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Wanderers by passion

Un voyage sans limite, guidé par la lenteur et l’art d’improviser à tout moment. Read more
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    🇹🇷 Tatvan, Turquie

    Tatvan

    Today in Turkey ⋅ ☁️ 14 °C

    Après ces paysages de lacs et de montagnes splendides, nous allons remonter plus au centre, à travers le Parc national de Köprülü Canyon, vers Erzurum, pour ensuite redescendre en direction de Tatvan, dans la province de Bitlis et proche des frontières avec l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
    Au départ de la région de Nemrut, nous avons adoré le parc national de Köprülü et ses canyons. En fin de journée, nous trouvons, après quelques kilomètres le long de la rivière Köprüçay, un refuge tranquille pour la nuit. Entourés de champs fraîchement cultivés, de roches rouges riches en fer, typiques de la région, et d’une végétation aux couleurs vives du printemps nous passons une nuit proche des étoiles.
    Le lendemain, la neige n’est jamais très loin, et Erzurum, une station de ski à 1’900 mètres, est entourée de sommets blancs. Les températures passent de 3° le matin à 10° l’après-midi, avec une bise soutenue qui persiste. Étrangement, le froid n’est pas dérangeant et le soleil est bien de retour.
    Si nous avions peur d’un accueil un peu plus froid dans les régions moins touristiques, il n’en est rien. La gentillesse est incroyable et, même si l’échange linguistique devient de plus en plus difficile, Google Trad nous aide à nous faire comprendre.
    Par contre, les checkpoints se multiplient. Proche des frontières avec la Syrie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan, ce sont les militaires qui s’en chargent, plutôt que la police, plus présente au centre du pays.
    Les questions sont les mêmes: passeport, d’où viens-tu, où vas-tu, est-ce que tu aimes la Turquie? Et puis, de temps en temps, la question de savoir si nous voulons boire un chai 👀. Assez surprenant la première fois 🪖🫡, puis, après inspection détaillée de la voiture, nous sommes installés, un chai brûlant à la main, et gavés de sucreries. Présentation des photos des familles respectives et discussions sur la vie en général, culturelle ou sportive. Une heure plus tard, nous repartons, Roland paré d’un t-shirt Sivassport ⚽️, en direction du prochain poste de contrôle.
    En direction du sud, le trajet pour Tatvan traverse une région de haute altitude quasi continue, avec plusieurs passages assimilables à des cols, et une ambiance très «montagne d’Anatolie orientale», rude, spectaculaire et définitivement hivernale. Nous restons scotchés à la vitre 🤩.
    Notre spot du jour: une presque île au bord du lac Van Gölü, à 1’646 mètres. Notre idéal, tous les jours la plus belle terrasse du monde, se réalise une fois de plus.
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  • Nemrut Daği Milli Park

    April 22 in Turkey ⋅ ☁️ 19 °C

    En route vers le sud et les montagnes du Taurus oriental. Notre première étape est le Mont Nemrut, un site archéologique spectaculaire situé à 2’150 m et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Au sommet se trouve le tumulus du roi Antiochos Ier de Commagène, entouré de statues monumentales représentant des divinités et lui-même. À ses pieds, quelques subordonnés partiellement ensevelis sous la neige 😉.
    L’approche se fait par deux côtés et, comme nous n’étions pas pressés, nous testons les deux en contournant la montagne. D’un côté, des murs de neige de plus de deux mètres, de la boue et des virages en lacets sur les derniers kilomètres. Nous admirons le panorama absolument fantastique en avançant sur une route qui n’est qu’à moitié dégagée 😄. De l’autre, côté sud, une route pavée, entièrement dégagée et étonnamment large. Compréhensible au vu des pentes finales, où les 15 % de dénivelé rappellent vite les contraintes du terrain, et certainement la limite des voitures sous-motorisées 🥶.
    Au sommet, la vue est spectaculaire et vient couronner une journée à travers des paysages inouïs sous un soleil radieux ☀️.
    Entre deux ascensions, nous découvrons par hasard le Château d’Eski Kahta. Accrochée à un éperon rocheux, cette ancienne forteresse du royaume de Commagène (Ier siècle av. J.-C.) domine la vallée de Kahta. L’endroit est très peu touristique et l’architecture brute et imposante laisse deviner son rôle stratégique, à la croisée des mondes hellénistique, perse et romain. En explorant les ruines, nous tombons sur un donjon, des coursives étroites et des escaliers dissimulés dans la pierre, donnant au lieu un caractère presque labyrinthique.
    Un petit restaurant juste à côté nous permet de goûter aux poissons de la rivière locale: chair délicieuse, mais arêtes bien trop nombreuses…
    En fin de journée, en hauteur dans la vallée du Nemrut, nous trouvons un emplacement isolé avec une vue dégagée sur trois côtés. Notre passage dans une des régions les plus spectaculaires de Turquie nous rappelle pourquoi nous aimons tant cette vie nomade 😍.
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  • Malatya

    April 20 in Turkey ⋅ ☁️ 15 °C

    Nuitée dans un cave hôtel à Göreme. La petite ville est classée à l’UNESCO et se trouve au cœur de la Cappadoce. La ville, à notre goût un peu trop touristique, est célèbre pour ses paysages volcaniques uniques, ses habitations troglodytes et ses églises rupestres. Mais surtout en raison de ses envolées matinales de montgolfières. Spectacle que nous voulions admirer et qui a été annulé en raison du mauvais temps 😂. Bon, ce n’est pas que cela nous surprenne, et nous évitons d’en parler aux touristes autour de nous, mais nous commençons à soupçonner qu’une perfide basse pression tient à nous garder en son cœur 😩.
    Nous quittons Göreme sous un ciel chargé, puis rejoignons Kayseri avant de traverser les grandes étendues du plateau d’Anatolie centrale en direction de Sivas. Arrivés, le soir, nous visitons quelques lieux historiques: la scénographie lumineuse des sites historico-culturels (touristiques, en résumé…) est top. Les quelques gouttes n’arrivent pas à en atténuer l’intensité.
    Le lendemain matin, la magie n’opère plus de la même manière et nous reprenons la route en direction du Mont Nemrut (Nemrut Dağı). Toujours sous un ciel chargé et une ambiance intense, un peu théâtrale, nous traversons des plantations d’abricotiers, ou des abricoteraies pour les arboriculteurs, à perte de vue, en fleurs, ce qui égaye notre journée🤩.
    La route devient plus sinueuse et le paysage plus sauvage. Le relief se resserre progressivement quand nous approchons les montagnes du Taurus oriental. C’est dans cette partie que se trouve Levent Vadisi Seyir Terası, un point de vue impressionnant sur une vallée encaissée aux parois abruptes. Malgré le ciel couvert, le site conserve une force incroyable, avec ses contrastes entre roche et verdure, surmontées encore et toujours d’abricotiers.
    Vers Malatya, les vallées s’élargissent légèrement et les premières zones agricoles, marquées par des champs à perte de vue, annoncent l’influence du bassin de l’Euphrate. Nous quittons les plateaux arides pour entrer dans des paysages plus vertes… et plus chaudes 😎.
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  • Mustafapasa

    April 18 in Turkey ⋅ ☁️ 16 °C

    Le beau temps est de retour pour quelques jours, et nous voilà engagés dans la région de la Cappadoce, au cœur de l’Anatolie centrale. Entre Konya, Aksaray et Ürgüp, la route promet d’être spectaculaire à travers ce haut plateau, l’une des régions les plus sèches de Turquie.
    Première pause au Sultanhanı Caravanserai, l’un des plus grands caravansérails du pays. Très bien préservé et aménagé sans surenchère décorative, dans le respect de l’époque.
    Prochaine étape: les habitations troglodytes de Kayaalti, avec son monastère et la vallée d’Ihlara. Impressionnante immersion à travers des habitations creusées directement dans le tuf volcanique, aussi appelé « cheminées de fées »: une roche tendre issue des cendres volcaniques compactées (dixit le guide du groupe voisin 😉). Nous nous rendons bien compte que la taille moyenne des habitants ne devait pas dépasser les 1.50m!
    Pour la vallée d’Ihlara, nous avions d’abord hésité, puisque la veille nous nous y étions aventurés en voiture… jusqu’à ce que la route nous lâche 😄. Finalement, nous avons quand même tenté la descente, et le détour valait largement la peine: un canyon verdoyant splendide creusé par la rivière Melendiz. On y découvre encore des habitations et des églises creusées dans la roche par des moines installés dans la vallée.
    Suite des festivités: la Derinkuyu Underground City, la plus profonde ville souterraine connue de la région, avec jusqu’à 60 mètres de profondeur, 8 niveaux ouverts au public (sur plus d’une dizaine) et une capacité estimée à près de 20’000 personnes, animaux et provisions compris 🐐🐄🐓🐈‍⬛🐕💨 🤨 (dixit un autre guide). Bon, je rappelle la taille moyenne des habitants: on s’est pliés en deux 😁.
    Quelques jours à travers ce paysage incroyable, puis à nouveau le temps se gâte: l’orage est annoncé pour la nuit… Nous allons nous installer bien au chaud dans un cave hotel à Mustafapaşa, ancienne cité grecque orthodoxe, commerçante et prospère, jusqu’au grand échange de populations entre la Grèce et la Turquie en 1923. La chambre spacieuse est creusée dans la roche, ou la roche construite autour, on n’est pas sûr, probablement les deux.
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  • Çay

    April 15 in Turkey ⋅ ☁️ 16 °C

    Deux jours entre Isparta et Konya, un immense plateau entre 900 et 1’200 mètres d’altitude au cœur de la région des lacs dans le sud-ouest de l’Anatolie. Le ciel est couvert et des remontées de sable du Sahara sur la région d’Antalya réduisent la visibilité et donnent au paysage un aspect un peu trouble, presque laiteux. Du coup, le décor naturel est moins spectaculaire et nous décidons de nous échapper de cette grisaille en passant par un petit passage entre les montagnes. Vers 1800 mètres, à l’ombre des cimes enneigées, nous trouvons une petite clairière tranquille et presque à l’horizontale. Le lendemain, quelques kilomètres plus loin, la route est coupée par la neige et des éboulements, nous retournons sur nos pas, mais le détour valait largement la peine🤩.
    Comme la cuisine est délicieuse, nous essayons de profiter d’une visite gastronomique par jour, de préférence à l’heure du déjeuner habituelle en Turquie vers 14 heures. Le scénario est, à peu de choses près, le même à chaque fois: trouver un endroit qui nous inspire confiance, sans compter sur les recommandations Google, c’est truqué 🤯. Une fois installés, quelqu’un de la famille, père, fille ou fils, qui ne parle surtout pas anglais, vient se renseigner sur la raison de notre visite inattendue. En fait, ce n’est pas que les restaurants sont bondés: la plupart du temps, nous sommes seuls ou occupons la deuxième table. Après délibération via Google Trad, il ou elle va chercher un cousin, un grand frère ou simplement un autre client pour traduire.
    Viande, poulet, poisson, aubergines sous toutes ses déclinaisons, salade, et le tour est joué. Un régal à presque tous les coups. En fin de repas, la maman fait son apparition; en fait, elle sort de la cuisine et vient nous voir. Elle reste à côté de la table, nous regarde et commence à nous parler. On comprend qu’elle veut savoir d’où on vient et si on aime sa cuisine. On essaye de s’expliquer, puis on fait de nouveau appel au traducteur désigné par la famille. Tout le monde est content.
    Selon l’endroit, un détour chez le barbier s’impose pour Roland, mais à partir du moment où il franchit la porte, tout le monde déduit qu’il doit être Turc, ou au moins parler la langue. Le malentendu réglé et le résultat final envisagé, un collaborateur l’installe pour la coupe et le boss va se charger du rasage à la lame. Nous adorons le cérémonial qui suit. Chaque geste paraît étudié et mesuré, rien ne dépasse. Roland sort, rasé de près et avec une coupe qui, soyons honnêtes, ressemble un peu à celle du coiffeur 😂.
    Pendant ce temps, Margrit, confortablement installée devant la boutique et entourée d’amis des barbiers, ils en ont toujours plein, va savoir pourquoi, un chai à la main et en pleine délibération sur l’importance des mères pour ces garçons. Preuve à l’appui: un tatouage des yeux de sa maman, marqué « Mothers are immortal ». On adore la légèreté de ces moments de partage 🥰.
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  • Pamukkale

    April 13 in Turkey ⋅ ⛅ 19 °C

    Aphrodisias, pour commencer la journée, est une ancienne cité grecque puis romaine, célèbre pour son école de sculpture réputée dans tout l’Empire romain et classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
    Dans un premier temps, pas trop envie: encore des ruines, mais finalement très content du détour. Les sculptures de visages, de figures ou les drapés de tissus, fins et réalistes, sont impressionnants vus de près.
    Puis l’incontournable Pamukkale: après le site d’Aphrodisias, plutôt confidentiel, nous voilà replongés dans le tourisme à grande échelle.
    Pamukkale, qui signifie «château de coton» en turc, était à la base connu pour ses sources thermales riches en calcium et la formation de travertins (bassins naturels en cascade). Le spectacle de l’immense escalier naturel blanc, des bassins superposés et des vasques arrondies remplies d’eau turquoise est impressionnant, même pour des Yétis suisses comme nous ☃️.
    Juste à côté, dans la cité antique de Hiérapolis, une grotte appelée le Ploutonion avait été identifiée par les Anciens comme une porte vers les enfers à cause d’émanations de vapeurs volcaniques toxiques. On aurait bien fait un petit tour «Hadès pour les Nuls», guidé de préférence 🥵.
    Bien sûr, le site est lui aussi classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
    Pour la fin de la journée, nous avons besoin de nous échapper de la foule et trouvons une place sur une colline en lisière de forêt, à 1’300 mètres, bercés par le chant des oiseaux et avec une vue splendide sur le petit lac de Salda Gölü.
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  • Éphèse

    April 12 in Turkey ⋅ ☀️ 17 °C

    Mention spéciale pour Éphèse, l’une des plus grandes villes antiques du monde. Un nombre de touristes impressionnant en cette journée de Pâques orthodoxe, mais il fait grand beau et le spectacle en vaut largement la peine.
    Fondée vers le Xe siècle av. J.-C. par des colons grecs, probablement venus d’Athènes, elle est surtout célèbre pour le temple d’Artémis, l’une des Sept Merveilles du monde antique.
    Elle devient rapidement une cité importante d’Asie Mineure, notamment grâce à son port sur la mer Égée.
    Durant la période hellénistique et après le passage d’Alexandre le Grand (IVe siècle av. J.-C.), la ville se développe encore. (Je crois ce qu’on me raconte😁)
    Sous les Romains, Éphèse devient l’une des plus grandes villes de l’Empire: capitale de la province d’Asie, avec plus de 200 000 habitants, et dotée de monuments majeurs comme la bibliothèque de Celsus et le grand théâtre.
    Tout le monde s’y précipitait; mention spéciale pour Cléopâtre et Marc Antoine, des influenceurs importants de l’époque. Comme les Éphésiens ne travaillaient pas, 50% de la population étaient des esclaves. Dubaï n’a rien inventé 😉.
    Suit la période chrétienne, aux débuts du christianisme: passage de Saint Paul, qui entre en conflit avec le culte païen d’Artémis et doit quitter la ville, et de la Vierge Marie, amenée à Éphèse par Saint Jean et qui y aurait vécu ses dernières années. La Maison de la Vierge Marie (Meryem Ana Evi) lui est dédiée.
    Après des kilomètres sur et à travers les ruines antiques, nous trouvons refuge dans une oliveraie tranquille, bercés par le vent dans les feuilles, et comme un écho lointain: des voix antiques, des charrettes sur la pierre, des marchands, des bateaux… et toute une ville qui, autrefois, ne dormait jamais… Et puis les voitures, bien sûr, sur une route pas trop loin 😩.
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  • Presqu’île de Karaburun

    April 11 in Turkey ⋅ ☁️ 11 °C

    Comme nous ne planifions que la direction générale et les lieux incontournables, trois questions reviennent avec une régularité déconcertante: où manger, où dormir, où trouver de l’eau.
    Pour la première, facile quant au choix culinaire: légumes, viandes ou poissons sont excellents. Plus difficile de trouver un restaurant ouvert, même dans des endroits qui nous paraissent splendides, soleil et chaleur au rendez-vous, L’eau azurée et limpide ou la végétation abondante, de quoi s’installer pour l’après-midi 😎. Mais avec un peu de patience, on trouve toujours. Le deuxième point doit être réglé de préférence avant la tombée de la nuit; après, ça se complique🦉. Tester un chemin, puis un autre, ou plutôt un camping au bord de la plage (qui risque d’être fermé…).
    La troisième, l’eau, se pose tous les trois jours. En Turquie, beaucoup de fontaines, à la ville comme à la campagne, sont à disposition. Un gobelet pour signifier que l’eau est potable, mais on n’y croit pas toujours 🥶. Sinon, les campings, où l’eau est souvent traitée et conserve un goût très léger de terre. Bon, on fait confiance à notre système immunitaire et aux filtres installés 😁.
    Pour cette nuit, un cirque naturel, entouré de falaises, au cœur du parc national du Spil Dağı, situé à environ 50 km d’Izmir, nous abrite.
    Au petit matin, retour à la civilisation en direction d’Izmir. Avec plus de 3 millions d’habitants, c’est la 3ᵉ plus grande ville de Turquie. De loin, une silhouette horizontale ponctuée de quelques gratte-ciel, qui s’étend a perte de vue tout autour de la baie.
    Après délibération, nous décidons que nous ne sommes pas prêts à affronter le fourmillement du centre-ville et le style de conduite parfois dynamique de ses habitants 😄. Contournement généreux au programme, avec comme point de chute Urla, puis plus loin Çeşme et sa forteresse au bord de l’eau construite au XVIe siècle sous l’Empire ottoman
    Une envie d’évasion nous pousse en direction de la presqu’île de Karaburun, avec le phare de Sarpıncık, un vrai coup de cœur: des routes étroites et sinueuses, peu de circulation et des vues panoramiques constantes sur la mer. Notre spot pour la nuit sera difficile à topper. Au milieu d’une pente brute et broussailleuse, avec une vue sur la baie, une eau limpide et une sensation de bout du monde. Le phare attendra demain.
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  • Manisa

    April 9 in Turkey ⋅ ⛅ 12 °C

    En partant d’Edirne, très vite, la route s’est ouverte sur de larges plaines, des champs verts et des collines basses à perte de vue. Nous passons la nuit en haut d’une colline, avec une vue splendide et un silence seulement interrompu par le bruit du vent… et quelques pas feutrés au petit matin. Nous ne sommes pas allés vérifier qui nous rendait visite à cette heure matinale.
    Prochaine étape: Gelibolu pour prendre le ferry en direction de Lapseki. La traversée des Dardanelles, reliant la mer de Marmara à la mer Égée, a marqué un basculement définitif de l’Europe vers l’Asie.
    Toujours le long de la côte, Çanakkale, le cheval de Troie et son musée militaire consacré à la Bataille de Gallipoli (1915). Presque un pèlerinage pour les Turcs, racontant la tentative des Alliés (Royaume-Uni, France, ANZAC) de contrôler les Dardanelles pour atteindre la Russie et affaiblir l’Empire ottoman. Après un échec naval, ils rencontrent une forte résistance ottomane menée notamment par Mustafa Kemal Atatürk. Cette victoire est considérée comme fondatrice pour la Turquie 🇹🇷, avec Atatürk comme figure centrale.
    En poursuivant le long de la côte, retour à une histoire plus ancienne à Behram et au temple d’Athéna dominant la colline, puis à Bergama et son Acropole, rival d’Alexandrie et en possession de l’une des plus grandes bibliothèques de l’Antiquité
    Nous avons l’impression de voyager à travers le temps, de la mythologie grecque à l’Empire ottoman, en passant par les conflits modernes, dans un paysage printanier d’une splendeur inouïe où dominent les oliviers, les vignes et les terres cultivées. L’accueil est d’une gentillesse presque débordante; nous nous sentons les bienvenus. Les spots, campings ou anciens repères touristiques (souvent à l’abandon depuis le Covid) nous offrent des emplacements incroyables, d’autant plus que les vagues de touristes ne sont attendues qu’en juillet.
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  • Edirne

    April 6 in Turkey ⋅ ☀️ 18 °C

    Pour notre dernière journée en Grèce, nous nous dirigeons vers le parc national forestier de Dadia–Lefkimi–Soufli, avec au nord la frontière bulgare et à l’est celle avec la Turquie. La campagne devient plus sauvage: un paysage vallonné, avec peu de villages isolés et les foulards commencent à faire leur apparition.
    Après les tempêtes et les pluies des dernières semaines, les champs et pâturages sont inondés, parfois les routes coupées ou submergées.
    Nous avons l’impression de découvrir une Grèce différente, plus réservée. Même les voitures se font rares, peut-être quelques tracteurs, jusqu’à entrer dans le parc où nous ne croisons pas âme qui vive. Facile de trouver une place à l’écart des routes, qui de toute manière ne sont que des chemins forestiers creusés par les pluies torrentielles. La nuit est tranquille, à l’exception des concerts de loups vers 5 heures du matin, qui nous rappellent qui sont les maîtres de la nuit dans ces forêts. Il y a bien sûr aussi les traces inévitables du labourage des sangliers à quelques mètres seulement de la route.
    Les inondations se succèdent jusqu’à un petit poste frontière tout au nord, très accueillant: contrôle des papiers, surtout de l’assurance de la voiture, quelques questions plus intéressées qu’administratives, et puis: bienvenue en Turquie. Nous arrivons dans les plaines de Thrace orientale, de grandes étendues agricoles ponctuées de quelques villages. Là, le changement est immédiat: dès les premiers contacts, nous nous sentons immergés dans une culture tout à fait différente - musulmane bien sûr, mais surtout ouverte, moderne et accueillante.
    Puis Edirne, une ville turque de Thrace, presque au contact de la Grèce et de la Bulgarie. Ancienne capitale ottomane avant Istanbul, elle offre de loin une silhouette monumentale avec ses nombreuses mosquées et minarets, dominée par la mosquée Selimiye, chef-d’œuvre de Mimar Sinan et site inscrit à l’UNESCO.
    Arrivés ici, nous avons l’impression diffuse d’être arrivés quelque part ou, d’une certaine manière, d’être au point de départ de notre voyage vers l’Asie centrale.
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  • Kavala

    April 5 in Greece ⋅ ☀️ 12 °C

    En route pour les 3 doigts de Halkidiki, ou le trident de Poséidon, selon les références mythologiques. Trois péninsules au sud de Thessalonique, alignées dans la mer Égée: Kassandra, Sithonia et Athos.
    Le premier, Kassandra: belles plages, festive et très touristique.
    Le deuxième, Sithonia: plus sauvage, verte, calme, avec plein de criques secrètes.
    Le troisième, Athos: territoire monastique orthodoxe autonome, avec un accès très limité et interdit aux femmes encore aujourd’hui !
    Sithonia nous paraît parfait et nous en profitons pour nous installer en pleine nature, au bout d’un chemin choisi au hasard. La vue et l’ambiance sont spectaculaires, mais la terre est gorgée d’eau et il est difficile d’ajuster Nomade à l’horizontale, dès que nous posons un caillou sous la roue, il s’enfonce dans la terre… tout comme nos chaussures. La séparation des espaces extérieurs/intérieurs devient un exercice complexe 🤔.
    Au bout de 15 minutes, on ne sait d’où, un berger vient nous souhaiter la bienvenue et admirer la voiture, tout en se demandant ce qu’on peut bien faire ici. Note pour la liste des courses: quelques petites bouteilles d’Ouzo en remerciement de l’accueil.
    Retour sur la terre ferme, dans tous les sens du terme, le long de la côte en direction du nord-est jusqu’à Kavala, devenue un carrefour maritime régional entre l’Égée du Nord et les Balkans orientaux.
    À l’arrivée, nous sommes surpris par le nombre de touristes, mais le week-end de Pâques incite sûrement des Grecs ou des Bulgares, Sofia n’est qu’à 4 heures de route, à venir profiter des bords de mer et des nombreuses terrasses. Le soleil est enfin de retour et le ciel se dégage peu à peu. Nous en profitons pour visiter, sans parapluie cette fois-ci 🌂, puis déguster une dorade fraîche les pieds dans l’eau (nous, pas la dorade…). À quelques kilomètres nous trouvons un petit camping, comme d’habitude désert à cette saison, et terminons cette belle journée au bord de l’eau, bercés par les vagues.
    Petite parenthèse, non sans importance: deuxième nuit sans chauffage, mais cette fois de notre plein gré, et ça change tout🥳.
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  • Thessalonique

    April 2 in Greece ⋅ 🌧 10 °C

    Après quelques jours dans la nature, retour à la civilisation en direction de Thessalonique. Une des plus grandes villes du nord de la Grèce, avec plus de 2 600 ans d’histoire. Fondée à l’époque d’Alexandre le Grand, puis très importante pour les Romains, plus tard pour les Byzantins et finalement pour les Ottomans, avant d’être rattachée à la Grèce moderne en 1912. Un melting-pot de cultures très vivant, dans une ville reconstruite sur des bases plus modernes après un incendie qui a ravagé une bonne partie du centre-ville en 1917.
    Côté patrimoine, il est vrai que, dans le centre actuel, en dehors de quelques vestiges romains ou églises grecques orthodoxes, rien ne semble avoir résisté au brasier. Aujourd’hui par contre, la ville se présente comme moderne, urbaine, jeune et très accueillante.
    Le temps est maussade et annonce de la pluie pour les deux jours à venir. Tant mieux, nous nous installons dans un hôtel, non loin du centre, avec la voiture garée en double file pendant 36 heures quand même🤪, puis partons, armés d’un parapluie, à la découverte de la ville.
    De retour le soir, complètement trempés après plus de 15’000 pas, enchaînement de ruelles, escaliers, façades, ruines et une balade sur les remparts. Même une tentative de visite en bus HopOn HopOff lamentablement échouée: impossible de voir à travers la buée, le bus bloqué dans les bouchons sans arrêt avec l’audioguide décalé de deux arrêts. Nous nous somme mis en position HopTerminus après 15 minutes🤨.
    Fin de la journée autour d’un bon repas: salade grecque, tzatziki avec pain pita, dolmadakia et souvlakis (brochettes), le tout accompagné d’un verre de vin blanc sec, dans une ambiance que seuls les Grecs savent créer: animée, bruyante, vivante, avec des discussions qui fusent de tous les côtés, des rires et des tables qui ne cessent de se recomposer: un partant remplacé par un nouvel arrivant, qui commande à manger, partage avec tout le monde, puis repart à son tour pour laisser sa place au suivant. Le mauvais temps a du bon…
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  • Golf Pagasétique

    March 31 in Greece ⋅ ☀️ 14 °C

    Le léger clapotis répétitif des vagues sur la plage, presque un chuchotement, quelques chants d’oiseaux, le bruit du vent dans le thym, les bruyères et autres arbustes qui nous ont abrités cette nuit. Un doux réveil ce matin, et le programme très limité de la journée fait que rien ne presse.
    Premier stop à quelques kilomètres seulement: Galaxidi. Une ancienne cité maritime importante, devenue un port de plaisance touristique pittoresque et tranquille. Parfait pour un déjeuner de crustacés avant de nous lancer sur les traces de l’histoire et de la mythologie grecques antiques, en commençant par Delphes (800 av. J.-C.) et la cité du temple d’Apollon. Delphes était à la fois un sanctuaire oraculaire, un lieu de jeux panhelléniques et un centre politique où des cités grecques se réunissaient.
    Les Grecs ont un rythme étonnant. Début de la journée vers 8 heures, pause déjeuner entre 13h30 et 15 heures, magasins souvent fermés entre 15 heures et 17h30, ou carrément fermés à partir de 14 heures. Fermeture des lieux touristiques vers 15h30 ou 16 heures: dans ce contexte, difficile d’être à l’heure🤔.
    Donc, nous arrivons trop tard pour la visite et allons nous installer dans un camping pas trop loin pour la nuit. Mais bénis soient les voyageurs précoces: les meilleures places sont disponibles et nous offrent un panorama inoubliable pour la soirée.
    Pour profiter d’un oracle, un visiteur, peu importe son importance ou son rang (mais probablement pas la même file d’attente…), pouvait se présenter devant une prêtresse, appelée la Pythie, qui, en état d’inspiration divine et enveloppée de vapeurs d’éthylène🤪, attendait, assise sur un trépied. C’est alors qu’Apollon s’exprimait à travers elle, dans des phrases souvent énigmatiques et décousues, que des prêtres reformulaient ensuite en oracles compréhensibles. C’est tout moi, sauf qu’il n’y a personne pour interpréter😉. Le site entier est d’une dimension surprenante et offre une vue spectaculaire sur les vallées et la côte. Nous n’avons aucun mal à nous imaginer l’importance et le rayonnement de ce lieu.
    La météo est au beau fixe et nous décidons de pousser en direction du golfe Pagasétique: deux nuits à la plage et une virée dans le massif du Pélion, entre le golfe Pagasétique à l’ouest et la mer Égée à l’est. Monastères, villages, forêts de châtaigniers et de hêtres, et surtout des centaines de lacets permettant de franchir des pentes invraisemblables et d’offrir de premières vues impressionnantes sur la mer Égée.
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  • Golf de Corinthe

    March 28 in Greece ⋅ ☁️ 13 °C

    En raison de la météo et des températures polaires annoncées sur l’Europe, nous allons quitter à grands regrets les reliefs et mettre le cap sur la côte albanaise. Notre chemin passe par Berat, la ville aux mille fenêtres, citée comme la plus belle ville historique d’Albanie, avec ses 2 400 ans d’histoire et son centre urbain ottoman protégé par l’UNESCO. Une visite de la forteresse de Kala, qui surplombe la ville, plus tard, nous voilà en route pour la mer et un premier stop les pieds dans l’eau, dans un petit camping familial encore bien endormi en ce début de saison.
    En longeant la côte vers la Grèce, nous avons l’impression que tout est en chantier: la route côtière, mais aussi les résidences de vacances et les beach clubs qui poussent tout au long de cette partie du littoral adriatique. Le pays semble vouloir passer d’un bon plan pour initiés à une véritable alternative aux destinations déjà saturées comme la Croatie ou la Grèce. Le défi d’un tel développement semble être de taille, surtout au niveau de la gestion des déchets, omniprésents au bord des routes.
    Une route côtière incroyable et une traversée en ferry tout mignon plus tard, nous passons la frontière grecque par un poste de douane surdimensionné et deux douaniers somnolents mais hyper sympas, presque trop facilement 😎. Après un autre camping au bord de l’eau, plus fréquenté celui-ci, et quelques échanges entre campeurs, roadtrippers et baroudeurs habituels, nous partons pour un dernier détour indispensable en direction du Parc national du Pinde et de Metsovo, perché à 1 160 mètres d’altitude.
    Dès notre arrivée, une ambiance de chalet, de neige et de brouillard nous enveloppe. Le contraste avec la côte, quittée le matin même, nous semble irréel. C’est promis, on ne nous y reprendra plus avant un moment 🥶.
    Au départ, nous pensions traverser le nord de la Grèce vers l’est, en direction de Thessalonique. Mais finalement, pourquoi ne pas explorer davantage le centre du pays et descendre vers le golfe de Corinthe, pour profiter de la chaleur printanière et de l’ambiance méditerranéenne ?
    Nous finissons notre journée au hasard d’un détour sur la plage d’une petite crique isolée, avec quelques maisons fermées nichées à flanc de montagne et une eau d’un bleu azur presque irréel.
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  • Préfecture de Berat

    March 25 in Albania ⋅ ☀️ 15 °C

    Trois jours à travers la Bulgarie pour admirer les parcs et les espaces naturels, visiter des monastères et des villages, et profiter d’une cuisine balkanique typique comme la salade shopska: tomates, concombre, poivron, oignon et fromage blanc râpé, ou encore le kavarma, une viande mijotée avec des oignons, des poivrons et des tomates.
    La météo reste grise et nous avançons à travers une Bulgarie mystérieuse, secrète et ancienne. Entre montagnes brumeuses, monastères cachés, légendes thraces et traditions populaires, nous avons l’impression qu’un autre temps y respire encore.
    De retour à Skopje, nous laissons Nomade pour une dernière journée entre les mains d’Alexander, notre virtuose du chauffage, afin qu’il puisse vérifier et finaliser les réglages préconisés par Webasto.
    Par un soleil radieux, nous partons à pied en direction du vieux Skopje. La différence est frappante: après la fin du Ramadan, le 20 mars, et même si l’islam pratiqué ici n’est pas très strict, les rues et terrasses sont à nouveau bondées, les magasins et les shops grands ouverts.
    Dans l’après-midi, Alexander nous rend la voiture avec un large sourire, et nous voilà en route pour le lac d’Ohrid, un des plus vieux du monde avec le lac Baïkal et le lac Titicaca. La ville du même nom, lieu touristique emblématique, est aussi appelée la Jérusalem des Balkans en raison de ses 365 églises.
    Campement et réveil sur les rives du lac que nous longeons en direction de la frontière avec l’Albanie. En route pour une journée à travers montagnes et vallées, avec à l’horizon des cimes enneigées. Nous sommes heureux d’être de retour dans ce paysage incroyable et décidons d’emprunter la piste en direction de Berat. Environ 40 km sur une route restée fermée jusqu’à il y a dix jours à cause de glissements de terrain. Désormais refaite, elle reste praticable, même si le 4x4 y est indispensable.
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  • Bulgarie

    March 22 in Bulgaria ⋅ ☁️ 6 °C

    En route pour la Bulgarie, avec une première étape dans le parc national de Rila, le plus vaste du pays, qui abrite l’un des monastères les plus emblématiques des Balkans. Important centre de l’Église orthodoxe bulgare, construit au Xe siècle et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le monastère, lieu de résistance culturelle et religieuse, a été endommagé au XVe siècle après la conquête ottomane, puis reconstruit et revitalisé à partir du XVIe siècle.
    Son iconographie est impressionnante et ultra-réaliste, représentant le Jugement dernier et le Paradis vs Enfer: des fresques, dans la grande tradition byzantine, couvrent presque entièrement les murs.
    Quant au parc, il n’est accessible que partiellement, et notre enthousiasme à le traverser de part en part est rapidement freiné par… une piste de ski 😩. Quelques irréductibles amateurs de glisse, un unique télésiège, et une route qui s’achève dans un mur de neige.
    Un peu plus loin, changement d’ambiance avec la zone naturelle de Melnik, ses étonnantes pyramides de sable et un second monastère : celui de Rozhen. Moins impressionnant, mais plus intime et propice à la méditation.
    La journée s’achève; le site étant déjà fermé, nous trouvons un emplacement à proximité, à l’abri derrière une haie, avec une vue spectaculaire sur la vallée, avec juste quelques maisons éclairées dans le noir.
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  • Skopje

    March 19 in North Macedonia ⋅ ☁️ 13 °C

    Nous allons quitter les montagnes de l’Albanie, ces paysages d’une beauté époustouflante, en enchaînant cols et vallées par des routes étroites. Des lacets innombrables, peu de visibilité et un goudron craquelé; nous sommes aux anges, et Nomade absorbe tout, imperturbable.
    Quelques villages, souvent qu’un amas de maisons, bordés de champs. En entrant dans les villages, des charrettes tirées par des ânes, de vieux tracteurs, presque toujours rouges, des enfants en route pour l’école, quelques personnes, souvent des hommes, s’affairant ou discutant autour d’un café. Habits sombres, pas très grands, minces et musclés. Un petit signe de la main, et nous avons déjà passé.
    Juste avant la frontière avec la Macédoine du Nord, le parc national de Shebenik, l’un des endroits les plus sauvages et méconnus d’Albanie. Pas moyen d’accéder plus au cœur du parc, à moins de nous équiper pour une randonnée; mais il fait frais et le printemps n’est pas encore assez avancé pour nous en donner envie.
    Le passage de la frontière est une formalité: passeports, papiers du véhicule et attestation d’assurance… et bien sûr quelques questions sur le véhicule. Techniques, bienveillants, souriants… et rien à déclarer ? Non ? Merci et bon voyage.
    Après Tirana, une ville marquée par un communisme isolationniste sous Enver Hoxha jusqu’en 1991 avec peu de monuments historiques, mais une architecture de béton, minimaliste, brutale et efficace, ainsi que quelques immeubles modernes à l’architecture audacieuse et ou une vie urbaine moderne et colorée y est en plein essor, nous arrivons à Skopje.
    Capitale de la Macédoine du Nord, où l’histoire est plus visible: influences ottomanes et byzantines, surtout dans le Vieux Bazar, l’un des plus anciens marchés des Balkans.
    La reconstruction du centre par contre est assez controversée à cause du projet « Skopje 2014 », avec ses statues gigantesques et ses bâtiments néoclassiques (colonnes, façades “antiques”) qui donnent un air de faux historique, presque de musée.
    Nous nous rendons à notre entretien chauffage, dans un petit garage à 20 minutes du centre, et passons une journée en compagnie des mécaniciens, ou plutôt des magiciens du chauffage.
    Quelques cafés et d’innombrables grignotages plus tard, le chauffage fonctionne, et nous repartons avec la recommandation de revenir dans trois jours pour vérifier que tout tient.
    Alors, en route pour la Bulgarie et ses parcs, pas prévus au programme non plus, mais nous sommes curieux de revisiter ce pays 36 ans après notre dernier passage 😄.
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  • Tirana

    March 17 in Albania ⋅ ☁️ 12 °C

    Nous devons nous l’avouer: avant de partir pour les Balkans, nous avions une certaine appréhension. Une inquiétude diffuse, difficile à nommer. Peut-être est-ce elle qui nous a poussés à accélérer en direction de la Grèce ?
    En Croatie, sur une côte déjà familière, paisible et ensoleillée, la tension retombe un peu. Mais dès les reliefs arides et reculés de la Bosnie-Herzégovine, puis à l’approche des parcs nationaux du Monténégro, aux paysages aussi sublimes qu’isolés, elle revient. Sourde. Persistante.
    Les nuits, dans ces endroits perdus, sont longues. Froides. Et notre capacité d’adaptation nous paraît soudain bien maigre.
    Puis l’Albanie: nous quittons la côte pour des montagnes aux mille lacets, sauvages et isolées. Jusqu’à un chemin à peine visible. Au bout : une plaine verte, bordée d’arbres. Parfaite. On s’installe. On profite du soleil. Après une soirée calme, on se glisse sous la couette, l’esprit léger.
    Jusqu’à ce que, vers 5 heures du matin, un bruit, ou plutôt l’absence de bruit, nous réveille.
    Le chauffage a cessé de ronronner, encore ! Toute tentative de réanimation reste vaine. Il est mort !
    Trois téléphones et autant de cafés chauds plus tard, le mystère est levé. Les techniciens de Webasto avaient clairement conseillé à Julien de Trip&Fish, construction de la cabine, de brancher l’alimentation du chauffage ailleurs. Ce qu’il n’a pas fait. Pourquoi ? Mystère et explications peu claires. Peu importe, le résultat est qu’on hérite du même problème. Mais au moins, on comprend. 🤨
    De toute manière, nous étions en route pour Tirana, la capitale, et allons faire un crochet vers le prochain concessionnaire. Les pièces de réparation sont avec nous 😉. Malheureusement, le concessionnaire en question est spécialisé dans les climatisations des bolides de luxe et n’a aucune idée de comment réparer notre chauffage. Prochaine étape: Skopje, capitale de la Macédoine du Nord, qui n’était pas sur notre planning initialement.
    En dehors de ça, nous profitons à fond de la route, des paysages et de l’accueil toujours souriant.
    Bien sûr, on sent une certaine mélancolie chez les anciens, où l’accueil est retardé d’un battement de cil, le temps de jauger qui est l’étranger en face. Ils ont vécu, ou pire, participé à une guerre aussi absurde que brutale.
    Sinon quelques scènes insolites:

    – Chez le concessionnaire Webasto.
    J’explique le problème. Il hoche la tête, il a l’air de comprendre. Je demande : vous pouvez réparer rapidement ?
    Réponse : non.
    Pourquoi ?
    « Mes mécaniciens travaillent maintenant chez vous..! »

    – Hier dans un restaurant plutôt chic.
    Le maître d’hôtel me scanne de la tête aux pieds, hausse un sourcil et me demande: no smoking ?
    Interloqué, je lui réponds: désolé, je l’ai oublié à l’hôtel, vous l’exigez ?… Puis je comprends qu’ici, de toute manière, tout le monde fume dans les restaurants 😂.

    – Comme suite à ma double otite, je souffre toujours d’une surdité partielle, je consulte une clinique spécialisée ORL. Je m’explique à l’accueil et on m’oriente vers un spécialiste qui me reçoit en boutonnant sa blouse de spécialiste. Après lui avoir expliqué mon souci, il m’annonce qu’il n’est que généraliste et que je ferais mieux de m’adresser à un spécialiste 🥶.
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  • Viluni

    March 13 in Albania ⋅ ☀️ 16 °C

    Nous quittons Kotor et la côte en direction de la campagne monténégrienne: montagneuse, spectaculaire et authentique. Des hameaux ou villages parsèment la campagne, et même si nous avons l’impression qu’une partie des maisons est fermée ou abandonnée, la terre est retournée et semble attendre la semence.
    Notre premier spot, en haut d’un ancien passage de col désaffecté dans les montagnes de Nikšić, nous offre une vue panoramique spectaculaire, un silence absolu et l’impression d’être très loin de tout. La nuit tombée, l’intérieur nous semble cosy, avec une lumière tamisée, le chauffage qui ronronne rassurant et une douce musique qui nous accompagne. Quant à une sortie éventuelle, c’est une autre histoire: à l’ouverture de la porte s’offre à nous… un trou noir. Rien, absolument rien de visible, et presque aucun bruit 🧐. Il semblerait que la région soit peuplée de sangliers, d’ours et même de loups. Et s’ils étaient là, juste devant la porte, à nous attendre tranquillement ? Bon, on sort la frontale, réglée au plus bas: toute source de lumière dans cette région devient un phare.
    Finalement, nous avons passé une nuit parfaitement tranquille et la faune sauvage s’est faite discrète.
    Initialement, nous avions envie de partir à la découverte des parcs nationaux, comme le parc national de Durmitor ou celui de Biogradska Gora, incroyables de réputation. Mais avec certains cols ou accès toujours fermés, nous n’arrivons qu’à les approcher. Et même là, les murs de neige bordant la route, parfois hauts d’un mètre cinquante, sont impressionnants.
    Sur notre route se trouve la ville de Cetinje, ancienne capitale du Monténégro, qui a conservé une certaine authenticité yougoslave. Puis le monastère d’Ostrog, appartenant à l’Église orthodoxe serbe et imbriqué dans une falaise du mont Ostrog, vers 900 m d’altitude. Réputé pour ses guérisons miraculeuses, dans mon cas les résultats se font attendre 🤔
    En route pour l’Albanie, prochain pays sur notre liste. Passage en douane en cinq minutes et premier stop vers la lagune de Viluni: au programme, des plats de poisson exceptionnels, une journée de lessive et de farniente.
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  • Kotor

    March 10 in Montenegro ⋅ ☀️ 15 °C

    En route vers la côte adriatique, nous quittons la vallée montagneuse de Mostar et le paysage devient rapidement plus maritime et printanier. La perspective de soleil, de chaleur et d’installer notre salon extérieur n’est pas pour nous déplaire ⛱️😎.
    Nous allons quitter la Bosnie-Herzégovine en passant par la péninsule de Pelješac, territoire croate situé en face de la côte qui reste bosnienne sur une vingtaine de kilomètres. Une particularité historique liée à l’Empire ottoman, qui garantissait ainsi à la Bosnie un accès à la mer.
    Les paysages sur la péninsule sont splendides. Nous évitons autant que possible les grands axes pour profiter des petites routes qui serpentent entre les collines couvertes de vignes et d’oliviers. Nous aurons bien envie de passer une journée de dégustation, pour les deux bien sûr!
    Retour ensuite sur la côte croate en direction de Kotor, l’un des plus beaux trajets côtiers d’Europe et qui nous fait penser à la côte amalfitaine.
    La fin de la journée approche. Nous passons la douane vers le Monténégro en quelques minutes seulement et un ferry, toujours un highlight, nous permet de rejoindre la côte proche de Kotor, étape du jour: une ville médiévale dont les remparts montent dans la montagne, plus modeste mais moins touristique que Dubrovnik.
    Nous trouvons finalement, sur une route à peine plus large que notre voiture et à l’heure de pointe 🥶, une grille ouverte donnant sur un emplacement où nous serons seuls pour la nuit. Le propriétaire est ravi de nous accueillir et s’excuse que les installations pour la saison ne soient pas encore terminées. Peu importe: nous sommes à quelques mètres de l’eau seulement et une douche chaude est à notre disposition.
    Depuis notre départ, nous avons largement testé notre autonomie en électricité et les aménagements supplémentaires; tout fonctionne à merveille. Nomade est en pleine forme.
    En revanche, côté santé, ce n’est toujours pas le beau fixe: Roland, plus bouché que jamais, restera encore un petit moment sur le banc de touche.
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  • Mostar

    March 9 in Bosnia and Herzegovina ⋅ ☀️ 11 °C

    Nous nous sommes lancés à l’assaut des reliefs de la Bosnie-Herzégovine en espérant trouver quelques paysages printaniers, mais la nature est encore en état d’hibernation et le sable du Sahara ajoute un voile qui limite l’éventail des couleurs à un échantillonnage de verts foncés, marrons et gris.
    En plus, c’était sans compter avec le «Paljenje korova», le brûlage de végétation sèche, d’herbe ou de sous-bois après l’hiver. Une tradition largement répandue, même si elle est interdite dans beaucoup de régions en raison des incendies de forêt qu’elle provoque régulièrement.
    Pour couronner le tout, une invitée surprise s’est jointe à nous: la grippe 🦠🤧. Chacun à son tour, nous nous sommes retrouvés, au moins symboliquement, sur le siège passager, emmitouflés dans notre quête.
    Du coup, nous avançons tranquillement, profitons de la gentillesse des Bosniens et d’une cuisine traditionnelle, savoureuse et généreuse, avec beaucoup de viandes ou legumes grillées, de soupes ou de pâtisseries salées.
    L’accueil dans les quelques campings ouverts nous réchauffe le cœur; peut-être que le petit schnaps au miel à l’arrivée y est pour quelque chose…
    Au bout de trois jours, l’envie de rejoindre la côte adriatique et son climat méditerranéen l’emporte, mais non sans passer par Mostar, une des villes les plus célèbres de la Bosnie-Herzégovine, située au bord de la rivière Neretva, avec un vieux centre pittoresque, des rues pavées, des maisons en pierre et des bazars traditionnels. Comme ailleurs, la guerre en Bosnie entre 1992 et 1995 a laissé des traces visibles encore aujourd’hui sur les façades non rénovées. Des impacts de balles sont bien visibles; tout a dû être reconstruit et il est difficile de ne pas faire le parallèle avec ce qui se passe non loin d’ici.
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  • Beh à Krk

    March 5 in Croatia ⋅ ☀️ 11 °C

    On the road again 🎶,
    bon, c’est un peu galvaudé, mais cela correspond assez bien à notre état d’esprit.
    Nous avons quitté notre nid d’aigle pour nous lancer, à peu de chose près, sur les routes de la Soie.
    Les quatre mois précédents nous ont permis de tester les installations, mais surtout de mettre à l’épreuve nos capacités nomadiques, et nous explorons encore notre marge d’apprentissage… 🥳🌻. Quant à la voiture, les modifications ont pris du temps, surtout le remplacement complet du chauffage 🥶🥶🥶, mais tout fonctionne à la perfection maintenant:
    - Autonomie électrique et charge solaire augmentées (et branchées correctement 🤪)
    - Prises USB supplémentaires installées et branchées 🧐
    - Pièces détachées un tant soit peu inhabituelles, étranges, bizarres, singulières ou curieuses, étiquetées et rangées
    - Rallonge de désensablement rangée… pour l’instant
    - Système antidémarrage installé et testé (comment on le désactive déjà ?)
    En partant de Genève, un peu trop optimistes en direction de l’Autriche, nous nous sommes rendus compte que les nuits étaient toujours bien fraîches, même avec chauffage, et notre route a assez vite bifurqué vers le sud, en direction de Trieste, de la Slovénie et de la Croatie, où nous trouvons les premiers arbres en fleurs, les jonquilles, crocus et autres annonciateurs de printemps au bord de la route.
    Les visites de villages perchés, de villes insolites et de paysages spectaculaires reprennent, la vie et les habitudes à bord aussi. Même si nous avons prévu un aller-retour vers Genève tous les quatre mois environ, le fait de partir pour une période bien plus longue change la vision même du quotidien: là, c’est pour de bon 😄.
    En prévision pour les prochaines semaines: la Bosnie-Herzégovine par les routes panoramiques, le Monténégro, l’Albanie, la Grèce, la Turquie, la Géorgie et l’Arménie.
    Ensuite, nous aviserons en fonction de la situation politique, surtout en Iran 🇮🇷, que nous espérons voir évoluer dans le sens des habitants.
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  • Turin

    January 27 in Italy ⋅ ☁️ 3 °C

    En route à travers un paysage bien hivernal, calés dans nos sièges chauffés, nous profitons des reliefs du Parc national des Cévennes, puis de ceux des Écrins. La boucle de notre premier tour en Europe, ainsi que la mise à l’épreuve de Nomade, seront bientôt bouclées. Il nous semble l’avoir testé dans toutes les conditions: pluie, neige, montagne, désert, sentiers boueux ou lits de rivière asséchés… ou pas 😂: il n’a pas bougé.
    Après 4’000 miles et 16’000 km, les rendez-vous pour un service complet, les quelques améliorations, ainsi que la révision complète du chauffage, sont pris. Nous nous réjouissons de revoir la famille et les amis autrement qu’à travers notre écran. Nous en profiterons aussi pour laisser environ la moitié de nos habits à la maison: avec le recul, nous nous sommes rendu compte qu’ils n’étaient pas nécessaires ou, selon les régions, tout simplement pas adaptés. Nous avons donc décidé de nous équiper en route, au fil des besoins, quitte à laisser notre pull préféré au placard.
    Ceci dit, notre départ en direction de l’Asie est prévu autour du 22 février, et nous nous surprenons, le regard dans le vide, à nous projeter dans des régions ou des pays que nous nous réjouissons de revoir ou de découvrir. Une nouvelle aventure commencera, et nous avons hâte d’y être.
    Un grand merci pour vos messages ou encouragements, on- ou offline🥰
    À bientôt, ou plutôt: 🇹🇷 Görüşürüz, 🇬🇪 მალე გნახავ, 🇦🇿 Görüşənədək, 🇦🇲 Շուտով կհանդիպենք, 🇮🇷 به زودی می‌بینمت, 🇰🇿 Көріскенше, 🇰🇬 Көрүшкөнчө, 🇺🇿 Ko‘rishguncha, 🇹🇯 Ба зудӣ мебинем, 🇹🇲 Görüşýänçäk, 🇨🇳 كۆرۈشكىچە, 🇲🇳 Удахгүй уулзъя 😁
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  • Pyrénées

    January 24 in Spain ⋅ 🌨 -2 °C

    Pyrénées, aux portes de l’Andorre, et notre premier réveil sous la neige, par -3 °C.
    Nous avions quitté la Sierra Nevada en direction du parc naturel des Sierras de Cazorla, Segura y Las Villas, rien que ça, un peu plus au nord, pour rester dans les reliefs. La terre rouge des champs cultivés, émaillée d’oliveraies et de vignes de plus en plus présentes, et, à l’horizon, des cimes enneigées; le tout baigné d’une lumière chaude, presque automnale. Nous restons en admiration devant ce spectacle et voyons à peine passer les journées.
    Seul bémol: le chauffage nous a lâchés de nouveau au bout de deux jours. Et même si nos spots incroyables nous réchauffent le cœur, sortir sous la couette le matin pour chauffer la machine à café relève du défi 🥶.
    À Teruel, un Parador nous tend les bras. Autour d’un excellent repas, nous décidons de:
    - acheter un chauffage électrique
    - nous limiter à des campings avec électricité et/ou douches chaudes
    - avancer notre retour en Suisse d’une semaine
    - continuer à profiter de notre voyage en suivant les reliefs sublimes à venir
    Arrivés dans les Pyrénées méditerranéennes, nous sommes collés à la carretera N-260, ou Eje Pirenaico : une alternative plus sauvage aux grands axes, qui longe le piémont sud jusqu’en Catalogne. Une route panoramique parsemée de cols, vallées, gorges et villages de montagne. Impossible d’aller vite, et encore moins de le vouloir 🤩.
    Après un «Hola, hermano» dans un restaurant cubain à Saragosse, hier encore, ici nous sommes accueillis par un «Parles català?»… Claro !
    D’où notre réveil à plus de 1 000 mètres et par -3 °C… mais cette fois avec le chauffage, que nous avons baptisé WALL·E 🤖.
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  • Sierra Nevada

    January 19 in Spain ⋅ ☀️ 7 °C

    En route pour la Sierra Nevada en passant par Grenade.
    Nous arrivons vers midi en espérant une petite accalmie dans le flux de touristes en direction de l’Alhambra, une forteresse et un palais d’origine islamique dominant la ville et classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. En vue des files d’attente, nous renonçons à l’idée d’une visite et partons en direction des quartiers historiques aux ruelles étroites et maisons blanches.
    Nous avons l’impression d’être plus à notre place, là où la ville semble chargée d’histoire et où les cultures et religions se sont entremêlées à travers les siècles. De loin, nous entendons du tango qui se réverbère sur les murs à travers les quartiers. Nous avons de la peine à identifier l’origine, tellement le son semble venir de partout. En débouchant sur une place, nous sommes accueillis par le tango et des passants qui dansent, entourés par des spectateurs, le célèbre art chorégraphique argentin. Une petite terrasse, deux chaises, deux verres de cava avec quelques tapas. Il suffit de peu pour être heureux 😄.
    Retour à la voiture et en route vers les montagnes de la Sierra Nevada, avec la station de ski la plus haute d’Espagne et des pics culminant à 3’500 mètres.
    Comme la neige apparaît à partir de 2’200 mètres, la majorité des cols restent ouverts, et les autres, bien qu’enneigés, se tentent en l’absence de barrières 😏.
    Les paysages offrent des reliefs à perte de vue et nous avons l’impression de nous déplacer dans un décor majestueux, avec des horizons en cascade et, au fond, des sommets coiffés de neige.
    Facile de trouver des places pour la nuit: la plupart des villages blancs, accrochés à la montagne, offrent des espaces bien placés et aménagés au minimum, donc largement suffisants pour nos besoins. Sur des routes sinueuses à travers ces montagnes et collines, nous sommes de retour dans notre élément.
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