• Des roues pleines de terre à Gjirokastër

    May 30 in Albania ⋅ ⛅ 24 °C

    Après une nuit bien reposante, Violeta a préparé un bon petit déjeuner traditionnel albanais avec des Petulas (sortes de beignets), du fromage de chèvre et des confitures maison. Miam, voici une journée qui commence bien 🤩
    Il fait bon ce matin et, en sortant sur la terrasse, je vois un Cyclo voyageur qui passe sur un vélo couché. Le courageux, il est déjà en route ! Un peu plus tard, c’est un troupeau de moutons qui encombre la route. Que d’animations !
    Violeta et Flamour ont aménagé leur maison pour recevoir des voyageurs dans les chambres de leur grande maison, vide de leurs enfants. Ils sont viticulteurs et s’occupent toujours de 4 hectares de vignes, principalement plantées en Merlot. Leur vin (qu’ils m’ont fait goûter hier soir) est un peu « râpeux » et surtout, fort alcoolisé compte tenu de l’ensoleillement dont il bénéficie.

    Mon étape du jour doit me mener à Gjirokastër, à un peu plus d’une quarantaine de kilomètres au sud.
    J’aurais bien été faire un saut dans les sources chaudes de Permët, mais j’avais besoin de repos sur un itinéraire court. Gjirokastër étant une ville touristique, ça se prêtait bien à mes envies du jour.
    Je reprends une partie de la route d’hier avant de m’engouffrer à l’ouest dans un grand défilé entre deux montagnes qui suit une rivière assez large. Les pins et leur parfum m’accompagnent. De temps à autre un troupeau de moutons fait carillonner les cloches en bord de route. Ça descend. C’est donc très agréable.
    Premier pont au dessus de la rivière franchi 😮‍💨, je rattrape sur quelques kilomètres une route un peu plus fréquentée. De temps à autres en bordure de cette « nationale », les gens s’agglutinent pour remplir des bouteilles d’eau de la montagne. Les vendeurs de cerises et produits locaux en tout genre en ont profité pour installer des mini stands et vendre leurs produits. Il y a même un type qui propose des truites vivantes dans un aquarium !
    Je vois que mes amis Céline et Joey avec qui j’ai pédalé au Monténégro ont passé la soirée de la veille à Gjirokastër. Chouette, on va peut être se croiser.

    Ma trace bifurque sur la gauche et laisse la nationale pour franchir une nouvelle petite rivière. Cette fois le pont est un peu plus « rustique » mais je le franchis sans problème 👏.
    Il fait bien chaud et cette partie de la trace n’est pas évidente à suivre. Parfois un chemin caillouteux, parfois encore pas de chemin du tout. Vive le gps dans ces situations : il n’y a qu’à suivre la trace.
    Joey m’indique qu’ils ont prévu de suivre la nationale. Même en leur ayant partagé mon itinéraire, on ne se croisera pas aujourd’hui. Dommage !
    Pendant ce temps, je traverse des champs en me piquant aux chardons, Charlie patauge dans la boue, on roule tant bien que mal dans le sable au bord de la rivière… Le seul coin d’ombre qu’on trouve est au pied d’un peuplier vers 13h30 seulement.
    Je profite bien de ce moment de repos, avec mon super petit fauteuil. Les occupants d’un 4x4 se demandent probablement ce que je fais ici. Drôle d’endroit pour une sieste !
    Je repars vers 14h30 bien tassées et, au détour d’un virage, j’aperçois Céline et Joey au milieu du chemin.
    Décidément chaque jour révèle une surprise. Je suis tellement content de les revoir. On se raconte nos jours précédents de voyages respectifs. Eux sont allés sur la côte, très fréquentée puis ont fait de grosses journées à plus de 100 kilomètres parcourus et des dénivelés de 1700 m. Bravo. C’est beau d’être jeunes.
    On se quitte en espérant se revoir à nouveau. Pourquoi pas au festival CCI d’Angers en octobre ?

    Je termine ma journée avec cette rencontre en tête. J’avais lu plein de choses au sujet des amis que tu te fais pendant un voyage à vélo. J’ai l’impression que les jours partagés entre Joey, Céline et moi ont soudé quelque chose qui n’est pas prêt de se rompre.
    J’arrive à Gjirokastër, une jolie ville juchée sur un flanc de montagne, avec plein de petites maisons couvertes de lauzes grises. Ça change des toits en tuile qu’on voit ailleurs. Certaines maisons de style italien viennent colorer le centre et un château couronne le tout.
    Dans le centre, les rues sont pour la plupart pavées et sont hyper pentues. Pour parvenir à l’hostel, je dois pousser Charlie dans des dénivelés supérieurs à 10%.
    Et la, juste avant d’arriver, vous l’entendez le bruit sournois du rayon qui pète ? Put*** ! Et du côté cassette en plus. Le propriétaire de l’hostel me donne une adresse de vélociste à proximité. J’y vais (re pente >10%) mais il est fermé !
    Je tente de démonter par moi même mais la cassette est trop serrée alors j’abandonne pour aujourd’hui. Je partirai comme ceci demain en croisant les doigts (c’est dimanche donc les vélocistes sont fermés).
    Avec tout ça j’ai perdu une heure que je pensais mettre à profit pour pinguoinner et préparer les prochains jours.
    Je laisse tomber l’écriture et vais faire un tour dans le centre. Pour me changer les idées je me fais un petit resto (touristique) traditionnel. Feuilles de vignes farcies, butek avec formage, dessert (dont je ne souviens plus du nom) et bière pour 13€. C’est vraiment pas cher l’Albanie !
    Je finis ma soirée par une petite balade dans les rues animées de Gjirokastër. La ville souhaite la bienvenue en toutes les langues. Les touristes et les locaux sont déjà bien nombreux à prendre le frais sur la grande place ou dans les rues commerçantes.
    Je rentre à l’hostel et mets le couvre feu à 21h30, une des soirées les plus courtes depuis le début de mon voyage.
    Demain, cap à l’ouest puis au sud, mais je n’ai pas encore décidé où je m’arrêterai.

    Bilan du jour :
    🚴 53 km
    ↗️ 393 m
    ↘️ 352 m
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