• 22 heures sonnent : nous voilà à Barcelone

    June 6 in Spain ⋅ ☁️ 22 °C

    Les ferries se succèdent mais ne se ressemblent pas. Si ma traversée entre Igoumenitsa et Ancôna avait plutôt été agréable avec une grandee banquette pour piquer un bon roupillon et des échanges intéressants avec d’autres passagers, le voyage au départ de Civittavecchia est plutôt mouvementé à l’embarquement et inconfortable.
    L’embarquement a tardé et je suis monté en dernier avec les piétons (dont de nombreux groupes). J’ai casé vite fait Charlie entre deux palettes de matériaux. J’espère qu’il ne m’en voudra pas au débarquement à Barcelone.
    Le Cruise Barcelona est énorme. 11 ponts, des couloirs de cabines à n’en plus finir et des espaces restaurants, bien-être, magasins, enfants, piscine… qui enchaînent les ouvertures/fermetures. Je me suis perdu une bonne dizaine de fois en les arpentant. La plupart des banquettes sont en travaux. Résultat : un peu moins d’une heure pour trouver les salons dans lesquels je vais pouvoir -tenter de- dormir un peu. La lumière bleutée qu’il est impossible d’éteindre est atroce, le thermostat a dû être bloqué à 15°C et les fauteuils sont inconfortables et pas réglables. Preuve de cet inadaptation au repos : nous sommes seulement quatre à avoir choisi ce salon pour nous y « reposer ». Seul atout, des sanitaires se trouvent juste à côté.
    Dommage, mon duvet est resté dans mes sacoches. Je n’ai pris que mon sac de soie et mon oreiller pour couchage car sur le précédent ferry il faisait chaud.
    Plutôt que de me contorsionner sur le fauteuil pour essayer de dormir un peu, je m’installe carrément par terre en ajoutant doudoune et caleçon long en guise de sur-pyjama. Je parviens toutefois à dormir comme-ci comme-ça. Même si je me réveille à 8h30, cette nuit ne sera pas mon meilleur souvenir de voyage.
    Petit déjeuner à la frontale pour contrer les effets de la lumière bleue toujours allumée.
    Toilette puis déambulation dans les couloirs du paquebot. Tiens il fait jour dehors ! Normal, il est quand même 10h… Le bateau est tellement vaste que je l’explore petit bout par petit bout en espérant retrouver facilement le salon où j’ai laissé mes affaires.
    Je me laisse tenter par un café avec vue sur mer. À cette heure-ci, je pense que les reliefs que l’on aperçoit à l’horizon au sud sont ceux de la Sardaigne qu’on vient de doubler. J’ai raté la Corse et les bouches de Bonifacio. Une bonne occasion d’y revenir 😀
    Je bricole un peu sur mon téléphone, écoute un podcast téléchargé et rédige quelques pingouins. Il est déjà 13h et je déjeune à la cafétéria. Ça fait du bien de s’asseoir à une vraie table et de manger avec de bons vieux couverts en métal !
    Il n’y a pas foule dans le bateau. Où sont tous les gens présents au départ ? Dans leurs cabines ? Dans les espaces communs ? La sensation est toute différente du précédent ferry sur lequel j’avais pu nouer des liens avec d’autres passagers. Parfois, on peut se sentir un peu seul dans un espace pensé pour rassembler beaucoup de monde. La solitude dans la foule ? Un nouveau concept philosophique.
    De retour au salon (pont 9), je fais une petite sieste avant de suivre la fin d’une étape du Giro féminin.
    J’ai un peu hâte d’arriver à Barcelone. Encore cinq heures de navigation.
    Un nouveau salon « spectacle » avec des banquettes vient d’ouvrir. J’y vais m’installer confortablement. Je m’allonge dans le petit coin d’un canapé. À peine en train de m’assoupir qu’un florilège des Bee Gees se fait entendre en musique d’ambiance. J’aime bien les Bee Gees, mais pas trop quand je fais la sieste. Un groupe de chanteurs prends la suite. Pas mieux.
    Pour prendre l’air, je vais sur le pont supérieur. Plus ça va, moins il fait beau. J’ai des souvenirs de Barcelone avec de grosses averses. J’espère au moins qu’il n’en sera pas de même en arrivant.
    22h, Charlie et moi on débarque les tout premiers du bateau. Le port est désert. Des pistes cyclables permettent d’y circuler correctement à vélo. Quel bel accueil !
    Je me rends directement chez Morvan qui m’accueille ce soir en WarmShowers. Il habite dans le centre pas très loin de la Sagrada Familia. Malgré l’heure bien avancée, on discute de tout et de rien, de nos voyages respectifs et de notre passion pour le vélo. Morvan est d’ailleurs mécanicien vélo. Il a choisi de travailler à Barcelone après avoir pas mal bourlingué en Europe. Dans son quotidien, il remet aussi en état des vélos anciens qu’il vend à la boutique. Il se propose de me « promener » dans Barcelone demain et de m’accompagner sur les premiers kilomètres. Mon aventure espagnole commence vraiment bien 🤩
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