• Ciao Italia a Civittavecchia

    June 5 in Italy ⋅ ☀️ 23 °C

    Finalement cet emplacement que je trouvais idyllique hier soir ne l’aura pas été tant que ça pendant la nuit. Il est situé entre la ligne ferroviaire et une route assez passagère. Le café d’en face a fermé à minuit et a ouvert dès 6h30. Enfin, un effaroucheur sonore à oiseaux a fonctionné toute la nuit. Heureusement qu’il n’était pas tout près. Vive les bouchons d’oreilles et le masque !
    Le village de Madonna del Porte est une porte d’entrée sur le parc naturel du lac d’Alviano. L’humidité s’est déposée sur la tente qu’il va falloir faire sécher. C’est pas gagné vu le ciel très couvert. Je me demande même s’il ne va pas pleuvoir.
    Je prends mon petit déjeuner sur les tables de pique-nique. Les clients du bar doivent se demander ce que je fais là, si j’ai dormi là…
    Aujourd’hui doit être ma dernière étape en Italie puisque j’ai prévu d’arriver à Ciné… Citta… Civa… Civittavecchia (j’ai beaucoup de mal avec ce nom), grand port de commerce et de passagers sur le littoral méditerranéen. Anticipant mon arrivée à Barcelone, j’envoie des messages a une dizaine de WarmShowers susceptibles de m’accueillir.
    Je termine le pliage de tout le matériel. La tente est bien humide : je tacherai de la faire sécher ce midi si le soleil est de retour.

    Côté route, je suis toujours sur la Valle du Tibre, pas passionnante. Les choses s’améliorent quand je grimpe à Vitorchiano, un magnifique petit village construit sur un éperon rocheux. Dur dur ce début d’étape. Il va falloir gérer car j’ai prévu de faire plus de 100 km aujourd’hui. Je profite donc de ce charmant volage pour faire une petite pause et je laisse filer deux cyclovoyageurs que j’avais aperçus devant moi dans les lacets. La barre énergisante offerte par Simone est la bienvenue. Bienvenu également le message de Morvan de Barcelone qui est d’accord pour m’accueillir demain soir à mon arrivée. Ça met du baume au cœur !
    La petite route sympa cède la place à une grande moins passionnante jusqu’à Viterbo, une jolie ville perchée et vallonnée. J’y fais une nouvelle pause en essayant de me détendre un peu, le début de cette étape avec un vent de 3/4 face étant assez éprouvant.
    J’emprunte ensuite une portion de l’Eurovélo 5 (la Francigena) dans un décor assez surprenant puisque la route est taillée dans la roche. Ça donne l’impression de rouler dans des gorges et il faut klaxonner avant d’entrer dans certaines portions car deux véhicules ne peuvent s’y croiser. Ce chemin est aussi un itinéraire de pèlerinage jusqu’à Rome.
    Les reliefs s’estompent et ce sont désormais dans de grands champs de tomates, pommes de terre, courgettes que nous roulons. A grand renfort d’arrosage, ces exploitations doivent être l’un des « greniers » à légumes de l’Italie.
    J’en suis presque à 50 km et il n’est pas encore midi. Ouf, finalement je suis dans le timing que je m’étais donné même si j’ai l’impression de ne pas avancer.
    Aléa du jour : la route que je devais emprunter a été privatisée depuis la construction de l’autoroute. Je dois revoir mon itinéraire. Deux autochtones s’arrêtent pour m’aider et me proposent une nouvelle route. Ça fait bien 7 kilomètres de détour, mais bon… Je fais ma pause déjeuner à Vetralla et profite du soleil pour faire sécher la tente en l’accrochant au portail d’un jardin.
    Encore une toute petite côte et ce sera du tout-plat ensuite jusqu’à Civittavecchia. La descente se fait sur des petits sentiers Gravel (Strada Bianca) et on arrive ensuite sur une grande plaine exploitée principalement en céréales.
    Les collines qui brodent cette plaine du Lazio sont assez époustouflantes au niveau des couleurs. Les couches minérales dessinent des motifs acérés de teintes variées.
    J’aurais cru qu’à une cinquantaine de kilomètres de Rome, j’arriverais dans des zones urbanisées. Mais non, ce paysage est très rural. Un peu désertique même !
    La haute cheminée que je vois à l’horizon depuis une dizaine de kilomètres semble être située à Civittavecchia. Gagné ! Plus j’avance, plus elle se rapproche. Une dernière petite pause avant l’ultime bosse du jour. J’essaie de m’accrocher à 3 cyclistes-route qui m’avaient nargué en me doublant. Ça me permet de penser à autre chose. Je les recolle dans la descente en arrivant à Civittavecchia. On discute quelques minutes avant de les lâcher (que eux me distancent 🤣).
    Après cette grosse étape, je suis un peu HS mais tellement satisfait d’avoir terminé ma deuxième traversée de l’Italie.
    Je réserve mon ferry, vais chercher mon bon d’embarquement au port (pas facile de circuler en vélo dans un grand port comme celui de Civittavecchia) et vais chez Bernardo, un Warmshowers qui avait accepté de m’accueillir pour quelques heures avant mon départ pour Barcelone.
    Douche, repos, repas. Mais aussi discussions autour de l’accueil, jeu de société (et oui 😀) : encore une bonne soirée chez l’un des hôtes de ce formidable réseau.
    Vers 23h, je me mets en route pour le port situé à une dizaine de kilomètres de chez Bernardo.
    Je trouve tant bien que mal le bateau (l’hôtesse m’avait dit « vous verrez bien le bateau » sauf qu’elle ne m’avait pas dit qu’il était 2 kilomètres plus loin) et je poireaute pendant 1 heure 30 avant d’embarquer.
    20 heures de voyage jusqu’à Barcelone. Je vais bientôt pourvoir dire que je suis sur le retour de mon voyage.

    Bilan du jour :
    🚴 110 km
    ↗️ 940 m
    ↘️ 8 m
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