• Pas de panique à Dubrovnik

    May 15 in Croatia ⋅ 🌬 18 °C

    La pluie annoncée n’est pas venue troubler la nuit. Seul le vent, les hurlements de chacals et les aboiements de chiens m’ont tiré quelques minutes d’un bon sommeil réparateur.
    Au matin, de belles éclaircies me donnent envie de reprendre vite la route. Kasia et Maciek, mes voisins polonais sur la fin de leurs vacances me proposent de l’eau chaude. On discute de la Croatie, de la foule sur les sites touristiques et, bien sûr, de mon voyage. On regarde le blog puis je me mets à démonter. Maciek m’offre des biscuits polonais et deux bols de nouilles chinoises instantanées. Merci, c’est toujours sympa ces petits cadeaux. Ça fait partie du voyage à vélo.
    J’envoie un petit message à Zoé pour lui souhaiter son anniversaire et je salue Ana, notre hôte, en quittant ce magnifique jardin en surplomb de la baie.
    Elle est affairée à nettoyer les sanitaires mais prend le temps de discuter 5 minutes. Zuljana est un petit village où chacun des habitants se donne un rôle pour accueillir les vacanciers, loin des grands sites touristiques. Il y a 2 écoles de plongée qui vont un peu au large sur des épaves (Félix, si tu me lis). Elle évoque aussi le volume d’activités que cela représente avec son mari de s’occuper des chambres qu’ils louent et du camping.

    Ça y est, je suis reparti. Et mine de rien il est déjà 10h. Pour se mettre en jambe, je poursuis sur 5 km la côte que j’avais entamée hier. Le tracé emprunte toujours des routes sympa avec peu de circulation, hormis quelques portions de la D8.
    J’arrive à Ston vers midi et demi. Le ciel est devenu menaçant alors je trouve un endroit abrité pour déjeuner.
    Cette ville bien abritée est située en bord de mer sur la route Napoléon. Et oui, la France a son chapitre d’histoire en Croatie.
    Avant cela, ce fut aussi un fort militaire de la république de Raguse dont les remparts étaient un exploit notable de l'architecture médiévale : un mur de 900 m cloture la ville et un double grand mur de 5 kilomètres à l'extérieur ferme l'isthme de Peljesac. A ce jour, la muraille demeure la plus longue et la deuxième du monde derrière la Grande muraille de Chine. (C’était le chapitre historique). Ston est aussi un haut lieu de la production d’huîtres et les ostréiculteurs sont nombreux à proposer des dégustations. Je quitte la ville en longeant un bras de mer et en passant sous un haut pont flambant neuf puisqu’il n’est même pas sur la carte. Brrr, qu’est ce que je n’aimerais pas passer à 33 mètres de haut !

    Plus loin, alors que je commence à rechercher un coin pour dormir, j’arrive dans un petit village où la rue principale est encombrée de voitures, sans personne à l’intérieur. En fait il s’agit d’un mariage. Les pétards et les chants viennent d’une maison où se déroule le vin d’honneur. Un type avec un grand drapeau m’interpelle et m’invite à boire un verre avec eux, puis à agiter le drapeau du village. Sympa. Mes vêtements ne sont pas tout à fait raccords avec la cérémonie mais je discute avec deux-trois invités. Toute cette foule s’en va dans un brouhaha de klaxons.
    Je continue ma recherche de lieu où dormir, tente de trouver une chambre dans le coin. Rien à faire, soit elles sont occupées par le mariage, soit elle sont trop chères. Je me décide à chercher un coin de bivouac, mais un serpent m’en dissuade.

    Je suis à 30 km à vol d’oiseau de Dubrovnik et je sais que j’ai un col à franchir avec 7 kilomètres de côte d’ici là. Compte tenu des prévisions météo orientées à la pluie pour demain, je prends la décision d’essayer de rallier Dubrovnik, quitte à devoir planter le bivouac si c’est trop dur.
    Ouf, j’arrive au col sans trop de difficulté (je n’ai pas dit à une moyenne exemplaire). J’envoie un message à l’auberge de jeunesse pour dire que j’arriverai ce soir et j’entame la descente. Je côtoie encore de temps à autre la D8 mais dans l’ensemble les routes sont agréables.
    J’arrive sous le grand pont qui mène à Dubrovnik et que j’ai chois d’éviter (500 m linéaires au dessus du vide, avec le vent qu’il y a… très peu pour moi). Je fais donc un détour d’une dizaine de kilomètres avant d’arriver à la ville. Dernier obstacle : la rue qui mène à l’auberge est en fait un escalier de 43 marches !
    On m’y accueille en espagnol (étonnant mais tout le personnel vient d’Argentine). J’installe Charlie à l’accueil et je file prendre une douche bien méritée, non sans savourer la satisfaction d’avoir bouclé cette difficile étape.
    Demain, repos et tourisme à Dubrovnik.
    Ah oui, Charlie m’a demandé de lui trouver une nouvelle paire de plaquettes de freins à l’avant 🤞

    Bilan du jour :
    🚴 86 km
    ↗️ 1268 m
    ↘️ 1233 m
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