• Litang

    October 15 in China ☀️ 4 °C

    Nous quittons Xinduqiao pour Litang, à travers les immenses hauts plateaux du Kham, entre 4’000 et 4’500 mètres d’altitude, les yeux rivés sur les pâturages à perte de vue et les montagnes dénudées qui se succèdent. La G318, grand axe reliant Shanghai au Tibet, est aussi l’une des principales voies d’accès à Lhassa. Toujours beaucoup de circulation, donc, et pas moyen d’y échapper. Entre habitants, touristes et camionneurs, nous ne sommes probablement pas les seuls à être contents d’être arrivés avant la neige 👌🏻. Un ciel d’un bleu immaculé nous accompagne tout au long du trajet.
    Nous arrivons à Litang, perchée à près de 4’000 mètres, l’une des villes les plus hautes du monde. Le souffle court 😬, nous commençons notre visite par l’imposant monastère de Litang Chöde, fondé en 1580 par le IIIe Dalaï-Lama.
    Non loin de là, nous trouvons notre point de chute en plein milieu de la vieille ville, garons Nomade les quatre roues sur le trottoir, comme tout le monde, et passons des heures à déambuler dans ses ruelles pavées, entre maisons tibétaines aux façades colorées, portes sculptées, petites boutiques et moulins à prière. Rien ne presse et nous avons envie de profiter de ces derniers jours d’immersion dans la culture tibétaine.
    Fondue chinoise au menu, facile… on connaît 🥱. Puis nous admirons les lumières chaudes qui éclairent les alentours de la maison historique de Renkang, où serait né le VIIe Dalaï-Lama en 1708. À 20 heures précises, une musique traditionnelle remixée façon pop chinoise, aux accents de K-pop, retentit soudain dans des haut-parleurs d’assez bonne qualité, à un volume peu propice au recueillement. Cela ne semble pourtant pas déranger les pèlerins qui continuent à déambuler entre les moulins à prière. Dans ce lieu chargé d’histoire, le contraste est assez savoureux.
    Peu à peu, des habitants, surtout des jeunes, forment un grand cercle et se mettent à exécuter des chorégraphies. Nous pensons d’abord à un flash mob. Mais à chaque morceau, les pas et les mouvements de bras changent (et ils les connaissent tous par cœur!), tandis que le cercle tourne lentement. La plupart évoluent avec une grâce remarquable, d’autres suivent tant bien que mal, mais tous semblent y prendre plaisir. Nous découvrons le guozhuang, ou gorshey, une danse collective tibétaine traditionnellement pratiquée lors des fêtes et des rassemblements. Autrefois accompagnée de chants, elle se danse ici, visiblement, sur des musiques modernes. Autour du cercle, Tibétains et touristes chinois admirent le spectacle. Nous restons un bon moment à observer cette scène inattendue. Les danseurs se relaient, mais la musique continue jusqu’à 22 heures. À près de 4’000 mètres, nous admirons ces traditions tibétaines qui ont trouvé une manière bien vivante de rester dans le rythme!
    Le lendemain, petit déjeuner désormais habituel: soupe, ou plutôt bouillon aux nouilles, accompagné d’un œuf au plat. De quoi faire le plein de minéraux et de protéines avant notre première série de trois tours du temple. Chaque tour est une manière d’accumuler des mérites spirituels, de purifier le karma négatif et de cultiver la compassion. Ces trois tours peuvent aussi symboliser les Trois Joyaux du bouddhisme: le Bouddha, le Dharma (son enseignement) et la Sangha (la communauté spirituelle). Nous n’avons définitivement plus envie de partir d’ici 😄.
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