• Zuljana, on verra

    May 14 in Croatia ⋅ ☁️ 17 °C

    Cette nuit j’ai bien supporté le caleçon long et le pull mérinos. Normal, on est quand même sur une île à 60 km de la côte, et à 250 mètres d’altitude.
    Pas un bruit pendant la nuit. Un ciel étoilé sans pollution lumineuse. Je serais bien resté observer les étoiles avec les outils que Camille et Denis m’ont offerts, mais j’avoue que le duvet m’appelait.
    Ce matin, les oiseaux étaient levés dès 5 h. J’ai mis les boules quiès et le masque pour dormir un peu plus longtemps qu’eux.
    Pour une fois, ma tente était bien orientée et a bénéficié des premiers rayons de soleil.
    Après un bon petit déjeuner (c’est mon repas préféré), je suis parti un peu avant 9 heures.

    Pour préparer mes itinéraires, j’utilise les applications Komoot ou Osmand et je synchronise avec mon gps de vélo. Je dois avouer que les traces sont parfois mal adaptées, mais aujourd’hui c’était vraiment top.
    On a commencé avec un paysage toujours planté de vignes et beaucoup de monde qui s’y affaire déjà. J’en conclus que le jeudi de l’Ascension n’est donc pas férié en Croatie. Dans ces coteaux, les chemins alternaient avec des portions de routes très peu fréquentées. Et quand bien même il y avait des voitures, celles-ci ne roulaient pas très vite. Qu’est ce que c’est agréable !
    Ensuite, on s’est élevé un peu, d’abord dans le village de Smokvica puis Čara où j’ai rencontré Ivica. Au début il semblait « scotché » sur le passage piéton au milieu du village. Ensuite, je suis allé faire des photos du monument mémoriel des massacres de la guerre. Il s’est rapproché. On a discuté de la France qu’il connaît un peu pour avoir travaillé dans les machines des bateaux. Il est déjà venu à Marseille. Au moment de se quitter, il m’a demandé si je n’avais pas 5 € pour qu’il s’achète des cigarettes je lui en ai donné 3 et j’ai filé. C’est quand même étonnant que rien ne semble pouvoir se faire sans intérêt de vente/achat ici en Croatie !
    Après une longue première côte, j’arrive au village de Korčula où on doit prendre -théoriquement- le dernier ferry de notre aventure croate. Il va nous permettre de rallier Orebič, à l’extrémité ouest d’une bande de terre croate au sud de la Bosnie Herzégovine.
    Il est midi et demi. On s’installe au bord de la plage dans la sympathique station balnéaire pour pique-niquer. L’eau est claire et on voit les oursins dans le fond. Je piquerais bien une tête, mais la route nous appelle.
    On repart vers 14h en sachant qu’une nouvelle longue côte nous attends Charlie et moi. Il s’agit de grimper de 450 m en à peine 10 km. 8% de moyenne. Ça va être dur, surtout juste après le déjeuner.
    Mais bon, en prenant son mal en patience, on arrive à se hisser là haut, en profitant au passage des magnifiques surplombs au dessus du littoral. Une descente plus loin, je me retrouve en pleine montagne, à Potomje. Ça a l’air sympa. Je cherche un coin pour passer la nuit dans le secteur mais c’est trop escarpé ou trop dense en vignes. Alors je poursuis mon chemin et passe dans un tunnel qui semble ne déboucher sur rien. En fait de rien, c’est que la route de l’autre côté du tunnel est perpendiculaire. Si on file, on tombe dans le le vide, directement à la mer !
    Un couple se balade dans ce coin. Je discute avec eux. Aleksandra et Damir sont en vacances. Ils viennent de l’intérieur de la Croatie. Ils sont épatés par mon voyage, me posent des tas de questions. On échange sur le vocabulaire, les langues. On plaisante même sur les délicates relations footballistiques entre le France et la Croatie depuis la finale de la coupe du monde. Je leur laisse l’adresse du blog pour qu’ils suivent mon périple. Enfin un quart d’heure très sympa à discuter d’autre chose que d’acheter/vendre. Je commençais à désespérer des croates.
    Ce sont Aleksandra et Damir qui m’ont invité à poursuivre ma route jusqu’à Zuljana où je passe la nuit ce soir. La petite route qui longe la falaise est très chouette. Plantée de vignes de part et d’autres, on se croirait presque sur une « route des vins ». Autre avantage, elle est très peu fréquentée, sauf par une tortue terrestre téméraire qui s’était aventurée sur le bitume. Je la replace sur le bas côté. Par contre, toujours pas de spot de bivouac convenable.
    J’arrive à Zuljana, joli petit village au fond de la baie. Ana y tient un Auto Kamp très bien équipé. Je décide de m’y installer en prenant l’emplacement avec vue sur la baie. Une fois que les ouvriers en bas auront éteint leur bétonnière ce sera super !
    Le coucher de soleil est toujours aussi beau. Demain, de la pluie est annoncée. J’espère que ce ne sera pas trop dense car une étape encore bien relevée nous attend.

    Bilan du jour :
    🚴 70 km
    ↗️ 1073 m
    ↘️ 1249 m
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