• Ireland J11 Castlemaine > Waterville

    20 minutes ago in Ireland ⋅ 🌬 14 °C

    L’univers est soit-disant composé des 4 éléments que sont la terre, le feu, l’air et l’eau.
    On a, à propos de l’Irlande, l’image d’un pays ancestral, fort de son histoire, de ses traditions gaéliques, mais aux vues des éléments du jour, je ne suis pas loin de penser que l’Irlande a été créée en dernier lieu, qu’on devait assumer un déficit certain de la terre et du feu et que, comme le dit si bien Jeff Goldblum dans Jurassic Park, la vie trouve toujours sa place, ce manque a été comblé par les deux éléments qui restaient, à savoir l’air et l’eau. Ce qui, au final, a pour conséquence un petit déséquilibre.

    Hier au soir, déjà, une puce me sautait à l’oreille. Soit nous mangions un paquet de riz qui traîne dans nos sacoches, accompagné de quelques sardines en boîte directement ramenées de Troussey, soit nous parcourions, après l’étape, les deux et quelques kilomètres qui nous séparaient du pub le plus proche. Résultat des courses, nous enfourchâmes à nouveau nos bicyclettes pour aller nous sustenter dignement malgré une grosse averse. Une fois le roasted Chicken d’Hélène et mon Roasted Turkey and Ham avalés, nous avons fait le chemin en sens inverse, toujours sous la pluie.
    Dans la nuit, réveillé par une vessie toujours plus capricieuse alors que mon âge avance, j’ai pu voir que c’était un déluge qui s’abattait sur Castlemaine. Que d’eau, que d’eau !

    Au petit matin, la pluie s’était arrêtée, mais la campagne, humide au possible, dévoilait que les intémpéries étaient tombées drues.
    Déjà l’heure de prendre congé de notre hôte qui nous annonce une matinée « dry », c’est à dire sèche. Si l’autochtone le dit, c’est que ça doit être vrai, me dis-je, cherchant à me persuader tel le docteur Coué.

    Nous prenons la route sans plus tarder : l’étape est longue ! Rapidement, alors que le premier élément, l’eau, semble marquer une pause, le deuxième entre en jeu. Un vent à décorner un taureau dont la vache aurait été infidèle nous frappe de plein fouet, nous déséquilibre par violentes rafales. Nous sommes en bordure de mer et le zéphyrin rentre dans les terres sans rencontrer de résistance, tel l’allemand moyen envahissant la Belgique un soir de 1940.
    Je ronchonne, je peste contre les éléments qui ne nous sont, de toute évidence, pas très favorables.
    D’ailleurs, la pluie se remet à tomber. Nous nous arrêtons pour nous équiper, mais 3 minutes après, le soleil est de retour et il fait trop chaud sous nos vêtements pour affronter les petits dénivelés qui jalonnent le parcours. Nouvel arrêt pour retirer les couches superflues. Mais quelques minutes plus tard, ça recommence, il pleut à nouveau. Le temps pour Hélène d’enfiler ses guêtres pour garder les pieds secs et voici que le soleil revient. Du coup, nouvel arrêt, toujours pour retirer les vêtements de pluie. Évidemment, que pensez-vous qu’il se passe ? La pluie tombe à nouveau, cette fois très fort, alors que nous traversons la petite bourgade de Glenbeigh. Nous décidons donc de nous arrêter pour déjeûner, histoire que ça se calme. Une fois rentrés chez Emilie’s, petit resto branché, nous constatons que la pluie s’est arrêtée. Elle ne reprend qu’au moment où on sort du restaurant. Du coup, nous nous équipons, mais quelques minutes plus tard, le soleil tape à nouveau et nous devons faire une nouvelle halte pour nous habiller, une fois de plus, en conséquence.
    J’oubliais de dire que le vent est bel et bien toujours présent et nous balance ses rafales dans les gencives.
    Les diverses évolutions des conditions météorologiques ne nous font cependant pas oublier l’essentiel : la péninsule d’Iveragh, comme sa petite sœur de Dingle, la veille, est superbe. Un tantinet moins sauvage, peut-être, mais des reliefs plus variés.
    Et malgré la pluie, malgré les rafales de vent, malgré un passage de vitesses altéré qui me vaut un nouvel arrêt chez un réparateur de bicyclette (décidément !), c’est sous le soleil que nous arrivons à Waterville, la bien nommée. Ouf !

    Nous avons roulé 77,77 km, occupons la chambre 7 de la Old Câble Historique House et nous sommes assis à la table 7 du restaurant. Ne me demandez pas ce que ça veut bien pouvoir dire, je n’en sais fichtrement rien.
    Pour l’heure, après une bonne douche, il faut se reposer. L’ultime étape se profile déjà et devrait nous réserver son lot de patates (copyright : Roland Tanguy).

    Kilomètres du jour : 77,77
    Kilomètres cumulés : 708,3
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