• Megrhru Lernashghta

    June 16 in Armenia ⋅ ⛅ 17 °C

    En direction de l’extrême sud de l’Arménie, de Kapan à Meghri, la route s’élève au cœur des montagnes du Syunik, où un immense chantier routier transforme peu à peu cet axe stratégique reliant l’Arménie à l’Iran. L’ascension du col de Meghri, à 2’535 mètres, est spectaculaire: une succession de lacets vertigineux où les camions venus d’Iran, ou desservant les nombreuses mines de la région, gravissent lentement la pente, parfois à moins de 5 km/h, avec pour décor les sommets du Zanguezour qui culminent à près de 3’900 mètres.
    En rejoignant la M17 le long de la frontière iranienne, nous avons l’impression d’entrer dans un autre monde. Les vallées verdoyantes laissent place à des montagnes arides et majestueuses, sculptées par l’érosion, où les teintes ocre, grises et rougeâtres se mêlent dans un paysage d’une beauté saisissante, nous rappelant les grands espaces du Kirghizstan et donnant envie d’explorer les hauts plateaux iraniens. On arrête la voiture un nombre incalculable de fois pour admirer ces horizons infinis où les montagnes se succèdent en vagues bleutées jusqu’à se perdre dans la brume. À chaque virage, c’est un spectacle grandiose qui donne le sentiment d’être seuls face à l’immensité du Caucase.
    Puis, après le col de Gomarants à 2’362 mètres, la montagne s’adoucit à nouveau: forêts, pâturages et vallées verdoyantes réapparaissent tandis que la route longe la frontière avec l’Azerbaïdjan avant de retrouver Kapan. Nous serions bien restés quelque part dans ces montagnes splendides, mais la proximité des frontières et les nombreux bunkers en construction qui jalonnent la frontière azerbaïdjanaise nous en ont dissuadés.
    Après une longue journée de route à travers des paysages spectaculaires, nous nous engageons sur une piste qui s’est transformée en torrent, mêlant eau, boue et grêlons. La tempête qui vient de passer a dû être impressionnante et les capacités 4x4 de Nomade sont mises à rude épreuve. Nous tenons bon et trouvons, au bout d’un sentier, une clairière à l’abri des éboulements avec une vue splendide sur la vallée. Fatigués et affamés, la voiture couverte de boue mais le beau temps revenu, nous nous installons pour préparer un repas bien mérité. Les images et l’émotion d’avoir traversé des paysages grandioses nous accompagnent dans la soirée. Nous commençons sérieusement à manquer de superlatifs 🧐.
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