Shangri-La
October 18 in China
☀️ 14 °C
Nous quittons Litang en direction de Daocheng par la G227, à travers les paysages lunaires de Haizi Shan. Au col de Tu’er Shan, la montagne des Oreilles de lapin, nous frôlons pour la deuxième fois les 4’700 mètres d’altitude. Encore une journée sur les hauts plateaux dénudés, avec les sommets enneigés de la chaîne des Shaluli à l’horizon, avant de redescendre vers Xiangcheng.
Peu à peu, l’architecture change. Nous découvrons les étonnantes maisons blanches, typiques de cette région du Kham tibétain. De véritables petites forteresses aux murs épais en terre damée, légèrement inclinés vers l’intérieur, qui leur donnent une silhouette presque trapézoïdale. Les façades blanchies à la chaux contrastent avec les encadrements des fenêtres, sculptés et peints de couleurs vives. Les toits plats servent traditionnellement à faire sécher les récoltes. Une architecture à la fois sobre et élégante, bien adaptée au climat de ces vallées d’altitude.
Étape du jour: Xiangcheng, avec la visite du monastère de Sangpi Ling et son imposant Bouddha de 33 mètres de haut 🧘. L’équivalent de six étages, tout de même!
Le lendemain, nous reprenons la route vers Shangri-La. Nous quittons la préfecture autonome tibétaine de Garzê, dans le Sichuan, pour rejoindre celle de Diqing, dans le Yunnan. Nous changeons de province, mais restons en terre de culture tibétaine.
Une route interminable qui descend tranquillement jusqu’à environ 2’000 mètres, au fond d’une vallée encaissée, creusée par l’érosion au fil des millions d’années. De minuscules cultures et champs se succèdent, parfois en terrasses, séparés par d’étroites bandes de verdure. Tout semble être préparé minutieusement pour l’hiver.
Les routes sont bordées d’arbres, parfois parfaitement alignés, et les montagnes retrouvent peu à peu leur végétation. Après les immensités minérales des hauts plateaux, le vert reprend ses droits. Mais la lumière a changé. L’été indien s’est installé et les premières teintes dorées se mêlent aux différentes nuances de vert. Le spectacle est somptueux.
Nous roulons à 50 km/h. Pour seuls bruits, les pneus sur l’asphalte, le ronronnement du moteur et le souffle du vent. Rien d’autre.
Puis la route recommence à s’accrocher aux flancs des montagnes. La rivière, de plus en plus imposante, s’éloigne en contrebas tandis que nous reprenons de l’altitude pour retrouver les plateaux à plus de 3’000 mètres.
Au milieu de ce décor, nous avons soudain le sentiment que toutes les routes parcourues, toutes les étapes précédentes, devaient nous conduire exactement ici. Et que tous les chemins à venir restent possibles. Nous sommes précisément là où nous devons être, ici et maintenant. Rien à ajouter, rien à enlever!
Notre prochaine étape est Shangri-La, plus précisément Dukezong, sa vieille ville. Nous trouvons refuge dans une ancienne demeure tibétaine transformée en hôtel. Authentique, presque un musée, avec ses escaliers en bois qui grincent, ses portes fermées par de simples loquets et ses fenêtres à simple vitrage, dont les lourds rideaux constituent à peu près la seule isolation. Pour la propreté presque clinique du XXIe siècle, on repassera. Mais l’atmosphère nous plonge dans un Tibet d’un autre temps, quelque part entre tradition et modernité.
Un phénomène déjà remarqué à Litang, mais de manière plus sporadique, prend ici une tout autre ampleur: l’engouement pour les costumes traditionnels tibétains, coiffures et maquillage compris. Le long du lac Napa, puis dans les innombrables ruelles de la vieille ville, nous croisons des jeunes femmes et des couples vêtus de tenues somptueuses, souvent accompagnés de photographes professionnels.
Nous avons parfois l’impression de nous promener dans un décor de cinéma historique. Difficile de savoir où s’arrête la tradition et où commence la mise en scène. Une véritable mode, visiblement portée par les réseaux sociaux et le goût des portraits en costumes traditionnels, souvent revisités.
C’est un peu comme si, dans la vieille ville de Genève, la moitié des promeneurs se baladaient en robes à crinoline, redingotes et hauts-de-forme du XIXe siècle, avec un photographe à chaque coin de rue. Le passé revisité à grand renfort de smartphones et de séances photo. Une autre manière de faire vivre les traditions. Ou simplement de se fabriquer de beaux souvenirs 😉.Read more






























Traveler
❤️
TravelerMerci de partager toutes ces émotions sensations et toutes ces photos qui ne représentent sans doute qu’une petite partie de la beauté des paysages. On est transporté. ❤️
Traveler😘🤩