Séance mécano avant Madonna del Porto
June 4 in Italy ⋅ ☁️ 23 °C
Le soleil illumine le dortoir de très bonne heure. Le ciel est tout dégagé et la ville d’Assise se détache, toute blanche, de la montagne. Que c’est beau !
A l’auberge, au petit déjeuner, je rencontre Roberto qui habite Verona et qui vient régulièrement à Assise en pèlerinage. Il ne parle qu’italien alors on échange tant bien que mal dans cette langue. Il corrige certains mots mais finalement je suis assez fier de tenir (plus ou moins) une conversation du quotidien avec quelqu’un en italien. Arrive Angelo qui se joint à nous et la discussion se poursuit.
Et puis c’est avec Alice de Bologne qu’on discute voyage. Elle randonne dans le centre de l’Italie avec sa guitare. Elle aimerait un jour partir à vélo.
Quand on parle de mon voyage, j’ai parfois l’impression de toujours répéter les mêmes choses, les mêmes anecdotes, les mêmes ressentis. C’est probablement vrai de mon côté, mais tellement agréable de rencontrer tellement de gens, de tous les pays. Mon voyage est inspirant pour beaucoup et ça me rend heureux.
C’était bien parti pour un départ de bonne heure. Finalement je ne me mets en route qu’à 9h45 ! Un dernier regard au panorama d’Assise et je m’engage sur le circuit des Apennino à vélo. Tout y est calme et plat au début. Des promeneurs y déambulent avec ou sans chien, des joggers y font leur footing quotidien (j’adore voir certains reprendre leurs foulées quand ils me voient arriver), d’autres enfin, sont à vélo.
Je longe des canaux plus ou moins abrités. Dès que l’ombre paraît, il fait bon.
Cette topographie ne dure qu’une vingtaine de kilomètres car il faut quitter cette grande vallée pour passer de l’autre côté des montagnes. La montée vers le col était très douce au départ au milieu des futaies. Elle se termine par des pentes à 14% sur une petite route en plein soleil où j’ai dû pousser Charlie sur un bon kilomètre.
De là-haut le panorama sur les petits villages perchés est magnifique. L’Italie est un théâtre à ciel ouvert.
Midi vient de sonner et je commence à penser à ma pause déjeuner. Une deuxième grosse difficulté se présente avec une côte de 7 kilomètres.
Étonnant, il y a un terrain d’aviation au début de cette côte avec deux anciens appareils plantés là, en pleine campagne. Je décide de gravir cette bosse avant de m’arrêter manger. Charlie n’est probablement pas d’accord puisque, à mi-chemin de l’ascension, le câble du dérailleur arrière casse au niveau du shifter (levier de vitesse intégré à la poignée de frein). Pas de panique. On est juste dans un petit village. J’ai les outils et les pièces de rechange. On va simplement anticiper la pause et réparer cela.
Ce qui prend un peu de temps dans ce type de réparations, c’est que d’autres voyageurs à vélo s’arrêtent quand ils te voient en panne. C’est le cas de Rosa, Jemen et Rory, trois jeunes anglais qui font le parcours inverse du mien : de Civittavecchia à Ancôna. Ils me donnent des tuyaux pour la suite de mon parcours. Je leur échange mon parcours et les endroits litigieux comme la route barrée au niveau de Macine.
On repart vers 15h, bien rassasiés et avec un câble tout neuf. On laisse les derniers reliefs des Apennino derrière nous. Les anglais m’avaient prévenu : ça descend un bon moment puis ça regrimpe jusqu’à Todi et le long du Tibre. Les vues y sont splendides, surtout que la route emprunte des tunnels ajourés qui laissent le temps de voir le paysage. À vélo, c’est tellement simple de s’arrêter pour faire une photo ou simplement contempler.
Il fait chaud et je fais de fréquentes pauses pour m’hydrater. Sur un parking au milieu de nulle part, l’occupante d’un camping car qui fait office de « bureau mobile » me demande de déplacer mon vélo car « je travaille et mes clients aiment bien se garer sur cette place à l’ombre ». Étonnant !
Sur l’application Ioverlander, j’avais repéré un coin de bivouac au lac de Corbara mais je préférerais finalement prendre une bonne douche dans un camping. Ceux que je trouve sont hors de prix alors je me mets en quête d’un spot de camping sauvage.
Mon gps m’indique des toilettes à 200 m de la route. Ça tombe bien je voulais remplir mes bouteilles pour la soirée et la nuit. Ces sanitaires jouxtent un monastère. Avec un peu de verdure, l’endroit serait idéal pour bivouaquer. Je frappe à là porte. Un moine m’ouvre et, à la question « Pensez-vous que je puisse installer ma tente ici » il me répond (étonnamment pour un homme d’église) « je ne crois pas ». Il reviendra me voir quelques minutes plus tard, peut être en mauvaise conscience d’avoir été un peu sec. Il me donne sa bénédiction pour mon voyage.
En attendant, je ne sais toujours pas où dormir ce soir.
À Baschi, je croise Chantal et Éric, des français de Bayeux en vacances en camping car dans le coin et qui font un tour en vélo. Ils ne connaissent pas de camping par ici. On discute tout de même de voyage à vélo et je leur partage mon carnet. Je m’arrête finalement à Madonna del Porte, dans un parc public bien équipé (sanitaires, prise électrique, tables et bancs, espace vert pour la tente). Je commence par manger car la terrasse du café d’en face est bien remplie.
Je monte ma tente a l’abri des regards. Un bon brin de toilette et me voici confortablement installé pour la nuit.
La terrasse est toujours autant animée ce qui me laisse du temps pour pingouinner.
Les derniers clients partiront après minuit. Bonne nuit !
Bilan du jour :
🚴 64 km
↗️ 801 m
↘️ 831 mRead more




















Traveler
C’est sur ! Pas très commode ce religieux
Traveler
Voilà pourquoi je suis restée à la maison ! Mais visiter toutes ces magnifiques villes, c’est quand tu veux !
Traveler
Plus mon ’Loir gaulois que le Tibre latin
TravelerOuiiii. Mais c’est quand même chouette la vallée du Tibre