes bagages, avec un petit air pincé propre à la société bien pensante.
Nous avons donc le temps de nous poser et de faire le point sur la fin du séjour. Finalement, nous continuerons notre programme . Certes, rester dans une ville et la visiter nous intéresse mais nous aurions un sentiment d’inachevé qui ne nous convient pas du tout. Nous respecterons donc ce que nous avions prévu !
Kilomètres du jour : 50,53
Kilomètres cumulés : 630,53Leggi altro











ViaggiatoreDes nouvelles du père et du fils le même jour, ça fait du bien, peut-être demain des nouvelles du Saint-Esprit ? Qui sait à moins que……
ViaggiatoreReposez vous bien
ViaggiatoreOn est en forme. Tellement qu’on vient d’ajouter un peu plus de 5 bornes, sous la flotte, pour aller manger au pub.
ViaggiatoreVous êtes à 5 bornes près ?