Singing Dunes
September 3 in Kazakhstan ⋅ 🌬 25 °C
Impossible de quitter le parc national d’Altyn-Emel sans avoir escaladé les Singing Dunes de 150 m de haut! Les 40 kilomètres de piste qui nous y conduisent sont en bien meilleur état que la tôle ondulée des jours précédents et nous avons l’impression de les survoler.
Quant à la description des dunes, les photos s’en chargeront mieux que nous. Reste le vécu. Le sable qui s’infiltre absolument partout, la montée qui se dérobe sous chaque pas et cette progression sur une crête étroite, instable, balayée par un vent constant qui semble avoir pris son élan au bout de la steppe et qui efface aussitôt nos traces.
Au sommet, nous sommes récompensés par une vue splendide. Puis vient la descente, à grandes enjambées dans le sable. La pente avale nos pas et, pendant quelques instants, la gravité semble plus légère.Read more
Altyn-Emel
September 2 in Kazakhstan ⋅ ☁️ 18 °C
Si nous avions peur de nous lasser des paysages que nous avons l’impression d’avoir déjà vus, les deux jours à l’est de la région d’Almaty nous ont mis plein les yeux. D’abord le lac Kaindy, étrange et silencieux, avec ses troncs d’épicéas noyés qui émergent d’une eau presque irréelle. Puis Charyn, ses falaises, ses canyons et cette succession de paysages minéraux qui changent de couleur au fil des kilomètres. Le Charyn State National Nature Park est immense, brut, spectaculaire. On marche longtemps sans vraiment savoir où regarder.
En sortant des canyons, le ciel change brutalement. Le vent se lève et une tempête de sable se prépare. Un vent violent balaie la steppe et les flancs des collines et nous sommes envahis par des nuages de poussière. Comme cela ne semble pas se calmer, nous décidons de pousser jusqu’à Jarkent et d’abandonner l’idée du bivouac pour ce soir. Quatre murs et un toit semblent être une excellente invention. Dehors, l’orage se déchaîne pendant une bonne partie de la nuit.
Le lendemain, nous reprenons la route par Taldykorgan avant d’entrer dans le parc national d’Altyn-Emel. Nous retrouvons les immensités désertiques, les montagnes aux couleurs improbables. À 70 km/h sur des pistes en tôle ondulée perdues dans la steppe, avec pratiquement rien à l’horizon.
Nous y croisons un groupe d’Allemands voyageant dans quatre 4x4 avec chauffeurs. Pendant que leurs passagers partent se promener, les chauffeurs s’intéressent davantage à Nomade. Ils se glissent dessous, examinent les amortisseurs, les lames, les roues et tout ce qui mérite manifestement l’attention de gens qui passent leur vie sur les pistes.
Et ils découvrent quelque chose que nous n’avions pas vu: sur les six grosses vis qui fixent la cellule au châssis, trois sont partiellement ou complètement cisaillées.
Rien de dramatique. Nous décidons simplement de les remplacer dans la prochaine ville.
Un peu plus tard, nous retrouvons les quatre véhicules vers le saule géant sacré de 700 ans, non loin de l’endroit où nous comptons bivouaquer. Les chauffeurs ont entre-temps réfléchi à notre problème. Pas question pour eux de nous laisser continuer ainsi. Au bout d’une demi-heure et d’une séance de mécanique improvisée au milieu d’Altyn-Emel, la cellule est de nouveau solidement fixée au reste de la voiture.
Comme il nous reste une bonne demi-bouteille de whisky achetée en Écosse, nous la leur offrons. De toute manière, il aurait fallu la laisser, ou la terminer 😳, avant notre entrée en Chine.
Et c’est peut-être cela que nous retiendrons autant que les paysages: deux jours d’une beauté incroyable, une tempête de sable, quelques boulons cassés et, au milieu de nulle part, des inconnus qui se couchent sous notre voiture simplement parce qu’ils ont vu quelque chose qui n’allait pas.Read more
Black Canyon
August 31 in Kazakhstan ⋅ ☀️ 25 °C
L’administration mise en route, ce n’est plus entre nos mains et nous quittons rapidement la ville pour prendre de la hauteur dans les contreforts du Tian Shan. Passé l’observatoire, nous trouvons notre premier bivouac sur les hauteurs à 2’600 m, seuls sous les étoiles, avec pour horizon les montagnes et l’immensité de la steppe au contrebas. Le lendemain, nous poursuivons en direction du lac Bartogay.
Des montagnes nues se fondent dans des steppes infinies, les couleurs passent de l’ocre au vert tendre, sans villages ni presque aucune trace humaine si ce n’est les pistes parallèles, où chacun choisit sa trace. Au loin, quelques yourtes entourées d’enclos et, garé juste à côté, un pick-up d’un âge antédiluvien.
Les troupeaux de chevaux et de moutons, gardés par des bergers à cheval, indissociables de ces immensités, ponctuent la steppe à perte de vue. Un de ces paysages difficiles à raconter : sauvage, brut et poussiéreux, avec l’élégance insolante de n’avoir rien à prouver. Par moments, nous retrouvons la Mongolie à d’autres le Kirghizstan, mais avec une personnalité bien différente.
Puis apparaît au loin le lac Bartogay, étonnante tache turquoise au milieu de cette immensité aride, avant que nous poursuivions jusqu’au Black Canyon. Une petite piste dénichée presque par hasard nous conduit jusqu’au bord du canyon. Nous y installons Nomade pour la nuit, seuls au-dessus de la rivière qui serpente tout au fond. Deux bivouacs, deux décors radicalement différents et cette même sensation rare d’avoir le monde pour nous seuls.Read more
Almaty
August 29 in Kazakhstan ⋅ ☀️ 33 °C
De Taraz, nous rejoignons Almaty par une longue route à travers les steppes. Les plaines sèches laissent peu à peu place aux collines, aux vallées et aux montagnes du Tian Shan qui pointent à l’horizon. La frontière avec le Kirghizstan n’est jamais très loin.
Almaty nous plaît immédiatement. Verte, aérée et détendue, la ville nous offre surtout l’occasion de remettre Nomade d’aplomb. Après deux stops intermédiaires et de l’aide pour un téléphone en russe, nous trouvons les deux pneus à remplacer, complétons nos réserves de nourriture et faisons le plein de tout ce qui peut nous manquer pendant les deux semaines à venir plus au nord, dans le Kazakhstan oriental.
Notre itinéraire initial devait nous mener vers le Kirghizstan, puis la Mongolie. Deux pays que nous avions déjà visités et particulièrement appréciés. Mais l’hiver approche et pour la saison froide, la Mongolie deviendrait un cul-de-sac pour nous: la Russie au nord, la Chine au sud et, entre les deux, la perspective de laisser Nomade plusieurs mois dans un garage à Oulan-Bator. Faire demi-tour vers la Turquie ou la Grèce serait une option, mais l’idée de revenir sur nos traces ne nous a jamais enthousiasmé. Reste une troisième option: traverser la Chine pour rejoindre le Laos puis l’Asie du Sud.
Les formalités sont complexes et la présence permanente d’un guide semble obligatoire. Parcourir près de 7’000 kilomètres avec quelqu’un à nos côtés ne nous enchante pas vraiment. Nous préférons encore nous perdre seuls, ce qui est une autre forme de liberté 😆.
Après de nombreuses recherches (merci Margrit) et quelques échanges avec d’autres voyageurs, nous trouvons une agence qui propose d’organiser et de nous accompagner lors de l’entrée de Nomade en Chine, de s’occuper des plaques temporaires et des autorisations nécessaires, mais sans guide à nos côtés pendant la traversée.
Nous nous lançons dans les préparatifs: vérifier la compatibilité de notre eSIM, télécharger les cartes hors ligne et installer les applications qui fonctionnent en Chine, où Google Maps et plusieurs services occidentaux sont limités ou bloqués. Il nous faut également trouver une carte routière papier reconnue par les autorités chinoises 😉.
Nous rassemblons aussi les informations utiles pour la route: points de ravitaillement, stations-service, hébergements possibles, passages de frontière et zones où le réseau risque de disparaître. Un peu d’adaptation, et quelques contournements techniques et tout rentrera dans l’ordre. En Chine, même trouver son chemin mérite un petit dossier administratif.
Pour l’instant, nous renvoyons nos passeports en Suisse pour obtenir les visas, tandis que l’agence prépare les documents de Nomade en Chine. Pour continuer vers l’est, nos papiers partent donc dans les deux directions, une méthode étonnamment efficace pour avancer sans bouger. En attendant, le fait de remettre nos passeports entre les mains de DHL nous fait tout bizarre, comment justifier notre existence sans nos jolis passeports rouges?
Le rendez-vous est fixé au 15 septembre, à Khorgos frontière avec la Chine et nous nous réjouissons déjà des paysages, des rencontres et, bien sûr, de la cuisine.Read more
Sairam-Ugam national Park - Kazakhstan
August 26 in Kazakhstan ⋅ ☀️ 20 °C
Nous quittons Samarcande en direction de Tachkent en passant par le parc national de Zaamin. La plaine laisse progressivement place aux premières montagnes du Turkestan, aux vallées encaissées et aux forêts de genévriers. Un autre Ouzbékistan, plus vert, plus frais et presque montagnard.
À Tachkent, dernière visite avant de quitter le pays: le tout nouveau Musée national d’Histoire de l’Ouzbékistan. Entièrement repensé et largement interactif, il retrace l’histoire du pays, des premières civilisations à aujourd’hui, avec en fil rouge la Route de la Soie. Un bon lien aussi avec tout ce que nous avons vu ces dernières semaines. Et pour finir, la présentation en live et en stéréo de «New Tashkent», l’un des projets phares du président Shavkat Mirziyoyev. Pharaonique dans ses dimensions et qui, en images, nous rappelle un peu le Wakanda 😳.
Puis cap au nord, direction le Kazakhstan et les montagnes du parc national de Sairam-Ugam. Entre les deux, une frontière que nous avions estimé franchir en, allons, une heure max… Près de cinq heures plus tard, la nuit est largement tombée, nous voilà de retour au Kazakhstan. Rien de méchant, juste l’administration habituelle: attente, papiers, tampons, contrôles, attente, encore quelques papiers et encore un peu d’attente. Finalement, nous n’avons même pas eu droit au chien dans la voiture 🐕.
Vu l’heure, impossible de trouver une place à l’écart et les bords de route… enfin, pas trop pour nous. Nous dénichons un petit hôtel pas loin et sommes accueillis par deux dames charmantes qui sont aux petits soins. Et on en a besoin: rien mangé de la journée, on commence sérieusement à avoir la dalle.
Le lendemain, nous passons l’après-midi en haut d’une crête du parc de Sairam-Ugam à 2’000m. Le paysage vallonné s’étend à perte de vue. En fin d’après-midi, les ombres s’allongent et les montagnes commencent à se perdre dans les brumes du soir. La lumière devient dorée et glisse sur les crêtes et chaque pli du relief. Des moments presque irréels, d’une beauté si abondante que seule la nature peut se permettre.Read more
Samarcande
August 23 in Uzbekistan ⋅ ☀️ 25 °C
Deux jours à Samarcande, à profiter de la ville, mais surtout de ses splendeurs architecturales. Le Régistan, la mosquée Bibi-Khanym, le bazar de Siab, la nécropole de Shah-i-Zinda et ses mausolées couverts de céramiques bleues, puis le Gour Emir, où repose Tamerlan, ou Timur, conquérant turco-mongol né en 1336 au sud de Samarcande. Beaucoup de bleu, de turquoise, de coupoles et de mosaïques. Tout semble démesuré. La phrase «Si vous doutez de notre puissance, regardez nos édifices», associée à Timur, résume assez bien l’architecture historique de Samarcande.
Une plongée dans l’histoire de l’Ouzbékistan également, qui a été contrôlé successivement par les Perses, les Grecs avec Alexandre le Grand, les Sogdiens, les conquérants arabes, les Mongols de Gengis Khan, puis Timur et les Timourides. Plus tard viendront les khanats ouzbeks, puis l’Empire russe au XIXe siècle et l’Union soviétique jusqu’à l’indépendance de l’Ouzbékistan en 1991. Quelques lignes pour résumer plus de deux mille ans durant lesquels tout le monde, ou presque, semble avoir voulu contrôler ce tronçon important de la Route de la Soie, au carrefour de l’Asie centrale.
Et puis il y a la cuisine ouzbèke, autre forme de patrimoine, différente de celle découverte plus au sud, mais toujours assez facilement assimilable par nos palais. Nous poursuivons consciencieusement notre étude du pays, assiette après assiette.
Nous profitons aussi de ces 48 heures pour offrir à Nomade sa propre séance de remise en forme, dans un garage Toyota flambant neuf. Au programme: soins mécaniques, contrôle général et quelques attentions. Chacun son spa.
Après des semaines de grosse chaleur, les températures commencent enfin à descendre et nous mettons le cap au nord, direction Tachkent. Et surtout l’envie de retrouver pleinement notre vie nomade, la route, les bivouacs et ce petit luxe qui consiste à ne pas vraiment savoir où nous dormirons le soir.Read more
Désert du Kyzylkoum
August 21 in Uzbekistan ⋅ ☀️ 37 °C
Trois jours entre Noukous et le lac Aydar, à travers le Kyzylkoum, le «sable rouge». Près de 700 kilomètres de désert, un village tous les 200 kilomètres et, entre les deux, presque rien. Pas vraiment une mer de dunes, mais une immensité plate, caillouteuse et aride, piquée de quelques buissons et, par endroits, de reliefs rocheux.
Sous cette apparente vacuité se cachent pourtant d’immenses richesses en or et en uranium, raison d’être d’un amas de maisons un peu plus important que les autres sur notre route: Uchquduq, improbable ville posée au milieu du désert. Pour la route, la première partie est clairement une catastrophe: entre la tôle ondulée, les trous et la quasi-absence de toute trace d’un chemin carrossable, nous avançons avec une moyenne qui s’affiche à peine sur le compteur, quant à la deuxième, elle nous paraît presque confortable. Le regard au loin, mais alors très loin, nous nous mettons presque dans un état méditatif.
Deux nuits dans les dunes, pas très loin de la route et pourtant avec l’impression d’être à des centaines de kilomètres de toute habitation. Le soleil descend lentement sur le désert, le vent reste chaud et, la nuit arrivée, il n’y a plus que les étoiles, du sable, quelques buissons, beaucoup d’horizon et la chaleur, bien sûr, pour nous tenir compagnie. Les nuits ne sont pas évidentes, mais vers 3 heures, un peu de fraîcheur finit par s’installer. On aurait presque envie de reprendre la couette… Finalement les températures ont du bon aussi; il n’y a pas de moustiques 🦟.
Dans l’après-midi, nous sentons qu’une roue perd de l’air. Nous commençons à flotter un peu sur la route. Le thermomètre de la voiture affiche 40 degrés, évidemment 🥵.
Nous sortons le nécessaire: cric, outils et kit de réparation pour colmater le trou. La coupure est à la limite du flanc intérieur et nous devons quand même démonter la roue, mais une réparation semble possible. Elle se fait au bord de la route, sous un soleil impitoyable ☀️.
Seules une voiture et une moto passent, s’arrêtent et demandent si nous avons besoin d’aide. Un petit coup de main, un regard expert ou un encouragement plus tard, ils reprennent leur route. La réparation tient. Ou presque. Nous devons quand même regonfler un peu tous les 50 kilomètres. Dans le village suivant, nous trouvons un petit garage et décidons finalement de remplacer la roue par celle de secours, pour le remplacement, on verra plus tard.
Puis, après trois jours d’horizon presque vide, le bleu du lac Aydar apparaît devant nous. Une immense étendue d’eau au milieu du désert, presque une Fata Morgana.Read more

TravelerMauvaise route: 2.6 à l'arrivée et 2.5 à l'avant, mais avec les températures actuelles er le volume des pneus, les variations dans la journée sont importantes.

TravelerDépannage TCS en Suisse, 24 h/24 : 0800 140 140, attente 15 minutes. Les Kazakhs sont plus rapides, il y en a forcément un tout près 😄
Mer d’Aral
August 18 in Uzbekistan ⋅ ⛅ 28 °C
En direction nord-ouest, nous suivons l’A380, le grand axe qui traverse l’ouest de l’Ouzbékistan jusqu’à Beyneu, au Kazakhstan. De là, les routes continuent vers la Russie ou la Caspienne, puis l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie.
Avant Noukous, la route file à travers des étendues arides interminables. Désert, terres salées, quelques zones humides à l’approche de l’Amou-Daria et, çà et là, les vestiges des anciennes forteresses du Khorezm, comme Ayaz Kala. Plus loin, les dunes de Toshguduq Qumlari annoncent déjà un paysage encore plus sec.
Nous décidons de nous approcher des rives de la mer d’Aral, ou du moins de ce qu’il en reste. Jusqu’au début des années 1960, elle couvre près de 68’000 km² et constitue le quatrième plus grand lac du monde. Puis l’Union soviétique détourne une part croissante des eaux de l’Amou-Daria et du Syr-Daria pour irriguer des immenses cultures de coton. Le niveau baisse, le rivage recule de dizaines de kilomètres et la mer finit par se fragmenter. En 2004, elle a déjà perdu près des trois quarts de sa surface, remplacé par quelques installations industrielles surgissent au milieu de cette immensité: gaz naturel, chimie et transformation.
Nous essayons d’abord l’approche par Qubla Ustyurt et son ancien aérodrome, aujourd’hui abandonné et parfaitement incongru au milieu du désert, puis par Moynaq et son célèbre cimetière de bateaux de pêche. Entre les deux, des pistes de sable fin. Derrière nous s’étire un nuage gris clair d’une longueur impressionnante. Nous roulons littéralement au fond d’une mer disparue, une immensité plate, grise, ocre ou blanchie par le sel, couverte d’arbustes et de roseaux desséchés. Un spectacle dont on ne se lasse pas, malgré des pistes qui semblent interminables. La voiture a pris exactement la couleur du paysage, mais impossible d’atteindre le rivage: les pistes finissent par se perdre dans le sable et nous n’avons aucune envie de rester ensablés au beau milieu de rien…
Nous bivouaquons au bord d’une rivière asséchée, à l’ombre de quelques arbres qui ont résisté. La poussière s’est glissée absolument partout. Situation parfaitement intolérable pour certains 😡. Il nous faudra une bonne heure pour nous en débarrasser.
À la tombée de la nuit, seuls les grillons nous accompagnent. Difficile d’imaginer que, quelques décennies plus tôt, il y avait de l’eau sous nos roues.Read more
Khiva
August 16 in Uzbekistan ⋅ ☀️ 28 °C
Nous quittons Boukhara et ses coupoles pour prendre plein ouest. Devant nous, près de 450 kilomètres de désert. Le Kyzylkoum déroule son immensité, plate et brûlante, parfois interrompue par quelques buissons, une station-service improbable ou un policier qui nous fait signe de nous arrêter pour… nous reposer, faire de la gymnastique, boire, manger ou ce qu’on veut. Pourvu qu’on s’arrête 5 minutes, parce qu’après, il n’y aura personne pour nous secourir.
En fait, si: nous. Une voiture nous arrête un peu plus loin pour nous demander si nous pouvons l’aider à regonfler un pneu. On peut.
Puis, après cette longue traversée, à l’arrivée, Khiva ressemble un peu à un mirage. Derrière les murailles d’Itchan Kala, changement d’époque. Nous abandonnons la voiture pour deux jours et nous perdons dans un entrelacé de ruelles couleur de terre. Minarets turquoise, coupoles, madrasas, mosquées et anciens caravansérails surgissent au détour d’un mur.
Nous entrons dans les cours silencieuses des madrasas, visitons quelques musées, traversons la mosquée Juma et sa forêt de colonnes de bois sculpté. Certaines ont plusieurs siècles. Ailleurs, palais, harems et salles d’audience racontent la vie des Khans avec ce mélange habituel de raffinement, de pouvoir et d’excès.
Nous marchons, revenons sur nos pas, chinons dans les innombrables petits bazars au charme irrésistible ou prenons une ruelle simplement parce qu’elle paraît plus prometteuse qu’une autre. Puis nous nous arrêtons sur une terrasse dominant la ville, le temps d’un grand verre d’eau ou d’une salade accompagnée de chachliks.
Deux jours à déambuler dans une ville-musée qui, malgré son décor presque trop parfait, conserve des fragments de vie ordinaire derrière les portes en bois.Read more
Boukhara
August 14 in Uzbekistan ⋅ ☀️ 30 °C
Notre étape du jour: Boukhara. Une des plus anciennes cités d’Asie centrale et une étape majeure de la Route de la soie, construite principalement entre les IXᵉ et XVIIᵉ siècles.
À l’arrivée, la chaleur estivale nous cueille à la sortie de la voiture. D’un pas lent, nous partons en direction du petit hôtel que nous avons repéré dans la vieille ville. Tout se passe au ralenti.
Nous sommes immédiatement sous le charme du centre historique, classé à l’UNESCO, et partons à la découverte de l’ancienne cité caravanière, un ensemble bien préservé de mosquées, médersas, mausolées, caravansérails et coupoles marchandes, avec comme repère le minaret Kalon, haut de près de 46 mètres.
Un vent chaud balaie les rues et soulève parfois un peu de poussière. Nous avançons d’ombre en ombre, profitant de celle des arches, des coupoles et des hauts murs de briques. Entre deux monuments, les ruelles sont animées par de nombreux petits étals et bazars qui proposent épices, fruits secs, tissus, céramiques et artisanat local, et nous avons l’impression que l’ancienne cité caravanière n’a jamais complètement disparu.
La journée se termine à table, autre manière de visiter l’Ouzbékistan. Nous découvrons une cuisine ouzbèke généreuse et savoureuse: shakarob, samsas, manti, lagman et l’incontournable plov de Boukhara, le tout accompagné d’un MSA Bayan Shirey, vin blanc ouzbek. Une dernière découverte locale avant de retrouver la chaleur des pierres et la douce lumière du soir.Read more
Ouzbékistan day 1
August 13 in Uzbekistan ⋅ ☀️ 40 °C
Le passage en Ouzbékistan nous rappelle vite que nous changeons de pays. À la frontière, fouille minutieuse. Un maître-chien prend un malin plaisir à faire passer plusieurs fois son toutou dans la cabine à la recherche d’une quelconque substance illicite. Il ne trouve rien, mais laisse consciencieusement ses empreintes sur les sièges 🐾.
Notre drone ayant déjà été confisqué à la frontière tadjike, ce problème-là est réglé 😎. Et à notre souvenir, nous n’avons aucune antenne satellite avec nous, équipement totalement interdit en Ouzbékistan…
Malgré l’ambiance sérieuse, une complicité retenue s’installe avec les douaniers. Ils font leur travail sans vraiment chercher à nous compliquer la vie et finissent par nous prendre presque par la main, de bureau en bureau, jusqu’à l’assurance RC. Deux heures plus tard, nous repartons. On commence à avoir l’habitude.
Côté ouzbek, le paysage s’ouvre. Les montagnes s’éloignent, les terres irriguées alternent avec des étendues brûlées par le soleil. Après le Pamir, l’horizon s’écarte et la chaleur prend ses aises: 44 °C le jour et plus de 30 °C la nuit. Trop chaud pour nos petites santés 🥵. Nous troquons donc les bivouacs contre des hôtels climatisés, parfois improbables mais toujours accueillants et surpris de découvrir des voyageurs suisses dans une maison ambulante. L’occasion aussi de découvrir avec bonheur et délectation nos premiers chachliks ouzbeks.
La circulation devient plus créative. Le dépassement aléatoire semble être la règle, mais personne ne s’énerve. Nous gardons notre trajectoire, les autres inventent la leur et, curieusement, tout fonctionne.
À Termez, angle sud-est du pays, notre hôtel se trouve dans une zone franche. Ça, nous ne l’avions pas vu venir. Nouveau contrôle à l’entrée, mais les gardes s’intéressent finalement davantage à notre drôle de vie qu’à nos bagages.
Visite sous une chaleur étouffante du Sultan Saodat, ensemble de mausolées construits entre les Xe et XVIIe siècles, puis de Fayaz Tepe et Kara Tepe, vestiges de monastères bouddhiques remontant aux premiers siècles de notre ère. Sous les Kouchans, Termez était un important carrefour entre l’Inde et l’Asie centrale. Aujourd’hui, il reste des stupas, des murs de terre et beaucoup de silence. Des lieux étonnamment ressourçants 🧘🏼.
Vers Qarshi, le paysage se dépouille encore: terres sèches, villages espacés, montagnes arides autour de Baysun et Derbent, puis une immense plaine où la route disparaît sous une lumière blanche. Après le Pamir, le contraste est saisissant: ici, le vide n’est plus vertical, il est horizontal.
Dernière adaptation: l’argent. À la frontière, nous sommes devenus millionnaires. Il faut malheureusement multiplier les sommes affichées par environ 0,0007 pour revenir aux francs suisses. À 44 °C, notre cerveau déclare rapidement forfait 🥵.
Alors on roule, on mange des chachliks, on cherche la climatisation et on se délecte du paysage. C’est déjà pas mal.Read more
Pamir Highway
August 9 in Tajikistan ⋅ ☀️ 27 °C
Par le corridor du Wakhan, sur la deuxième plus haute route carrossable du monde, et toujours le long de la frontière afghane, nous poursuivons en direction de Douchanbé. Entre nous et l’Afghanistan, le Panj, qui dessine la frontière sur plusieurs centaines de kilomètres avant de rejoindre l’Amou-Daria.
Sur l’autre rive, un chemin nous accompagne tout le long. Au bord de l’eau à des moments, taillé dans une paroi presque verticale à d’autres. Quelques maisons, de rares champs coincés entre le fleuve et la montagne ou improbablement accrochés à la pente. Puis plus rien.
De notre côté, quelques rares villages, des militaires tadjiks, fusil en bandoulière, surveillent la rive afghane. De nouvelles barrières sont en construction presque tout le long, rappel discret que cette frontière magnifique reste aussi un axe sensible du trafic de drogue.
La route reste fidèle au Pamir: poussière, cailloux, tôle ondulée et quelques morceaux de goudron gardant le vague souvenir de temps meilleurs. Au bord de la route, à l’ombre des rares arbres, des femmes, des enfants et des hommes ou femmes âgés attendent un minibus, travaillent dans les champs ou font leur lessive dans les rivières.
Le décor change à chaque virage: des montagnes immenses, presque nues, le Panj en contrebas et l’Afghanistan juste en face. Nous passons quelques nuits dans ce paysage, au bord d’une rivière ou sur un plateau où le silence est absolu. À plus de 3’000 mètres, nous remplissons notre réservoir d’eau directement depuis une rivière parfaitement limpide. Par contre, évitons les quelques stations d’essence qui ne nous semblent pas très fiables; pas envie de purger un réservoir, et nous avons de la marge.
Après Khorog, à la sortie du Wakhan, les routes s’améliorent, des tunnels sont en construction, mais leur achèvement semble repoussé à une date incertaine. Nous continuons donc sur des pistes de montagne étroites, sinueuses et poussiéreuses. À un endroit, des dizaines de camions ouzbeks, tadjiks et chinois se retrouvent coincés, incapables d’avancer ou de reculer, et les discussions sont en cours, décousues, mais ils vont bien finir par trouver une solution 😄. Rétroviseurs rentrés, nous réussissons à nous faufiler à quelques centimètres de la tôle d’un côté et du précipice de l’autre.
Peu à peu, nous perdons de l’altitude et les champs réapparaissent. Par contre, les températures prennent l’ascenseur et avoisinent à nouveau les 30 degrés. Nous trouvons une route qui fait un détour par la montagne et trouvons notre bivouac dans un champ fraîchement moissonné à 2’000 mètres. Le propriétaire nous explique fièrement l’étendue de ses terres avant de nous souhaiter la bienvenue. Au loin, dans la douce lumière de fin de journée, les moissonneuses-batteuses avancent à flanc de colline, enveloppées dans leur nuage de poussière qui dérive lentement à travers le paysage, poussé par le vent.
Après les hauts plateaux du Pamir, le Wakhan et des jours de pistes, nous retrouvons doucement les cultures, les machines et les hommes. Douchanbé se rapproche. Le Pamir reste derrière nous, mais ses images, les regards et le bruit du vent, eux, restent gravés dans notre mémoire.Read more
Badakhchan
August 6 in Tajikistan ⋅ ☀️ 7 °C
Première étape du jour: Murghab, dernier rempart de la civilisation avant de nous perdre définitivement dans des paysages désertiques et sauvages.
Nous quittons Murghab en suivant le Pamir Highway, cette route ouverte par les Russes à la fin du XIXᵉ siècle pour asseoir leur présence jusqu’aux confins de l’Empire, construite d’abord pour ravitailler les garnisons, puis développée dans les années 1930 et achevée jusqu’à Douchanbé en 1940 sous Staline. Longtemps interdite aux voyageurs, elle n’est réellement devenue accessible qu’après l’indépendance du Tadjikistan en 1991 et est aujourd’hui l’une des routes d’altitude les plus spectaculaires et emblématiques du monde.
Après Alichur, les pistes se dégradent progressivement, si tant est que cela paraisse encore possible. Les ornières succèdent aux pierres, les pierres aux passages sablonneux, puis reviennent les cailloux, les trous et les gués. Pourtant, le paysage fait rapidement oublier les secousses.
Le plateau s’ouvre devant nous comme un immense désert d’altitude. Les montagnes dessinent un horizon sans fin, leurs sommets encore enneigés malgré la saison. Les couleurs changent constamment. Brunes, ocre, parfois d’un violet pâle, les teintes intenses laissent place à des couleurs plus pastel, qui contrastent avec le bleu profond du ciel. À plus de 4’000 mètres, l’air est d’une transparence étonnante et les distances deviennent difficiles à apprécier.
Au col de Khargush, un petit checkpoint marque l’entrée de la région du Wakhan. Le militaire en faction nous accueille avec le sourire. Les formalités sont réglées en dix minutes et, deux cigarettes plus tard, nous poursuivons en direction de Langar, en longeant la frontière afghane. En revanche, nous gardons la bière 😜.
Chaque kilomètre semble demander davantage d’attention que le précédent. Nous roulons au pas ou survolons la tôle ondulée à une vitesse qui nous semble folle, tant que c’est possible, les yeux rivés sur la centaine de mètres devant le capot pour ne pas louper les passages impossibles à franchir à cette vitesse.
Le corridor du Wakhan offre des paysages d’une beauté presque irréelle. Au fond de la vallée serpente le Panj, une rivière aux eaux grises qui marque ici la frontière avec l’Afghanistan. De l’autre côté, les montagnes afghanes s’élèvent brutalement, austères et minérales. Il est étrange de rouler si près d’un pays dont on parle si souvent, tout en sachant qu’une simple rivière nous en sépare.
En fin d’après-midi, une dizaine de kilomètres après le col de Khargush, nous installons le bivouac au sommet d’une falaise. Le silence est absolu et nous ne croisons plus âme qui vive, un contraste saisissant avec le reste du Pamir, où les camions, les 4x4 et les cyclistes venus du monde entier (souvent plus nombreux que les voyageurs en voiture) sont omniprésents. À la tombée de la nuit, seuls le vent, les montagnes et un ciel d’une incroyable pureté accompagnent notre bivouac, tandis que la température descend jusqu’à 3 °C 🥶.Read more

TravelerDanke, wir sind überwältigt von diesen Landschaften, und jeden Abend diese Standorte mit Aussicht
Karakul
August 4 in Tajikistan ⋅ ☁️ 6 °C
Entre Sary-Tash et le Tadjikistan, les postes frontières kirghiz et tadjik sont séparés par 17 kilomètres. Étonnamment loin, mais le temps de franchir une frontière bien plus grande que celle dessinée sur une carte. Au milieu, un poste de contrôle dont la principale mission semblait être de nous taxer une bière et deux cigarettes .
À l’entrée au Tadjikistan, les formalités suivent leur propre logique, parfois un peu décousue, mais toujours dans une ambiance détendue. Les sourires et les échanges cordiaux étaient bien plus nombreux que les tampons sur les passeports. En attendant, notre drone est confisqué. Nous pourrons le récupérer si nous repassons un jour par cette frontière 😳. Avant de nous laisser partir, les douaniers découpent une pastèque que nous partageons. Une manière plutôt sympathique de nous souhaiter la bienvenue au Tadjikistan.
Quelques mètres après le poste frontière commence réellement le Pamir Highway.
Une partie de ces paysages nous est familière. Pourtant, les retrouver procure toujours la même émotion. Ici, tout semble plus vaste, plus brut. Les montagnes se parent de teintes ocre, cuivrées, violacées ou gris ardoise, tandis que la lumière, incroyablement limpide, transforme chaque vallée au fil des heures. Il suffit d’un rayon de soleil ou d’un nuage pour que le décor change complètement.
Les arrêts photo ou respiration se succèdent. À plus de 4’000 mètres, quelques pas suffisent à rappeler que l’air se fait rare.
La route est exigeante et impose son rythme. Les nids-de-poule alternent avec les profondes ornières, les passages à gué et les longues sections de tôle ondulée, que nous essayons de contourner par des pistes de sable en bien meilleur état. Nomade encaisse, encore une fois, sans broncher. À ne pas oublier: dégonfler les pneus et décompresser impérativement les réservoirs après chaque montée importante.
Nous trouvons notre premier bivouac au bord du lac Karakul, à 4’200 mètres d’altitude. L’arrivée est magique. L’eau reflète les montagnes, la lumière devient presque irréelle et le silence semble absorber tout le reste. Quelques heures plus tard, le décor change complètement: une pluie constante s’installe pour la nuit.
Réveil par 6 degrés, nous l’avions bien cherché... Au chaud, au sec, un café à la main, nous commençons la planification de la prochaine étape: Murghab, probablement l’une des dernières occasions de refaire le plein d’eau, d’essence et de quelques victuailles avant de poursuivre plus loin.
Le Pamir nous rappelle qu’ici, l’itinéraire compte autant que la destination.Read more
Parc national de Chon-Alay
August 2 in Kyrgyzstan ⋅ ⛅ 22 °C
Une partie de ces paysages, nous les connaissions déjà de notre précédent voyage. Le Kirghizistan reste magnifique, mais le tourisme a bien avancé. De petits camps de yourtes ont poussé un peu partout et il faut parfois chercher davantage pour trouver un endroit vraiment à l’écart. Rien de dramatique, mais l’impression d’être seul au monde demande désormais un peu plus d’efforts. Avec une superficie près de 4,7 fois supérieure à celle de la Suisse pour une population d’environ 7,4 millions d’habitants, on est encore bien loin de parler de surpopulation.
La chaleur, elle, ne nous laisse aucun répit. Les températures dépassent les 40 °C la journée et peinent à passer sous les 30 °C la nuit. Nous quittons donc les plaines dès que possible pour aller chercher un peu de fraîcheur en altitude. En approchant du Pamir Highway, nous trouvons notre bonheur juste avant le col de Chyrchyk, vers 2’200 mètres. Une petite vallée, quatre yourtes posées au bord d’un ruisseau. Ce sera notre halte pour la nuit et nous sommes invités à partager le repas avec eux: Ayran, un lait fermenté à base de yaourt, légèrement acidulé, un goulash, du pain et, bien sûr, pastèques et melons au dessert. Le code Wi-Fi du Starlink sera notre participation, et nous découvrons que tout le monde a désormais un téléphone ici… même les enfants 😅.
Nous rencontrons Maripa et Kursan, médecin et médecin-dentiste à Osh. Comme nous, ils sont venus fuir les 41 °C dans la plaine. La soirée s’étire autour du repas, la vodka 🥴, puis les histoires de vie, jusqu’à ce que la nuit finisse par reprendre ses droits, ou simplement que le générateur soit coupé 🌌.
Avant cela, nous avions fait escale à Osh pour refaire notre stock de pièces. Direction le bazar Kelechek, le plus grand marché de pièces détachées automobiles du Kirghizistan. Nous cherchions quelques filtres en réserve pour Nomade. Il faut fouiller, demander, revenir parfois, mais on finit par trouver. Dans tous les cas, la visite vaut le détour. Des centaines de conteneurs et de petites boutiques s’alignent à perte de vue. Si une pièce existe pour une voiture, il y a de fortes chances qu’elle soit quelque part dans ce labyrinthe.
Entre la chaleur de la plaine et la fraîcheur de l’altitude, l’interdiction d’importer un Starlink en Ouzbékistan, l’approvisionnement en essence qui demande une planification un peu plus attentive et certains postes-frontières fermés aux étrangers, nous passons clairement davantage de temps à préparer les quelques jours, voir semaines à venir. Et, à vrai dire, nous adorons nous projeter dans nos plans B, ici clairement une nécessité.
Aujourd’hui, nous approchons de la frontière tadjike, que nous franchirons demain. Après le col de Taldyk, à 3’615 mètres, nous faisons un dernier détour par le parc national de Chon-Alay. Au milieu des immenses prairies d’altitude, nous dénichons exactement le genre d’endroit que nous aimons. Il y a toujours cette petite hésitation avant de quitter la route pour s’installer seuls, à 3’000 mètres, au milieu de nulle part. Puis le moteur s’arrête, le silence s’installe… et quelques minutes plus tard, une seule pensée nous traverse: pourquoi repartir demain ?Read more
Kirghizstan day 1
July 30 in Kyrgyzstan ⋅ ☀️ 34 °C
Otyrar, première étape depuis Turkestan, fut l’une des grandes cités de la Route de la Soie. Aujourd’hui, seuls les remparts de terre émergent de la steppe. Pourtant, en marchant entre ces vestiges, il est difficile de ne pas imaginer les caravanes, les voyageurs et les savants qui s’y sont succédé pendant des siècles, espérant trouver entre ces murs de la nourriture, de l’eau et un peu de repos.
Puis vient Taraz, à quelques kilomètres seulement de la frontière avec le Kirghizistan. Nous nous y arrêtons pour nous acquitter des taxes autoroutières, tout de même près de 2 CHF, avant de franchir, avec une facilité déconcertante, la frontière de Chon-Kapka / Kichi-Kapka. L’assurance du véhicule en poche, le Kirghizistan nous ouvre ses vallées.
Premier bivouac au bord d’un lac. Nous retrouvons les montagnes aux formes et aux couleurs uniques, les pâturages d’altitude où chevaux, moutons et yourtes semblent appartenir au paysage depuis toujours, le tout baigné par cette fascinante lumière de fin de journée qui enveloppe les vallées d’une douce teinte dorée.
À présent, nous sommes sur les hauteurs dominant Toktogul, à quelques kilomètres seulement de l’endroit où nous nous trouvions en 2023, lorsque notre projet de toujours, voyager autour du monde avec notre propre camper, commençait à prendre une forme concrète. C’est ici que nous avions trouvé quel véhicule construire, avec qui le réaliser, et que nous avions commencé à nous imaginer parcourir ces paysages à son bord. Bien sûr, nous n’avions, et de loin, pas prévu l’ensemble des détails à régler, des spécialistes à solliciter, des obstacles administratifs à surmonter ni des connaissances à acquérir pour mener ce projet à bien. Nous sommes reconnaissants envers tous ceux qui nous ont aidés et ont contribué à cette aventure.
Aujourd’hui, nous avons simplement rendez-vous avec une promesse que nous nous étions faite il y a trois ans. Notre rêve est devenu notre présent.Read more
Turkestan
July 28 in Kazakhstan ⋅ 🌬 37 °C
Quatre jours pour parcourir près de 900 km à travers les steppes kazakhes. Une route presque infinie, où nous avons l’impression de naviguer entre steppes, terres désertiques et océans d’herbes dorées, tandis que la ligne d’horizon ne cesse de reculer. Les températures gagnent près de 1 °C par jour et plafonnent désormais à 40 °C, tandis que les nuits restent tropicales, autour de 24 °C 🥵
L’approche de la mer d’Aral restera l’un des moments forts de cette expédition. Les différentes cartes ne semblent d’ailleurs pas toutes s’accorder sur la présence, ou non, d’eau. En réalité, de vastes étendues sont aujourd’hui complètement asséchées, mais nous avons tout de même découvert de grandes nappes d’eau qui nous ont paru immenses, presque irréelles au milieu de cette terre aride, où l’absence de l’eau est devenue un paysage à part entière.
Nous nous sommes installés pour la nuit à quelques mètres du rivage. Tout était calme jusqu’à ce que, vers 22 h, un bruit nous fasse sursauter. Un bourdonnement juste au-dessus de nos têtes, comme si des dizaines de petits drones nous survolaient en permanence. Sans doute des insectes ou des sauterelles, heureusement bien plus intéressés par leur propre vie que par la nôtre. 🥳
Le lendemain, après environ 300 km de route, nous avons eu l’impression que la voiture chassait légèrement de l’arrière. En nous arrêtant, nous avons constaté que, lors de l’équilibrage des roues à Aktioubé, la roue arrière gauche n’avait manifestement pas été correctement serrée. 😖 Pourtant, nous avions bien entendu le « tac-tac » de la visseuse à chocs pneumatique au remontage. Résultat des courses: un écrou manquant et un goujon cisaillé.
Après avoir vérifié les trois autres écrous, nous avons poursuivi prudemment jusqu’à Shieli, où un petit hôtel familial a accepté de nous accueillir malgré notre arrivée tardive.
Le lendemain matin, pourtant un dimanche, Bekbolat, le propriétaire, s’est immédiatement préoccupé de notre problème. Il nous a accompagnés à travers la ville pour trouver les pièces nécessaires, puis un garage capable de les monter. À midi, tout était réparé. Nous avons ensuite passé l’après-midi avec toute la famille autour de la piscine municipale, attenante à l’hôtel.
Cette panne s’est finalement transformée en une très belle rencontre. Grâce à Perizat, la sœur de Bekbolat, étudiante en Chine et parlant très bien anglais, nous avons pu échanger durant des heures avec trois générations réunies autour de la table. Ces moments de partage resteront probablement bien plus longtemps dans nos mémoires que l’incident mécanique lui-même.
Après deux nuits, nous avons pris congé de cette famille devenue, le temps d’un week-end, bien plus que de simples hôtes, avant de reprendre notre route vers le sud.
À Turkestan, autrefois appelée Yasi, la Karavansaray Turkestan revisite l’esprit des anciens caravansérails de la Route de la Soie. Entre architecture orientale, canaux et animations, il offre un agréable contraste avec la sérénité du site historique. s’élève l’un des monuments les plus emblématiques d’Asie centrale. À quelques pas, le mausolée de Khoja Ahmed Yasavi, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, constitue le cœur spirituel des peuples turcs. Beaucoup le comparent à Saint-Jacques-de-Compostelle pour l’importance de son pèlerinage.
Poète, philosophe et maître soufi du XIIᵉ siècle, Khoja Ahmed Yasavi a profondément marqué la diffusion de l’islam auprès des peuples nomades des steppes. Son enseignement pourrait se résumer par cette pensée :
« Le silence n’est pas une absence de parole, mais un espace où l’on cherche à faire taire son ego pour écouter ce qui est essentiel. »
Entourés de steppes arides, balayées par un vent presque permanent, nous n’avons pu qu’adhérer à cette philosophie.Read more
Ырғыз ауданы (Zhalauly district d’Irguiz)
July 24 in Kazakhstan ⋅ ☀️ 25 °C
Trois jours de route ont suffi pour nous rappeler qu’au Kazakhstan, les distances se mesurent davantage en paysages traversés qu’en kilomètres. D’Aksaï à Aktioubé, puis Chalkar, avant de mettre le cap sur Aralsk dans le centre sud/ouest du Kazakhstan, près de 900 kilomètres ont défilé sous nos roues. Par moments seulement, l’asphalte retrouve sa dignité. Le cruise control calé à 80 km/h, dans un silence qui nous semble absolu, le paysage glisse derrière les vitres. Seul le vent omniprésent, un podcast ou une playlist roadtrip accompagnent les longues lignes droites. Puis, au loin, apparaissent les premiers nuages de sable, annonçant les nids-de-poule imprévisibles et les ornières qui dessinent des rails dont il devient difficile de s’extraire. La piste parallèle offre alors souvent davantage de confort que la route officielle. Ailleurs, il ne reste plus que des pistes de sable, balayées par des voiles de poussière soulevés par les quelques camions avançant péniblement. La moyenne chute alors à 40 km/h et nos yeux scrutent constamment les quelques mètres de piste juste devant le capot.
Le paysage semble jouer avec les nuances. D’immenses steppes se succèdent jusqu’à confondre ciel et horizon. Puis la terre devient plus aride, presque minérale, sans jamais être totalement vide. Une végétation discrète s’y obstine. Des arbustes aux reflets vert-bleu accrochent la lumière et rappellent que la vie persiste malgré la sécheresse. Les variations sont subtiles, mais le regard finit par s’y habituer et découvre une palette que l’on aurait d’abord crue inexistante. C’est dans ces moments que le voyage devient contemplatif. On émerge, 400 kilomètres plus loin, devant une station-service perdue à l’horizon. Le moment de faire le plein… du réservoir, de l’eau, comme du café.
Chaque soir apporte son décor. Le premier bivouac s’installe dans les hautes herbes, avec au loin quelques vaches, un berger et des hirondelles de rivage, très communes dans les steppes et les zones humides du Kazakhstan, qui virevoltent au-dessus de nous. Le deuxième, au pied d’une petite colline, nous offre la visite de quelques chevaux sauvages. Ils s’approchent avec cette curiosité tranquille propre aux grands espaces avant de repartir au galop, probablement vers un point d’eau. Le troisième nous accueille au bord d’un lac presque entièrement asséché, devenu un lieu de rencontre pour chevaux et chameaux, sauvages… ou presque. Tous portent une marque, mais aucun gardien n’est en vue.
Les températures grimpent jusqu’à 35 degrés dans la journée. Pourtant, au bord de ce qu’il reste de l’étang, le vent fait danser les roseaux et transforme la chaleur en une présence presque douce. Assis face à cette étendue silencieuse, nous attendons le soir dans une sérénité absolue. Quelques heures plus tôt, sur l’une de ces routes à l’horizon infini, un tel moment paraissait presque impossible à imaginer. C’est peut-être là l’un des paradoxes de ce pays: les pistes qui semblent ne jamais finir exigent de la patience, mais elles conduisent aussi à ces instants suspendus qui donnent soudain un sens à toute cette lenteur.Read more
Kazakhstan day 1
July 21 in Kazakhstan ⋅ ☀️ 20 °C
La sortie de Russie et l’entrée au Kazakhstan par Ilek se passent presque trop facilement. Formalités rapides, agents efficaces et intrigués par Nomade… mais visiblement peu habitués aux touristes. Ils finissent par appeler le seul douanier qui parle quelques mots d’anglais. Nous lui assurons que notre russe, et notre kazakh, sont bien pires 😜. En revanche, impossible de changer de l’argent ou de souscrire l’assurance RC obligatoire à la douane, contrairement aux pays précédents.
Nous prenons donc la route vers Aksaï, première ville après la frontière. Bonne nouvelle: la connexion au monde est de retour, le GPS aussi. Nous trouvons rapidement une banque et un assureur. Tout est là… sauf l’habitude de voir débarquer des Suisses en LandCruiser. Les recherches commencent, les formulaires ressortent après un coup de fil au siège, et les taux de change sont négociés. Pendant ce temps, nous faisons le plein à 56 centimes le litre, les principales ressources du Kazakhstan sont le gaz et le pétrole, déjeunons tranquillement et faisons rééquilibrer les roues. Tout semble plus simple au 🇰🇿 vs. 🇷🇺. En à peine quatre heures, tout est réglé. Nous sommes prêts et curieux de découvrir ce pays.
Cap sur Zhympity. La route file droit dans une steppe infinie, ponctuée de quelques troupeaux de chevaux et de villages qui semblent avoir été posés là par hasard. Les kilomètres défilent, l’horizon reste immobile, et trouver un simple bosquet pour s’abriter relève du défi. Un sentiment de liberté nous submerge et tout nous semble possible. Nous avons la nette impression d’avoir franchi un nouveau cap dans notre voyage. En direction de… mais où, finalement ?
Première à gauche, et nous dénichons notre bivouac «out of nowhere», à quelques kilomètres de la route, au cœur de cette immensité. La vie est belle… et la civilisation n’est finalement pas si loin 😄.Read more
Samara
July 19 in Russia ⋅ ⛅ 24 °C
Après une semaine à travers ces paysages incroyables, nous longeons la Volga et nous approchons tranquillement de la frontière avec le Kazakhstan. La carte nous indique quantité de petits postes-frontières ouverts, mais lesquels le sont réellement pour les touristes ? Les informations diffèrent selon les sources. Nous nous décidons finalement pour un petit poste, non loin de la ville d’Oural, juste en face.
Bivouac le soir pour passer la frontière au petit matin. Vers 8 heures, des militaires viennent nous cueillir pour nous conduire au poste. Après quelques tentatives de traduction, nous comprenons que nous avons enfreint les règles frontalières en nous écartant de la route… d’une trentaine de mètres. De toute façon, cette frontière est fermée aux étrangers depuis peu.
Nous sommes installés dans une petite salle de classe et passons trois heures à attendre qu’ils remplissent à la main des formulaires de quatre pages, en trois exemplaires, pour chacun de nous ! Le responsable du poste arrive. Il nous explique, presque gêné, qu’en raison de l’infraction, nous devrons payer une amende de 50 dollars chacun, dans une banque située non loin de là, dès demain matin.
En attendant, voulez-vous un café ?
La conversation s’engage. Musique, famille, travail, voyage… Il nous demande pourquoi nous sommes en Russie en cette période si particulière et nous explique que l’hospitalité est une valeur essentielle pour chaque Russe.
Que dire ?
Nos préjugés vacillent. Nos appréhensions s’évaporent. Nous ne pouvons pas accepter la réalité d’une guerre d’agression, mais il y a, face à nous, l’humanité de l’instant présent. Parfois cinq militaires dans la même pièce, simplement humains, comme nous.
Inévitablement, je pense à la chanson de Sting, «Russians love their children too.»
Les fondations se fissurent. Si le noir et le blanc demeurent bien distincts, le gris gagne de la place.
Demain, nous serons au Kazakhstan, et nous nous en réjouissons. Mais sans oublier leurs dernières paroles:
«Nous aimerions que vous ne gardiez pas qu’un mauvais souvenir de nous. Good luck.»Read more
Volgograd
July 16 in Russia ⋅ ⛅ 29 °C
Premières impressions de la Russie
7 h pour franchir la frontière. Embouteillage côté géorgien, puis administration russe.
Interrogatoires, contrôle des téléphones, formulaires manuscrits en double exemplaire, attentes interminables. Il suffit d’une case mal remplie pour tout recommencer. Entre voyageurs, on compare les scores. Personne ne passe du premier coup. Record du jour: 4 tentatives, 11 h à la douane.
Curieusement, personne ne s’énerve. Les fonctionnaires restent calmes, donnent même l’impression de vouloir aider. C’est surtout la machine administrative qui semble incroyablement lourde. Au final, 7 h passent presque pour un bon résultat.
Nous sommes bien en Russie. Une impression de voyager en vase clos. Devant nous, près de 2’400 km jusqu’au Kazakhstan, via Volgograd, Saratov, Samara et le poste-frontière d’Ilek.
Les paysages s’étirent à perte de vue: blé, tournesols, steppes, plaines arides. Les routes filent entre bandes défrichées et rangées d’arbres.
Nous contournons les villes. Autour des centres urbains, industriels ou énergétiques, le GPS est brouillé. Navigation à l’ancienne sur cartes hors ligne. Internet se limite souvent à la 3G, parfois rien. La plupart des sites étrangers sont inaccessibles. WhatsApp ne fonctionne pas.
L’essence est rare. Environ une station sur dix est approvisionnée. Attente de 20 minutes à une heure. On finit toujours par trouver du carburant, parfois au prix fort, mais sans file.
Le reste appartient aux paysages. Et partout où nous nous arrêtons, l’accueil est simple, chaleureux, sincère.Read more
Stepantsminda
July 14 in Georgia ⋅ ⛅ 16 °C
Dernier post avant notre passage de la frontière russe, et l’incertitude d’une connexion plus ou moins stable, pendant quelques jours.
Au départ de Stephantsminda, nous franchirons le Grand Caucase par le légendaire col du Darial avant de traverser les immenses steppes de Russie et du Kazakhstan. Nous mettrons le cap sur les joyaux de la Route de la Soie en Ouzbékistan, avant d’entrer au Tadjikistan pour parcourir la spectaculaire Pamir Highway. Nous suivrons le mythique corridor du Wakhan, longerons la frontière afghane, gagnerons les hauts plateaux du Pamir, franchirons le col Ak-Baital (4 655 m) avant de rejoindre le Kirghizistan. Cette étape s’achèvera à Bichkek après avoir traversé les montagnes du Tian Shan et la vallée de Ferghana.
Notre projet pour les deux prochains mois, serait de parcourir quelques-unes des routes les plus emblématiques d’Asie centrale, entre cités caravanières, immensités désertiques et cols de haute montagne. Nous avons même réussi à dessiner une carte prête à l’emploi et permettant de suivre avec le doigt👇🏻.
Top départ, à moins que:
* Une frontière soit fermée, ou des formalités changent du jour au lendemain 🤨
* Un col soit fermé par la neige, un glissement de terrain ou des travaux en cours
* Une panne mécanique, loin de tout, nous immobilise en attendant la prochaine caravane
* Le mal des montagnes dans le Pamir nous cloue dans les vallées
* La météo transforme une piste en bourbier et rend un passage impraticable
* La pénurie du carburant en Russie, ou sa qualité médiocre, nous oblige à pousser…
* Les rencontres ou paysages nous donnent envie de rester plus longtemps que prévu 😉
En attendant, nous considérons que notre seul véritable échec serait peut-être de vouloir absolument suivre le tracé de la carte. Les plus beaux voyages bifurquent souvent: No plan, no map, no problem!Read more
Touchétie
July 13 in Georgia ⋅ ⛅ 15 °C
Vendredi matin, tout s’enchaîne: deuxième café sur notre terrasse et nous sommes à fond sur les trajets des deux mois à venir.
Dernière tentative pour trouver les bons pneus, et quelques coups de fil plus tard, nous avons trouvé un garage qui les a en stock. Pas trop cher, mais suffisamment pour ne pas soupçonner une contrefaçon chinoise 😬. En plus, il est bien noté par plus de trois utilisateurs; normalement, les membres de la famille les plus proches…
Vers 11 h, un appel du garage Toyota: la voiture est prête! On arrive! Un Bolt plus loin, nous admirons le travail. La portière et les autres parties touchées sont impeccables. Le service est fait et tous les filtres, plaquettes de frein, huiles et autres liquides ont été remplacés par un spécialiste Toyota, fier de l’être 👍.
À dix minutes de là, les pneus sont remplacés en à peine une heure et nous voilà en route pour notre carrossier. En arrivant, il nous annonce qu’il ne pourra remonter la voiture que lundi 🤨. Ou alors tard dans la nuit, car il a un imprévu pour samedi. Nous optons pour la nuit 🌃 et son message arrive vers une heure du matin . Trouver un Bolt à cette heure, qui nous amène dans cette zone située à 25 km du centre-ville, nous semble ambitieux. Mais en Géorgie, tout est possible 24/7 et l’attente n’est que de trois minutes.
À notre arrivée au garage, la voiture est prête et toute la famille du carrossier nous accueille. Leur fille de six ans dort sur le canapé et sa femme nous annonce qu’ils partiront dans six heures rejoindre leur famille, mais qu’elle en a l’habitude. Du coup, nous ajoutons quelques 💵 au solde à régler.
En attendant, Nomade est comme neuf et nous profitons du samedi pour faire le plein de tout: eau, essence, nourriture et, bien sûr, un bon dépoussiérage après deux semaines passées au garage. Une dernière soirée dans un restaurant tout proche, le Van Gogh, autour de plats gastro-géorgiens, bercés par les notes d’un piano, et nous sommes prêts à tirer notre révérence à Tbilissi.
Nous avions hésité à passer par la Touchétie pour ne pas prendre trop de retard sur notre planning. Finalement, nous avons décidé d’y faire un détour. Difficile de résister à cette région isolée du Grand Caucase, accessible uniquement par le spectaculaire col d’Abano, où les villages de pierre semblent suspendus au-dessus des vallées et où les tours médiévales veillent encore sur les alpages. Une dernière parenthèse géorgienne avant les steppes de Russie. Et, surtout, l’occasion de renouer avec notre vie itinérante, celle où chaque matin commence par une route à découvrir et chaque soir se termine dans un nouveau paysage.Read more

Traveler42’000 km sur un terrain pas vraiment gomme-friendly: deux pneus étaient morts, les deux autres agonisaients 😅
Tbilissi - semaine deux
July 9 in Georgia ⋅ ☀️ 28 °C
Bientôt dix jours à Tbilissi, et nous continuons à explorer cette ville pleine de surprises. Nous avons élargi nos critères de recherche: musées, marchés, clubs de jazz ou restaurants avec un groupe traditionnel ou des chants polyphoniques (plus rares). Une tradition très répandue ici. Nous avons même trouvé des places à l’opéra pour assister à La Belle au bois dormant, interprétée par le State Ballet of Georgia, la compagnie permanente de Tbilissi. Un moment suspendu dans le faste néo-mauresque du XIXᵉ siècle, proche du néo-baroque de certains de nos opéras européens.
Lorsque les distances le permettent, nous nous déplaçons toujours à pied. Rien ne presse et nous n’avons presque plus besoin de cartes pour rejoindre nos endroits favoris, même si nous continuons à découvrir de nouveaux quartiers en changeant d’hôtel tous les deux jours. Les critères, eux, restent inchangés: une chambre spacieuse, un étage élevé et, si possible, une terrasse.
Le musée d’histoire consacre un étage entier à l’occupation soviétique de la Géorgie, de 1921 à 1991. L’exposition retrace la répression, les déportations, les exécutions et les purges qui ont frappé la population. Selon l’estimation présentée par le musée, près de 880 000 Géorgiens ont été tués, déportés ou contraints à l’exil. Responsables politiques, écrivains, artistes, intellectuels et simples citoyens figurent parmi les victimes de cette politique de terreur, qui a profondément marqué la mémoire du pays.
La météo nous accompagne plutôt bien. Après quelques journées caniculaires et de violents orages, les températures sont redescendues autour de 25 degrés, très agréables pour nos longues promenades.
Quant à Nomade, les réparations avancent à leur rythme. La tôle froissée a été redressée, la voiture a changé d’atelier et la peinture est en cours, en même temps qu’un service complet. Il faudra ensuite retourner chez le carrossier pour réassembler le tout. Seul bémol: impossible de trouver ici les nouveaux pneus que nous recherchions. Ils attendront une prochaine étape. Les actuels devraient encore parcourir sans difficulté 10’000 à 15’000 kilomètres.
L’envie de reprendre la route devient de plus en plus pressante. Pour l’instant, nous étudions des cartes et imaginons les pistes qui nous attendent. Nous avons un peu de retard sur notre planning initial, mais en même temps nous surveillons la météo au Tadjikistan et au Kirghizistan où les températures commencent à monter tandis que les pluies violentes font rage, plus encore que les autres années. Nous verrons bien une fois sur place. En attendant, nous profitons de ces quelques jours à Tbilissi, impatients que tout soit enfin réglé d’ici la fin de la semaine et que nous puissions reprendre notre route vers l’est.Read more
Tbilissi, quelques journées lentes
July 4 in Georgia ⋅ ☁️ 28 °C
Marcher sans objectif ( ou presque..). Pousser les portes lorsqu’elles sont ouvertes. Les façades s’écaillent, les balcons semblent tenir par habitude plus que par calcul, les escaliers penchent et grincent. L’ensemble possède une cohérence presque poétique. À 30 °C, la ville impose un rythme lent.
Sololaki se découvre sans plan. Derrière les façades fatiguées, des cours silencieuses, des escaliers en bois, des balcons suspendus au temps. Rien n’est spectaculaire, mais impossible de s’en lasser.
La Fabrika, une usine reconvertie en hostel où se croisent nomades numériques et voyageurs du monde entier. Autour, un quartier où les ateliers, les immeubles soviétiques, le street art et les cafés donnent l’impression que la ville continue simplement son histoire.
À Mtatsminda, les escaliers remplacent les avenues. Plus on monte, plus le bruit disparaît. Quelques bancs, des chats, une vigne, puis la ville entière s’étale en contrebas.
À quelques kilomètres de la ville, la Chronique de Géorgie, où les immenses piliers de bronze surgissent presque sans prévenir. Monumentale, silencieuse, tournée vers le réservoir.
Les restaurants sont innombrables, comme le Littera; derrière un portail discret se cache un jardin ombragé, loin de la chaleur de la ville. Dans cet hôtel particulier du début du XXᵉ siècle, autrefois propriété de David Sarajishvili puis devenu la Maison des écrivains, le restaurant a conservé une élégance simple. Un verre de vin, quelques plats à partager et la sensation d’être précisément là où nous devons être.
Au gré de nos balades, nous retrouvons le Radio Café. Notre pianiste est au rendez-vous, fidèle au poste. Sa musique installe une douce mélancolie, presque apaisante. Pendant quelques instants, le monde extérieur s’efface et nous avons l’impression de ne faire qu’un avec l’univers.
Au moment de partir, elle entame les premières notes de « Et si tu n’existais pas », il n’y a plus rien à ajouter.Read more





























































































































































































































































































































































































































































































































































































































































Traveler
Quels sont ces animaux?
Traveler
Ah oui je vois. Des antilopes
TravelerDes gazelles de Perse et elles peuvent atteindre 60 à 70 km/h lorsqu’elles prennent la fuite, de nous p.ex. 😫