Désert de Gobi
Yesterday in China ⋅ ☀️ 15 °C
À l’entrée du Gobi, nous avions parcouru le Dahaidao, ces anciens «fonds marins» aux portes de Hami. Le vent et le sable y ont sculpté la roche durant des millénaires, créant un monde improbable de tours, de murailles, de silhouettes et d’animaux pétrifiés. Un paysage de yardangs où l’imagination finit par donner à ces étranges sculptures des formes qui nous sont familières. Une boucle longue de 200 km, avec une première partie sur un goudron citadin bien lisse et la seconde transformée en terrain de jeu pour 4x4, où chacun tente d’éviter la tôle ondulée à sa manière.
Après une nuit à Hami et quelques visites qui nous sont chères: temples et marchés ouïgours, nous prenons les S245 puis S240, deux routes secondaires, et entrons véritablement dans l’immensité du Gobi. Au bout d’une centaine de kilomètres sur la S245, l’après-midi touche à sa fin. Nous quittons la route et enfonçons de quelques kilomètres dans le sable pour établir notre bivouac pour la nuit, seuls parmi les dunes ocre, parfois presque brunes, saupoudrées de gravillons blancs comme du sucre glace.
Nous y laissons nos traces sans savoir combien de temps elles resteront lisibles. Malgré nos pas prudents, chaque foulée soulève son petit nuage de poussière.
Le soir, luxe un peu surréaliste au milieu de nulle part: tagliatelles aux morilles et un verre de vin rouge chinois, assez bon pour le coup 😋. À l’ouest, le soleil disparaît derrière les dunes tandis qu’à l’est, la lune presque pleine est déjà bien visible.
Nous sommes seuls au milieu de cette immensité. Tout semble immobile, ancien, presque intact. Les caravanes de la Route de la soie ont traversé ces terres bien avant nous, et l’on imagine facilement le vent effacer nos empreintes comme il a effacé les leurs.
Reste cette étrange impression que le décor, lui, n’a guère changé depuis des siècles.Read more
De Turfan au Gobi
September 24 in China ⋅ ☀️ 31 °C
Depuis Ürümqi, nous plongeons vers Turfan, oasis improbable posée au milieu d’un décor qui semble ne pas avoir vu la pluie depuis bien longtemps.
Première halte aux Karez, ingénieux réseau souterrain qui amène l’eau des montagnes jusqu’aux cultures. Puis Jiaohe, une ancienne cité à perte de vue, posée sur un plateau entre deux vallées. Des rues, des maisons et des temples taillés dans la terre, abandonnés depuis des siècles et remarquablement conservés. Impressionnants dans la lumière du soir.
Nuit à Turfan, avant de repartir vers la vallée de Tuyugou et les grottes des Mille Bouddhas de Bezeklik, creusées dans les falaises des Montagnes Flamboyantes. Autour, des vignes généreuses: une parenthèse verte au milieu d’un décor d’une minéralité impressionnante.
Puis changement de programme et de terrain: direction le désert de Kumtag. Les dunes longent l’horizon et nous en profitons pour faire un tour dans le sable. Pneus dégonflés, c’est presque comme rouler dans la neige. Un petit rallye improvisé, parfaitement inutile et donc absolument indispensable.
Toute cette région est assez touristique, du moins pour les Chinois. Et lorsque l’histoire ou l’érosion n’ont pas suffisamment préservé le décor, les architectes n’ont pas hésité à recréer ce qui est censé être à l’origine de l’intérêt. Parfois avec une certaine générosité…
Nous avons envie de retrouver des endroits plus isolés. Cap à l’est, pour rejoindre la S328 et les immensités du Gobi chinois.
En fin de journée, une piste nous conduit sur les hauteurs d’une falaise. Nous installons Nomade dans un paysage lunaire, seuls au milieu de nulle part. Exactement ce que nous cherchions.
Le vent balaie le plateau et soufflera fort toute la nuit, heureusement sans rafales. Nous avions pris soin d’orienter Nomade pile dans son axe. La maison a tangué, mais nous avons passé une très bonne nuit et, au réveil, tout était encore là. Premier café dans ce décor qui annonce déjà la couleur de la journée.Read more
Kuitun à Ürümqi
September 22 in China ⋅ ☁️ 30 °C
Avant de quitter la région de Kuitun, encore un détour qui mérite largement quelques kilomètres.
Après le Grand Canyon de Dushanzi, immense entaille creusée par les eaux descend du Tian Shan, le Grand Canyon d’Anjihai, plus sauvage encore. Ici, pas vraiment de parc aménagé: la terre semble simplement s’être ouverte. Rouge, orange, gris, vert… les différentes couches géologiques dessinent un paysage presque irréel, avec la rivière serpentant plusieurs centaines de mètres plus bas.
Nous mettons ensuite le cap à l’est par la S101, la mythique «route de la défense nationale».
Construite dans les années 1960, cette ancienne route militaire traverse les contreforts du Tian Shan entre Dushanzi et Ürümqi. Longtemps délaissée au profit des grands axes modernes, elle déroule aujourd’hui l’un des itinéraires les plus spectaculaires du Xinjiang: canyons, falaises sculptées par l’érosion, pâturages d’altitude et sommets du Tian Shan en toile de fond.
Une route comme nous les aimons: lente, un peu cabossée, inutilement longue et donc forcément intéressante.
Après les grands espaces, changement de décor. Ürümqi, capitale du Xinjiang et métropole de quelque 4,5 millions d’habitants, pour une escale de deux jours.
Nous avons laissé le camper bien sagement sur le parking de l’hôtel et nous nous déplaçons en taxi. Ici, même une simple course représente vite 10 à 20 kilomètres et une bonne demi-heure de trajet. Heureusement, les prix sont presque dérisoires. Entre avenues, échangeurs à quatre niveaux et gratte-ciel à perte de vue, la ville dévoile peu à peu sa démesure.
Au programme, quelques quartiers, le musée du Xinjiang, consacré à l’histoire de la région et de la Route de la soie, puis le Grand Bazar international.
Le soir venu, les lumières s’allument tel un feu d’artifice et, au Grand Bazar, la foule déambule entre épices, fruits secs, brochettes, artisanat et costumes ouïghours. Sans oublier les inévitables peluches et babioles de toutes sortes et de toutes tailles. C’est aussi la fête de la lavande: le bleu-violet est omniprésent.
Après quelques heures à nous perdre entre stands, rues commerçantes et centres commerciaux gigantesques, une évidence s’impose; ici, tout semble surdimensionné. Nous en profitons pour refaire quelques réserves devant un choix assez vertigineux.
Et puis notre première « vraie » fondue chinoise! On nous équipe d’une bavette avant de nous expliquer le mode d’emploi local: choisir ses ingrédients, les plonger dans le bouillon brûlant, attendre plus ou moins longtemps, puis tenter de les récupérer avec des baguettes. Sur le papier, c’est assez simple.
Dans notre cas, la bavette se révèle rapidement moins folklorique que franchement indispensable. Pêcher des nouilles glissantes dans un bouillon avec des baguettes reste un exercice dont nous maîtrisons encore assez mal la trajectoire finale.
Le lendemain, lavage de l’ensemble de nos habits. Pas seulement à cause de l’odeur tenace du bouillon, mais aussi parce que notre technique laisse encore quelques traces un peu partout 😎.Read more
En route depuis 365 jours 🥹
September 21 in China ⋅ ⛅ 31 °C
Un an déjà, même si le mot «déjà» est assez relatif quand on regarde la carte 😎.
D’abord l’Écosse et ses îles, puis l’Irlande. Ensuite, cap au sud en suivant l’Atlantique à travers la France, l’Espagne et le Portugal jusqu’au Maroc. Retour en Suisse, histoire d’ajuster quelques installations sur Nomade, de prendre ou laisser des affaires, puis de repartir dans l’autre sens.
Les Balkans, la Grèce, la Turquie, la Géorgie, l’Arménie, un bout de Russie, puis les «Stan», les steppes, les déserts, les montagnes et cette fameuse Pamir Highway.
En regardant la carte, nous nous demandons quels étaient les caps importants: la Turquie, jamais visitée en voiture; la Russie, mais comment est-ce possible? Le Kirghizstan, point de départ du projet actuel? Et maintenant la Chine, jamais vraiment projetée, juste imaginée comme une éventuelle suite encore bien floue…
Mais après un an, ce ne sont finalement pas les kilomètres qui comptent le plus. Ni même la liste des pays, devenue suffisamment longue pour qu’on commence à hésiter sur l’ordre 🤓.
Ce que nous aimons toujours autant, c’est la vie nomade. Partir le matin sans forcément savoir où nous dormirons le soir. Changer de programme parce qu’une petite route paraît plus intéressante que la grande. Rester un jour de plus parce qu’on est bien. Ou repartir parce qu’on a envie de voir ce qu’il y a derrière la prochaine montagne.
Et surtout, avoir le temps 🕰️. Le temps de passer d’une capitale à un village perdu, d’un restaurant improbable à un bivouac au milieu de rien. De découvrir l’histoire d’un pays, mais aussi sa vie quotidienne, à la campagne comme en ville. Les marchés, les cafés, les stations-service, les petites routes, les supermarchés où nous ne comprenons rien aux étiquettes et les restaurants où nous ne comprenons pas beaucoup plus.
Nous avons vu défiler des paysages assez différents: falaises écossaises, côtes atlantiques, désert marocain, montagnes du Caucase, steppes kazakhes, Pamir à plus de 4’000 mètres et maintenant les Tian Shan chinoises.
Mais ce qui nous surprend peut-être le plus après tous ces kilomètres, ce sont les gens.
Peu importe le pays, la langue, la culture ou la religion, le contact est toujours étonnamment facile. Quelques mots suffisent. Et quelquefois aucun.
On montre, on mime, on sort le téléphone pour traduire, si réseau il y a… et tout le monde finit par comprendre. Ou par faire semblant, ce qui fonctionne aussi très bien.
Nous avons été aidés, invités, renseignés, nourris et même accompagnés par des gens que nous ne connaissions pas cinq minutes auparavant. Et plus nous avançons, plus cela devient une constante du voyage.
Côté organisation, nous avions probablement imaginé avant le départ que vivre aussi longtemps sur la route serait un peu plus compliqué. En fait, pas vraiment.
Quelques entretiens, deux ou trois petites contrariétés mécaniques et, de temps en temps, une pièce à trouver loin de tout. Mais c’est aussi pour ça que nous avons choisi une Toyota: une mécanique conçue il y a déjà un certain temps, sans trop de fioritures et assez courante un peu partout dans le monde. Après bientôt 60’000 km, Nomade va bien. Nous aussi.
Autre constat après une année: nous avons besoin d’étonnamment peu de choses. Et il reste encore de la place dans les placards! Quelques vêtements, de quoi cuisiner, de l’eau, du carburant, un bon lit et une machine à café couvrent déjà une partie assez importante de nos besoins 😎.
Et puis, nous ne sommes jamais vraiment coupés du reste du monde. Internet fonctionne pratiquement partout. WhatsApp, appels vidéo, photos et messages permettent de rester en contact avec famille et amis. Même au milieu de la steppe ou dans le Pamir, il suffit de quelques barres de réseau pour que la Suisse revienne soudain dans Nomade. Et c’est bien de vous savoir avec nous 😘.
Bon, en Chine, il faut actuellement trois eSIM et deux VPN, mais personne n’a dit que le progrès devait être simple 😄.
Nous sommes tout de même bien loin de notre vie de backpackers d’il y a 40 ans: cabines téléphoniques, lettres envoyées par avion, navigation sans GPS et guides de conversation de 500 pages, par pays! Et ça nous convient parfaitement.
En résumé: la carte derrière nous commence à être bien remplie. Devant, il reste encore beaucoup de projets 😄.Read more

TravelerWas für Erlebnisse und das schon ein Jahr!? So schön, dass wir euch virtuell begleiten dürfen. Vielen Dank für all die Eindrücke. Weiterhin viel Freude… 😘😘

TravelerDanke, dass wünschen wir euch auch, wir geniessen es ebenfalls euch zu begleiten😘😘

TravelerC’est vraiment aussi super que nous nous soyons trouvés sur votre route au début de cette année d’aventure et peut être nous retrouverons nous en Inde du sud en janvier?

TravelerC’est avec émotions que nous pensons à notre retrouvaille au début de l’aventure:)
Dushanzi
September 19 in China ⋅ ☀️ 23 °C
Overflow d’impressions
Overflow d’images
Overflow d’émotions
Et 1,4 milliard d’amis potentiels 😄
C’est en tout cas l’impression du moment, tant la gentillesse et l’envie d’aider semblent omniprésentes. Une question, un doute, un téléphone qu’on regarde trois secondes de trop et quelqu’un apparaît déjà pour nous expliquer, nous montrer, nous accompagner. Parfois sans que nous ayons vraiment compris ce que nous cherchions nous-mêmes.
Premier stop dans les Nalati Grasslands, un peu à l’écart des circuits, chez un éleveur rencontré presque par hasard. Prairies ondulantes, forêts d’épicéas, chevaux et troupeaux dispersés sur les pentes, avec les Tian Shan en toile de fond. Un paysage de haute vallée qui donne soudain beaucoup d’espace au regard après l’agitation des premiers jours chinois.
C’est là que nous faisons connaissance avec Chili, Olivia et leur fille, trois autres nomades en vadrouille à travers la Chine depuis déjà quatre mois.
La soirée se termine sous la yourte, autour d’un repas qui nous ramène quelques années en arrière, en Mongolie. Même décor, même hospitalité et, manifestement, même philosophie culinaire: de la viande, surtout de la viande… et les légumes priés d’attendre dehors 😒.
Une première nuit au milieu des grasslands, sous les étoiles et loin de l’agitation touristique de Nalati. Exactement ce qu’on était venus chercher.
Puis vient la Duku Highway.
La fameuse G217 entre Dushanzi et Kuqa: 561 kilomètres à travers les Tian Shan, construits pour relier le nord et le sud du Xinjiang. Une route devenue presque mythique ici, ouverte seulement quelques mois par année en raison de la neige et des conditions en altitude. Elle franchit plusieurs hauts cols à plus de 3’500 mètres et traverse en quelques centaines de kilomètres un étonnant condensé de paysages: prairies alpines, forêts, torrents, sommets enneigés, gorges profondes puis terres beaucoup plus arides.
Initialement, nous avions prévu de la suivre jusqu’à Kuqa, mais nos guides à distance nous informent que certains checkpoints ne nous laisseront pas passer. Pourquoi exactement? Parce que… pas le droit. Un peu difficile à comprendre puisque nous sommes toujours dans une région pour laquelle nous avons les autorisations nécessaires. Mais nous sommes en Chine depuis suffisamment longtemps, c’est-à-dire quelques jours, pour comprendre qu’une autorisation n’a pas forcément vocation à répondre à toutes les questions qu’elle soulève 🤓. Bon. On ne cherche pas.
Changement de cap. Nous prenons donc cette fameuse G217 vers le nord, direction Dushanzi, avec deux canyons dans le viseur: Dushanzi et Anjihai.
Des cols. Des torrents. Quelques troupeaux. Des montagnes et la vegetation qui passent du vert au rouge automnale puis à l’ocre.
Les lacets semblent sans fin. Une vallée succède à une autre, un col au suivant. La Duku a cette curieuse faculté de donner l’impression que le prochain virage sera le dernier. Il ne l’est jamais.
Au bout de quelques heures, les Tian Shan s’écartent et laissent place à une plaine immense.
En cette fin d’été, la steppe hésite encore entre le vert et le brun. L’herbe a perdu son éclat, la terre commence à reprendre le dessus et quelques taches jaunes accrochent encore la lumière. Pas vraiment désertique, plus vraiment verdoyante non plus. Une pensée pour les paysages suisses en ce début d’automne.Read more
Yining - Chine
September 17 in China ⋅ ⛅ 27 °C
Passage en douane assez fidèle au descriptif de l’agence, probablement à quelques contrôles minutieux du véhicule et de notre conscience près. Au bout d’un moment, j’ai perdu le compte.
Même nos cartes routières sont inspectées pour vérifier que la Chine y figure bien dans son intégralité revendiquée. Ici, la géographie, c’est sacré. Et non, nous n’avons pas de livres en papier 📚.
En revanche, les fonctionnaires sont extrêmement prévenants. Toujours quelqu’un à mes côtés pour me guider et m’aider à remplir les formulaires, disponibles en chinois et en russe uniquement 🤓. Un peu bourrus au premier abord, puis le sourire en coin dès qu’ils comprennent que notre cas ne devrait pas provoquer de tracasserie supplémentaire.
Quelques heures plus tard, Margrit attend déjà depuis deux bonnes heures de l’autre côté de la frontière avec trois heures de décalage horaire en prime, Roland et Nomade sont enfin greenlightés côté chinois, pause de midi de 50 minutes comprise 🥢. Finalement, cela nous arrange: lever et coucher du soleil vers 8 et 20 heures, mieux adaptés à notre rythme de vie actuel.
D’après notre guide, la douane a fait plus vite que d’habitude et nous avons encore le temps de nous occuper de nos plaques d’immatriculation chinoises. On commence par le contrôle technique de Nomade, puis le passage par un nombre impressionnant d’instances, cumulant les papiers tamponnés au fur et à mesure de notre avancée.
Même programme le lendemain matin pour nos permis de conduire: notre guide disparaît dans les entrailles du bâtiment pendant que nous avons le plaisir de visionner des vidéos d’accidents filmés par des caméras de surveillance. Ici, pas de floutage ni de pudeur particulière: rien n’est omis. Au bout de vingt minutes, le message est passé. Nous serons prudents!
Les papiers en main, premier stop dans un supermarché où nous passons notre temps à scanner les étiquettes pour comprendre les subtilités des composants et des saveurs. Finalement, nous trouvons tout ce qu’il faut pour tenir un ou deux jours. Mais avec une cuisine exceptionnelle à chaque coin de rue, nous devrions pouvoir survivre 😄.
En route vers Yining, première destination au cœur de la vallée de l’Ili. Nous sommes hébergés dans un hôtel au milieu de la vieille ville ouïgoure. Les Ouïgours, peuple turcique musulman, sont installés depuis des siècles dans cette région, au carrefour des routes de la soie. La vieille ville en garde de nombreuses traces: ruelles, petites échoppes et maisons aux façades colorées. Les maisons bleues, avec leurs portes travaillées et leurs couleurs vives, donnent un charme particulier à certaines rues.
Deuxième soirée, restaurant sichuanais, et nous sommes ravis. Après seulement deux jours, mille détails à raconter, mais surtout l’attention et la gentillesse de l’accueil. Si nous imaginions les Chinois un peu distants ou froids, cette idée n’aura pas survécu longtemps à la frontière. Accueil chaleureux, beaucoup de questions, de simples signes de la main 👌🏻 et toujours des sourires bienveillants. Bon, il faut dire que cela fait presque deux mois que nous n’avons pratiquement pas croisé de véhicules européens, nous devons leur paraître bizarre ..
Autre surprise: le silence des villes après le Kazakhstan. Scooters omniprésents, mais presque tous électriques, tout comme une bonne partie des voitures. Moins de moteurs, moins de bruit et même l’air semble plus propre.
Nous sommes ravis d’être là et avons trouvé nos premiers repères sans peine, même si nous devons jongler entre trois eSIM et deux VPN pour être connectés au reste du monde.Read more
Jarkent
September 14 in Kazakhstan ⋅ ⛅ 31 °C
Nous avons parcouru les quelque 1’400 km du Kazakhstan oriental à Almaty en deux jours. Un petit exploit, mais sans ennui: on aime toujours autant ces paysages qui défilent, les livres audio font le reste et les playlists sont à jour 🎶.
Vendredi soir, arrivée à Almaty, avec sa circulation assez librement inspirée du Code de la route. Et message de DHL: nos passeports sont arrivés. Bonne nouvelle, sauf que l’enveloppe ne mentionne apparemment ni destinataire, ni adresse e-mail, ni numéro de téléphone 😡. Heureusement, le responsable de l’agence, qui s’était occupé de l’envoi deux semaines plus tôt, se souvient de nous, ouvre l’enveloppe, retrouve nos coordonnées et nous appelle. Nous avions bien sûr le numéro de suivi, mais son initiative nous évite quelques heures de sport administratif. Petit détour, passeports récupérés.
Samedi: garage et courses. Vérifications diverses, graissages en tout genre, remplacement des petits patins aux extrémités des lames de suspension et nouvel équilibrage des roues. Puis détour chez Toyota pour constituer une modeste pharmacie pour le Land Cruiser: filtre à air, huile moteur et liquide de refroidissement en réserve. On ne sait jamais ce que les prochaines semaines nous réservent, et il vaut mieux transporter quelques litres d’huile qu’une bonne excuse au milieu de nulle part.
Nomade est prêt. Nous aussi, à peu près.
Dimanche: préparation pour la Chine. Une bonne partie de la journée à vider la voiture, nettoyer, trier, jeter ce qui pourrait déplaire à la douane chinoise, puis tout ranger à nouveau. Notre maison roulante n’avait probablement jamais été aussi réglementaire.
Et voilà que notre guide nous envoie les instructions pour demain.
Côté Kazakhstan, cela semble assez simple: entrée dans la zone frontière, douane, passeports tamponnés, puis les militaires nous accompagnent jusqu’à la sortie. Dès que tout est terminé, nous devons prévenir notre contact chinois.
Côté Chine, c’est plus élaboré. Deux déclarations douanières, contrôle du véhicule par la douane, puis par la police des frontières, contrôle des passeports et enfin passage de Nomade aux rayons X. Margrit effectuera les formalités d’entrée puis attendra dehors, pendant que je resterai seul avec la voiture jusqu’à sa libération officielle.
Après le grand nettoyage de dimanche, il ne reste donc plus qu’à voir si les douaniers chinois partagent notre conception du rangement.
Demain, nous quitterons le Kazakhstan, qui nous manque déjà alors que nous sommes si proches de la frontière. Puis, la Chine 🇨🇳.Read more
Lake Boukhtarma
September 10 in Kazakhstan ⋅ ☁️ 25 °C
Nous quittons Markakol alors que l’automne commence à prendre possession de l’Altaï. Les bouleaux jaunissent, les prairies changent de ton et les premières touches rouges apparaissent dans les sous-bois.
Nous nous engageons sur l’ancienne route autrichienne, construite au début du XXe siècle en grande partie par des prisonniers austro-hongrois. Sur la carte, ce n’est qu’une piste traversant la montagne. Sur le terrain, elle se révèle comme l’une des plus exigeantes que nous ayons parcourues jusqu’ici 😱.
Les nombreux ponts sont très approximatifs et chaque passage mérite un top-là, tellement les planches posées de manière aléatoire nous paraissent peu rassurantes. Si près du 15, ce n’est vraiment pas le moment d’abîmer Nomade! Ailleurs, quelques troncs d’arbres jetés dans la boue sont censés rendre le passage possible. Certaines portions sont à peine plus larges que Nomade et les cailloux semblent pousser sur la route. Quant aux gués, nous finissons par ne plus les compter, avec cette petite incertitude chaque fois que l’eau trouble empêche d’en deviner la profondeur.
Il faut constamment regarder où poser les roues, tout en essayant de garder un œil sur le paysage. L’Altaï en ce début d’automne est magnifique, une explosion de couleurs: forêts teintées de taches rouille, bouleaux dorés, prairies encore vertes et taïga couverte de lauriers de Saint-Antoine, dont le feuillage vire au rouge pourpre et tranche avec le vert sombre des conifères. Du coup, la lenteur de notre progression finit presque par nous arranger.
En fin de journée, nous retrouvons une route toute neuve en direction de Berel, petit village connu pour ses kourganes saka vieux de plus de 2’000 ans, de grands tumulus funéraires sous lesquels étaient enterrés les membres de l’élite, parfois accompagnés de leurs chevaux... Nous y arrivons poussés par un vent violent qui balaie la vallée et fait plier les peupliers omniprésents.
Petit bémol: le moteur tousse à haut régime, impossible de doubler. Un nettoyage improvisé du filtre à air, saturé par la poussière de ces derniers jours, s’impose.
Nous terminons la journée dans un pré, près d’un point d’eau où chevaux et vaches évoluent librement et viennent partager notre décor.
Le lendemain sera beaucoup plus tranquille. Quelques heures de route avant de rejoindre les rives du réservoir de Boukhtarma. Une petite piste nous mène jusqu’à une crique isolée, bordée de roseaux et de sable. L’eau est encore assez douce pour s’y baigner et, après la journée de la veille, l’eau et les provisions étant assurées, nous ne trouvons aucune raison valable d’aller plus loin.Read more

TravelerOn s’est dit qu’il y avait des traces d’autres voitures, c’est que ça devait être possible..
Markakol
September 8 in Kazakhstan ⋅ ☁️ 16 °C
D’Aïagouz à Karamergen, puis vers Zaïssan, nous poursuivons notre route vers l’extrême est du Kazakhstan et les montagnes du sud de l’Altaï, aux confins de la Chine. Voilà plus d’une semaine que la steppe nous accompagne et, à force de la parcourir, elle nous est devenue familière. On s’y sent presque chez nous, ce qui, à quelques milliers de kilomètres de la maison, ne manque pas d’ironie.
À Terekty débute l’ancienne route militaire autrichienne, aménagée durant la Première Guerre mondiale par des prisonniers de l’armée austro-hongroise pour sécuriser cette région frontalière avec la Chine. Plus d’un siècle plus tard, elle serpente toujours à travers les montagnes de l’Altaï.
À l’entrée de la région protégée de Markakol, deux militaires acceptent volontiers les copies de nos passeports 😎, nous enregistrent et nous laissent passer. La frontière chinoise n’est parfois qu’à quelques mètres et, de l’autre côté, des immenses dunes apparaissent au pied des montagnes du Xinjiang. La Chine est là, presque à portée de main.
Peu à peu, les forêts de mélèzes, les prairies d’altitude et les montagnes remplacent la steppe. La réserve naturelle de Markakol protège ce territoire encore très sauvage du sud de l’Altaï.
À près de 1’450 mètres d’altitude, le lac Markakol se dévoile enfin. Un joyau aux reflets de saphir, posé au creux de collines boisées. Après l’immensité presque nue de la steppe, cette soudaine profusion de verts et de bleus fait du bien. Et, plaisir tout simple, nous sommes heureux de retrouver autour de notre bivouac de l’herbe sous nos pieds. Nous l’installons au milieu d’une prairie, entourés de ces grandes meules de foin que l’on retrouve partout dans la région, soigneusement entassées pour les protéger de la pluie et de la rosée matinale, qui fait son retour en ce début septembre. Nous ne sommes visiblement pas seuls dans les parages: au réveil, nos chaussures, laissées devant la porte, sont éparpillées à quelques dizaines de mètres autour de nous. Quelqu’un s’en est occupé pendant la nuit, mais on n’a rien entendu 🤣.Read more
The Long Way East
September 6 in Kazakhstan ⋅ ☀️ 21 °C
Nous quittons Jarkent et retrouvons très vite ce qui définit si bien l’est du Kazakhstan: l’espace. Taldykourgan, puis Sarkand ne sont bientôt plus que quelques maisons derrière nous, et la route recommence à filer au milieu d’une steppe sèche, immense, presque vide. Par moments, nous avons l’impression de vivre l’aventure de la Route 66 des années 50, mais en version kazakhe: ces routes interminables que l’on voit courir droit devant nous sur des dizaines de kilomètres avant de disparaître quelque part à l’horizon. Il manque les motels aux néons et les Cadillac. Pour le reste, le décor est là.
Pour la première nuit, nous quittons l’asphalte et grimpons sur un plateau. Posés face à une succession de collines nues, nous regardons la lumière passer lentement de l’or à l’ocre, puis au violet au-dessus d’un horizon quasi rectiligne, tandis que le vent balaie la plaine et que le ciel se constelle peu à peu d’étoiles. Des étoiles que nous irons admirer au beau milieu de la nuit sans vraiment l’avoir choisi: le vent a tourné! Dans un premier temps, nous espérons qu’il ne forcira pas, mais si. Nous sommes obligés de réorienter Nomade de 180 degrés. Vingt minutes plus tard, retour sous la couette.
Le lendemain, après Ucharal, le lac Alakol apparaît comme une immense ligne bleue au milieu des terres arides. Les Kazakhs semblent avoir une autre approche du lac: quelques villages occupent ses rives, mais ailleurs, presque aucune route n’y mène. Les plaisirs lacustres restent concentrés autour des deux villes situées sur des rives opposées. Début septembre, nous les trouvons déjà complètement abandonnées et nous nous installons pour la nuit sur une plage de sable noir déserte, non loin du centre.
Le lendemain, en direction du nord, nous retrouvons quasi immédiatement la steppe, pas une maison, presque aucune trace de présence humaine. Ici, cent kilomètres ne semblent plus vraiment une distance, juste l’espace nécessaire pour passer d’un horizon au suivant. Après Aïagouz et quelques ravitaillements, nous quittons une nouvelle fois la route pour notre troisième nuit et installons Nomade sur un plateau perdu au milieu de paysages sauvages et arides.
Installés sur une des plus belles terrasses au monde, nous profitons du reste de la journée pour échanger avec la famille et les amis et préparer la suite de notre route.Read more
Singing Dunes
September 3 in Kazakhstan ⋅ 🌬 25 °C
Impossible de quitter le parc national d’Altyn-Emel sans avoir escaladé les Singing Dunes de 150 m de haut! Les 40 kilomètres de piste qui nous y conduisent sont en bien meilleur état que la tôle ondulée des jours précédents et nous avons l’impression de les survoler.
Quant à la description des dunes, les photos s’en chargeront mieux que nous. Reste le vécu. Le sable qui s’infiltre absolument partout, la montée qui se dérobe sous chaque pas et cette progression sur une crête étroite, instable, balayée par un vent constant qui semble avoir pris son élan au bout de la steppe et qui efface aussitôt nos traces.
Au sommet, nous sommes récompensés par une vue splendide. Puis vient la descente, à grandes enjambées dans le sable. La pente avale nos pas et, pendant quelques instants, la gravité semble plus légère.Read more
Altyn-Emel
September 2 in Kazakhstan ⋅ ☁️ 18 °C
Si nous avions peur de nous lasser des paysages que nous avons l’impression d’avoir déjà vus, les deux jours à l’est de la région d’Almaty nous ont mis plein les yeux. D’abord le lac Kaindy, étrange et silencieux, avec ses troncs d’épicéas noyés qui émergent d’une eau presque irréelle. Puis Charyn, ses falaises, ses canyons et cette succession de paysages minéraux qui changent de couleur au fil des kilomètres. Le Charyn State National Nature Park est immense, brut, spectaculaire. On marche longtemps sans vraiment savoir où regarder.
En sortant des canyons, le ciel change brutalement. Le vent se lève et une tempête de sable se prépare. Un vent violent balaie la steppe et les flancs des collines et nous sommes envahis par des nuages de poussière. Comme cela ne semble pas se calmer, nous décidons de pousser jusqu’à Jarkent et d’abandonner l’idée du bivouac pour ce soir. Quatre murs et un toit semblent être une excellente invention. Dehors, l’orage se déchaîne pendant une bonne partie de la nuit.
Le lendemain, nous reprenons la route par Taldykorgan avant d’entrer dans le parc national d’Altyn-Emel. Nous retrouvons les immensités désertiques, les montagnes aux couleurs improbables. À 70 km/h sur des pistes en tôle ondulée perdues dans la steppe, avec pratiquement rien à l’horizon.
Nous y croisons un groupe d’Allemands voyageant dans quatre 4x4 avec chauffeurs. Pendant que leurs passagers partent se promener, les chauffeurs s’intéressent davantage à Nomade. Ils se glissent dessous, examinent les amortisseurs, les lames, les roues et tout ce qui mérite manifestement l’attention de gens qui passent leur vie sur les pistes.
Et ils découvrent quelque chose que nous n’avions pas vu: sur les six grosses vis qui fixent la cellule au châssis, trois sont partiellement ou complètement cisaillées.
Rien de dramatique. Nous décidons simplement de les remplacer dans la prochaine ville.
Un peu plus tard, nous retrouvons les quatre véhicules vers le saule géant sacré de 700 ans, non loin de l’endroit où nous comptons bivouaquer. Les chauffeurs ont entre-temps réfléchi à notre problème. Pas question pour eux de nous laisser continuer ainsi. Au bout d’une demi-heure et d’une séance de mécanique improvisée au milieu d’Altyn-Emel, la cellule est de nouveau solidement fixée au reste de la voiture.
Comme il nous reste une bonne demi-bouteille de whisky achetée en Écosse, nous la leur offrons. De toute manière, il aurait fallu la laisser, ou la terminer 😳, avant notre entrée en Chine.
Et c’est peut-être cela que nous retiendrons autant que les paysages: deux jours d’une beauté incroyable, une tempête de sable, quelques boulons cassés et, au milieu de nulle part, des inconnus qui se couchent sous notre voiture simplement parce qu’ils ont vu quelque chose qui n’allait pas.Read more
Black Canyon
August 31 in Kazakhstan ⋅ ☀️ 25 °C
L’administration mise en route, ce n’est plus entre nos mains et nous quittons rapidement la ville pour prendre de la hauteur dans les contreforts du Tian Shan. Passé l’observatoire, nous trouvons notre premier bivouac sur les hauteurs à 2’600 m, seuls sous les étoiles, avec pour horizon les montagnes et l’immensité de la steppe au contrebas. Le lendemain, nous poursuivons en direction du lac Bartogay.
Des montagnes nues se fondent dans des steppes infinies, les couleurs passent de l’ocre au vert tendre, sans villages ni presque aucune trace humaine si ce n’est les pistes parallèles, où chacun choisit sa trace. Au loin, quelques yourtes entourées d’enclos et, garé juste à côté, un pick-up d’un âge antédiluvien.
Les troupeaux de chevaux et de moutons, gardés par des bergers à cheval, indissociables de ces immensités, ponctuent la steppe à perte de vue. Un de ces paysages difficiles à raconter : sauvage, brut et poussiéreux, avec l’élégance insolante de n’avoir rien à prouver. Par moments, nous retrouvons la Mongolie à d’autres le Kirghizstan, mais avec une personnalité bien différente.
Puis apparaît au loin le lac Bartogay, étonnante tache turquoise au milieu de cette immensité aride, avant que nous poursuivions jusqu’au Black Canyon. Une petite piste dénichée presque par hasard nous conduit jusqu’au bord du canyon. Nous y installons Nomade pour la nuit, seuls au-dessus de la rivière qui serpente tout au fond. Deux bivouacs, deux décors radicalement différents et cette même sensation rare d’avoir le monde pour nous seuls.Read more
Almaty
August 29 in Kazakhstan ⋅ ☀️ 33 °C
De Taraz, nous rejoignons Almaty par une longue route à travers les steppes. Les plaines sèches laissent peu à peu place aux collines, aux vallées et aux montagnes du Tian Shan qui pointent à l’horizon. La frontière avec le Kirghizstan n’est jamais très loin.
Almaty nous plaît immédiatement. Verte, aérée et détendue, la ville nous offre surtout l’occasion de remettre Nomade d’aplomb. Après deux stops intermédiaires et de l’aide pour un téléphone en russe, nous trouvons les deux pneus à remplacer, complétons nos réserves de nourriture et faisons le plein de tout ce qui peut nous manquer pendant les deux semaines à venir plus au nord, dans le Kazakhstan oriental.
Notre itinéraire initial devait nous mener vers le Kirghizstan, puis la Mongolie. Deux pays que nous avions déjà visités et particulièrement appréciés. Mais l’hiver approche et pour la saison froide, la Mongolie deviendrait un cul-de-sac pour nous: la Russie au nord, la Chine au sud et, entre les deux, la perspective de laisser Nomade plusieurs mois dans un garage à Oulan-Bator. Faire demi-tour vers la Turquie ou la Grèce serait une option, mais l’idée de revenir sur nos traces ne nous a jamais enthousiasmé. Reste une troisième option: traverser la Chine pour rejoindre le Laos puis l’Asie du Sud.
Les formalités sont complexes et la présence permanente d’un guide semble obligatoire. Parcourir près de 7’000 kilomètres avec quelqu’un à nos côtés ne nous enchante pas vraiment. Nous préférons encore nous perdre seuls, ce qui est une autre forme de liberté 😆.
Après de nombreuses recherches (merci Margrit) et quelques échanges avec d’autres voyageurs, nous trouvons une agence qui propose d’organiser et de nous accompagner lors de l’entrée de Nomade en Chine, de s’occuper des plaques temporaires et des autorisations nécessaires, mais sans guide à nos côtés pendant la traversée.
Nous nous lançons dans les préparatifs: vérifier la compatibilité de notre eSIM, télécharger les cartes hors ligne et installer les applications qui fonctionnent en Chine, où Google Maps et plusieurs services occidentaux sont limités ou bloqués. Il nous faut également trouver une carte routière papier reconnue par les autorités chinoises 😉.
Nous rassemblons aussi les informations utiles pour la route: points de ravitaillement, stations-service, hébergements possibles, passages de frontière et zones où le réseau risque de disparaître. Un peu d’adaptation, et quelques contournements techniques et tout rentrera dans l’ordre. En Chine, même trouver son chemin mérite un petit dossier administratif.
Pour l’instant, nous renvoyons nos passeports en Suisse pour obtenir les visas, tandis que l’agence prépare les documents de Nomade en Chine. Pour continuer vers l’est, nos papiers partent donc dans les deux directions, une méthode étonnamment efficace pour avancer sans bouger. En attendant, le fait de remettre nos passeports entre les mains de DHL nous fait tout bizarre, comment justifier notre existence sans nos jolis passeports rouges?
Le rendez-vous est fixé au 15 septembre, à Khorgos frontière avec la Chine et nous nous réjouissons déjà des paysages, des rencontres et, bien sûr, de la cuisine.Read more
Sairam-Ugam national Park - Kazakhstan
August 26 in Kazakhstan ⋅ ☀️ 20 °C
Nous quittons Samarcande en direction de Tachkent en passant par le parc national de Zaamin. La plaine laisse progressivement place aux premières montagnes du Turkestan, aux vallées encaissées et aux forêts de genévriers. Un autre Ouzbékistan, plus vert, plus frais et presque montagnard.
À Tachkent, dernière visite avant de quitter le pays: le tout nouveau Musée national d’Histoire de l’Ouzbékistan. Entièrement repensé et largement interactif, il retrace l’histoire du pays, des premières civilisations à aujourd’hui, avec en fil rouge la Route de la Soie. Un bon lien aussi avec tout ce que nous avons vu ces dernières semaines. Et pour finir, la présentation en live et en stéréo de «New Tashkent», l’un des projets phares du président Shavkat Mirziyoyev. Pharaonique dans ses dimensions et qui, en images, nous rappelle un peu le Wakanda 😳.
Puis cap au nord, direction le Kazakhstan et les montagnes du parc national de Sairam-Ugam. Entre les deux, une frontière que nous avions estimé franchir en, allons, une heure max… Près de cinq heures plus tard, la nuit est largement tombée, nous voilà de retour au Kazakhstan. Rien de méchant, juste l’administration habituelle: attente, papiers, tampons, contrôles, attente, encore quelques papiers et encore un peu d’attente. Finalement, nous n’avons même pas eu droit au chien dans la voiture 🐕.
Vu l’heure, impossible de trouver une place à l’écart et les bords de route… enfin, pas trop pour nous. Nous dénichons un petit hôtel pas loin et sommes accueillis par deux dames charmantes qui sont aux petits soins. Et on en a besoin: rien mangé de la journée, on commence sérieusement à avoir la dalle.
Le lendemain, nous passons l’après-midi en haut d’une crête du parc de Sairam-Ugam à 2’000m. Le paysage vallonné s’étend à perte de vue. En fin d’après-midi, les ombres s’allongent et les montagnes commencent à se perdre dans les brumes du soir. La lumière devient dorée et glisse sur les crêtes et chaque pli du relief. Des moments presque irréels, d’une beauté si abondante que seule la nature peut se permettre.Read more
Samarcande
August 23 in Uzbekistan ⋅ ☀️ 25 °C
Deux jours à Samarcande, à profiter de la ville, mais surtout de ses splendeurs architecturales. Le Régistan, la mosquée Bibi-Khanym, le bazar de Siab, la nécropole de Shah-i-Zinda et ses mausolées couverts de céramiques bleues, puis le Gour Emir, où repose Tamerlan, ou Timur, conquérant turco-mongol né en 1336 au sud de Samarcande. Beaucoup de bleu, de turquoise, de coupoles et de mosaïques. Tout semble démesuré. La phrase «Si vous doutez de notre puissance, regardez nos édifices», associée à Timur, résume assez bien l’architecture historique de Samarcande.
Une plongée dans l’histoire de l’Ouzbékistan également, qui a été contrôlé successivement par les Perses, les Grecs avec Alexandre le Grand, les Sogdiens, les conquérants arabes, les Mongols de Gengis Khan, puis Timur et les Timourides. Plus tard viendront les khanats ouzbeks, puis l’Empire russe au XIXe siècle et l’Union soviétique jusqu’à l’indépendance de l’Ouzbékistan en 1991. Quelques lignes pour résumer plus de deux mille ans durant lesquels tout le monde, ou presque, semble avoir voulu contrôler ce tronçon important de la Route de la Soie, au carrefour de l’Asie centrale.
Et puis il y a la cuisine ouzbèke, autre forme de patrimoine, différente de celle découverte plus au sud, mais toujours assez facilement assimilable par nos palais. Nous poursuivons consciencieusement notre étude du pays, assiette après assiette.
Nous profitons aussi de ces 48 heures pour offrir à Nomade sa propre séance de remise en forme, dans un garage Toyota flambant neuf. Au programme: soins mécaniques, contrôle général et quelques attentions. Chacun son spa.
Après des semaines de grosse chaleur, les températures commencent enfin à descendre et nous mettons le cap au nord, direction Tachkent. Et surtout l’envie de retrouver pleinement notre vie nomade, la route, les bivouacs et ce petit luxe qui consiste à ne pas vraiment savoir où nous dormirons le soir.Read more
Désert du Kyzylkoum
August 21 in Uzbekistan ⋅ ☀️ 37 °C
Trois jours entre Noukous et le lac Aydar, à travers le Kyzylkoum, le «sable rouge». Près de 700 kilomètres de désert, un village tous les 200 kilomètres et, entre les deux, presque rien. Pas vraiment une mer de dunes, mais une immensité plate, caillouteuse et aride, piquée de quelques buissons et, par endroits, de reliefs rocheux.
Sous cette apparente vacuité se cachent pourtant d’immenses richesses en or et en uranium, raison d’être d’un amas de maisons un peu plus important que les autres sur notre route: Uchquduq, improbable ville posée au milieu du désert. Pour la route, la première partie est clairement une catastrophe: entre la tôle ondulée, les trous et la quasi-absence de toute trace d’un chemin carrossable, nous avançons avec une moyenne qui s’affiche à peine sur le compteur, quant à la deuxième, elle nous paraît presque confortable. Le regard au loin, mais alors très loin, nous nous mettons presque dans un état méditatif.
Deux nuits dans les dunes, pas très loin de la route et pourtant avec l’impression d’être à des centaines de kilomètres de toute habitation. Le soleil descend lentement sur le désert, le vent reste chaud et, la nuit arrivée, il n’y a plus que les étoiles, du sable, quelques buissons, beaucoup d’horizon et la chaleur, bien sûr, pour nous tenir compagnie. Les nuits ne sont pas évidentes, mais vers 3 heures, un peu de fraîcheur finit par s’installer. On aurait presque envie de reprendre la couette… Finalement les températures ont du bon aussi; il n’y a pas de moustiques 🦟.
Dans l’après-midi, nous sentons qu’une roue perd de l’air. Nous commençons à flotter un peu sur la route. Le thermomètre de la voiture affiche 40 degrés, évidemment 🥵.
Nous sortons le nécessaire: cric, outils et kit de réparation pour colmater le trou. La coupure est à la limite du flanc intérieur et nous devons quand même démonter la roue, mais une réparation semble possible. Elle se fait au bord de la route, sous un soleil impitoyable ☀️.
Seules une voiture et une moto passent, s’arrêtent et demandent si nous avons besoin d’aide. Un petit coup de main, un regard expert ou un encouragement plus tard, ils reprennent leur route. La réparation tient. Ou presque. Nous devons quand même regonfler un peu tous les 50 kilomètres. Dans le village suivant, nous trouvons un petit garage et décidons finalement de remplacer la roue par celle de secours, pour le remplacement, on verra plus tard.
Puis, après trois jours d’horizon presque vide, le bleu du lac Aydar apparaît devant nous. Une immense étendue d’eau au milieu du désert, presque une Fata Morgana.Read more

TravelerMauvaise route: 2.6 à l'arrivée et 2.5 à l'avant, mais avec les températures actuelles er le volume des pneus, les variations dans la journée sont importantes.

Traveler
J’imagine 🤣! Deux crevaisons pour moi ici la semaine dernière, comme quoi 🤣

TravelerDépannage TCS en Suisse, 24 h/24 : 0800 140 140, attente 15 minutes. Les Kazakhs sont plus rapides, il y en a forcément un tout près 😄
Mer d’Aral
August 18 in Uzbekistan ⋅ ⛅ 28 °C
En direction nord-ouest, nous suivons l’A380, le grand axe qui traverse l’ouest de l’Ouzbékistan jusqu’à Beyneu, au Kazakhstan. De là, les routes continuent vers la Russie ou la Caspienne, puis l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie.
Avant Noukous, la route file à travers des étendues arides interminables. Désert, terres salées, quelques zones humides à l’approche de l’Amou-Daria et, çà et là, les vestiges des anciennes forteresses du Khorezm, comme Ayaz Kala. Plus loin, les dunes de Toshguduq Qumlari annoncent déjà un paysage encore plus sec.
Nous décidons de nous approcher des rives de la mer d’Aral, ou du moins de ce qu’il en reste. Jusqu’au début des années 1960, elle couvre près de 68’000 km² et constitue le quatrième plus grand lac du monde. Puis l’Union soviétique détourne une part croissante des eaux de l’Amou-Daria et du Syr-Daria pour irriguer des immenses cultures de coton. Le niveau baisse, le rivage recule de dizaines de kilomètres et la mer finit par se fragmenter. En 2004, elle a déjà perdu près des trois quarts de sa surface, remplacé par quelques installations industrielles surgissent au milieu de cette immensité: gaz naturel, chimie et transformation.
Nous essayons d’abord l’approche par Qubla Ustyurt et son ancien aérodrome, aujourd’hui abandonné et parfaitement incongru au milieu du désert, puis par Moynaq et son célèbre cimetière de bateaux de pêche. Entre les deux, des pistes de sable fin. Derrière nous s’étire un nuage gris clair d’une longueur impressionnante. Nous roulons littéralement au fond d’une mer disparue, une immensité plate, grise, ocre ou blanchie par le sel, couverte d’arbustes et de roseaux desséchés. Un spectacle dont on ne se lasse pas, malgré des pistes qui semblent interminables. La voiture a pris exactement la couleur du paysage, mais impossible d’atteindre le rivage: les pistes finissent par se perdre dans le sable et nous n’avons aucune envie de rester ensablés au beau milieu de rien…
Nous bivouaquons au bord d’une rivière asséchée, à l’ombre de quelques arbres qui ont résisté. La poussière s’est glissée absolument partout. Situation parfaitement intolérable pour certains 😡. Il nous faudra une bonne heure pour nous en débarrasser.
À la tombée de la nuit, seuls les grillons nous accompagnent. Difficile d’imaginer que, quelques décennies plus tôt, il y avait de l’eau sous nos roues.Read more
Khiva
August 16 in Uzbekistan ⋅ ☀️ 28 °C
Nous quittons Boukhara et ses coupoles pour prendre plein ouest. Devant nous, près de 450 kilomètres de désert. Le Kyzylkoum déroule son immensité, plate et brûlante, parfois interrompue par quelques buissons, une station-service improbable ou un policier qui nous fait signe de nous arrêter pour… nous reposer, faire de la gymnastique, boire, manger ou ce qu’on veut. Pourvu qu’on s’arrête 5 minutes, parce qu’après, il n’y aura personne pour nous secourir.
En fait, si: nous. Une voiture nous arrête un peu plus loin pour nous demander si nous pouvons l’aider à regonfler un pneu. On peut.
Puis, après cette longue traversée, à l’arrivée, Khiva ressemble un peu à un mirage. Derrière les murailles d’Itchan Kala, changement d’époque. Nous abandonnons la voiture pour deux jours et nous perdons dans un entrelacé de ruelles couleur de terre. Minarets turquoise, coupoles, madrasas, mosquées et anciens caravansérails surgissent au détour d’un mur.
Nous entrons dans les cours silencieuses des madrasas, visitons quelques musées, traversons la mosquée Juma et sa forêt de colonnes de bois sculpté. Certaines ont plusieurs siècles. Ailleurs, palais, harems et salles d’audience racontent la vie des Khans avec ce mélange habituel de raffinement, de pouvoir et d’excès.
Nous marchons, revenons sur nos pas, chinons dans les innombrables petits bazars au charme irrésistible ou prenons une ruelle simplement parce qu’elle paraît plus prometteuse qu’une autre. Puis nous nous arrêtons sur une terrasse dominant la ville, le temps d’un grand verre d’eau ou d’une salade accompagnée de chachliks.
Deux jours à déambuler dans une ville-musée qui, malgré son décor presque trop parfait, conserve des fragments de vie ordinaire derrière les portes en bois.Read more
Boukhara
August 14 in Uzbekistan ⋅ ☀️ 30 °C
Notre étape du jour: Boukhara. Une des plus anciennes cités d’Asie centrale et une étape majeure de la Route de la soie, construite principalement entre les IXᵉ et XVIIᵉ siècles.
À l’arrivée, la chaleur estivale nous cueille à la sortie de la voiture. D’un pas lent, nous partons en direction du petit hôtel que nous avons repéré dans la vieille ville. Tout se passe au ralenti.
Nous sommes immédiatement sous le charme du centre historique, classé à l’UNESCO, et partons à la découverte de l’ancienne cité caravanière, un ensemble bien préservé de mosquées, médersas, mausolées, caravansérails et coupoles marchandes, avec comme repère le minaret Kalon, haut de près de 46 mètres.
Un vent chaud balaie les rues et soulève parfois un peu de poussière. Nous avançons d’ombre en ombre, profitant de celle des arches, des coupoles et des hauts murs de briques. Entre deux monuments, les ruelles sont animées par de nombreux petits étals et bazars qui proposent épices, fruits secs, tissus, céramiques et artisanat local, et nous avons l’impression que l’ancienne cité caravanière n’a jamais complètement disparu.
La journée se termine à table, autre manière de visiter l’Ouzbékistan. Nous découvrons une cuisine ouzbèke généreuse et savoureuse: shakarob, samsas, manti, lagman et l’incontournable plov de Boukhara, le tout accompagné d’un MSA Bayan Shirey, vin blanc ouzbek. Une dernière découverte locale avant de retrouver la chaleur des pierres et la douce lumière du soir.Read more
Ouzbékistan day 1
August 13 in Uzbekistan ⋅ ☀️ 40 °C
Le passage en Ouzbékistan nous rappelle vite que nous changeons de pays. À la frontière, fouille minutieuse. Un maître-chien prend un malin plaisir à faire passer plusieurs fois son toutou dans la cabine à la recherche d’une quelconque substance illicite. Il ne trouve rien, mais laisse consciencieusement ses empreintes sur les sièges 🐾.
Notre drone ayant déjà été confisqué à la frontière tadjike, ce problème-là est réglé 😎. Et à notre souvenir, nous n’avons aucune antenne satellite avec nous, équipement totalement interdit en Ouzbékistan…
Malgré l’ambiance sérieuse, une complicité retenue s’installe avec les douaniers. Ils font leur travail sans vraiment chercher à nous compliquer la vie et finissent par nous prendre presque par la main, de bureau en bureau, jusqu’à l’assurance RC. Deux heures plus tard, nous repartons. On commence à avoir l’habitude.
Côté ouzbek, le paysage s’ouvre. Les montagnes s’éloignent, les terres irriguées alternent avec des étendues brûlées par le soleil. Après le Pamir, l’horizon s’écarte et la chaleur prend ses aises: 44 °C le jour et plus de 30 °C la nuit. Trop chaud pour nos petites santés 🥵. Nous troquons donc les bivouacs contre des hôtels climatisés, parfois improbables mais toujours accueillants et surpris de découvrir des voyageurs suisses dans une maison ambulante. L’occasion aussi de découvrir avec bonheur et délectation nos premiers chachliks ouzbeks.
La circulation devient plus créative. Le dépassement aléatoire semble être la règle, mais personne ne s’énerve. Nous gardons notre trajectoire, les autres inventent la leur et, curieusement, tout fonctionne.
À Termez, angle sud-est du pays, notre hôtel se trouve dans une zone franche. Ça, nous ne l’avions pas vu venir. Nouveau contrôle à l’entrée, mais les gardes s’intéressent finalement davantage à notre drôle de vie qu’à nos bagages.
Visite sous une chaleur étouffante du Sultan Saodat, ensemble de mausolées construits entre les Xe et XVIIe siècles, puis de Fayaz Tepe et Kara Tepe, vestiges de monastères bouddhiques remontant aux premiers siècles de notre ère. Sous les Kouchans, Termez était un important carrefour entre l’Inde et l’Asie centrale. Aujourd’hui, il reste des stupas, des murs de terre et beaucoup de silence. Des lieux étonnamment ressourçants 🧘🏼.
Vers Qarshi, le paysage se dépouille encore: terres sèches, villages espacés, montagnes arides autour de Baysun et Derbent, puis une immense plaine où la route disparaît sous une lumière blanche. Après le Pamir, le contraste est saisissant: ici, le vide n’est plus vertical, il est horizontal.
Dernière adaptation: l’argent. À la frontière, nous sommes devenus millionnaires. Il faut malheureusement multiplier les sommes affichées par environ 0,0007 pour revenir aux francs suisses. À 44 °C, notre cerveau déclare rapidement forfait 🥵.
Alors on roule, on mange des chachliks, on cherche la climatisation et on se délecte du paysage. C’est déjà pas mal.Read more
Pamir Highway
August 9 in Tajikistan ⋅ ☀️ 27 °C
Par le corridor du Wakhan, sur la deuxième plus haute route carrossable du monde, et toujours le long de la frontière afghane, nous poursuivons en direction de Douchanbé. Entre nous et l’Afghanistan, le Panj, qui dessine la frontière sur plusieurs centaines de kilomètres avant de rejoindre l’Amou-Daria.
Sur l’autre rive, un chemin nous accompagne tout le long. Au bord de l’eau à des moments, taillé dans une paroi presque verticale à d’autres. Quelques maisons, de rares champs coincés entre le fleuve et la montagne ou improbablement accrochés à la pente. Puis plus rien.
De notre côté, quelques rares villages, des militaires tadjiks, fusil en bandoulière, surveillent la rive afghane. De nouvelles barrières sont en construction presque tout le long, rappel discret que cette frontière magnifique reste aussi un axe sensible du trafic de drogue.
La route reste fidèle au Pamir: poussière, cailloux, tôle ondulée et quelques morceaux de goudron gardant le vague souvenir de temps meilleurs. Au bord de la route, à l’ombre des rares arbres, des femmes, des enfants et des hommes ou femmes âgés attendent un minibus, travaillent dans les champs ou font leur lessive dans les rivières.
Le décor change à chaque virage: des montagnes immenses, presque nues, le Panj en contrebas et l’Afghanistan juste en face. Nous passons quelques nuits dans ce paysage, au bord d’une rivière ou sur un plateau où le silence est absolu. À plus de 3’000 mètres, nous remplissons notre réservoir d’eau directement depuis une rivière parfaitement limpide. Par contre, évitons les quelques stations d’essence qui ne nous semblent pas très fiables; pas envie de purger un réservoir, et nous avons de la marge.
Après Khorog, à la sortie du Wakhan, les routes s’améliorent, des tunnels sont en construction, mais leur achèvement semble repoussé à une date incertaine. Nous continuons donc sur des pistes de montagne étroites, sinueuses et poussiéreuses. À un endroit, des dizaines de camions ouzbeks, tadjiks et chinois se retrouvent coincés, incapables d’avancer ou de reculer, et les discussions sont en cours, décousues, mais ils vont bien finir par trouver une solution 😄. Rétroviseurs rentrés, nous réussissons à nous faufiler à quelques centimètres de la tôle d’un côté et du précipice de l’autre.
Peu à peu, nous perdons de l’altitude et les champs réapparaissent. Par contre, les températures prennent l’ascenseur et avoisinent à nouveau les 30 degrés. Nous trouvons une route qui fait un détour par la montagne et trouvons notre bivouac dans un champ fraîchement moissonné à 2’000 mètres. Le propriétaire nous explique fièrement l’étendue de ses terres avant de nous souhaiter la bienvenue. Au loin, dans la douce lumière de fin de journée, les moissonneuses-batteuses avancent à flanc de colline, enveloppées dans leur nuage de poussière qui dérive lentement à travers le paysage, poussé par le vent.
Après les hauts plateaux du Pamir, le Wakhan et des jours de pistes, nous retrouvons doucement les cultures, les machines et les hommes. Douchanbé se rapproche. Le Pamir reste derrière nous, mais ses images, les regards et le bruit du vent, eux, restent gravés dans notre mémoire.Read more
Badakhchan
August 6 in Tajikistan ⋅ ☀️ 7 °C
Première étape du jour: Murghab, dernier rempart de la civilisation avant de nous perdre définitivement dans des paysages désertiques et sauvages.
Nous quittons Murghab en suivant le Pamir Highway, cette route ouverte par les Russes à la fin du XIXᵉ siècle pour asseoir leur présence jusqu’aux confins de l’Empire, construite d’abord pour ravitailler les garnisons, puis développée dans les années 1930 et achevée jusqu’à Douchanbé en 1940 sous Staline. Longtemps interdite aux voyageurs, elle n’est réellement devenue accessible qu’après l’indépendance du Tadjikistan en 1991 et est aujourd’hui l’une des routes d’altitude les plus spectaculaires et emblématiques du monde.
Après Alichur, les pistes se dégradent progressivement, si tant est que cela paraisse encore possible. Les ornières succèdent aux pierres, les pierres aux passages sablonneux, puis reviennent les cailloux, les trous et les gués. Pourtant, le paysage fait rapidement oublier les secousses.
Le plateau s’ouvre devant nous comme un immense désert d’altitude. Les montagnes dessinent un horizon sans fin, leurs sommets encore enneigés malgré la saison. Les couleurs changent constamment. Brunes, ocre, parfois d’un violet pâle, les teintes intenses laissent place à des couleurs plus pastel, qui contrastent avec le bleu profond du ciel. À plus de 4’000 mètres, l’air est d’une transparence étonnante et les distances deviennent difficiles à apprécier.
Au col de Khargush, un petit checkpoint marque l’entrée de la région du Wakhan. Le militaire en faction nous accueille avec le sourire. Les formalités sont réglées en dix minutes et, deux cigarettes plus tard, nous poursuivons en direction de Langar, en longeant la frontière afghane. En revanche, nous gardons la bière 😜.
Chaque kilomètre semble demander davantage d’attention que le précédent. Nous roulons au pas ou survolons la tôle ondulée à une vitesse qui nous semble folle, tant que c’est possible, les yeux rivés sur la centaine de mètres devant le capot pour ne pas louper les passages impossibles à franchir à cette vitesse.
Le corridor du Wakhan offre des paysages d’une beauté presque irréelle. Au fond de la vallée serpente le Panj, une rivière aux eaux grises qui marque ici la frontière avec l’Afghanistan. De l’autre côté, les montagnes afghanes s’élèvent brutalement, austères et minérales. Il est étrange de rouler si près d’un pays dont on parle si souvent, tout en sachant qu’une simple rivière nous en sépare.
En fin d’après-midi, une dizaine de kilomètres après le col de Khargush, nous installons le bivouac au sommet d’une falaise. Le silence est absolu et nous ne croisons plus âme qui vive, un contraste saisissant avec le reste du Pamir, où les camions, les 4x4 et les cyclistes venus du monde entier (souvent plus nombreux que les voyageurs en voiture) sont omniprésents. À la tombée de la nuit, seuls le vent, les montagnes et un ciel d’une incroyable pureté accompagnent notre bivouac, tandis que la température descend jusqu’à 3 °C 🥶.Read more

TravelerDanke, wir sind überwältigt von diesen Landschaften, und jeden Abend diese Standorte mit Aussicht
Karakul
August 4 in Tajikistan ⋅ ☁️ 6 °C
Entre Sary-Tash et le Tadjikistan, les postes frontières kirghiz et tadjik sont séparés par 17 kilomètres. Étonnamment loin, mais le temps de franchir une frontière bien plus grande que celle dessinée sur une carte. Au milieu, un poste de contrôle dont la principale mission semblait être de nous taxer une bière et deux cigarettes .
À l’entrée au Tadjikistan, les formalités suivent leur propre logique, parfois un peu décousue, mais toujours dans une ambiance détendue. Les sourires et les échanges cordiaux étaient bien plus nombreux que les tampons sur les passeports. En attendant, notre drone est confisqué. Nous pourrons le récupérer si nous repassons un jour par cette frontière 😳. Avant de nous laisser partir, les douaniers découpent une pastèque que nous partageons. Une manière plutôt sympathique de nous souhaiter la bienvenue au Tadjikistan.
Quelques mètres après le poste frontière commence réellement le Pamir Highway.
Une partie de ces paysages nous est familière. Pourtant, les retrouver procure toujours la même émotion. Ici, tout semble plus vaste, plus brut. Les montagnes se parent de teintes ocre, cuivrées, violacées ou gris ardoise, tandis que la lumière, incroyablement limpide, transforme chaque vallée au fil des heures. Il suffit d’un rayon de soleil ou d’un nuage pour que le décor change complètement.
Les arrêts photo ou respiration se succèdent. À plus de 4’000 mètres, quelques pas suffisent à rappeler que l’air se fait rare.
La route est exigeante et impose son rythme. Les nids-de-poule alternent avec les profondes ornières, les passages à gué et les longues sections de tôle ondulée, que nous essayons de contourner par des pistes de sable en bien meilleur état. Nomade encaisse, encore une fois, sans broncher. À ne pas oublier: dégonfler les pneus et décompresser impérativement les réservoirs après chaque montée importante.
Nous trouvons notre premier bivouac au bord du lac Karakul, à 4’200 mètres d’altitude. L’arrivée est magique. L’eau reflète les montagnes, la lumière devient presque irréelle et le silence semble absorber tout le reste. Quelques heures plus tard, le décor change complètement: une pluie constante s’installe pour la nuit.
Réveil par 6 degrés, nous l’avions bien cherché... Au chaud, au sec, un café à la main, nous commençons la planification de la prochaine étape: Murghab, probablement l’une des dernières occasions de refaire le plein d’eau, d’essence et de quelques victuailles avant de poursuivre plus loin.
Le Pamir nous rappelle qu’ici, l’itinéraire compte autant que la destination.Read more
Parc national de Chon-Alay
August 2 in Kyrgyzstan ⋅ ⛅ 22 °C
Une partie de ces paysages, nous les connaissions déjà de notre précédent voyage. Le Kirghizistan reste magnifique, mais le tourisme a bien avancé. De petits camps de yourtes ont poussé un peu partout et il faut parfois chercher davantage pour trouver un endroit vraiment à l’écart. Rien de dramatique, mais l’impression d’être seul au monde demande désormais un peu plus d’efforts. Avec une superficie près de 4,7 fois supérieure à celle de la Suisse pour une population d’environ 7,4 millions d’habitants, on est encore bien loin de parler de surpopulation.
La chaleur, elle, ne nous laisse aucun répit. Les températures dépassent les 40 °C la journée et peinent à passer sous les 30 °C la nuit. Nous quittons donc les plaines dès que possible pour aller chercher un peu de fraîcheur en altitude. En approchant du Pamir Highway, nous trouvons notre bonheur juste avant le col de Chyrchyk, vers 2’200 mètres. Une petite vallée, quatre yourtes posées au bord d’un ruisseau. Ce sera notre halte pour la nuit et nous sommes invités à partager le repas avec eux: Ayran, un lait fermenté à base de yaourt, légèrement acidulé, un goulash, du pain et, bien sûr, pastèques et melons au dessert. Le code Wi-Fi du Starlink sera notre participation, et nous découvrons que tout le monde a désormais un téléphone ici… même les enfants 😅.
Nous rencontrons Maripa et Kursan, médecin et médecin-dentiste à Osh. Comme nous, ils sont venus fuir les 41 °C dans la plaine. La soirée s’étire autour du repas, la vodka 🥴, puis les histoires de vie, jusqu’à ce que la nuit finisse par reprendre ses droits, ou simplement que le générateur soit coupé 🌌.
Avant cela, nous avions fait escale à Osh pour refaire notre stock de pièces. Direction le bazar Kelechek, le plus grand marché de pièces détachées automobiles du Kirghizistan. Nous cherchions quelques filtres en réserve pour Nomade. Il faut fouiller, demander, revenir parfois, mais on finit par trouver. Dans tous les cas, la visite vaut le détour. Des centaines de conteneurs et de petites boutiques s’alignent à perte de vue. Si une pièce existe pour une voiture, il y a de fortes chances qu’elle soit quelque part dans ce labyrinthe.
Entre la chaleur de la plaine et la fraîcheur de l’altitude, l’interdiction d’importer un Starlink en Ouzbékistan, l’approvisionnement en essence qui demande une planification un peu plus attentive et certains postes-frontières fermés aux étrangers, nous passons clairement davantage de temps à préparer les quelques jours, voir semaines à venir. Et, à vrai dire, nous adorons nous projeter dans nos plans B, ici clairement une nécessité.
Aujourd’hui, nous approchons de la frontière tadjike, que nous franchirons demain. Après le col de Taldyk, à 3’615 mètres, nous faisons un dernier détour par le parc national de Chon-Alay. Au milieu des immenses prairies d’altitude, nous dénichons exactement le genre d’endroit que nous aimons. Il y a toujours cette petite hésitation avant de quitter la route pour s’installer seuls, à 3’000 mètres, au milieu de nulle part. Puis le moteur s’arrête, le silence s’installe… et quelques minutes plus tard, une seule pensée nous traverse: pourquoi repartir demain ?Read more







































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































Traveler
Plus efficace que la souffleuse 🤔?
TravelerPas sûr avec ce balayeur à la retraite 😂