• Cres, Krk, Rab

    April 30 in Croatia ⋅ 🌬 14 °C

    Pas d’éclairage public, pas de bruits si ce n’est celui du vent, pas de réseau téléphonique ni internet… cette nuit a été un peu agitée dans ma tête, d’autant qu’il s’est mis à pleuvoir vers minuit.
    L’idée de se savoir ainsi isolé est vraiment particulier. Un sentiment que je n’avais jamais éprouvé précédemment. Je pensais aux premières pages de Plouhéran (oui je me suis inspiré d’elle pour le nom de mon voyage) l’excellente bande dessinée d’Isabelle Del Real dans lesquelles l’autrice cauchemarde dans sa tente en plein milieu du Monténégro ou de l’Albanie.

    Au matin, la pluie a cessé et ma tente a presque séché. Le soleil est de retour et le vent est toujours là, histoire de rafraîchir l’atmosphère. C’est vrai qu’il ne fait pas chaud et la doudoune est bienvenue.
    Je le prends un bon dej avec un bon -vrai- café, des tartines de fromage frais, un yaourt avec des céréales, des fruits secs et une banane (ça c’était pour vous dire que je ne me laisse pas abattre). Je plie tout le matériel et m’occupe de Charlie : nettoyage et lubrification de la chaîne, contrôle serrage des vis et tension des rayons, changement plaquettes de frein arrière (c’est la deuxième fois).
    Nous sommes fin prêts à partir vers 10h et la côte que nous avions laissé en plan la veille nous attend. La bonne nouvelle c’est qu’on a toujours le vent dans le dos. Ça aide !
    Les ferries continuent à livrer des voitures par vagues de 50. Entre temps, on est tranquille pour pédaler avec une vue extraordinaire sur le littoral, les autres îles et le continent.
    L’île de Cres est une des plus à l’est de l’archipel croate et toute en longueur. Elle est connue pour l’élevage des moutons. En fait, comme il n’y a que des cailloux et de la végétation rase, on ne peut guère y faire autre chose que de l’élevage.
    Je croise Greet, un suisse parti de Split et qui remonte jusqu’à Trieste. On échange des conseils, moi sur l’Istrie et la Parenzana, lui sur les ferries qu’il a pris depuis Split. Il a fait des sauts de puce d’île en île car tous les ferries n’acceptent pas d’embarquer les vélos. Je note son itinéraire et décide de l’adopter.
    Il y a toujours beaucoup de vent sur mon trajet et, sur une bande de terre entre deux sommets, un mur a été construit pour protéger autos, motos et vélos. Ce secteur est carrément interdit aux piétons et ceux que j’aperçois bravant cette interdiction ont vraiment beaucoup de mal à marcher.

    J’arrive à Cres vers midi. Je fais quelques courses au Plodim (petite victoire ✌️ : j’ai enfin trouvé à acheter un torchon) et une petite visite du port. La ville est très touristique, bien abritée du vent. Je jette mon dévolu sur un banc pour y pique-niquer puis dans un square pour y faire la sieste. Je mets au point mon itinéraire vers Merab pour y prendre le ferry et je repars.
    Ça monte à nouveau très fort avec des pourcentages annoncés à 8,9 parfois 10%.
    Quand j’arrive un ferry vient de partir. Le prochain est dans une heure. Je m’installe à une terrasse à côté de Krisztina et Tom, deux cyclistes de Budapest en vacances dans le coin et qui sont venus faire une rando vélo à la journée sur l’île de Cres.
    On discute de voyage et de vélo. Krisztina ne se sent pas prête à faire un voyage à vélo, même petit. Elle serait plutôt anxieuse de devoir planter sa tente le soir, faire des itinéraires, etc. Je lui vante les mérites de la plateforme Warmshowers.

    Le ferry a 1/2 heure du retard à cause du vent. J’espère attraper la correspondance pour l’île de Rab en arrivant à Krk car sinon je devrai y passer la nuit. Pendant la traversée, je recherche une chambre sur booking (j’avoue, j’utilise Booking, plateforme US).
    Le ferry pour Rab a attendu l’arrivée de notre bateau. Ouf, j’y embarque rapidement et nous voguons vers cette troisième destination.
    Le soleil sera couché quand j’arriverai à destination. Je réserve donc une chambre d’hôte à proximité du port de Lopar.
    Pendant la traversée je discute avec un passager qui semble fasciné par les paysages des îles qui défilent (et il y a de quoi). Markus est allemand, sa mère d’origine croate et a tout plaqué il y a quelques années pour venir vivre ici, en Croatie, sur l’île de Rab. Il adore ces paysages, me parle avec passion de chacune des îles que nous voyons, des vents qui parfois contraignent les compagnies de ferry à fermer les lignes. Bref, c’est une encyclopédie de la Croatie qui donne vraiment envie d’explorer toutes ces îles, ce gars-là ! Telle île est la plus grande de Croatie, telle autre n’a qu’une seule maison et le propriétaire est décédé l’an passé, que le Markus est le point culminant des îles avec 400 m de haut, que telle autre île a servi de camp d’isolement pour les hommes pendant la guerre, telle autre pour les femmes…
    J’apprends aussi que la Bura, ce vent de Nord qui souffle régulièrement mais puissamment refroidit la Croatie et que la Yuga vient du nord, souffle en rafales et la réchauffe.
    Ensemble, on fait la dernière centaine de mètres sur le pont avant, en plein vent, histoire de mieux s’imprégner du paysage. C’est magnifique !
    Pour descendre du ferry, alors que toutes les voitures sont sorties, on s’amuse à faire la course avec un papa et ses deux enfants venus passer le week-end chez les grands parents. Trop drôle ! Il a travaillé à Chamonix et parle un peu français.

    Le soleil se couche derrière l’île de Cres dans un embrasement de teintes orangées. J’adore !
    Je rejoins ma chambre d’hôte en attaquant d’emblée une petite côte à 20%
    Je m’installe bien au chaud et contemple la vue sur la baie avant un coup de fil à ma chérie et une douche bien méritée. Demain, un peu de vélo sur l’île de Rab et encore du ferry. Que c’est beau la Croatie !

    Bilan du jour :
    🚴 + ⛴️ 71 km
    ↗️ 737 m
    ↘️ 1033 m
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