• La beauté du canyon de Çorovodë

    May 28 in Albania ⋅ ☀️ 26 °C

    Je me réveille naturellement à 7h et il fait déjà très bon dehors. Yiling, rentrée à 4h dans la nuit dort encore dans le dortoir.
    Je descends au petit-déj’ que je partage avec une mexicaine et je passe un moment en visio au téléphone avec papa et Marité. C’est sympa de se voir et de se parler comme ça à 1500 km de distance.
    En regardant de près mon tracé, je m’aperçois que je vais encore monter 800 mètres jusqu’à Çorovodë : pas tout à fait ce que j’avais imaginé pour cette « petite » étape.
    Avant de partir, je discute avec les personnes rencontrées hier soir à l’hostel. On traîne, on traîne, et finalement je ne pars qu’à 11h30, sous une chaleur bien installée. Tant pis, l’un des norvégiens a tenu à faire une photo du départ en avouant que mon périple était très inspirant pour lui.
    Les montagnes sont toujours aussi belles même coiffées de nuages. Ma trace suit la rivière Osum et il devrait en être de même pendant tout cette étape.
    Quand on suit une rivière à vélo, on se dit qu’on va faire un faible dénivelé. Or, ici, la rivière descend des montagnes et la déclivité est importante. J’ai eu l’impression d’être dans un faux plat constant du début à la fin de cette journée. Charlie était lourd et j’avais l’impression d’avoir les jambes en coton. Quelle surprise à mon arrivée de voir combien j’avais grimpé !
    La sortie de Berat se fait par des quartiers un peu glauques, avec des bâtiments, proche du délabrement et des rues défoncées. La situation des gens qui vivent ici doit être vraiment difficile, loin de tout dans ce secteur rural et avec très peu de moyens. Je mesure la chance que nous avons de vivre en France tout en me disant aussi que les gens que je croise n’ont pas l’air plus malheureux ici qu’ailleurs. Souvent un peu nonchalants, les albanais vivent à un rythme différent du nôtre et adorent qu’on s’intéresse à leur pays.
    À part l’agriculture, l’économie de l’exploitation de la pierre est probablement un point fort de la région. Les carrières à flanc de montagne et les nombreux camions qui transportent d’énormes blocs de pierre me le rappellent fréquemment sur la route.
    Pour déjeuner, je choisis le pied d’un immeuble en construction. En fait de construction, le chantier semble arrêté depuis des années mais il a le mérite de produire de l’ombre. Un type de 75 ans, se plante devant moi et commence à discuter. On ne se comprend pas trop à cause de la barrière de la langue. Le bus arrive et il repart avec une jeune fille que je suppose être sa petite-fille.
    Je prends un café juste à côté de mon lieu de pique-nique, je pingouinne un moment et je repars sur la plus grosse côte du jour. La trace bifurque à droite pour descendre en vallée. Je préfère continuer sur la route pour éviter trop de dénivelé. Bon choix, puisque au final, je suis monté à l’ombre des pins sur un terrain beaucoup plus performant que le sentier.
    J’arrive dans le parc national des montages Tomorri que je contourne depuis hier.
    Il a plu quelques minutes avant que l’on ne passe et la route est un peu vaporeuse avec la chaleur. Les pins diffusent un doux parfum, beaucoup plus agréable que celui, également présent, des déchets qui fermentent dans les fossés.
    L’orage gronde toujours un peu dans la montagne.
    Je croise de temps à autre des 4x4 d’une société de rafting. La rivière est un endroit privilégié pour les activités sportives et Çorovodë une base réputée pour les touristes fans d’aventures et de trails.
    J’y arrive vers 17h, m’installe un peu à une terrasse pour souffler avant d’aller rejoindre mon hostel.
    Allet, le propriétaire semble un peu être le business man du village. Il a une entreprise de menuiserie à côté de la maison qu’il a rénovée et qu’il loue. Il a vécu plusieurs années à Milan. Il parle couramment italien. On se comprend mieux.
    Le village est très escarpé, et pour trouver mon hostel, j’avais du à plusieurs reprises, monter et descendre dans les quartiers hauts et bas. Ouf ! Dans mes pérégrinations, je m’étais retrouvé au-dessus du canyon. La vue y est magnifique autant à l’est qu’à l’ouest. Ce sera mon point de départ demain matin pour basculer de l’autre côté d’une montagne, et d’atteindre, je l’espère Gjirokastër.
    En soirée, avant le repas, petite visio du vendredi avec Marie et les enfants. Ça fait plaisir de se voir tous !
    Et puis, pour Charlie, une chaîne toute neuve et des freins bien réglés : nous sommes donc fin prêts pour l’étape de demain !

    Bilan du jour :
    🚴 52 km
    ↗️ 813 m
    ↘️ 536 m
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