• La vallée des Kistes

    May 18 in Georgia ⋅ ⛅ 15 °C

    La vallée du Pankissi est située au nord de la capitale, et se ferme sur les hautes montagnes du Caucase.

    Même en Géorgie, très peu de gens connaîssent cette partie du pays.

    A l’origine nous avons été intrigués par une note du site gouvernemental français :

    « Zone en vigilance renforcée (en jaune sur la carte sécuritaire) :

    Pour les personnes désirant se rendre dans la vallée de Pankissi, il convient de rappeler que cette région, majoritairement peuplée par l’ethnie Kiste, est une terre de traditions riche d’un patrimoine culturel et naturel, qui attire de plus en plus de touristes étrangers. Il convient cependant de respecter les coutumes vestimentaires locales lors de ses déplacements. »

    Sonia est tout de suite en alerte « attraction maximale » vers cette vallée mystérieuse d’autant que nous trouvons sur internet des infos très précises et complètes sur la culture, le patrimoine, les hébergements, la cuisine et les randonnées.

    Les kistes sont une minorité ethnique géorgienne pratiquant un islam sunnite d’obédience soufie. Ils sont venus de Tchétchénie au XIXe siècle (1830 – 1880) et sont installés dans la vallée de Pankissi, alors inhabitée.

    À partir de 1980 et dans le contexte de la perestroïka, environ 5 000 kistes ont vendu tous leurs biens et leurs maisons, et se sont expatriés en Tchétchénie pour y travailler, notamment dans le bâtiment, alors que les conditions économiques dans le nord de la Géorgie étaient difficiles. En 1999, au début de la seconde guerre de Tchétchénie, ils sont massivement revenus dans la vallée du Pankissi, nombre d’entre eux étant répertoriés comme réfugiés.

    Aujourd’hui on compte 6000 kistes en Géorgie et environ 700 en Russie.

    Nous décidons de nous rendre dans cette vallée par les montagnes : mauvaise idée car la route se transforme en chemin impraticable et il faut faire demi-tour et contourner par une plus grosse route.

    Sur place nous passons finalement 5 jours et faisons de très belles rencontres avec des personnes qui nous ont beaucoup transmis sur la culture des réfugiés tchétchènes.

    Nazy, chez qui nous logeons en guest house le premier soir, est une chef d’entreprise et avocate militant pour réhabiliter l’image des kistes en Géorgie et dans le monde, afin que les tchétchènes ne soient plus assimilés à des terroristes.
    Son témoignage sur l'histoire de son peuple et son parcours pour le faire connaître sont pationnants et nous finissons par comprendre qu’elle est elle-même à l’origine du paragraphe mentionné sur le site gouvernemental français : ses multiples démarches auprès du gouvernement Géorgien, de l’ambassade française et d'autres ambassades occidentales, ont permis de changer l’alerte officielle qui avant mentionnait une zone dangereuse !

    Nous visitons le tout petit musée ethnographique avec les commentaires de Mahdi, petit fils du fondateur ! Il nous invite également chez lui, et sa mère nous prépare des khachapuri délicieux !!! Elle me ressert d’énormes parts, j’ai cru que je ne ressortirais pas debout de cette maison tant j’ai mangé !!

    Nous prenons contact avec la fondation Rudy Scott qui donne des cours d’anglais aux jeunes du village grâce a de très nombreux professeurs bénévoles ! Nous présentons notre voyage, photos à l’appui, mais aussi nous échangeons avec les jeunes et leurs profs sur nos modes de vie. Chez nous l’opulence, la liberté de voyager, mais aussi le stress dans de nombreux jobs... Chez eux la pauvreté, avec un taux de chômage élevé, le peu de débouchés dans la vallée, la difficulté de voyager, du fait du manque de moyens et des restrictions faites aux jeunes filles, et par contre la richesse de la vie communautaire, les fortes relations intergénérationnelles, la solidarité.

    Nous repartons remplis par la douceur du lieu et l’accueil des habitants.
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